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Pont Maicasagi : le bois au profit de l’ingénierie

Il y a de cela une centaine d’années, le bois était le matériau de prédilection pour ériger les ponts du Québec, notamment les ponts couverts. Puis, au début du XXe siècle, ce dernier fut peu à peu remplacé par l’acier, jugé plus solide. Mais voilà que le bois retrouve tranquillement ses lettres de noblesses en ingénierie. En effet, grâce au bois d’ingénierie, on voit de plus en plus de ponts en bois, surtout des ponts forestiers, comme  le pont Maicasagi en Jamésie (Baie-James).

Lauréat des Prix d’excellence Cécobois 2013, dans la catégorie Solutions innovantes, le pont Maicasagi (Nord-du-Québec) est le plus grand pont droit en bois au monde, avec ses 68 mètres de portée libre. L’ossature en bois lamellé-collé et en bois lamellé-croisé de cet ouvrage est une réussite d’ingénierie particulièrement remarquable. 

L’ossature en bois lamellé-collé et en bois lamellé-croisé du pont Maicasagi
L’ossature en bois lamellé-collé et en bois lamellé-croisé du pont Maicasagi

Charge utile : 180 tonnes métrique

Premier pont utilisant le bois lamellé-collé avec des panneaux CLT en caisson, ce pont forestier donnant accès aux territoires situés au nord de la rivière Maicasagi est non seulement le plus long pont de bois en son genre au monde, mais sa structure est conçue pour supporter une charge utile de 180 tonnes métriques, en plus de sa charge morte. 

Des contraintes de taille

La conception de ce pont forestier a représenté un défi de taille, puisqu’il y avait de nombreuses contraintes. En outre, l’équipe du projet, formée de Nordic Structures Bois et Stavibel, a dû tenir compte du fait que le pont Maicasagi est un ouvrage extérieur et qu’il traverse une rivière. Il fallait donc penser à un moyen d’éviter que le bois s’endommage à cause de l’humidité ambiante (générée par la rivière) et prévoir une façon d’évacuer l’eau de pluie sans qu’elle n’endommage le pont à long terme. 

Le pont étant construit en région éloignée et protégée, il fallait aussi respecter de nombreux critères afin de pouvoir le bâtir. Pour en démontrer tout le défi, voici quelques critères reliés au fait que le pont serait érigé dans une zone de reproduction de l’esturgeon jaune :

  • Pas de modification à la vitesse du courant
  • Pas de butée centrale après le mois de mars
  • Pas de changement de profondeur
  • Un homme doit pouvoir se tenir debout dans son canoë lorsque la rivière est à son plus haut niveau
  • Délais de réalisation serrés de juillet 2011 à février 2012 pour le design et l’installation.

Autre défi de taille, la structure porteuse du pont devait se situer sous le chemin de roulement pour éviter qu’elle ne soit éventuellement heurtée par les troncs d’arbre que transportent les camions forestiers. La rivière étant peu encaissée, il restait peu de hauteur disponible pour la structure, ce qui rendait la chose encore plus difficile (hauteur de 4 mètres pour 70 mètres de portée).

C’est en optant pour un pont en bois sans piliers intermédiaires optimisant les propriétés de deux produits de bois d’ingénierie, soit le bois lamellé-croisé et lamellé-collé, que l’équipe de Nordic Structures Bois et Stavibel parvint à répondre à toutes les contraintes de ce projet. 

Pont Maicasagi (Jamésie) : L’utilisation du CLT a permis d’atteindre une portée libre de 68 mètres et 180 tonnes métriques de charge utile, ce qui en fait une prouesse technologique.
Pont Maicasagi (Jamésie) : L’utilisation du CLT a permis d’atteindre une portée libre de 68 mètres et 180 tonnes métriques de charge utile, ce qui en fait une prouesse technologique.

Moins coûteux que l’acier

Véritable prouesse technologique, le pont Maicasagi permet non seulement de démontrer qu’il est possible de construire des ouvrages en bois de longue portée, solides et durables, mais en plus, dans le cas précis de ce pont, il s’est avéré que l’option bois était moins coûteuse que l’acier et offrait un délai plus court de fabrication. En fait, pour réaliser ce projet en acier, 12 à 16 semaines étaient requises pour la fabrication, alors que le bois requérait seulement 5 semaines de fabrication. 

Voici d’autres ponts forestiers en structure bois réalisés au Québec dans les dernières années.

Pont de la rivière Témiscamie, Chibougamau, Québec

  • Longueur : 41,9 m
  • Portée : 32 m
  • Chargement personnalisé de 180 tonnes, CF3E-140 t
  • Achèvement : 2009

Pont Sud de la rivière Montmorency, Forêt Montmorency, Québec

  • Longueur : 38,4 m
  • Portée : 32,9 m
  • Chargement : CL-625
  • Achèvement : 2010

Pont de Mistissini, Mistissini, Québec

  • Longueur : 160 m
  • Portée : 37 m + 2 x 43 m + 37 m
  • Chargement : CL-625
  • Particularité : coût 9,5 M$
  • Achèvement : 2014

Grâce à cette réalisation, Stanbec s’est mérité en 2015 le Grand Prix du génie conseil québécois dans la catégorie Infrastructures de transport ainsi que le Prix Infrastructures au Gala des grands prix d’excellence en transport de l’AQTR.

Pont de Mistissini : L'empreinte carbone de la structure de bois versus une structure avec tablier à poutre mixte acier-béton fut un élément déterminant en faveur du bois. Au total, la différence entre les deux solutions est de 1472 tonnes d’émissions équivalentes de CO2, ce qui correspond au CO2 émit lors de la combustion de 640 000 litres d'essence.
Pont de Mistissini : L’empreinte carbone de la structure de bois versus une structure avec tablier à poutre mixte acier-béton fut un élément déterminant en faveur du bois. Au total, la différence entre les deux solutions est de 1472 tonnes d’émissions équivalentes de CO2, ce qui correspond au CO2 émit lors de la combustion de 640 000 litres d’essence.

Source: Nordic Structures Bois
Crédits photos : Nordic Structures Bois

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