48

UQAC EN REVUE / AUTOMNE 2013

L’INTERNATIONAL

Mamadou Gaye

Directeur coopération 

internationale

Le Bleuet sénégalais 

« Mon territoire de vie, c’est le 

Sénégal. Mais mon territoire intel- 

lectuel, c’est le Québec. » L’engoue-

ment de Mamadou Gaye pour le 

Québec et les régions où il a étu-

dié s’exprime avec un enthousiasme débordant. « Le 

Québec, c’est la bonne école! La vraie école », affirme 

catégoriquement l’ancien étudiant de l’UQAR et de 

l’UQAC. « Tout le réseau de l’UQ constitue une force 

régionale majeure et reconnue depuis plus de 40 ans », 

dit-il en énumérant tous les satellites de l’UQ sur le 

territoire québécois. 

Mamadou Gaye, un grand ami de son compatriote 

Boucar Diouf, connaît le Québec et le Saguenay–Lac-

Saint-Jean, sa culture, sa géographie, son parler et 

même sa cuisine. Le Québec a toujours été un partenaire 

privilégié du Sénégal. Le gouvernement du Québec, 

avec l’ACDI et l’AUF (Agence universitaire de la franco-

phonie), donne chaque année au Sénégal trois bourses 

d’études de troisième et de deuxième cycle. Mamadou 

Gaye a été titulaire de l’une de ces bourses en 1998 

et il s’est d’abord dirigé vers Rimouski afin de réaliser 

une maîtrise en gestion des ressources maritimes. 

Il est ensuite retourné à Dakar où il a œuvré comme 

conseiller en planification au ministère de l’Économie 

maritime, des Transports maritimes et des Pêches. « 

C’est le ministre lui-même qui m’a ensuite demandé 

de repartir au Québec afin de compléter un doctorat 

conjoint UQAC-UQAR en développement régional. » 

C’est à ce moment que Mamadou Gaye a travaillé avec 

des professeurs et chercheurs qui l’ont marqué et qu’il 

cite avec fierté : « Marc-Urbain Proulx, Christiane 

Gagnon, Suzanne Tremblay, Pierre-André Tremblay et 

Jean-François Moreau qui sont les meilleurs dans leur 

domaine. »

Qu’a rapporté Mamadou Gaye de ses expériences qué-

bécoises pour mieux contribuer au développement du 

Sénégal? « D’abord, il y a cette approche critique de la 

recherche que j’ai apprise, l’équité du développement 

social et un point de vue éclairé sur l’intervention 

régionale, partant des connaissances que j’ai acquises. 

Mon expertise maritime me sert très souvent aussi. La 

culture québécoise, différente des cultures américaine 

et française, l’honnêteté, le sens du plaisir, le respect du 

travail, savoir dire non quand c’est non, savoir dire oui 

quand c’est oui! » Il a aussi été marqué par les traditions 

québécoises et tout spécialement par le temps des Fêtes.

En ce qui concerne le travail, Mamadou Gaye a acquis 

une discipline qui le sert quotidiennement. « J’arrive 

au travail chaque jour à 7 h 30. Je suis organisé. J’ai 

appris la méthode d’organisation avec le Québec. Mais 

aussi, les méthodes pédagogique et pratique de l’ensei-

gnement et de la recherche. L’ouverture en commu-

nication, l’accès à l’information et la maîtrise de la 

technologie. Conséquemment, je dis : restons Africains! 

Demeurons IAM! Mais travaillons avec le Québec pour 

avoir le meilleur des connaissances en pédagogie, en 

enseignement, en recherche et en communication. C’est 

cela que je ramène du Québec et que je transmets à 

l’IAM », conclut le directeur coopération internationale 

de l’Institut africain de management qui maintient 

toujours des liens quotidiens avec l’UQAC, grâce au 

professeur Gilles Bergeron, qui supervise le programme 

de codiplomation, grâce à ses anciens maîtres avec les-

quels il maintient le contact, et grâce au MAGE- UQAC 

au sein duquel il continue de s’impliquer.

Joël Gbaguidi

Coach en développement  

professionnel et personnel

Former des champions

Joël Gbaguidi s’occupe de tous les 

étudiants de l’IAM avant que cer-

tains d’entre eux ne se dirigent vers 

les programmes en codiplomation. 

Il est particulièrement préoccupé 

par la distance qui persiste entre le milieu des affaires 

et l’université au Sénégal, contrairement à ce qui existe 

chez nous. « Je crains qu’il n’y ait une sorte de méfiance 

entre les deux univers. La bataille à gagner consiste à 

rendre les étudiants moins théoriques en développant 

leur efficacité sur le terrain, dans le monde du travail. 

Il existe une démarcation profonde entre les études 

primaires-secondaires et l’université où l’élève doit se 

transformer en étudiant qui peut prendre des initiatives 

et résoudre des problèmes au lieu de garder une attitude 

passive. Ici, nous les prenons dès l’entrée avec l’objectif 

de les déprogrammer de leur formation antérieure et 

leur inculquer l’idée que l’université va faire d’eux 

des gestionnaires et des professionnels d’entreprise. 

Ils doivent découvrir des outils de gestion pratiques 

dans leur programme. Nous voulons les dégourdir en 

les obligeant à aller sur le terrain à la rencontre des 

professionnels et des dirigeants, ce qui constitue un 

grand défi pour eux. Nous cherchons aussi à les mettre 

en relation avec des mentors et à créer de véritables 

champions qui seront intéressés et prêts à aller cher-

cher une formation plus poussée en codiplomation », 

termine Joël Gbaguidi. 

« Pour nous étudiants, de tous les partenariats 
universitaires en place à l’IAM, celui avec l’UQAC 
est considéré comme le plus important. C’est notre 
premier paternel. »

— Lamadine Moustapha Adoum