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UQAC EN REVUE / PRINTEMPS 2014
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UQAC EN REVUE / PRINTEMPS 2014
la vie SOUS L’EAU
la vie SOUS L’EAU
nature
CREAE
des spécimens des deux provenances et constaté que
dans le cœur de leurs otolithes, les empreintes élémen-
taires sont totalement différentes. Il s’agit d’une façon
efficace de différencier les poissons qui viennent d’un
même stock génétique. Cela nous a permis d’affirmer
que le bar rayé qui se trouve au sud de la péninsule
gaspésienne, dans la baie des Chaleurs, est de la même
souche que celui qu’on trouve au large de la côte du
Nouveau-Brunswick. Grâce à nos conclusions, la pêche
au bar rayé sera donc rouverte sur l’ensemble de la baie
des Chaleurs cet été. Voilà une application de la recherche
concrète et à court terme. »
Sur une perspective plus longue, le CREAE étudie égale-
ment la perchaude du Saint-Laurent, plus spécialement
du lac Saint-Pierre, l’espèce sur laquelle Pascal Sirois a
initialement travaillé.
Coopération du LabMaTer
« Il existe quelques laboratoires dans le monde qui mènent
ce type de recherche, mais au Québec, nous sommes les
seuls », précise Angélique Lazartigues. Notre spécificité
reste toutefois de travailler sur des larves, ce qui aug-
mente grandement le défi. »
Certains échantillons ne mesurent que 10 micromètres.
On imagine alors la difficulté que représentent la mani-
pulation et l’analyse et cette dernière s’effectue heu-
reusement à l’aide d’un appareil très sophistiqué, le
LA-ICP-MS que le LabMaTer (Département des sciences
de la Terre) et son responsable Dany Savard mettent à la
disposition de la chercheuse du Laboratoire des sciences
aquatiques (LASA).
« Nous avons développé ensemble une méthode pour la
quantification des éléments dans les très petits otolithes,
ce qui n’a jamais été fait dans le monde auparavant »,
déclare madame Lazartigues.
Cette dernière affirme avoir maintenant exploré les
principaux aspects de la chimie des otolithes, mais elle
nourrit l’espoir de poursuivre sa carrière de chercheuse
tout en ne refusant pas d’envisager l’enseignement.
« J’en suis à me demander où je pourrais continuer mes
recherches en trouvant un cadre de travail plus stable,
mener mes propres projets qui continueront d’évoluer
autour des thématiques de la dynamique des popula-
tions et du contact des poissons avec la pollution dans
une perspective de sécurité alimentaire. » £
6
5
7
5. Coupe transversale d’un
otolithe de bar rayé afin
de voir le cœur (partie
centrale sombre) et les
cernes de croissance
6, 7. Otolithe entier de
bar rayé (sans coupe et
sablage)
« L’otolithe est
un petit os retrouvé
dans l’oreille interne
des poissons [...]
C’est la boîte noire
des poissons. »
— Angélique Lazartigues
Sonya Lévesque fait le pont entre la CREAE et la
Corporation de LACtivité Pêche Lac-Saint-Jean
(CLAP). Elle consacre tout son temps à l’acquisi-
tion de connaissances sur le lac Saint-Jean. Plus
spécifiquement, elle documente divers aspects de
la reproduction de l’éperlan arc-en-ciel dans le but
de réaliser des aménagements qui amélioreront
les conditions de fraie de cette espèce fourrage
clé au lac Saint-Jean.
C’est un partenariat entre la CREAE et la Corporation
de LACtivité Pêche Lac-Saint-Jean (CLAP) qui a ramené
Sonya Lévesque au Laboratoire des sciences aquatiques
de l’UQAC afin de contribuer à l’amélioration des con-
naissances sur le lac Saint-Jean et à l’élaboration de
plans de gestion documentés.
« Nous nous penchons tout particulièrement sur la
situation de l’éperlan arc-en-ciel dont se nourrit la
ouananiche. Nous tentons d’identifier les sites de fraie
afin de voir s’il serait possible d’augmenter la produc-
tion naturelle de l’éperlan. Une des possibilités envisa-
gées consisterait à installer dans le lac Saint-Jean des
aménagements qui favoriseraient la reproduction de
Agir en harmonie avec la nature
l’espèce. On sait que l’éperlan a généralement l’habitude
de frayer dans des petits cours d’eau, mais l’an dernier,
nous avons mis en évidence le fait qu’il existe des sites
de fraie dans le lac », explique Sonya Lévesque.
Une revue des initiatives répertoriées ailleurs dans le
monde a révélé que de nombreuses interventions ont
été réalisées pour des espèces sportives, mais non pour
les espèces fourrage qui se trouvent pourtant à la base
de la chaîne alimentaire. Sonya Lévesque doit donc
œuvrer à la mise en place d’une solution originale qui
exigera plus de temps et d’énergie, puisqu’il faut s’assu-
rer d’avoir en main la totalité des informations et tous
les outils qui minimiseront les chances d’échec.
Comment intervenir?
La philosophie qui soutient de telles interventions tient à
la volonté du public et des gestionnaires d’agir de façon
naturelle dans nos plans d’eau. « Dans le cas qui nous
préoccupe, nous ne voulons pas transformer le lac
Saint-Jean en étang de pêche artificiel. Il nous faut
plutôt évaluer sa possibilité de production, connaître
l’impact des prélèvements et voir si la capacité de repro-
duction peut s’accroître dans le cas de l’éperlan. Il n’est
À gauche,
Sonya Lévesque,
très tôt au printemps,
sur un site de fraie
potentiel de l’éperlan
arc-en-ciel situé près
de l’embouchure de la
rivière Mistassini au
Lac-Saint-Jean
À droite, Sonya
Lévesque à son bureau
PHOTOS 5 À 7 : CREAE
M
ARIANE
L. ST
-GELAIS