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LUMIÈRES

Présentation

Sommaire

Résumé

 

 

SOMMAIRE

Présentation / Marie Renoue 5
COSMOS (fragments) / Pierre Boudon 7
LUMIÈRES, MATIÈRES ET PAYSAGES / Jacques Fontanille 17
LA SCULPTURE DE VERRE COMME MONDE DE LUMIÈRE. Deux sculptures de Raphaël Farinelli et d’Étienne Leperlier / William Fiers 31
ÉLOGE DE LA NOIRCEUR / Claude Zilberberg 43

L’IMAGE LUMIÈRE NOCTURNE de Vincent Laganier 57

LUMIÈRE EN NOIR ET LUMIÈRE TANGIBLE. Le « goût » du paradoxe / Marie Renoue 69
TEXTURE, COULEUR, LUMIÈRE ET AUTRES ARRANGEMENTS DE LA PERCEPTION / Anne Beyaert 81
LUMIÈRES ET PROFONDEUR ÉPISTÉMIQUE / Françoise Parouty-David 91

Documents

INTERVIEW AVEC RAOUL COUTARD / Pierre-Emmanuel Parais et Marie Renoue 101
ENTRE L’ARTISTE ET L’INGÉNIEUR, LE CONCEPTEUR LUMIÈRE ET L’ÉCLAIRAGISTE / Jean-Jacques Ezrati 107

Une présentation de Marie Renoue

« I would like to say that there never is no light », dit James Turrell 1, dont la production artistique est consacrée à la lumière sous ses différentes manifestations physiques et physiologiques. Cette ubiquité, comme également la valeur symbolique de la lumière associée aux notions de clarté intellectuelle, d’évidence, auraient pu être l’indice d’une simplicité du phénomène, de sa description et de ses interprétations. Pourtant, toute impression d’évidence s’évanouit dès que l’on tente de préciser ce qu’est la lumière, ses valeurs sémantiques, mais aussi ce qu’il en est de sa visibilité – contestée entre autres par le philosophe O. Revault d’Allonnes, qui écrit :

La situation est quelque peu paradoxale: si la lumière est la condition indispensable pour qu’un objet soit visible, en revanche la lumière elle-même ne se voit pas. […] La lumière à la fois existe et n’existe pas.2

Aussi la lumière fut-elle et est-elle encore le lieu ou l’objet de spéculations philosophiques, cosmologiques, théologiques ou scientifiques – que l’on songe au mythe platonicien de la Caverne, au feu héraclitéen, à la lumière non astrale du Fiat Lux de la Genèse ou au photon, ondulatoire ou corpusculaire, de la physique quantique. Elle est un enjeu axiologique, esthétique, donc éthique, ainsi que le soulignent le fameux Éloge de l’ombre de J. Tanizaki (1933) et nombre d’édifices religieux. Objet sémiotique de choix pour le sémioticien, elle l’oblige, par sa trop grande polyvalence, à préciser un angle d’approche, à circonscrire un champ de manifestation, ainsi que le feront les diverses contributions à ce dossier de Protée, intitulé « Lumières».

Au-delà de la diversité des objets étudiés, le dossier « Lumières » présente des convergences thématiques et une variété méthodologique et théorique : il s’agit d’interroger les régimes de visibilité de la lumière, sa capture comme objet de valeur ou ses fonctions comme opérateur de visibilité d’objets, d’interroger également les valeurs différentielles du plan de l’expression ou du contenu qui la définissent, ses manifestations paradoxales ou complexes et synesthésiques. Il s’agit en fait de traiter de l’émergence du lumineux et de la lumière, de l’émergence d’un objet sémiotique, voire d’une approche sémiotique qui puisse le prendre en charge – car l’un des enjeux de ce dossier est assurément la confrontation de démarches sémiotiques déjà reconnues ou innovantes et en devenir.

Essentiellement consacré à la lumière des arts, ce dossier s’ouvre néanmoins avec une contribution traitant de « lumière naturelle », celle de P. Boudon, qui propose d’exfolier des figures de lumière astrale sous la forme diagrammatique des templa, afin d’élaborer une sémiotique de la physique dégagée de l’anthropomorphie des approches narratives et passionnelles courantes en sémiotique – et qui seront représentées ci-après.

Les autres contributions offrent l’examen d’objets artistiques singuliers ou pluriels plus ou moins intégré à l’explicitation d’une démarche sémiotique (une sémiotique passionnelle et tensive, une étude aspectuelle et actantielle des régimes de visibilité de la lumière). J. Fontanille propose ainsi l’analyse d’un effet : « la lumière intérieure » des paysages baudelairiens en termes actantiels et passionnels, pour mettre en évidence les deux configurations spatio-temporelles qui participent à la constitution sémiotique du paysage (« le paysage-existence » et « le paysage-expérience » indépendant ou dépendant de l’observateur). W. Fiers fait une analyse interactive des contraintes physiques de la lumière – la morphogenèse – et épistémologiques de la perception – la sémiogenèse – en termes de structures sensori-motrices à partir de deux sculptures de verre de Raphaël Farinelli et d’Étienne Leperlier.

Distincte de la narrativisation greimassienne de la signification, la sémiotique tensive que C. Zilberberg propose pour sa part, dont il expose les principes – la référence rhétorique, le primat de l’intensité – avant une analyse de la structure de la luminosité, de « styles » lumineux et « de la productivité de la noirceur », est apparente entre autres dans l’ Éloge de l’ombre de J. Tanizaki et dans l’œuvre d’ outrenoir de Pierre Soulages. Marie Renoue traite aussi des relations paradoxales entre le noir et la lumière en évoquant les peintures de Pierre Soulages, mais aussi les Lights Pieces de James Turrell, dont la dimension haptique est soulignée. L’ haptique et le synesthésique sont les points d’ancrage de l’étude de la texture représentée ou ostensive que réalise A. Beyaert, attentive à son interdéfinition avec les autres dimensions du visible et à son exploitation dans les arts du XXe siècle. Enfin, F. Parouty-David consacre son étude à la lumière représentée, à ses tensions et à ses valeurs actantielles, synesthésiques et axiologiques, dans La Mort de la Vierge du Caravage, le peintre par excellence de la dialectique ombre et lumière.

Puisque la lumière est également un matériau à travailler ou un objet façonné par des spécialistes de l’éclairage, les témoignages de praticiens ne pouvaient être oubliés. Aussi la section «Documents» propose-t-elle deux textes : une interview réalisée par P.-E. Parais et M. Renoue avec le chef-opérateur de la « nouvelle vague», R. Coutard, qui évoque les contraintes ou recherches techniques qui ont participé à la formation des lumières ayant fait sa renommée ; et le texte de J.-J. Ezrati, qui distingue pratiques et métiers de la lumière, avant de présenter une de ses réalisations muséales de concepteur éclairagiste. Une pratique de la lumière dont V. Laganier, architecte, éclairagiste et photographe, donne des exemples dans le dossier iconographique qu’il a réalisé ici.

La responsable du dossier remercie chaleureusement tous les auteurs, Raoul Coutard pour son aimable disponibilité et Vincent Laganier pour sa participation esthétique.

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1. E. Laaksonen : « James Turrell art minimal and conceptual only – interview with James Turrell », 1996 : http://www.home.sprynet.com/~mindweb/page44.htm.
2. « Les obscures évidences de la lumière », Revue d’esthétique, no 37 (« De la lumière »), 2000, p. 9.

 

RÉSUMÉS

Cosmos (fragments).
Pierre Boudon – page 7

L’idée d’une « sémiotique du monde naturel », proposée par Greimas, va au-delà de la notion d’une intersubjectivité à partir de laquelle les représentations discursives sont analysées. Il s’agit de retrouver les conditions de la notion ancienne de « phusis » du monde (telle que dans la philosophie grecque), lesquelles sont indépendantes de la vision anthropomorphique des individus en interaction (ce point de vue est similaire à celui d’une pragmatique). Dans cet article, dont le titre signifie qu’il s’agit d’un travail en cours, ce sont ces conditions qui sont recherchées, à propos de la notion de « lumière naturelle » ( cf. l’« idée » à travers l’écoulement du temps, du mouvement des astres). Selon ce point de vue, la sémiotique est le lieu des propriétés d’émergence d’une Nature, d’un ensemble d’effets plus ou moins hétérogènes. Elle renvoie ici aux significations premières d’une physique spéculative, à la notion d’une origine de la science naturelle.

The idea of a “ semiotics of the natural world ”, initiated by Greimas in his 1967 paper, goes beyond the notion of an intersubjectivity from which discursive representations are analyzed. It deals with all the requirements of a “ phusis ” of the world, which are independent from the anthropomorphic views of the individuals in action (this point of view is similar to the one present in pragmatics). In this paper, which is a work in progress, I look into these requirements, which are related to the notion of the “ lumen naturale ” ( cf. the “ idea ”, seen through the passing of time, through the movements of stars). From this point of view, semiotics is defined as a locus of emerging properties of Nature, of a set of facts more or less heterogeneous. Semiotics comes close to original meanings of speculative physics, and to the notion of the origin of natural science.

Lumières, matières et paysages.
Jacques Fontanille – page 17

Parmi tous les effets de lumière, on a choisi de prêter attention à l’un d’eux, car il a trait aux rapports entre le temps et la matière : il s’agit de la « lumière intérieure » dans le paysage. La lumière interne devient alors une propriété des objets et de leur structure matérielle, en plusieurs directions : l’animation actantielle, puisque l’intensité de l’éclat émane de l’objet ; la modalité et l’aspectualité, puisque la matière module la « restitution » de cet éclat ; la temporalité, enfin, puisque la perception de ces lumières est alors dissociée de celle de la source et du moment de l’émission. Ces remarques générales sont exploitées au cours d’une analyse des Fleurs du Mal, de Baudelaire, où on examine notamment le « feu du regard », la « lumière voilée » et le « soleil lavé ». Elles sont ensuite étendues à une réflexion sur le « paysage », conçu comme configuration sémiotique émanant du monde naturel, à la rencontre entre une « existence » et une « expérience ».

Among all the effects of light, we have chosen to put the focus on one, which is concerned with the relations between time and matter : landscape’s “ internal lights ”. Internal light appears as a property of objects and of their structure in many ways : on an actantial level, because light intensity comes from the object ; in terms of modality and aspectuality, because the light emitted is modulated by matter itself ; in terms of temporality, finally, because the perception of these lights is dissociated from the one emitted from its source at the time of this emission. These concepts are used in the analysis of Charles Baudelaire’s The Flowers of Sickness and Evil. We study such expressions as “ fire of look ”, “ veiled light ” and “washed sun ”. We extend these remarks to a reflection about landscape, conceived as a semiotic configuration stemming from the natural world, which enables us to confront the notions of “ existence ” and “experience”.

La sculpture de verre comme monde de lumière. Deux sculptures de Raphaël Farinelli et d’Étienne Leperlier. William Fiers – page 31
La verrerie artistique est un support où la perception peut être étudiée au plus près de son fonctionnement comme champ d’émergence de signification. Elle nous offre l’occasion d’examiner la façon dont les contraintes physiques de la lumière et les contraintes épistémologiques de la perception interagissent et produisent des structures sensori-motrices, fonctionnant comme les lignes de tension à partir desquelles se mettent en place la morphogenèse et la sémiogenèse, la forme et son sens. Elle est le lieu par excellence où la lumière peut nous éblouir et amener vers un monde imaginaire, le lieu où la lumière est réduite à une fonction de la perception ou, au contraire, le lieu où la perception n’est que le résultat des lois de la lumière. Dans cette étude, nous proposons une analyse de deux objets de verre. Une coupe de Raphaël Farinelli et une sculpture en pâte de verre d’Étienne Leperlier. Chacun de ces objets représente un monde de lumière à part entière et explore les possibilités de la perception.

Artistic glasswork is a medium where perception can be studied in details as a field of signification. It gives us the occasion to examine the way in which the physical constraints of light and the epistemological constraints of perception interact and produce sensory motor structures that function as the lines of tension from which morphogenesis and semiogenesis, as well as form and sense arise. Furthermore, glasswork is the art par excellence where light can dazzle us and take us to an imaginary world ; it is the art where light can be reduced to a mere function of perception or, on the contrary, where perception can become the result of the laws of light. In this article, we propose an analysis of two glass objects : a bowl of Raphaël Farinelli and a sculpture of Etienne Leperlier made of molten glass. Each of these objects represents a full world of light and explores the possibilities of perception.

Éloge de la noirceur.
Claude Zilberberg – page 43

L’étude présentée s’efforce de composer raisonnablement un point de vue en ajustant, les unes aux autres, plusieurs exigences pressantes : (i) l’injection de l’intensité dans les structures élémentaires de la signification, injection qui invite à concevoir les traits sémantiques d’abord comme des vecteurs ; (ii) la prise de distance moins à l’égard de la narrativité stricto sensu qu’à l’égard de la narrativisation de la signification, ce qui est bien différent ; (iii) l’injection de l’intensité permet d’« armer » la notion de paradigme et de la doter du ressort qui lui manque encore ; (iv) le rapprochement entre la rhétorique et la sémiotique, lequel jusqu’à un certain point « va de soi », puisque la rhétorique vise, si l’on en croit les bons auteurs, à « donner de la vivacité, de la force ou de la grâce au discours» ; (v) enfin, pour ce qui est de l’adéquation, l’objet ici considéré, la noirceur, relève du non verbal, mais le plan du contenu s’avérant – jusqu’à preuve du contraire – commun, la différence entre les sémiotiques verbales et les sémiotiques non verbales n’est plus qu’une affaire de pondération, de balance entre les catégories contrôlant l’espace tensif.

This articles discusses several aspects relating to light and obscurity : (i) it adds “ intensity ” to the elementary structures of signification, an addition which forces a re-evaluation of semantic features in terms of vectors ; (ii) it call for a critical stance towards “ narrative ” definitions of meaning ; (iii) it tries to redefine the concept of paradigm, giving it a wider range ; (iv) it brings together rhetoric and semiotics, which, to some extent, is self-evident, since rhetoric aims at “ giving promptness, force or grace to speech ” ; (v) even though obscurity is non verbal, on the level of meaning and its content, we can describe it the same way as verbal semiotics, the difference between the two types of semiotics being one of degree and equilibrium.

Lumière en noir et lumière tangible. Le « goût » du paradoxe.
Marie Renoue – page 69

Les interprétations de la lumière ont parfois à faire avec la contradiction – une contradiction logiquement neutralisée ou ramassée dans une structure tensive. C’est de ces contradictions ou plus précisément des paradoxes – mettant en jeu un paradigme sociétal et sa manifestation – que nous nous proposons de traiter en privilégiant l’étude de deux œuvres artistiques singulières : celle de Pierre Soulages, qui combine noir et lumière, et celle de James Turrell, qui joue de la densité matérielle et haptique de lumière colorée. Ces études et les débats sur la visibilité – invisibilité de la lumière et la question du paradoxe – invitent à s’interroger sur les modalités d’un « effet lumière », de l’apparaître du lumineux et de son énonciation. Ils incitent ainsi à explorer la problématique des modalités d’émergence d’un objet, celles de la saisie et de la description du sensible lumineux.

Interpretations of light must often deal with a contradiction – a contradiction logically neutralized or condensed in a tensive structure. We propose to deal with these contradictions, which bring into play a societal paradigm and its expression, by studying two singular bodies of works : Pierre Soulages’ work, who combines light and blackness, and James Turrell’s work, who uses the material and haptic density of the coloured light. These studies and the debates on the visibility or invisibility of light lead us to reflect on the modalities of a “ light effect ”, its apparition and production. These aspects invite us to explore the problems of modalities of emergence of an object, one as subtle as light, as well as those of its perception and description.

Texture, couleur, lumière et autres arrangements de la perception.
Anne Beyaert – page 81

L’article entend faire l’éloge d’une dimension généralement considérée comme ancillaire dans les arts visuels, la texture. Il distingue tout d’abord la texture représentée (la chair du monde) de la texture ostensive (la chair de la peinture) et, sur ces bases, examine les relations qu’entretiennent les différentes dimensions du visible et les liens du visible au tangible. Enfin, il montre une accentuation de la texture dans l’art du XXe siècle, chez les surréalistes et dans l’installation, notamment.

The article seeks to praise a dimension generally considered as minor in art : texture. At first, we distinguish between two conceptions : represented texture (grain of world) and the patent texture (grain of painting) ; on this basis, we observe the relationships between the many dimensions of the visible, and between the visible and the tangible. Finally, we outline an accentuation of texture in art which appeared during the 20th century, namely in Surrealism and in contemporary installations.

Lumières et profondeur épistémique.
Françoise Parouty-David – page 91

Parti d’un énoncé pictural de nature religieuse de par son titre, La Mort de la Vierge du Caravage, l’article s’efforce de montrer la capacité de la lumière et de l’ombre à modaliser des repères qui en modifient l’appartenance catégorielle. Il s’appuie sur des opérations propres à la synesthésie pour décrire, dans un premier temps, comment la lumière, qui régit principalement le visible, donne accès à des sensations auditives et kinesthésiques. Elle a donc une fonction homogénéisante, d’un point de vue sémantique, qui souligne le rôle du corps dans la saisie de l’œuvre d’art. Au-delà, les variations de son intensité sont mises en rapport avec les capacités cognitives du sujet percevant, amené à explorer une plus grande profondeur.

The starting point of this article is a reflection on Caravagio’s The Virgo’s Death, especially on the religious nature of its title. We go on, from there, to show how light and shadow modulate some part which change their categorical relevance. We describe synesthesic operations that explain at first how light, which governs the visible, leads to auditive and kinesthesic sensations. Light is capable of homogenizing meaning, stressing for instance parts of the body in understanding a work of art. Moreover, variations in the intensity of light are related to the cognitive capacities of the observer, who can be brought to deepen his understanding.

Interview avec Raoul Coutard.
Pierre-Emmanuel Parais et Marie Renoue – page 101

Célèbre chef-opérateur de la «nouvelle vague» , photographe et réalisateur, Raoul Coutard évoque, au milieu d’anecdotes sur des «films-cultes» du cinéma – Le Mépris, À bout de souffle, Alphaville ou Tirez sur le pianiste –, son travail d’éclairagiste, en particulier les contraintes techniques, chimiques rencontrées lors des tournages. Une discussion fort technique qui indique, au-delà des manques du langage de la lumière patents lors des tournages, combien les contraintes matérielles sont génératrices d’effets lumineux signifiants et admirables pour leurs spectateurs.

Among numerous anecdotes about what represents for us cult films like Le Mépris, À bout de souffle, Alphaville and Tirez sur le pianiste, Raoul Coutard – famous chief-operator of the “nouvelle vague”, photographer and director – evokes his work as a lighting engineer, and more particularly the technical and chemical constraints encountered during shooting. This highly technical discussion points to, beyond the obvious limitations of the language to account for the light during shooting, how much the material constraints are generating meaningful and admirable luminous effects for their spectators.

Entre l’artiste et l’ingénieur, le concepteur lumière et l’éclairagiste.
Jean-Jacques Ezrati – page 107

On oublie trop souvent que la maîtrise de la lumière fait appel à de véritables compétences qui se retrouvent non dans un seul métier mais dans plusieurs. À travers deux exemples, cet article illustre la place du concepteur lumière (ou plus justement dans notre cas de l’éclairagiste) entre l’ingénieur éclairagiste et l’artiste luministe.

It is too often forgotten that the control and mastery of light call upon true competences which are found not in one trade but in several. Looking at two examples, this article illustrates the place of the lighting designer in a production, a place best defined as between the engineer and the artist.