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Colloque de Sécurité incendie dans les bâtiments en bois: les conclusions de nos experts

La vidéo des conférences est disponible ici

Vous avez été près d’une centaine à assister, en présence et en webdiffusion, au premier colloque sur la Sécurité incendie dans les bâtiments en bois qui s’est tenu à l’UQAC le 27 novembre 2014. Le CESAM, organisateur de l’événement, tient d’ailleurs à remercier tous les participants et conférenciers d’avoir fait de cette journée un franc succès.

Le colloque a rassemblé des professionnels aux profils variés (architectes, ingénieurs, membres de services d’incendie, ouvriers, entrepreneurs en construction, étudiants, etc.), une belle démonstration que la construction de bâtiments sécuritaires face aux incendies nécessite un travail collaboratif et interdisciplinaire.

De leur côté, les conférenciers, Jim Mehaffey, associé chez CHM Fire Consultants Ltd, Marc-André Langevin, président de Technorm inc., et Christian Dagenais, chercheur chez FPInnovations, ont démontré que les bâtiments en bois peuvent être tout aussi sécuritaires que les bâtiments construits avec d’autres matériaux.

Selon eux, les mots clé à retenir pour des solutions de construction sécuritaires face aux incendies sont « collaboration », « attention aux détails » et « inspection ».

Collaboration

L’esprit de collaboration s’est exprimé pleinement durant l’atelier, alors que les participants devaient trouver en équipes multidisciplinaires des solutions pour augmenter la sécurité incendie d’un bâtiment fictif. La qualité des échanges et des solutions proposées par les équipes a réjoui Jim Mehaffey, qui s’est pris à rêver que les professionnels partagent leurs perspectives de la sorte chaque fois qu’un nouveau bâtiment est construit. Il a d’ailleurs invité les concepteurs à consulter les gens des services incendie très tôt dans leur projet, comme cela se fait déjà ailleurs, entre autres à Vancouver.

Attention aux détails

La grande majorité des normes de sécurité incendie sont basées sur des concepts de performance qui ne sont aucunement reliés à la notion de combustibilité des éléments structuraux. Il faut donc regarder les solutions de construction dans leur ensemble.

Le prochain Code de construction du Québec, qui devrait entrer en vigueur au début du printemps 2015, permettra l’utilisation de charpentes en bois, tous types confondus, de 5 et 6 étages. Ces bâtiments peuvent tous très bien performer.

Par contre, les constructions massives en bois ont des avantages intrinsèques, soit ceux de ne pas avoir de vides de construction et d’utiliser des matériaux de structure résistants au feu (sous l’effet des flammes, le bois se carbonise en surface, créant ainsi une couche de protection thermique contre les dégradations thermo-mécaniques).

Comparativement aux structures en gros bois d’œuvre, les systèmes à ossature légère vont demander des détails importants à suivre et à réaliser en chantier, notamment en ce qui a trait aux vides de construction et à la protection des éléments structuraux qui est généralement assurée par des panneaux de gypse. Marc-André Langevin note par ailleurs que la même chose doit être faite avec les structures à ossatures métalliques légères.

Inspection

Le prochain Code de construction du Québec comprendra des balises très serrées et des exigences qui devront être suivies de façon stricte. Mais la meilleure conception sera inefficace si elle n’est pas mise en œuvre correctement sur le chantier. Pour l’instant, nous ne savons toujours pas si une surveillance en chantier sera obligatoire, comme en Ontario et en Colombie-Britannique, afin d’assurer le niveau de sécurité des bâtiments face aux incendies, qu’ils soient construits en bois ou non.

En terminant, laissons la conclusion à Christian Dagenais qui résume très bien le constat de ce colloque : « Si tout le travail se fait dans les normes, que les plans sont détaillés, que l’on a recours à des simulations, qu’il se fait un suivi de chantier régulier et que tout est bien arrimé ensemble, on va parvenir à un bâtiment de construction combustible qui performera tel que prévu. »

Exprimez-vous sur le sujet !

Professionnels, que pensez-vous des propos tenus par messieurs Mehaffey, Langevin et Dagenais? Êtes-vous d’accord avec les affirmations des trois experts? Exprimez-vous sur le sujet, la parole est à vous !

La vidéo des conférences est disponible ici

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5 réflexions sur “ Colloque de Sécurité incendie dans les bâtiments en bois: les conclusions de nos experts ”

  1. J’ai trouvé très pertinent les trois sujets abordés. Le sujet des bâtiments en bois de grande dimension fait l’objet de discussion dans notre municipalité en 2015 car nous sommes en plein développement et zoné à risque de séisme. Il serais judicieux d’introduire l’aléa séismique dans l’équation de ce type de bâtiment. Notre région Charlevoix a depuis peu cette aléa qui est une prémisse aux architectes, ingénieurs lors de la construction de nouveau bâtiment ou la réhabilitation.

    1. Le comportement sismique d’une construction massive en bois doit être calculé selon la Partie 4 de la division B du Code. Cette partie 4 est axée sur la performance (efforts, déformation, etc.) et ne fait pas de distinction face au type de construction utilisé (contrairement à la partie 3). De plus amples informations peuvent être obtenus dans les documents suivants, notamment les valeurs de Rd et Ro et la hauteur des SFRS:
      1. Guide technique pour la conception et la construction de bâtiments en bois de grande hauteur au Canada – Section 4.3(https://fpinnovations.ca/ResearchProgram/advanced-building-systems/Pages/promo-batiments-en-bois-de-grande-hauteur.aspx)
      2. Manuel bois lamellé-croisé (CLT) – Chapitre 3(https://fpinnovations.ca/Pages/FormulaireCLT.aspx)

      Christian

  2. Les bâtiments en bois de 5 et 6 étages qui seront permis dans la prochaine version du Code de Construction du Québec (chapitre 1 : Bâtiment) devront obligatoirement être conçus selon la Partie 4 de la Division B du CNB (2010) qui demande une analyse et une résistance parasismique en vertu de la sous-section 4.1.8. La région de Charlevoix est celle le plus à risque à cet égard et donc l’ingénieur doit tenir compte de votre situation géographique particulière, au même titre qu’une charpente en béton, lors sus travaux.

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