Directeur: Nicolas Xanthos
Adjointe à la rédaction: Michelle Côté

Pour nous joindre
Diffusion électronique: Érudit

 
 
 
   
   
               
     
 

RHÉTORIQUES DU VISIBLE

Présentation

Sommaire

Résumé

 

 

SOMMAIRE

RHÉTORIQUES DU VISIBLE – INTRODUCTION / Groupe µ

Première partie : Conditions théoriques d’une rhétorique visuelle

LA SÉMIOTIQUE VISUELLE, LE PLASTIQUE ET L’ESPACE DU PROCHE / Marie Carani 16
DES CONDITIONS DE POSSIBILITÉ D’UNE RHÉTORIQUE VISUELLE / Fernande Saint-Martin 25
LE SILENCE PARLANT DES IMAGES / Göran Sonesson 37
LE TROPE VISUEL, ENTRE PRÉSENCE ET ABSENCE / Jacques Fontanille 47
SIGNE ICONIQUE ET TROPOLOGIE VISUELLE / Tony Jappy 55
DES OPÉRANDES RHÉTORIQUES COMME CLASSÈMES DES TROPES VISUELS / Sylvain Rheault 63

L’ÉCLIPSE, LES DÉLICIEUX de Louise Viger présentés/ Chantal Boulanger 70

Deuxième partie : Approches particulières

L’ELLIPSE ET LES STRUCTURES SUPERFICIELLES DES MÉTAPHORES VERBALE ET NON VERBALE / Eli Rozik 79
SYNECDOQUES VISUELLES / Bernard Meyer 94
DE ZEUXIS À WARHOL : LES FIGURES DU RÉALISME / Áron Kibédi Varga 101
LA SYLLEPSE DANS LE CHAMP VISUEL / Hans-George Ruprecht 110
LA FIGURE CACHÉE : L’ANAMORPHOSE FACE À LA RHÉTORIQUE / Julie LeBlanc 119
SUR QUELQUES TROPES VISUELS JAPONAIS ET LEURS FONDEMENTS PERCEPTUELS ET EXPÉRIENTIELS / Yoshihiko Ikegami 127
FIGURES DE L’APPROPRIATION / Olivier Asselin 134

INTRODUCTION

RÉSUMÉS

La sémiotique visuelle, le plastique et l’espace du proche
Marie Carani – page 16

L’histoire relativement jeune de la sémiotique visuelle a été traversée par les problèmes méthodologiques qu’ont posés au départ l’arrêt sur l’iconicité et son corollaire, la secondarisation effective du plastique. L’emprise d’un tel discours iconique a également visé une part importante de la théorie de l’art contemporain. Des critiques rigoureuses de cette double situation ont cependant débouché, ces dernières années dans les disciplines de la sémiotique et de l’histoire de l’art, sur des problématisations nouvelles du signe visuel ; c’est notamment le cas avec la sémiotique topologique québécoise. Là, à l’encontre des thèses bidimensionnelles de Clement Greenberg, la question des perspectives et des espaces proches entend guider sémiotiquement la réflexion sur les signifiants et les signifiés de la peinture moderniste, en particulier dans le cas de l’abstraction chromatique des années 50-60.

Iconicity, with the restrictions it imposed on plasticity, runs across the history of visual semiotics. Contemporary art history has also been witness to a similar phenomenon. On the basis of a virulent criticism of this discursive model, both disciplines have recently attempted to put forward some new perspectives on the visual sign. As the focal point for its methodological critique, contrary to Clement Greenberg’s principles of bidimensionality, the topological semiotics of the Québec School have thus seized upon the seminal notions of perspectives and proxemic spaces as a way to semiotize the signifiers and signifieds of modernist painting, notably in the case of post-war chromatic abstraction.

Des conditions de possibilité d’une rhétorique visuelle
Fernande Saint-Martin – page 25

La transposition au domaine visuel de la notion de rhétorique, qui a été élaborée en regard du langage verbal, exige la réalisation de deux présupposés : a) un certain cadre syntaxique par rapport auquel des écarts ou déviances peuvent être observés et b) une hypothèse sémantique liée au plan iconique aussi bien que plastique du langage visuel. L’auteure propose que l’un et l’autre découlent de l’organisation spatiale des énoncés visuels, lesquels servent aussi bien à la dénégation qu’à la satisfaction symbolique des désirs humains.

The application to visual language of the notion of rhetoric previously elaborated in connection with verbal language requires the existence of two factors : a) a definition of a visual syntax allowing specific divergences and b) a semantic hypothesis linking the iconic and plastic levels of visual languages. It is proposed that these are provided by the spatial organization of visual enunciations, that serve as denial as well as symbolic satisfaction of human desires.

Le silence parlant des images
Göran Sonesson – page 37

Alors que l’école de Greimas favorise les oppositions dans l’image et que le Groupe m tend à y voir une prolifération des identités, nous proposons d’y reconnaître deux opérations de base, dont l’une sert à projeter une différence sur le fond d’une identité fondamentale, tandis que l’autre affirme une identité sur le fond d’une distinction également fondamentale. En effet, il existe au moins deux manières de transformer l’image en énoncé sans passer par l’intermédiaire du verbal : en introduisant une identité ou une opposition (ou une forme plus atténuée de différenciation) là où elles ne sont pas attendues. Ainsi, au lieu de tenter d’isoler une figure telle que l’oxymore, il faut admettre l’existence d’une échelle qui va des corrélations les plus probables de propriétés, à savoir les prototypes, aux corrélations les moins probables de propriétés, dont le cas extrême est la contradiction. En examinant quelques images surréalistes, ainsi que des images publicitaires et artistiques plus récentes, on a été amené à introduire aussi une deuxième échelle, qui concerne le degré relatif d’intégration des objets respectivement dans le monde de la vie et dans l’image.

Among the classical approaches to visual semiotics, the Greimas school tends to focus on oppositions, whereas the Groupe m discovers identies everywhere. In contrast, we propose to recognize two basic operations, one of which projects a difference on the background of a fundamental identity, while the other affirms an identity on the background of an equally fundamental difference. There would seem to be at least two ways of transforming a picture into a statement, without having recourse to verbal language : by introducing an identity, or an opposition (or some less extreme form of differentiation), where the opposite is expected. Thus, instead of defining a visual oxymoron, we suggest the existence of a scale going from the most probable correlations of properties, also known as prototypes, to the least probable correlations of properties, the extreme case of which is the logical contradiction. Discussing a few surrealist pictures, as well as more recent publicity and art pictures, we found it necessary to posit still another scale, concerned with the relative integration of objects into the lifeworld and the picture, respectively.

Le trope visuel, entre présence et absence
Jacques Fontanille – page 47

Dans le fonctionnement des tropes, la catégorie présence/absence est déterminante. Elle peut recevoir en sémiotique un traitement en termes de « modes d’existence », et les différentes modalisations existentielles des contenus manipulés dans les tropes (virtualisé, actualisé, potentialisé et réalisé) permettent d’envisager leur co-existence dans une véritable profondeur du discours. Ces déplacements en profondeur, tout comme les modulations de la présence et de l’absence, sont alors interprétables comme des transformations sensibles (et porteuses d’affects) du champ de présence inhérent à toute énonciation.

In the way tropes operate, the presence/absence category is a governing factor. In semiotics, it can receive a treatment in terms of « modes of existence », and the different existential modalities of the contents handled in the tropes (virtual, actual, potential and real) make it possible to envisage their co-existence in a genuine discourse density. These shiftings in depth, as well as the inflexions of presence and absence, then become interpretable as sensible transformations (also bearing affects) of the field of presence inherent to any enunciation.

Signe iconique et tropologie visuelle
Tony Jappy – page 55

L’étude place la problématique de la tropologie visuelle dans le cadre épistémologique de la sémiotique de C.S. Peirce. Posant que cette sémiotique puise ses sources théoriques dans la rencontre de l’idéalisme kantien avec l’empirisme britannique, elle cherche dans un premier temps à montrer que ses caractéristiques les plus pertinentes pour une tropologie visuelle relèvent de la place dévolue à l’inférence et à l’expérience dans le système peircien. Ces caractéristiques permettent de mesurer la différence qui sépare la sémiotique peircienne de l’approche linguistique des sémiologies d’inspiration saussurienne à caractère rationaliste, et concernent plus précisément le statut théorique accordé par Peirce à l’objet du signe et à la notion de ressemblance. Par la suite, l’étude montre que la distinction entre verbal et visuel cède la place à la distinction opérée par Peirce entre l’iconique et le symbolique, suggère que l’interprétation des tropes relève autant du niveau symbolique que de l’iconique, pour conclure que, s’agissant de forme, les signes tant figurés que propres, tant linguistiques que visuels, tombent indifféremment sous le coup du concept d’hypoiconicité, dont les trois réalisations sont l’image, le diagramme et la métaphore, structures justement communiquées au signe par l’objet qu’il représente.

This study discusses the possibility of a strictly visual rhetoric from within the framework of the semiotics of C.S. Peirce. It suggests that this particular theory combines aspects of Kantian idealism and a much refined form of British empiricism, and emphasises the primary importance of inference and experience in the way we interpret signs. This illustrates the epistemological gulf between Peirce’s semiotics and the rationalist, Saussurian semiologies generally invoked in the discussion of visual rhetoric ; since, within Peircean semiotics, the customary distinction between verbal and non-verbal, visual signs is replaced by the more general trichotomic division yielding the symbolic, the indexical and the iconic.The second part of the study goes on to discuss the implications of such a position for the interpretation of tropes, and shows how, within Peircean semiotics, the form both of figurative and literal signs is held to be determined by the relation between the structure of the object and the limits imposed by the medium in which the sign is inscribed. Irrespective of medium, this form is realized as one the three forms of hypoiconicity, namely, image, diagram and metaphor, these being the « sub-iconic » structures communicated by the object to the sign.

Des opérandes rhétoriques comme classèmes des tropes visuels
Sylvain Rheault (avec la coll. de Bernard Dupriez) – page 63

On propose ici d’appliquer les catégories linguistiques, sémantiques et rhétoriques aux phénomènes visuels, le visuel étant lui-même considéré comme un des aspects de la communication. Envisager le trope comme une substitution au niveau de la structure de deux systèmes paradigmatiques permet de passer de l’un à l’autre. Il ne s’agit plus alors de se limiter à travailler sur un seul élément, iconique ou plastique, mais de prendre en considération tous les matériaux de la communication susceptibles de subir une opération rhétorique. Parmi les opérandes rhétoriques, on présentera d’abord ceux de l’énonciation. On trouvera que les styles traduisent le façonnement esthétique, que le cadrage rend la situation, que les plans suggèrent une visée, que l’éclairage permet le contact, que les publics prédéterminés renseignent sur le destinataire, enfin que la signature peut indiquer la présence de l’auteur. Pour les opérandes visuels, il n’est pas possible de se contenter des points et des lignes en soi : il faut considérer l’étendue spatiale, le graphisme et la graphie. L’invention, au point de vue des tropes visuels, permet de traduire les autres signifiants, entre autres la sonorité, la mélodie et le geste. La présentation se termine avec quelques éléments de l’énoncé iconique, soit les personnages, les sentiments, les actions et les idées.

We will attempt to apply known linguistic, semantic and rhetorical categories to visual figures, with the visual aspect itself being considered as one of the aspects of communication. To perceive the trope as a substitution at the structural level of two paradigmatic systems allows for the transformation from one system to the other. From that point, there is no reason to limit oneself to use only one element, iconic or plastic, but rather it is important to use all aspects of communication capable of undergoing a rhetoric operation. Among these rhetoric operands, those regarding enunciation will be first presented. As for visual operands, it is insufficient to use only dots and lines as classifiers. Instead the spatial dimension, the drawing, and the graph must be considered. Invention regarding visual tropes allows for the translation of sounds, melody and gesture into images. The article will end with the presentation of some elements of content, characters, feelings, actions and notions.

L’ellipse et les structures superficielles des métaphores verbale et non verbale
Eli Rozik – page 79

À partir de l’hypothèse d’une équivalence fondamentale entre les systèmes verbal et iconique de signification et de communication, l’article propose deux thèses : (1) les métaphores verbale et non verbale (en particulier l’iconique) sont engendrées par une structure profonde commune et produisent du sens grâce aux mêmes mécanismes; (2) les règles de l’ellipse s’appliquent également aux métaphores verbale et non verbale. Puisque les composants manquants peuvent être évoqués à partir de la connaissance de la structure profonde et de la mise en œuvre de processus associatifs adéquats, l’existence de l’ellipse n’affecte pas le sens de la métaphore. Potentiellement, la métaphore verbale est plus articulée que sa contrepartie non verbale, mais cette dernière peut être conçue comme un cas particulier d’ellipse, et en ce sens la métaphore verbale ne jouit d’aucun avantage sur la non verbale. Quelques exemples sont analysés à l’appui de ces thèses.

Against the background of an assumed fundamental equivalence between verbal and iconic systems of signification and communication, this paper suggests two theses : 1) verbal and nonverbal (particulary iconic) metaphors, are generated from a common deep structure and produce meaning with the same mechanisms ; 2) the rules of ellipsis equally apply to verbal and nonverbal metaphor. Since missing components can be found on the grounds of knowledge of the deep structure and the use of pertinent associative processes, the existence of ellipsis does not affect the meaning of a metaphor, whether verbal or non-verbal. Potentially, verbal metaphor is more articulated than its non-verbal counterpart ; but the latter can be conceived as a particular case of ellipsis and, in this sense, verbal metaphor enjoys no advantage over non-verbal metaphor. In order to substantiate these theses, several verbal and visual metaphors will be analysed.

Synecdoques visuelles
Bernard Meyer – page 94

La figure appelée synecdoque réfère à un objet par un terme désignant littéralement un autre objet, lié au premier par une relation d’inclusion. Existe-t-il des synecdoques iconiques ? On montre d’abord que la partie représente souvent le tout (et inversement) dans les messages visuels. Pour faire figure, cependant, cette représentation ne doit pas correspondre à une norme iconique et, pour être purement iconique, elle doit se passer de l’appui du langage. Cela exige que le tout (la partie) à concevoir soit familier aux récepteurs virtuels et que le détail (le tout) choisi le lui fasse reconnaître à coup sûr.

The trope named synecdoque refers to an object through a term literally designing another object, related to the first by a relationship of inclusion. Do iconic synecdoques exist ? It is first demonstrated that the part often represents the whole (and conversely) in visual messages. To become a trope, however, this representation must not correspond to an iconic norm, whereas to be purely iconic it must be independant of language. It follows that the whole (resp. the part), to be conceived, must be familiar to the potential receivers, and that the selected detail (resp. the whole) must allow them to identify it without error.

De Zeuxis à Warhol: les figures du réalisme
Áron Kibédi Varga – page 101

La tentation est grande, depuis l’Antiquité, d’assigner aux arts la tâche de reproduire aussi exactement que possible la réalité. Ceci conduit, pour la peinture, à l’éloge du trompe-l’œil, et pour la littérature, au prestige de la figure de l’hypotypose. Mais le premier invite à l’action, qu’il déçoit, la seconde déborde la réalité du côté de la rhétorique. Le réalisme moderne, né avec l’illusion réaliste créée par la photographie, est déjoué à son tour par le problème de la temporalité : le réel ne cesse de mourir.

There has always been a tendency to think that the arts had to reproduce reality as exactly as possible. This led in painting to trompe-l’œil, which is in fact not art but a deceitful invitation to act, and in literature to hypotyposis, which is a rhetorical device and not a true and humble reproduction. On the other side, modern realism is born simultaneously to the invention of photography : here, realism is questioned by the problem of temporality : the real represented is never but dead reality.

La syllepse dans le champ visuel
Hans-George Ruprecht – page 110

C’est à la lumière des récents débats sur la description du langage visuel et l’interprétation de ses tropes que cette étude apporte une problématisation sémiologique de la syllepse, définie en termes plastiques et iconiques. Pour s’interroger sur la pertinence heuristique de cette démarche dans le domaine de l’art moderne, l’analyse porte sur des aspects iconographiques hétérogènes de « Kristus, 1918 », gravure en bois de Karl Schmidt- Rottluff. Certains traits visibles et lisibles de cette icône expressionniste sont d’une ambiguïté tant picturale que scripturale. D’où l’importance d’une aperception critique (au sens d’Adorno) face à l’iconologie, apparemment judéo-chrétienne, de cette gravure. Les hypothèses de recherche et les résultats incitent à penser que la syllepse visuelle est un objet de connaissance à construire, qui relève de ce que Kant appelle l’intuition empirique.

In the light of recent discussions regarding the description of visual language and the interpretation of its tropes, this study proposes a semiological inquiry, in terms of plasticity and iconicity, into the nature of the syllepsis. To question the heuristic relevance of this approach insofar as modern art is concerned, the analysis focuses on heterogeneous iconographic elements of « Kristus, 1918 », a woodcut by Karl Schmidt- Rottluff. Certain aspects, drawn and written, of this expressionist icon present pictural and scriptural ambiguities. Accordingly, this work of art calls for a critical aperception (Adorno) in order to address its apparent Judeo-Christian iconology. The study’s hypotheses and its findings suggest that the visual syllepsis constitutes an object of knowledge that must be constructed, seeing that it derives from what Kant calls empirical intuition.

La figure cachée : l’anamorphose face à la rhétorique
Julie LeBlanc – page 119

Les défis perceptuels que pose le tableau des Ambassadeurs de Hans Holbein le Jeune ont non seulement des incidences sur les plans cognitif et descriptif, mais aussi sur le plan rhétorique, voire tropologique. En prenant comme point de départ trois descriptions de l’œuvre de Holbein, et notamment celles de la figure anamorphique du crâne présentées par Jurgis Baltrusaitis, Michel Butor et Hubert Aquin, nous analyserons l’acte de description par lequel l’image peinte est traduite en langage. C’est ensuite en nous attardant au jeu de la perspective, qui sous-tend la production et la réception du tableau de Holbein, que nous pourrons mettre en évidence la complexité des opérations cognitives et rhétoriques activées lors de l’appréhension de cette tête de mort figurée en anamorphose.

The perceptual challenges presented by Hans Holbein le Jeune’s painting, The Ambassadors, do not only have incidences at the cognitive and descriptive levels, but also at the rhetorical and more notably tropological level. The analysis of three descriptions of Holbein’s anamorphical figure of the skull presented by Jurgis Baltrusaitis, Michel Butor and Hubert Aquin, will allow for a detailed study of the descriptive act by which the painted image is translated into language. It is by paying particular attention to the phenomenon of perspective which underlies the production and reception of Holbein’s painting that the complexity of the cognitive and rhetorical operations activated during the actualization of the anamorphic figure wil be foregrounded.

Sur quelques tropes visuels japonais et leurs fondements perceptuels et expérientiels
Yoshihiko Ikegami – page 127

Quelques-unes des principales figures traditionnelles de la poésie japonaise, qui paraissent fortement orientées vers le sujet parlant – par comparaison avec leurs correspondantes occidentales – sont ici discutées en relation avec les découvertes sur la perception visuelle, lesquelles montrent le rôle essentiellement constructif joué par le sujet regardant. On suggère qu’une théorie cognitive de la perception offrira une base sur laquelle on pourra raisonnablement intégrer une rhétorique à orientation linguistique et une tropologie visuelle orientée vers l’image.

Some of the major traditional figures of Japanese poetry, which in comparaison with their Western counterparts, appear to be highly speakingsubject- oriented, are discussed in relation to the recent findings on human visual perception, which point to the essentially constructive role played by the seeing subject. It is suggested that a cognitive theory of perception will offer a basis on which linguistically oriented rhetoric and imagistically oriented visual tropology can meaningfully be integrated.

Figures de l’appropriation
Olivier Asselin – page 134

L’œuvre d’art moderne puis postmoderne, depuis le néo-classicisme jusqu’aux « appropriationnistes », s’est élaborée sous les modes nouveaux et variés de l’ imitation, de la citation et plus généralement de l’ appropriation. La rhétorique s’est rarement intéressée à ces figures-là. Dans « Bricolage pictural. L’art à propos de l’art », René Payant entreprend de faire une véritable typologie de ce qu’il appelle les « citations dans la peinture et les arts visuels ». Nous la commentons ici en relisant C.S. Peirce et Nelson Goodman.

In Modernity and Postmodernity, from Neoclassicism to the new « Appropriationists », the visual arts have defined new modes of imitation, quotation and appropriation. Rhetorical analysis did not pay much attention to these figures. But in « Bricolage pictural. L’art à propos de l’art », René Payant elaborates a typology of « quotes in painting and the visual arts ». This article examines this proposal, using C.S. Peirce and Nelson Goodman.