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Cette section est consacrée aux éditions antérieures de La Bonante et devrait regrouper, à terme, l'ensembe des numéros parus depuis 1970


                                

Présentation de l'édition 2010


Le dialogue absurde étant à l'honneur dans cette édition 2010 de La Bonante, puisque deux des textes primés empruntent cette forme, j'ai pensé ajuster la présentation en conséquence.

Trois jurys délibèrent dans un restaurant chic. Le premier fait des avions en papier avec les textes d'un certain concours littéraire. Le deuxième les mastique et le troisième fait de l'origami.

Jury 1

Si celui-ci parvient à se poser sur la tablette du haut, il gagne le premier prix. S'il s'écrase, c'est la mention honorable, tout au plus...

Jury 2

Ah! Zut, il m'est tombé dans l'oeil! Ça va me faire une cicatrice atypique (Annyck Martin, premier prix, meilleur texte de quatre ligne).

Jury 1

Mais dites-moi, chez collègue, pourquoi diable mastiquez-vous cette feuille de papier?

Jury 2

Je goûte mieux les vers ainsi. Tenez, prenez ce haïku pour en faire l'essai: il est un peu court en bouche, la finale est citronnée, mais il a de la mâche!

Jury 1 (mastiquant à son tour)

Pas mal, en effet, mais ça colle un peu au palais et il manque une ligne.

Jury 2

C'est qu'il vous faut vous rafraîchir la langue avec une page blanche auparavant. Vous ressentirez mieux le contraste ensuite. Et si vous chiquez avec plus de vigueur, ça changera même la mise en page. Essayez, vous verrez...

Jury 1

Tiens, j'ai fait un calligramme en le recrachant. C'est vrai qu'il a du potentiel, mais je préfère quand même ma méthode... (Et il lance un deuxième avion qui se pose délicatement sur le ventre d'une femme enceinte, souffrant visiblement de solitude (Virginie Doucet, deuxième prix, meilleur texte de trois pages))

Jury 2 (s'adressant au troisième jury)

Eh, l'artiste! On parvient à quelque chose avec les fruits de notre imagination (Normand Lebeau, troisième prix, meilleur texte de trois pages)?

Jury 3 (faisant de l'origami)

Je ne saurais dire avant d'avoir terminé le pliage. Parfois, en pensant faire une venelle sans lune (Serge Trudel, deuxième prix, meilleur texte de quatre lignes), j'aboutis bien malgré moi à un perce-neige (Yvan Giguère, troisième prix, meilleur texte de quatre ligne). Tout dépend de la longueur de la composition...

Jury 1

Et comment comptez-vous départager les vainqueurs?

Jury 3

J'essaie différentes figures. Les meilleurs textes sont les plus engagés, car ils se tiennent debout.

Jury 1 (lançant un autre avion)

Ah! Celui-ci ne vole pas haut... Trop de métaphores sans doute.

Jury 2

C'est trop fort! Celui-là goûte le vinaigre: trop intellectuel peut-être.

Jury 3

Que diriez-vous de combiner nos méthodes? On pourrait faire des fleurs en papier, les mâcher puis les lancer au plafond?

Jury 2

Les meilleurs textes finiront bien par s'imposer malgré nous.

Jury 3

« Un coup de dé jamais n'abolira le hasard! »

Jury 1

C'est un peu arbitraire, en effet, et je suis mal armé pour juger de tout cela. On devrait plutôt s'en remettre à la muse du concours.

Jury 2

Calliope?

Jury 1

Non, Anie Tremblay. C'est elle qui la remplace à temps partiel au Parnasse.

Jury 3

À la bonne heure!

Jury 1

Non, à la Bonante! Et qu'elle en soit remercié! Elle fait tout le travail dans cette boîte, depuis la réception des textes jusqu'à leur impression...

Jury 3

De A à Z (Isabelle Racicot, premier prix, meilleur texte de trois pages) en effet! J'ai entendu dire que le directeur était un fantôme et un fainéant de première classe.

Jury 2

Ouais... Il délègue la correction à une étudiante de maîtrise (Geneviève Lamarre), il confie l'évaluation à des sous-traitants (Cynthia Harvey, Geneviève Lamarre et Luc Vaillancourt), il demande à d'autres de payer les prix pour lui (Gleider Hernandez), et on attend toujours son texte de présentation pour cette année...

Jury 1

À mon avis, ça ne viendra pas cette fois... Quel enfer! Il faudra délibérer à huis clos jusqu'à l'année prochaine.

Jury 3

Eh bien, continuons.

Le président du jury 2010

Luc Vaillancourt

Présentation de l'édition 2009


Le papier, cette année, avait soif de mots. Aussi avez-vous été généreux dans votre effort pour l’abreuver d’encre, d’images et de poésie. Il convient de célébrer par de telles libations les ressources expressives du langage en des temps où les termes les plus usités sont « économie » et « argent »,  sans prétention à se faire entendre du plus grand nombre, mais comme par devoir de solidarité ou de résistance, puisque l’on ne peut se permettre d’être avare de mots dans un tel contexte d’indigence. Il n’y a rien de mieux que d’opposer à l’hégémonie du capital la gratuité œcuménique de La Bonante, l’une des rares revues de création littéraire qui ne peut se monnayer car elle n’a pour prix que ceux qu’elle donne aux plus méritants de ses contributeurs.  

Dans cette édition, pas de thèse, pas de revendications, pas l’ombre d’une protestation en regard de la morosité du temps; que des textes qui se donnent à lire, des présents désintéressés à offrir en partage. Ainsi « Coléoptère », gagnant du concours du meilleur texte de trois pages, nous rappelle que, par bonheur, « il y a aussi l’écriture » pour souligner en fin de parcours son caractère salvateur. Le deuxième prix, « Se découvrir », exalte tout simplement le plaisir sensuel, sans chercher à tout prix le sens second, ou la plus-value de la réflexion philosophique. « Équinoxe », le troisième prix, nous invite à « humer la vie » par le biais d’un récit impressionniste au nord du 60e parallèle, où les maîtres mots sont « Vibration. Révélation. Libération ». Enfin, à la détresse lancinante de « Brun comme ton nom » répond l’absurdité enjouée de « La chaise », nos deux mentions honorables aux accents si contrastés.

Quant aux meilleurs textes de 4 lignes, le premier prix, « Île ou Elle », explore les synesthésies d’une homonymie, alors que le deuxième, « Comme toué matins », interroge la noirceur et le froid d’un certain quotidien, cependant que le troisième « Malesuada Fames » prend prétexte d’un vers de Virgile et stigmatise, dans une épitaphe cinglante, une vie d’abus. Les mentions honorables à « Ma signature » et « Foi » mettent sur un pied d’égalité deux rapports au monde que l’on ne saurait départager.

Cette édition de La Bonante, dont on se plait à imaginer que les contributions constituent une ode à la gratuité et au don de soi, existe aussi grâce la participation bénévole et généreuse de gens qu’il convient à présent de remercier, comme les membres du jury, Cynthia Harvey, directrice de l’Unité d’enseignement en lettres, et Geneviève Lamarre, étudiante à la maîtrise. Nos remerciements vont aussi aux mécènes qui encouragent et financent bon an mal an nos concours, Monsieur Gleider Hernandez, directeur du département des arts et lettres, et Madame Nicole Bouchard, doyenne des études de cycles supérieurs.
 
Mais notre dette de gratitude est plus grande encore envers Karen Blackburn qui a veillé au bon déroulement du concours, depuis la réception des textes jusqu’à leur mise en page et leur impression. Son enthousiasme, son professionnalisme et son esprit d’initiative font plaisir à voir et sont grandement appréciés.

Président du jury 2009
Luc Vaillancourt

Présentation de l'édition 2008


Chaque édition de La Bonante est l’occasion d’une rencontre avec des volatiles, aux plumes affinées ou duveteuses, qui sentent l’appel de la migration vers l’écriture. Telle une volière, La Bonante les accueille, l’instant de les observer, avant qu’ils ne reprennent leur vol. L’Unité d’enseignement en lettres de l’UQAC est fière de présenter ce nouveau numéro pour lequel plus d’une quarantaine de textes, provenant de différentes régions du Québec, lui sont parvenus.

Si l’on peut se fier au portrait tracé par les textes de cette édition, le visage de notre belle province est pour le moins troublant : description de catastrophes écologiques, de neige envahissante, de relations incestueuses, de parents débiles, de bébés tyranniques…

Les textes gagnants au concours du meilleur texte de 3 pages n’échappent pas à cette tendance; s’ils nous ont ravis, c’est qu’ils témoignaient, chacun à leur façon, d’une certaine quête d’authenticité, propre elle aussi à notre époque. En première position, « Mauvais présage » raconte l’amour d’un père pour sa fille muette dont la mère est décédée, en même temps qu’il suggère la menace sourde qui semble peser sur chaque moment de bonheur. En seconde position, « Cadavre d’hiver » expose l’angoisse d’une famille qui tente vainement de se débarrasser d’un mort encombrant, ce qui n’est pas sans rappeler la métaphore du cadavre qui sommeille dans la garde-robe de toute bonne famille. « En Voiture », qui remporte la 3e position, exprime le déchirement d’un homme tiraillé entre son désir et son devoir moral. Comment doit se comporter l’adulte responsable quand la caresse demandée peut affecter la personne qui la sollicite? Enfin, une mention honorable a été accordée à « Tête de violon » qui se présente comme un conte ou une chanson aux accents folkloriques des plus réjouissants.

Les meilleurs textes de 4 lignes manifestent quant à eux un parti pris ludique. « Trou-là », « Le pas de l’instant », « 3,2,1… » et « Mandala » portent un regard amusé, tendre, tragique ou sensuel sur le monde.

Histoire de suivre la tendance pour les régimes amaigrissants, parmi la quarantaine de textes participants aux concours cette année, seuls quelques-uns ont été retenus pour la publication. Nous espérons en faciliter ainsi la digestion.

La contribution des membres du jury a été primordiale dans ce travail de sélection. Je tiens à remercier Madame Anne Martine Parent, professeure de littérature de l’UQAC, et Madame Sophie Gagnon-Bergeron, étudiante au baccalauréat en études littéraires. Grâce à leurs choix judicieux, leur appétit pour le bon mot et leur fine bouche, La Bonante peut vous offrir aujourd’hui un menu attrayant. Nous remercions chaleureusement la doyenne des études des cycles supérieurs, Madame Nicole Bouchard, qui nous permet de servir les prix annoncés.

Un gros merci à Madame Anie Tremblay qui a recueilli les textes et préparer la présentation matérielle de cette édition (merci également à Karen Blackburn qui y a travaillé quelques semaines!). Un merci tout spécial à Agathe Tremblay qui a œuvré à La Bonante pendant plusieurs années et qui a formé la relève avant son départ. Enfin, un merci tout spécial à Monsieur Gleider Hernandez, directeur du département des Arts et lettres, qui encourage toujours nos efforts.

Comme le cygne noir qui a défrayé les manchettes du monde entier en ce début de printemps parce qu’il s’est épris d’un pédalo conçu à son image, puissiez-vous trouver une agréable compagnie au creux de ces pages…

Cynthia Harvey

Présidente du jury 2008


Présentation de l'édition 2007


Chaque hiver depuis une vingtaine d’années l’Université du Québec à Chicoutimi propose ses deux concours de création littéraire. La preuve que le concours est bel et bien devenu une tradition, tant dans la région que dans tout le Québec, est le nombre constant de participants qui soumettent leurs textes. Pour cette édition 2007, plus d’une cinquantaine d’acharnés concurrents ont envoyé leur contribution, au gré du vent, comme on rend visite à un vieil ami sans plus attendre son invitation. La fidélité et la persistance des uns, l’audace et la détermination des autres, nous ont convaincus non seulement de perpétuer l’événement, mais de le redynamiser au cours des années à venir afin de continuer d’honorer les efforts et le talent des fervents amateurs de création littéraire qui viennent frapper à notre porte des quatre coins de la province.

 Quelles que soient leurs allégeances, leurs occupations et leurs préoccupations, les participants ont en commun cet irrésistible penchant pour l’acte d’écriture, acte de foi, s’il en est encore. Crayon à la main, touches sous les doigts, ces adeptes de l’écriture ont échappé à leurs activités quotidiennes l’instant de raconter une histoire ou de titiller la langue, en 4 lignes ou en 3 pages. Qu’il s’agisse d’un passe-temps ou d’une véritable exigence, la création littéraire est ce moment de pure gratuité qui fait de nous tous d’heureux gagnants. Aussi, que chaque participant soit félicité de ses nobles efforts et de sa ténacité. La Bonante est fière d’accueillir dans son petit espace le fruit de cette passion.

 Ce lieu de diffusion privilégié qu’est La Bonante ne subsisterait pas sans la présence assidue de la secrétaire du département des arts et lettres, Madame Agathe Tremblay, qui veille à la fenêtre tout l’hiver pour recevoir les visiteurs. Qu’elle soit remerciée pour sa patience et pour son travail de mise en forme de la revue.

 Ce lieu ne saurait non plus se passer de son gardien, le directeur de l’unité d’enseignement en lettres, Monsieur Jacques B. Bouchard, sorti de sa retraite l’instant d’une saison. Qu’il soit remercié non seulement de son dévouement, mais également pour son idée brillante de fonder ces concours de création littéraire en 1984.

 Les concours de La Bonante dépendent également de l’engagement des membres du jury qui se renouvelle chaque printemps. Cette année, Madame Anne Martine Parent, professeure de littérature de l’UQAC, et Madame Sylvie Bouchard, doctorante en lettres, ont généreusement accepté l’invitation. En tant que troisième membre du jury, je les remercie chaleureusement de leur excellent travail.

 Je tiens également à remercier la doyenne des études des cycles supérieurs, Madame Nicole Bouchard, qui nous a permis d’honorer les prix annoncés.

 Enfin, un remerciement tout spécial à la Librairie Coopsco de l’UQAC ainsi qu’aux Bouquinistes de la rue Racine à Chicoutimi qui ont gracieusement offert des prix de participation aux étudiants qui sont présents aujourd’hui.

 Au nom de tous ces précieux collaborateurs, je vous souhaite une agréable dégustation de la cuvée 2007. Puissiez-vous continuer d’animer les pages de La Bonante encore longtemps. Votre visite sera toujours appréciée!

Cynthia Harvey

Présidente du jury 2007


Présentation de l'édition 2006


La poésie et l’avenir du monde

Dans un des poèmes les plus célèbres du vingtième siècle, « The Wasteland, » le poète américain T.S. Eliot nous décrit une terre en désolation, une terre où rien ne pousse, où même les êtres vivants ont cessé de se reproduire. Dans un passage particulièrement fort, le poète s’adresse directement à l’homme :

Son of man,
You cannot say, or guess, for you know only
A heap of broken images, where the sun beats,
And the dead tree gives no shelter, the cricket no relief,
And the dry stone no sound of water. Only
There is shadow under this red rock,
(Come in under the shadow of this red rock),
And I will show you something different from either
Your shadow at morning striding behind you
Or your shadow at evening rising to meet you;
I will show you fear in a handful of dust.

Le poème a une résonance écologique claire, malgré le fait qu’il soit publié longtemps avant l’émergence de l’environnementalisme moderne. Cependant, ce qui distingue le passage que je viens de citer des dizaines de rapports publiés chaque année dans les journaux sur l’état de la planète, c’est que, une fois lu, ce passage est difficile à oublier. Pourquoi ? Parce qu’il fait ce que seule la poésie sait faire, c’est-à-dire, créer un espace où les choses se dévoilent et se révèlent d’une façon propre à leur essence. Les écologistes peuvent nous décrire avec précision tout ce qui peut arriver à un arbre, mais seul le langage poétique est capable de nous révéler « l’arbreté » de l’arbre, c’est-à-dire, sa façon unique et inimitable d’être dans le monde. C’est cette particularité qui rend la poésie indispensable de nos jours. Une éducation écologique est utile, certes, mais elle est loin de garantir un meilleur avenir pour notre planète, car contrairement à ce qu’on pense, ce ne sont pas les statistiques détaillées sur le réchauffement de la terre qui pousseront les gens à protéger la nature. Les gens protègent ce qu’ils aiment et l’amour de la nature passe par la poésie.
À une époque où tout est encadré(1), où tout fait partie d’un système, où tout est réduit à une ressource. À une époque où l’étudiant n’est plus un étudiant mais un client qui paie pour un service qui le prépare pour un marché. À une époque où le bon professeur n’est plus un professeur, mais plutôt un chercheur qui passe une partie considérable de son temps à chercher des subventions de recherche, la poésie devient de plus en plus pertinente comme arme contre l’encadrement. Car, contrairement au langage quotidien qui s’appauvrit de jour en jour et devient une langue de bois qui aplatit les idées et unifie les sentiments, la poésie est par sa nature une forme de transgression. Elle transgresse les limites du langage ainsi que les limites de la logique, parfois : « Je tremble dans l’azur comme un sphinx incompris / J’unis un cœur de neige à la blancheur des cygnes / Je hais le mouvement qui déplace les lignes / Et jamais je ne pleure et jamais je ne ris, » dit Baudelaire.
Être un humain, selon Heidegger, c’est, avant tout, être capable « d’habiter. » Habiter, non pas dans le sens d’occuper une place dans l’espace, mais plutôt dans le sens de s’abandonner et de s’ouvrir à l’espace dans une relation de devoir et de responsabilité. Mais Heidegger nous dit également que « l’homme habite en poète. » Cela veut-il dire que seuls les poètes sont des êtres humains? Certainement pas. « L’homme habite en poète » signifie surtout qu’il n y a pas d’avenir pour l’être humain, si ce dernier n’arrive pas à comprendre qu’il est le don de quelque chose en dehors de lui-même, quelque chose au-delà de l’humain. Cela veut également dire que les éléments naturels ont leurs propres revendications. Ils nous demandent, entre autres, de les laisser se révéler comme des choses qui ont un sens propre, au lieu de les réduire à des ressources et de leur imposer un sens qui leur est étranger, un sens qui, en fin de compte, satisfait nos besoins. Cette révélation est le domaine de la poésie. C’est la poésie qui sauvera le monde.
Avec ses modestes moyens et son petit budget, La Bonante ouvre, chaque année, un petit espace qui permet à de jeunes talents d’essayer, chacun à sa façon, de sauver le monde.
Au nom de ces jeunes talents, ainsi qu’au nom des membres du jury de cette année, Mme Cynthia Harvey, professeure de littérature française à l’UQAC et M. François-Charles Lévesque, étudiant à la maîtrise en études littéraire à l’UQAC, j’aimerais remercier tous ceux qui ont contribué à la réalisation de ce numéro : la doyenne des études supérieures et de la recherche, Mme Suzie Robichaud; le directeur du département des arts et lettres, M. Gleider Hernandez; les secrétaires du département des arts et lettres, Mme Agathe Tremblay et Mme Dominique Simard; la secrétaire de l’Unité des lettres, Mme Christiane Perron et l’attaché d’administration du département des arts et lettres, M. Jonny Perron.

Mustapha Fahmi, Ph. D
Professeur de littérature anglaise,
Directeur intérimaire de l’unité d’enseignement en lettres, UQAC


(1)  Encadrer (Ge-stell) est un concept élaboré par Heidegger. Encadrer quelque chose veut dire faire en sorte que ce quelque chose fasse partie d’un système.

 

Présentation de l'édition 2004


Il n’est point de discours plus conventionnel que le texte de remerciements et je reconnais la cinglante ironie, après avoir osé écrire « convenu », « cliché », « déjà lu » en marge de certains paragraphes de mes étudiants en création littéraire, d’être condamné à frayer moi-même dans des lieux par trop communs.  Comment varier l’expression dans un texte de circonstance quand les circonstances sont invariablement les mêmes d’une édition de La Bonante à une autre? Je pourrais être radicalement subversif en écrivant tout juste « merci à tous » ou révolutionnaire en substituant une recette de tarte aux myrtilles au texte attendu, mais il y en aurait pour me taxer de fainéant et d’ingrat et d’autres encore pour acquiescer. Je pourrais peut-être présenter les textes en escrimant quelques rimes…

En variant le ton, par exemple, voilà :
Agressif : « Moi, monsieur, si j’avais écrit ça
Il faudrait sur-le-champ que je me suicidasse »
Amical : « De la poésie de grande classe.
Le jury, s’il avait pu, aurait tout retenu »
Descriptif : « C’est un concours, c’est une revue
Que dis-je, c’est une revue, c’est du grand art ! »
Curieux : « À quoi peut bien servir cet encart?
Est-ce un nouveau sous-verre ou un recueil de prose? »
Gracieux : « J’ai aimé dans ce concours tant de choses,
Que paternellement, j’ai voulu mettre au jour
Cette génération d’éloquents troubadours »

Mais des gens qui ont trop lu y verraient une parodie vaguement précieuse… Je pourrais en revanche, c’est déjà plus prudent, opter pour l’écriture automatique, étiquette commode qui dissimule la pauvreté d’invention en prétextant la spontanéité :

Ma Bonante,
Ma Marie-Madeleine,
Des dizaines t’ont cherchée
Trois t’ont conquise en quatre lignes
Et trois pages ont su te ravir trois fois
Pierre-Marc Dorval, Sophie Trahan et moi,
Avons conspiré pour ton exécution
Mais, depuis, Christiane Perron a lavé tes jolis pieds

Le flou sémantique, cependant, empêcherait peut-être de comprendre que je voulais présenter et remercier le jury en même temps que la responsable de la mise en page, ce qui pourrait me les aliéner durablement… Non, le meilleur parti est sans doute celui de l’ancienne rhétorique, dont les théoriciens ont eu, jadis, l’intelligence de reconnaître et d’assumer ce qu’il y a de conventionnel dans le langage, et plutôt que de chercher à réinventer le texte de remerciements, je me limiterai à exprimer ma gratitude envers tous ceux qui ont contribué à cette édition 2004 de La Bonante. Mais tout n’a-t-il pas déjà été dit?

Luc Vaillancourt
Directeur de l'Unité d'enseignement en lettres
Université du Québec à Chicoutimi

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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