CCMI

Météorites pierreuses

Holbrook.

Cette météorite chondrite olivine-hypersthène L6 tomba en 1912 dans le comté Navajo en Arizona. Elle est membre d'une chute de météorites pierreuses estimée à 14 000 fragments dont le plus gros pesait 6.6 kg. Au total, une masse de 218 kg fut récupérée. La photographie montre une croûte de fusion caractéristique bien marquée par des lignes d'écoulement. Ces dernières, formées par l'ablation atmosphérique sont plus profondes sur la surface avant, s'éloignant les unes des autres à partir de l'apex. La discontinuité de la croûte de fusion indique que cet échantillon provient d'une météorite qui se brisa en frappant le sol. (Image courtoisie Commission Géologique du Canada)

Bruderheim.

Il s'agit de la plus grosse météorite trouvée au Canada. Bruderheim provient de la localité du même nom située à quelque 100 km au nord-est d'Edmonton. Elle fut localisée et recueillie après le passage d'une étoile filante extraordinaire visible sur une grande étendue à 01h06 AM, le 4 mars 1960. Cette chondrite L6 a été largement étudiée par les techniques modernes telles que: analyse isotopique et d'éléments trace, à l'aide de la microsonde et du microscope électronique.

Carte de localisation des fragments de la chute Bruderheim.

L'étoile filante brillante qui fut observée pour Bruderheim se termina par une détonation entendue à plus de 100 km à la ronde. Des fragments furent rapidement localisés sur la neige, avec des masses variant de quelques milligrammes jusqu'à 31 kg. Près de 700 fragments totalisant 303 kg furent récupérés à environ 10 km au nord de la ville de Bruderheim. Bien que la majeure partie du matériel soit conservée à l'Université d'Alberta à Edmonton, le plus gros spécimen est dans la collection nationale de météorites à Ottawa. La photographie montre la zone elliptique définie par les fragments recupérés. Remarquez que le météore voyageait de l'ouest nord-ouest vers l'est sud-est et que les plus gros fragments sont concentrés à l'extrémité est sud-est de l'ellipse.

Distribution de la grosseur des fragments de Bruderheim.

Les fragments de Bruderheim varient beaucoup en masse jusqu'à un maximum de 31 kg. La photographie donne une idée de la variété des dimensions. Remarquez que presque tous les fragments montrent une croûte de fusion noire typique, ce qui indique que la fragmentation s'est produite pendant le passage dans l'atmosphère alors que le météore se déplaçait à une vitesse encore suffisante pour causer la fusion de la surface par friction. Les plus gros morceaux résultant tendent à voyager plus loin et se retrouvent à l'extrémité de l'ellipse opposée au radiant d'origine du météore. (Photo par le Dr. Peter M. Millman, 18 juin 1960)

Coupe de Abee.

Cette météorite fut découverte dans un champ de blé près de Abee, Alberta, peu après sa chute le 9 juin 1952. Avec une masse de 107 kg, la météorite produisit un trou d'environ 75 cm de diamètre et de presque 2 m de profond, ayant un angle de 65° par rapport à l'horizontale. Il s'agit d'une variété de chondrite relativement rare, enstatite E4. Sur cette photographie, elle est vue sous la forme d'une plaquette polie. Abee est un brèche noire composée de fragments angulés (entourés, pour plusieurs d'une frange métallique), d'inclusions sombres et d'une matrice. Abee se révéla être d'une grande valeur scientifique et un "consortium" international de chercheurs scientifiques et de laboratoires fut établi pour l'étudier avec les techniques modernes d'analyse isotopique et de microanalyse. (P. Millman, J. Roy. Astron. Soc., Canada, 1953,v. 47, p. 32; Earth and Planetary Science Letters, v. 62, p. 116).

Coupe de Catherwood.

Cette météorite a été trouvée sur une ferme à Catherwood, au sud-ouest de Saskatoon, par M. Cecil Ross, après qu'elle se fut prise dans sa semeuse, probablement en 1965. Éventuellement elle fit son chemin via un collectionneur de minéraux jusqu'au bureau chef du PORM à Saskatoon et la pièce principale fait maintenant partie de la collection nationale de météorites à Ottawa. C'est une chondrite commune, L6, mais elle est particulièrement intéressante à cause des veines de choc noires vitrifiées, qui sont clairement visibles sur la photographie. Celles-ci contiennent de la ringwoodite et de la majorite, qui sont des minéraux indicateurs d'ultra haute pression au moment de la formation du matériel dont est issu la météorite. (Ref. L.C. Coleman,1977: Canadian Mineralogist v. 15, p. 97-101).

Allende.

Cette météorite, qui provient du district de Chihuahua au Mexique, tomba le 8 février 1969 après qu'une brillante étoile filante ait été vue dans les premières heures du matin. Elle fait partie de la classe relativement rare des chondrites carbonacées (CV3). Elle a été trouvée éparpillée sur un superficie de plus de 150 km carré; des centaines de fragments totalisant une masse de plus de deux tonnes furent recueillis, le plus gros, qui malheureusement se brisa sous l'impact, ayant une masse de 100-110 kg. L'échantillon sur la photographie montre les traces de la croûte de fusion noire produite pendant le passage à travers l'atmosphère, ainsi que la couleur intérieure typique des chondrites carbonacées. Comparer la surface brisée ici avec celle d'une chondrite ordinaire (INNISFREE) en haut.

Détail d'Allende

L'image montre, en gros plan, une surface brisée d'Allende. Plusieurs caractéristiques y apparaissent clairement: la couleur globale est beaucoup plus sombre que celle d'une chondrite typique, et les particules de métal (kamacite) sont très rares alors que les chondrules presque sphériques sont nombreuses. Des taches ou agrégats de couleur blanchâtre sont aussi visibles. Allende a fait l'objet d'études poussées qui ont détaillé sa minéralogie extrêmement complexe. Les taches blanchâtres, riches en aluminium, pourraient provenir de la condensation de la nébuleuse à l'origine du système solaire. Ils ont récemment suscité un intérêt accru suite à la démonstration de la composition isotopique anormale de l'oxygène et d'autres éléments qu'ils contiennent, suggérant qu'ils pourraient contenir du matériel extra-nébulaire datant d'avant la formation de notre système solaire.

Lame mince d'une chondrule provenant de Riverton.

Les chondrules, petits corps sphériques ayant un diamètre typique d'un millimètre ou moins, sont des constituants essentiels de toute météorite chondritique, quoique leur abondance varie beaucoup d'une météorite à l'autre. Les théories sur leur origine sont nombreuses et variées: les chondrules seraient dues à la condensation de la nébuleuse, à une fusion par des éclairs, à des impacts ou à des frictions, et ou même à un volcanisme explosif. La chondrule vue sur cette photographie est constituée essentiellement de lamelles d'olivine cristalline. D'autres, par contre, se composent d'orthopyroxène ou d'un mélange de plusieurs minéraux, dont des sulfures. Les chondrules se présentent en grains très fins ou sous forme complètement vitreuse dans les météorites qui ont peu ou pas subi de réchauffement (métamorphisme). Riverton, la météorite d'où provient la chondrule montrée ici, est une petite météorite Canadienne, chondrite H5, trouvée en 1960 ou 1961 près de la ville de Riverton au Manitoba. Sa masse n'est seulement que de 103 g, et son identification comme météorite ne date que de 1968. Un morceau de 24.8 g fait maintenant partie de la collection nationale de météorites à Ottawa.

Tektite.

Bien qu'attribuées à une origine extraterrestre dans le passé, aujourd'hui il est généralement admis que les tektites représentent des matériaux terrestres fondus par un impact majeur et éjectées dans la haute atmosphère. La taille des tektites varie beaucoup, bien que les plus grosses n'atteignent que quelques centimètres. Leurs formes les plus communes sont celles d'un bouton, d'une goutte d'eau ou d'une altère. Il y a des évidences que ces objets ont voyagé sur de longues distances depuis leur point d'éjection, peut-être même la moitié du tour du monde. Les formes en bouton sont dues à l'ablation par friction de corps initialement plus sphériques. Des concentrations de microtektites ont été trouvées dans des sédiments marins profonds. Les tektites de cette photographie sont probablement des Indochinites provenant de l'Australasie.

Fausses météorites.

Divers matériaux peuvent être confondus avec des météorites. Les plus communes des fausses météorites varient avec les régions. Dans les Prairies, par exemple, des nodules ferrugineuses sont souvent prises pour des météorites. De même des scories formées par des feux de défrichement ou des blocs de cendre provenant de la combustion de vieux tas de paille sont souvent à l'origine de méprises parce qu'elles sont très différentes des autres roches présentes dans les environs. Pour la même raison, des cailloux erratiques d'origine glaciaire sont fréquemment soumis pour examen comme météorites potentielles. Dans d'autres régions, la fonte et la matte (scorie) provenant de haut-fournaux peuvent aussi être prises pour des météorites.

D'autres images de météorites sont disponible au:  Nine-planets

CCMI, Michael Higgins et Denis W. Roy