CCMI

Cratères d'impact terrestre

Carte des structures d'impact au Canada.

La carte montre la localisation des structures d'impact reconnues au Canada. Une liste révisée des sites d'impacts canadiens est disponible chaque année dans l'Observer's Handbook de la Société Royale d'Astronomie du Canada (SRAC). (Courtoisie Richard Grieve, Commission géologique du Canada).


Le cratère de Manicouagan

Le cratère de Manicouagan (51° 23' Nord, 68° 42' Ouest) se trouve au Québec (Canada) à 200 kilomètres au nord du fleuve St-Laurent. Il se classe parmi les plus grands au monde avec un diamètre d'une centaine de kilomètres. C'est un cratère complexe à anneaux multiples. L'anneau interne, d'un diamètre moyen de 70 kilomètres, est clairement visible sur cette image satellitaire Landsat. Il forme le réservoir du barrage hydro-électrique de Manicouagan-5. L'impact, qui s'est produit il y a 214 millions d'années, pourrait avoir été responsable d'une extinction massive comparable à celle qui s'est produite à la fin de la période géologique du Crétacé. (Image fournie gracieusement par la NASA).
Une séries de diagrammes montre le processus de formation de ce cratère


Le Cratère du Pingualuit (Nouveau Québec)

Le Cratère du Pingualuit (auparavant appelé le cratère Nouveau-Québec ou Chubb) est situé à l'extrémité nord de la péninsule d'Ungava. C'est un exemple classique de cratère simple et relativement petit. D'un diamètre d'environ 3.2 km, il est pratiquement circulaire avec un rebord de 163 m au dessus de la surface du lac occupant la dépression du cratère. Ce lac, d'une profondeur de 252 m, est le plus profond au Québec. Le cratère, qui est creusé dans les roches cristallines du Bouclier Canadien, fut reconnu comme une structure d'impact en 1950 par une équipe conduite par V.B.o Meen, du Musée Royal de l'Ontario. Son identification et sa description ont été à l'origine du programme d'études intensives des cratères animé par C.S. Beals et ses collègues de l'observatoire du Canada au début des années mille-neuf-cent-cinquante. L'événement qui créa ce cratère se serait produit il y a environ 1,4 millions d'années. (Image fournie gracieusement par la commision géologique du Canada)


Le cratère de Wolf Creek dans l'ouest de l'Australie

Les coordonnées de ce cratère sont 19° 10' Sud 127° 46' Est. Le diamètre de son rebord est de 800 m et la différence d'élévation entre la crête du rebord et le fond actuel du cratère est de 60 m. L'âge approximatif est de dix à vingt mille ans. C'est un autre exemple d'un petit cratère simple. Des fragments de météorite ont été recueillis à l'intérieur du cratère, confirmant son origine. (Image fournie gracieusement par la commision géologique du Canada)


Effets particuliers des impacts sur les roches

Shatter-cones

Les "shatter-cones" sont un des effets des impacts les plus faciles à observer sur le terrain. Ce sont des fractures coniques généralement développées dans des roches à grains fins. Des stries longitudinales en queue de cheval décorent la surface de ces fractures. Les cônes complets sont rares. Les fragments de cône sont fréquents et s'intersectent souvent l'un l'autre. L'angle apical des cônes voisine 90° et leur hauteur varie de 1 cm à 5 m. Parfois ils présentent une forme de trompette comme montré ci-haut à gauche. Ils se développent isolément ou en groupe lorsque l'onde de choc produite par l'impact traverse la masse de la roche. Lors de leur formation, ils pointent vers le point d'impact. Cependant, cette orientation initiale est généralement changée par les déplacements et rotations majeures qui suivent le passage de l'onde de choc dans la plupart des cratères d'impact. Les shatter-cones sont un indicateur sûr de la présence d'un site d'impact majeur car ils ne peuvent être produits d'aucune autre façon (sauf par explosion nucléaire). L'exemple de gauche provient du cratère de l'Île Rouleau (Québec, Canada) et celui de droite du cratère de Charlevoix (Québec, Canada). (Les photographies sont une gracieuseté de Denis W. Roy)

Lamelles de choc dans le quartz

Le passage d'une onde de choc à travers la masse de la roche laisse aussi des traces dans la structure cristalline de plusieurs minéraux. Ici, l'onde de choc a produit des jeux multiples de lamelles planaires, appelées "lamelles de choc", dans le quartz. La présence de lamelles multiples est diagnostique d'une déformation par onde de choc. Cet exemple provient du cratère de l'Île Rouleau, Québec, Canada. (La photographie est une gracieuseté de Denis W. Roy)

Verre diaplectique dans le plagioclase

Le minéral plagioclase montre une autre transformation possible: l'onde de choc perturbe suffisamment la structure cristalline du minéral pour en transformer plusieurs parties en verre "diaplectique" (verre de haute pression et de haute densité formé à l'état solide) qui apparaissent isotropes et uniformes dans toutes les orientations. La photographie montre une lame mince de plagioclase de 0,003 millimètres d'épaisseur en lumière polarisée colorée par une lame de "teinte sensible": en jaune, le plagioclase cristallin et en mauve les parties vitrifiées par l'onde de choc. Cet exemple provient du cratère de Manicouagan. (La photographie est une gracieuseté de Denis W. Roy)

Brèche d'impact

Les impacts de météorites fragmentent aussi de grandes quantités de roche qui sont mélangées ensemble et recimentées pour former des brèches d'impact solidifiées. Dans la photographie ci-haut (champ d'environ 10 centimètres), certains des plus gros fragments sont eux-mêmes composés de fragments. Cet exemple provient du cratère de Sudbury, Ontario, Canada. (La photographie est une gracieuseté de Denis W. Roy)


CCMI, Michael Higgins et Denis W. Roy