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Relations entre les étoiles
filantes et les météorites

Un guide sommaire des relations entre les étoiles filantes et les météorites.

Le but de ce texte est de fournir des indications de base sur le type d'étoile filante susceptible de produire une météorite. Bien que la récupération des météorites ne soit pas la seule raison de compiler des observations sur les étoiles filantes ou bolides (voir Journal of the Royal Astronomical Society of Canada, 87, 140), il n'en demeure pas moins nécessaire que des efforts beaucoup plus grands soient faits pour obtenir des rapports précis d'observations visuelles quand une étoile filante produit une météorite. Une bonne partie du texte ci-dessous est basée sur les paramètres des étoiles filantes apparemment reliées à des chutes de météorites selon l'analyse des données PORM par Halliday et al (Meteoritics, 24, 65).

1. L'éclat d'une étoile filante n'est pas un indicateur valable de la probabilité de production de météorite. L'étude d'Halliday a montré, d'une façon peut-être surprenante, que les météorites proviennent d'étoiles filantes de luminosité plus faible qu'une magnitude apparente de -6. La magnitude lumineuse typique d'une étoile filante produisant une météorite est de -9. Peu d'étoiles filantes (ou bolides) parmi les plus lumineuses et les plus spectaculaires ont produit une météorite.

2- Les météorites ne résultent pas de météores rapides. Une limite précise est difficile à définir, mais la plupart des chercheurs pensent que les météorites ne résultent jamais d'étoiles filantes plus rapides qu'environ 28 km/sec par rapport à la surface de la Terre. La vitesse d'une étoile filante est généralement difficile à déterminer avec précision à partir seulement des rapports d'observation visuelle. Cependant, il est parfois possible de conclure que la vitesse est trop élevée pour la production d'une météorite à partir du mouvement apparent et de la durée. Lors de l'interprétation de telles observations, il faut se souvenir que les étoiles filantes commencent normalement à briller à partir de 80 km d'altitude.

3. Les météorites ne résultent pas d'essaims d'étoiles filantes (ou météores) dérivées de comètes, tels que les Orionides, les Perséïdes, les Léonides, les Taurides, etc... On estime que ces objets n'ont pas la résistance mécanique nécessaire pour survivre à la traversée de l'atmosphère, et, de toute façon, leurs vitesses d'approche sont trop grandes. Souvent la date et la direction apparente peuvent être utilisées pour relier un bolide à un essaim particulier (même s'il semble que des étoiles filantes très lumineuses ne sont pas produites par les essaims de météores).

4. Les étoiles filantes productrices de météorites s'éteignent généralement à des altitudes de 25 à 35 km. S'il peut être établi, par triangulation à partir de plusieurs stations dispersées, que l'étoile filante a disparu à 50 ou 60 km d'altitude, il est très peu probable qu'une météorite en ait résulté. Les étoiles filantes typiques produisant des météorites ont ralenti à des vitesses de 8 km/sec à la hauteur où la luminosité disparait.

5. Il y a une légère correspondance entre la production de météorite et l'inclinaison par rapport au zénith: les chutes verticales étant plus susceptibles de produire des météorites.

6. La fragmentation réduit considérablement la probabilité de production de météorite (même si la plupart des météorites se fragmentent aussi). Il semble que les météorites avec des masses plus grandes que 10 kg, déjà fracturés par les impacts interplanétaires, se fragmentent facilement.

7. La production d'un bruit semblable à un coup de tonnerre (ou son non-électrophonique) est un excellent indicateur que des météorites ont été produites, car cela indique que l'étoile filante est parvenue aux couches inférieures de l'atmosphère. Le délai entre l'étoile filante et le son (normalement en dizaines de secondes ou en minutes) peut être utilisé pour établir la distance. Des sifflements ou des bruits saccadés électrophoriques qui se produisent en même temps que l'étoile filante ne sont pas une indication de pénétration en basse atmosphère ni de probabilité de production de météorite (on croit que ces sons correspondent à des ondes électromagnétiques transformées en son par des objets situés à proximité).


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Traduit de l'Anglais par Denis W. Roy, Université du Québec à Chicoutimi