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UQAC EN REVUE / AUTOMNE 2013
L’INTERNATIONAL
mettre en place pour en arriver à cette diversification. »
De tels travaux constituent-ils un apport concret à l’évo-
lution de l’économie de son pays d’origine? « Il s’agit
clairement d’une préoccupation du gouvernement »,
affirme Paterne Ndjambou tout en ne surestimant
pas son influence. Comme tout bon Africain, il a un
proverbe en réserve pour décrire la situation : « Quand
une mouche se met sur la tête d’un éléphant, la mouche
voit un peu plus loin que l’éléphant », cite-t-il. « Je
me suis donc placé sur la tête du gouvernement, des
décideurs et des chercheurs pour bâtir le modèle que
j’ai proposé en tenant compte des actions du gouver-
nement gabonais. Cependant, ce que je compte faire
maintenant, c’est d’écrire un livre qui vulgarisera le
sujet et de produire des publications scientifiques sur
le sujet qui le feront connaître à un plus large public. »
L’avenir
Dans ce cadre, l’avenir personnel de Paterne Ndjambou
s’est défini récemment. « Lorsque je me suis inscrit au
doctorat, je souhaitais intégrer l’univers des organismes
internationaux et devenir fonctionnaire. J’envisageais
aussi une seconde option. Celle d’être enseignant-
chercheur dans une université, peu importe où dans le
monde. Finalement, à travers mon expérience à Chicou-
timi comme chargé de cours, je me suis découvert une
passion pour l’enseignement. Passion de partager le
savoir avec les étudiants et d’apprendre d’eux. Je suis
d’avis qu’un enseignant est un éternel étudiant et j’ai la
soif d’apprendre », affirme celui qui a également goûté
à la recherche alors qu’il était assistant de recherche à
Trois-Rivières et qui a beaucoup apprécié cette période.
Il a d’ailleurs réalisé d’autres travaux de recherche
à l’UQAC en se penchant sur « l’accueil et l’intégra-
tion des étudiants internationaux à l’UQAC » et sur
« l’impact économique des étudiants internationaux
à l’UQAC ». Ses recherches nous ont appris que les
535 étudiants internationaux inscrits à l’UQAC en
2012 ont suscité des retombées économiques d’environ
7,1 M$ dans la région.
Paterne Ndjambou, qui a acquis la citoyenneté cana-
dienne, envisage conséquemment une carrière dans
l’enseignement et la recherche qu’il entreprendra au
Québec tout en demeurant convaincu qu’il pourra
toujours continuer de contribuer au développement de
son pays d’origine.
S’impliquer
« S’impliquer pour s’intégrer », tel est le fondement de
la philosophie de Paterne Ndjambou. Partout où il est
passé depuis son arrivée au Canada, il s’est impliqué et
son niveau d’implication a considérablement augmenté
avec son implantation au Saguenay–Lac-Saint-Jean. À
l’Université, il a été deux ans au MAGE-UQAC où il
a occupé de hautes responsabilités. Il a siégé à de
nombreux comités et a fait tout en son pouvoir pour
contribuer au développement culturel, social, scolaire
et scientifique du campus. « Ça m’a aidé à me faire
accepter dans le milieu et, surtout, à passer à travers
le difficile cursus académique du doctorat tout en
ayant du plaisir à étudier et en me sentant partie
prenante de ma communauté universitaire. » À cela
s’ajoute ce que Paterne Ndjambou appelle son « engage-
ment citoyen » en dehors de l’UQAC. Il a présidé le CA
JUST
iNE LÉVESQUE
« La région
du Saguenay–
Lac-Saint-Jean m’a
permis d’élargir
ma vision de
l’environnement et
de l’économie tout
en développant
mes compétences
interculturelles et
personnelles. »
— Paterne Njambou
de l’organisme EUREKÔ, anciennement le Comité de
l’environnement de Chicoutimi. Il a été trésorier de
la Corporation Intégration Saguenay, président de la
Coopérative étudiante de l’UQAC et, pour parfaire l’art
du discours qu’il maîtrise à la perfection, président du
Club Toastmaster francophone de Chicoutimi. Et ce ne
sont là que quelques-unes de ses nombreuses activités.
« La région du Saguenay–Lac-Saint-Jean m’a permis
d’élargir ma vision de l’environnement et de l’économie
tout en développant mes compétences interculturelles
et personnelles. »
Paterne Ndjambou nous quitte maintenant vers Québec
pour entreprendre des recherches post-doctorales qui lui
permettront, souhaite-t-il, de produire des publications
qui étofferont plus encore son curriculum vitae et de
se pencher sur la rédaction de son livre sur l’économie
gabonaise. « Cela m’apportera plus de chances de pou-
voir postuler aux postes de professeur qui s’ouvriront
au cours des prochaines années. Peut-être ne s’agit-il
que d’un tremplin pour mieux revenir à Chicoutimi?
Qui sait? » £