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UQAC EN REVUE / PRINTEMPS 2014
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UQAC EN REVUE / PRINTEMPS 2014
la vie SOUS L’EAU
la vie SOUS L’EAU
donc pas question de procéder à de l’ensemencement ou
à d’autres actions extérieures. »
Il faut d’ailleurs savoir que si cette question se pose
actuellement avec autant d’acuité, c’est que la popula-
tion d’éperlans du lac Saint-Jean connaît présentement
un creux de vague qui va entraîner une baisse cyclique
de la ouananiche. « Notre but n’est pas d’empêcher ces
variations naturelles, mais de limiter les extrêmes. Il
est normal que le nombre d’éperlans s’abaisse à la suite
d’une période d’abondance de la ouananiche. Nous sou-
haitons simplement éviter dans le haut et le bas de ces
cycles l’effondrement, d’une part, ou la surabondance,
d’autre part. Idéalement, en préconisant une augmenta-
tion des prélèvements de ouananiches en période faste,
on n’empêchera pas la succession des cycles, mais ces
derniers devraient être moins marqués et la qualité de
pêche serait plus constante », assure Sonya Lévesque.
Pour parvenir à ces conclusions, madame Lévesque a
d’abord effectué un travail d’inventaire des connais-
sances qui l’a maintenue derrière son bureau, mais au
stade des relevés sur le terrain, la nature même de la
tâche a radicalement changé.
Chercher où l’éperlan fraye dans le lac Saint-Jean, c’est
comme chercher une aiguille dans une botte de foin.
Ou pire encore, puisque l’objet de cette quête est en
mouvance constante et peut se déplacer. De plus, la
période de recherche se résume à moins d’un mois, soit
deux semaines de ponte et deux semaines d’éclosion.
« Nous avons d’abord exploré le très large secteur du
nord du lac, puis nous avons progressivement resserré
le territoire. Cette année, nous poursuivons le travail,
mais cette fois dans une zone encore plus ciblée. »
Sonya Lévesque est biologiste de formation, détentrice
d’une maîtrise sur le zooplancton obtenue à Montréal.
Elle a fait son baccalauréat à l’UQAC et a eu l’occasion
de travailler en laboratoire pour Pascal Sirois durant
certains étés. Elle a vécu le retour en région en revenant
aussi à ses premiers amours scientifiques qu’elle appelle
les petits poissons.
Elle dit avoir particulièrement apprécié le fait que la
proximité avec les chercheurs permette aux étudiants
en sciences aquatiques d’accéder facilement au labo-
ratoire pour travailler et valider le produit de leurs
recherches. Tout cela se conjugue à une passion envers
le plein air et l’écologie qui semble être partagée par
tous ceux et celles qui sont associés à cette discipline.
C’est ce qui fait que depuis six ans, elle œuvre avec
bonheur comme biologiste professionnelle, d’un contrat
à l’autre, toujours avec le même enthousiasme. £
Sonya Lévesque à la
recherche des meilleurs
sites de fraie pour
l’éperlan arc-en-ciel
au Lac-Saint-Jean. En
haut, un échantillon
contenant des larves
fraîchement écloses.
En bas, une mesure
des courants afin de
déterminer la direction
de la dérive des larves.
Un trio d’enfer!
Patrick Plourde-Lavoie et un sébaste
Tommy Larouche et un doré
Maxime Larouche et un touladi
Trois joyeux complices
Ces trois étudiants sont a priori des adeptes de la pêche sportive. En outre, ils concrétisent leur passion par des
études de cycles supérieurs sur des problématiques relatives aux espèces exploitées comme l’omble de fontaine,
le touladi et la perchaude. Enfin, ils sont excellents, car ils ont tous les trois obtenu des bourses prestigieuses
comme la bourse du CRSNG dans le cas de Tommy et la bourse Aurèle-Blais de la Fondation Héritage faune pour
Maxime et Patrick.
Ces trois mordus de pêche sont définitivement devenus de joyeux complices sur les bancs de l’UQAC, ce qui
n’enlève rien au sérieux de leur démarche et de leurs travaux. Ils sont en train de réaliser le rêve souvent déçu
d’une multitude de personnes, celui de pouvoir vivre de ses passions… surtout s’il s’agit de la nature, de la vie en
plein air et de la pêche sportive.
GRACIEUSETÉ
GRACIEUSETÉ
GUYLAINE SIMARD
CREAE
CREAE
ISTOCKPHOTO.COM [JEFRAS]