Nouvelle vitrine: Tamara Anna Koziej

En vitrine à partir du 9 septembre jusqu’au 22 octobre

365 prières pour la Terre est ma méditation quotidienne. Un rituel de gratitude. Une invitation à mieux voir, à mieux ressentir et à renouer avec mon appartenance au vivant. En prenant soin de la matière, c’est peut-être aussi notre propre humanité que nous réparons, un geste après l’autre…

Chaque jour, tôt le matin, je m’assois quelques instants devant une feuille de papier ronde, façonnée de mes propres mains et colorée à l’acrylique. J’y dépose intuitivement, sans préméditation, quelques fragments glanés: fibres végétales, pétales, graines, feuilles, écorces, textures, poussières du vivant… Aucun croquis, aucun plan préalable. Seulement une présence attentive, un dialogue silencieux avec la matière. Cette pratique est ma manière de cultiver la biophilie qui nous invite à prendre soin de ce que nous aimons. À une époque où notre regard glisse trop souvent sur la nature sans vraiment la voir, ces petits collages deviennent pour moi des exercices d’attention. Ils ralentissent le temps. Ils réapprennent à mes mains à regarder avec douceur… Créer devient alors une forme de prière. Non pas une prière adressée à un ailleurs, mais une prière incarnée, offerte à la Terre elle-même. Une prière qui passe par les mains, par le toucher, par le geste tendre de recueillir, d’assembler, de flatter et d’honorer ce que le paysage de ma ferme florale m’a confié. Chaque collage est une rencontre, dépositaire de mémoires. Une conversation avec les saisons. Une célébration de la beauté discrète des choses modestes, quotidiennes, ordinaires, trouvées au sol… Une manière de redonner une voix aux fragments oubliés, de révéler leur puissance poétique et leur capacité à nous relier au grand tissu du vivant. Ce processus, débuté le lendemain du Jour de la Terre 2026 et inspiré par la Vivencia dansée pour Gaïa, je souhaite le poursuivre jusqu’au 22 avril 2027, bouclant ainsi un cycle complet au rythme de la Terre et des saisons.

Le 23 avril 2026 était le jour 1, alors le 9 septembre 2026 sera bien le jour 140 de cette série.

Par Tamara Anna Koziej, l’exploratrice de la matière boréale

TAM est une artiste multidisciplinaire d’origine polonaise, espérantiste et slameuse. Formée en pédagogie, en architecture de paysage, en développement durable et en mouvement humain, elle développe une démarche où l’art, l’écologie sensible et l’expérience du vivant se rencontrent.

À travers une pratique qui croise les arts visuels, l’installation, la parole poétique, le mouvement et le végétal, elle explore les multiples facettes du lien biophile qui nous unit au monde vivant. Le jardin et le végétal y deviennent un territoire identitaire, un laboratoire de création et une interface sensible où la culture dialogue avec la vie organique.

Glaneuse de petits bonheurs, attirée par la simplicité, l’exploration tactile et la poésie des choses inutiles et éphémères qui se succèdent au rythme des saisons, Tamara cultive une pratique profondément immersive et connectée à la terre. L’observation admirative du vivant, les gestes de soin, la joie d’entrer en contact corps à corps avec la matière brute et le sentiment d’appartenir pleinement au cosmos nourrissent son processus de création.

Depuis 1993, elle vit et travaille sur sa ferme florale, au cœur de la Boréalie, à Saint-Honoré-de-Chicoutimi, où elle poursuit une recherche artistique qui célèbre la beauté, la biodiversité et les liens entre l’humain et le monde végétal. Ses communications se terminent souvent par quelques devises qui lui ressemblent et qui traduisent sa philosophie de vie :

#Carpe diem
#Just in time!
#Sempre avanti!
#Never too late!
#Vivre en crescendo

#Joytobe

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