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UQAC EN REVUE / PRINTEMPS 2014
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UQAC EN REVUE / PRINTEMPS 2014
la vie SOUS L’EAU
la vie SOUS L’EAU
Le suivi des populations
Les tâches de ces biologistes peuvent s’avérer des plus
diversifiées, mais le volet réglementation tient la part du
lion selon Amélie Bérubé. « C’est de là que tout découle,
puisque pour avoir une réglementation logique et effi-
cace, il faut connaître l’état des populations en s’ap-
puyant sur des projets de recherche et des suivis qui
nous permettent d’ajuster la réglementation en fonc-
tion de leurs résultats. Un travail qui s’effectue souvent
avec les territoires fauniques structurés, les zecs, les pour-
voiries, les parcs et les réserves fauniques qui assurent
le suivi détaillé de l’exploitation des populations. Nous
assumons également une partie de ces suivis en effec-
tuant des pêches normalisées dans des lacs à l’aide de
filets maillants, ce qui nous permet de développer des
inventaires de stocks et l’évaluation de leur santé. C’est
la façon de faire qui a été appliquée dans le cas des
deux derniers plans de gestion qui ont porté sur le doré
et le touladi. Tout ce qui est en lien avec la recherche
et la démarche scientifique développées à l’UQAC nous
sert donc régulièrement dans ce cadre. »
Karine Gagnon
Doyenne du trio de biologiste du ministère, la Sague-
néenne Karine Gagnon a terminé son baccalauréat à
l’UQAC en 1999, puis a entrepris avec Raynald Côté une
maîtrise en ressources renouvelables qui a porté, dans
son cas aussi, sur l’éperlan du lac Saint-Jean. « Ayant
grandi dans une ferme, j’ai toujours été proche de la
nature. Cela m’a amenée à vouloir devenir vétérinaire,
mais comme la biologie m’a beaucoup plu, je me suis
plutôt orientée de ce côté. J’avais eu l’occasion de me
joindre à un groupe de recherche sur le lac Saint-Jean
après avoir fait des recherches sur la ouananiche dans
le cadre d’un emploi d’été. J’ai connu les gens qui
travaillaient dans ce domaine et j’ai adopté ce secteur
d’activité. J’ai beaucoup aimé tout le travail en labora-
toire et il était aussi très stimulant d’œuvrer dans une
période où on sentait un grand besoin de connaissances
par rapport au milieu aquatique. J’avais l’impression
d’y apporter ma touche personnelle », exprime Karine
Gagnon.
Gérer les ressources
En tant que gestionnaire, cette dernière se retrouve
maintenant à un autre niveau d’intervention et affirme
être plongée dans le concret. « L’acquisition de connais-
sances avec la CREAE est essentielle. Elle nous permet
d’élucider nos interrogations et de nous engager dans des
actions concrètes comme dans le cas de l’augmentation
éventuelle de la récolte de ouananiche. C’est le cumul
de toutes ces recherches qui nous donne une meilleure
compréhension de ce qui se passe vraiment en lac. Nos
actions reposent là-dessus et il faut continuer d’en faire »,
explique celle qui, au ministère, a la responsabilité du
lac Saint-Jean et des rivières à ouananiche en tant que
gestionnaire des ressources halieutiques du lac Saint-
Jean. C’est par exemple ce qui, dans le cas du doré jaune,
a incité les gestionnaires du lac Saint-Jean à prendre
des mesures exceptionnelles puisque partout ailleurs
au Québec, la pêche au doré est limitée quant au nombre
et à la grosseur des prises. Étant donnée la situation
d’abondance du doré jaune dans le lac Saint-Jean, on a
plutôt augmenté les limites de prises sans autres limita-
tions. La population sera évaluée à nouveau en 2016 et
le tir sera ajusté en conséquence.
Jérôme Plourde
La nouvelle réalité des biologistes fait d’eux des travail-
leurs autonomes ou des contractuels qui réalisent des
mandats divers et qui doivent faire preuve de mobilité.
Jérôme Plourde, originaire de Saint-Cœur-de-Marie au
Lac-Saint-Jean, est de ceux-là. Cela ne l’empêche pas
d’être actif depuis la fin de sa maîtrise à l’UQAC en
2010 et de toujours trouver des contrats intéressants à
remplir, que ce soit pour la CREAE, la réserve faunique
La Vérendrye ou, le plus souvent, avec le ministère
des Forêts, de la Faune et des Parcs au Saguenay−Lac-
Saint-Jean.
Il a commencé ses études universitaires en génie infor-
matique et c’est lors d’un stage au ministère des Trans-
ports qu’il a eu la révélation de sa véritable vocation.
« Le bureau voisin était occupé à l’époque par le minis-
tère des Forêts, de la Faune et des Parcs. Toutes les fois
que j’entrais au bureau, je me répétais que c’est là que
je devrais travailler. Je me suis inscrit en biologie à
l’UQAC et j’ai obtenu des emplois d’été au laboratoire.
J’ai réalisé mon projet de recherche au baccalauréat
avec Pascal Sirois et c’est avec lui que je me suis engagé
pour ma maîtrise. »
Durant ses études, il a aussi contribué au démarrage
d’un projet sur l’omble de fontaine et le touladi avec
un autre étudiant, Patrick Plourde-Lavoie, qui poursuit
toujours le travail. Actuellement, il remplace sa consœur
Amélie Bérubé et assume toutes ses responsabilités.
La vie de biologiste
« De nos jours, les occasions de travail proviennent
d’organismes sans but lucratif, d’universités ou de dif-
férents ministères, bien que la conjoncture soit présen-
tement moins favorable dans ce dernier cas. Lorsqu’on
débute, il faut faire sa place et manœuvrer d’un contrat
à l’autre. Dans mon cas, j’ai été très chanceux à ce jour
en profitant pleinement de l’expertise que m’a permis
d’acquérir ma formation à l’UQAC », raconte Jérôme
Plourde.
Il apparaît qu’un biologiste doit maintenant connaître le
marché dans lequel il évolue, être capable de se vendre
et demeurer alerte pour reconnaître les opportunités qui
se présentent. À cela, Jérôme Plourde ajoute qu’il faut
aussi « se démarquer en développant une expertise parti-
culière. » Dans son cas, il maîtrise les bases de données et
il a bien développé les outils d’analyse avec les res-
ponsables du Laboratoire des sciences aquatiques de
l’UQAC, ce qui a constitué un net avantage dans la
recherche d’emploi. « Je suis très heureux de l’expérience
que j’ai vécue à l’UQAC ainsi que de continuer d’être
en contact avec la CREAE et Pascal Sirois dans le cadre
de mon travail, puisque la plupart de nos projets sont
menés de concert. Je suis très fier qu’on ait une chaire
de recherche comme ça dans la région », termine-t-il. £
En haut, Karine
Gagnon lors
de l’inventaire
normalisé du doré
jaune à bord du
Borealis au Lac-
Saint-Jean
Au centre, Jérôme
Plourde prélevant
des échantillons
de plancton à
bord du Borealis
au Lac-Saint-Jean
En bas, Amélie
Bérubé réalisant
de la pêche
électrique dans un
cours d’eau
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