21

  

UQAC EN REVUE / PRINTEMPS 2014

20

UQAC EN REVUE / PRINTEMPS 2014

la vie SOUS L’EAU

la vie SOUS L’EAU

nature

CREAE

des spécimens des deux provenances et constaté que 

dans le cœur de leurs otolithes, les empreintes élémen-

taires sont totalement différentes. Il s’agit d’une façon 

efficace de différencier les poissons qui viennent d’un 

même stock génétique. Cela nous a permis d’affirmer 

que le bar rayé qui se trouve au sud de la péninsule 

gaspésienne, dans la baie des Chaleurs, est de la même 

souche que celui qu’on trouve au large de la côte du 

Nouveau-Brunswick. Grâce à nos conclusions, la pêche 

au bar rayé sera donc rouverte sur l’ensemble de la baie 

des Chaleurs cet été. Voilà une application de la recherche 

concrète et à court terme. »

Sur une perspective plus longue, le CREAE étudie égale-

ment la perchaude du Saint-Laurent, plus spécialement 

du lac Saint-Pierre, l’espèce sur laquelle Pascal Sirois a 

initialement travaillé. 

Coopération du LabMaTer

« Il existe quelques laboratoires dans le monde qui mènent 

ce type de recherche, mais au Québec, nous sommes les 

seuls », précise Angélique Lazartigues. Notre spécificité 

reste toutefois de travailler sur des larves, ce qui aug-

mente grandement le défi. » 

Certains échantillons ne mesurent que 10 micromètres. 

On imagine alors la difficulté que représentent la mani- 

pulation et l’analyse et cette dernière s’effectue heu-

reusement à l’aide d’un appareil très sophistiqué, le  

LA-ICP-MS que le LabMaTer (Département des sciences 

de la Terre) et son responsable Dany Savard mettent à la 

disposition de la chercheuse du Laboratoire des sciences 

aquatiques (LASA). 

« Nous avons développé ensemble une méthode pour la 

quantification des éléments dans les très petits otolithes, 

ce qui n’a jamais été fait dans le monde auparavant », 

déclare madame Lazartigues. 

Cette dernière affirme avoir maintenant exploré les 

principaux aspects de la chimie des otolithes, mais elle 

nourrit l’espoir de poursuivre sa carrière de chercheuse 

tout en ne refusant pas d’envisager l’enseignement.  

« J’en suis à me demander où je pourrais continuer mes 

recherches en trouvant un cadre de travail plus stable, 

mener mes propres projets qui continueront d’évoluer 

autour des thématiques de la dynamique des popula-

tions et du contact des poissons avec la pollution dans 

une perspective de sécurité alimentaire. » £

6

5

7

5. Coupe transversale d’un 

otolithe de bar rayé afin 

de voir le cœur (partie 

centrale sombre) et les 

cernes de croissance

6, 7. Otolithe entier de 

bar rayé (sans coupe et 

sablage)

« L’otolithe est 
un petit os retrouvé 
dans l’oreille interne 
des poissons [...] 
C’est la 
boîte noire 
des poissons. »

— Angélique Lazartigues

Sonya Lévesque fait le pont entre la CREAE et la 

Corporation de LACtivité Pêche Lac-Saint-Jean 

(CLAP). Elle consacre tout son temps à l’acquisi-

tion de connaissances sur le lac Saint-Jean. Plus 

spécifiquement, elle documente divers aspects de 

la reproduction de l’éperlan arc-en-ciel dans le but 

de réaliser des aménagements qui amélioreront 

les conditions de fraie de cette espèce fourrage 

clé au lac Saint-Jean. 

C’est un partenariat entre la CREAE et la Corporation 

de LACtivité Pêche Lac-Saint-Jean (CLAP) qui a ramené 

Sonya Lévesque au Laboratoire des sciences aquatiques 

de l’UQAC afin de contribuer à l’amélioration des con-

naissances sur le lac Saint-Jean et à l’élaboration de 

plans de gestion documentés. 

« Nous nous penchons tout particulièrement sur la 

situation de l’éperlan arc-en-ciel dont se nourrit la 

ouananiche. Nous tentons d’identifier les sites de fraie 

afin de voir s’il serait possible d’augmenter la produc-

tion naturelle de l’éperlan. Une des possibilités envisa-

gées consisterait à installer dans le lac Saint-Jean des 

aménagements qui favoriseraient la reproduction de 

Agir en harmonie avec la nature

l’espèce. On sait que l’éperlan a généralement l’habitude 

de frayer dans des petits cours d’eau, mais l’an dernier, 

nous avons mis en évidence le fait qu’il existe des sites 

de fraie dans le lac », explique Sonya Lévesque.

Une revue des initiatives répertoriées ailleurs dans le 

monde a révélé que de nombreuses interventions ont 

été réalisées pour des espèces sportives, mais non pour 

les espèces fourrage qui se trouvent pourtant à la base 

de la chaîne alimentaire. Sonya Lévesque doit donc 

œuvrer à la mise en place d’une solution originale qui 

exigera plus de temps et d’énergie, puisqu’il faut s’assu-

rer d’avoir en main la totalité des informations et tous 

les outils qui minimiseront les chances d’échec. 

Comment intervenir?

La philosophie qui soutient de telles interventions tient à 

la volonté du public et des gestionnaires d’agir de façon 

naturelle dans nos plans d’eau. « Dans le cas qui nous 

préoccupe, nous ne voulons pas transformer le lac 

Saint-Jean en étang de pêche artificiel. Il nous faut 

plutôt évaluer sa possibilité de production, connaître 

l’impact des prélèvements et voir si la capacité de repro- 

duction peut s’accroître dans le cas de l’éperlan. Il n’est 

À gauche, 

Sonya Lévesque, 

très tôt au printemps, 

sur un site de fraie 

potentiel de l’éperlan 

arc-en-ciel situé près 

de l’embouchure de la 

rivière Mistassini au 

Lac-Saint-Jean

À droite, Sonya 

Lévesque à son bureau

PHOTOS 5 À 7 : CREAE

M

ARIANE

 L. ST

-GELAIS