31

  

UQAC EN REVUE / PRINTEMPS 2014

30

UQAC EN REVUE / PRINTEMPS 2014

la vie SOUS L’EAU

la vie SOUS L’EAU

Le suivi des populations

Les tâches de ces biologistes peuvent s’avérer des plus 

diversifiées, mais le volet réglementation tient la part du 

lion selon Amélie Bérubé. « C’est de là que tout découle, 

puisque pour avoir une réglementation logique et effi- 

cace, il faut connaître l’état des populations en s’ap-

puyant sur des projets de recherche et des suivis qui 

nous permettent d’ajuster la réglementation en fonc- 

tion de leurs résultats. Un travail qui s’effectue souvent 

avec les territoires fauniques structurés, les zecs, les pour- 

voiries, les parcs et les réserves fauniques qui assurent 

le suivi détaillé de l’exploitation des populations. Nous 

assumons également une partie de ces suivis en effec-

tuant des pêches normalisées dans des lacs à l’aide de 

filets maillants, ce qui nous permet de développer des 

inventaires de stocks et l’évaluation de leur santé. C’est 

la façon de faire qui a été appliquée dans le cas des 

deux derniers plans de gestion qui ont porté sur le doré 

et le touladi. Tout ce qui est en lien avec la recherche 

et la démarche scientifique développées à l’UQAC nous 

sert donc régulièrement dans ce cadre. »

Karine Gagnon

Doyenne du trio de biologiste du ministère, la Sague-

néenne Karine Gagnon a terminé son baccalauréat à 

l’UQAC en 1999, puis a entrepris avec Raynald Côté une 

maîtrise en ressources renouvelables qui a porté, dans 

son cas aussi, sur l’éperlan du lac Saint-Jean. « Ayant 

grandi dans une ferme, j’ai toujours été proche de la 

nature. Cela m’a amenée à vouloir devenir vétérinaire, 

mais comme la biologie m’a beaucoup plu, je me suis 

plutôt orientée de ce côté. J’avais eu l’occasion de me 

joindre à un groupe de recherche sur le lac Saint-Jean 

après avoir fait des recherches sur la ouananiche dans 

le cadre d’un emploi d’été. J’ai connu les gens qui 

travaillaient dans ce domaine et j’ai adopté ce secteur 

d’activité. J’ai beaucoup aimé tout le travail en labora-

toire et il était aussi très stimulant d’œuvrer dans une 

période où on sentait un grand besoin de connaissances 

par rapport au milieu aquatique. J’avais l’impression 

d’y apporter ma touche personnelle », exprime Karine 

Gagnon.

Gérer les ressources

En tant que gestionnaire, cette dernière se retrouve 

maintenant à un autre niveau d’intervention et affirme 

être plongée dans le concret. « L’acquisition de connais- 

sances avec la CREAE est essentielle. Elle nous permet 

d’élucider nos interrogations et de nous engager dans des 

actions concrètes comme dans le cas de l’augmentation 

éventuelle de la récolte de ouananiche. C’est le cumul 

de toutes ces recherches qui nous donne une meilleure 

compréhension de ce qui se passe vraiment en lac. Nos 

actions reposent là-dessus et il faut continuer d’en faire », 

explique celle qui, au ministère, a la responsabilité du 

lac Saint-Jean et des rivières à ouananiche en tant que 

gestionnaire des ressources halieutiques du lac Saint-

Jean. C’est par exemple ce qui, dans le cas du doré jaune, 

a incité les gestionnaires du lac Saint-Jean à prendre 

des mesures exceptionnelles puisque partout ailleurs  

au Québec, la pêche au doré est limitée quant au nombre  

et à la grosseur des prises. Étant donnée la situation  

d’abondance du doré jaune dans le lac Saint-Jean, on a 

plutôt augmenté les limites de prises sans autres limita-

tions. La population sera évaluée à nouveau en 2016 et 

le tir sera ajusté en conséquence.

Jérôme Plourde

La nouvelle réalité des biologistes fait d’eux des travail-

leurs autonomes ou des contractuels qui réalisent des 

mandats divers et qui doivent faire preuve de mobilité. 

Jérôme Plourde, originaire de Saint-Cœur-de-Marie au 

Lac-Saint-Jean, est de ceux-là. Cela ne l’empêche pas 

d’être actif depuis la fin de sa maîtrise à l’UQAC en 

2010 et de toujours trouver des contrats intéressants à 

remplir, que ce soit pour la CREAE, la réserve faunique 

La Vérendrye ou, le plus souvent, avec le ministère 

des Forêts, de la Faune et des Parcs au Saguenay−Lac-

Saint-Jean. 

Il a commencé ses études universitaires en génie infor- 

matique et c’est lors d’un stage au ministère des Trans- 

ports qu’il a eu la révélation de sa véritable vocation. 

« Le bureau voisin était occupé à l’époque par le minis-

tère des Forêts, de la Faune et des Parcs. Toutes les fois 

que j’entrais au bureau, je me répétais que c’est là que 

je devrais travailler. Je me suis inscrit en biologie à 

l’UQAC et j’ai obtenu des emplois d’été au laboratoire. 

J’ai réalisé mon projet de recherche au baccalauréat 

avec Pascal Sirois et c’est avec lui que je me suis engagé 

pour ma maîtrise. » 

Durant ses études, il a aussi contribué au démarrage 

d’un projet sur l’omble de fontaine et le touladi avec 

un autre étudiant, Patrick Plourde-Lavoie, qui poursuit 

toujours le travail. Actuellement, il remplace sa consœur 

Amélie Bérubé et assume toutes ses responsabilités. 

La vie de biologiste

« De nos jours, les occasions de travail proviennent 

d’organismes sans but lucratif, d’universités ou de dif-

férents ministères, bien que la conjoncture soit présen-

tement moins favorable dans ce dernier cas. Lorsqu’on 

débute, il faut faire sa place et manœuvrer d’un contrat 

à l’autre. Dans mon cas, j’ai été très chanceux à ce jour 

en profitant pleinement de l’expertise que m’a permis 

d’acquérir ma formation à l’UQAC », raconte Jérôme 

Plourde.

Il apparaît qu’un biologiste doit maintenant connaître le 

marché dans lequel il évolue, être capable de se vendre 

et demeurer alerte pour reconnaître les opportunités qui 

se présentent. À cela, Jérôme Plourde ajoute qu’il faut 

aussi « se démarquer en développant une expertise parti- 

culière. » Dans son cas, il maîtrise les bases de données et 

il a bien développé les outils d’analyse avec les res-

ponsables du Laboratoire des sciences aquatiques de 

l’UQAC, ce qui a constitué un net avantage dans la 

recherche d’emploi. « Je suis très heureux de l’expérience 

que j’ai vécue à l’UQAC ainsi que de continuer d’être 

en contact avec la CREAE et Pascal Sirois dans le cadre 

de mon travail, puisque la plupart de nos projets sont 

menés de concert. Je suis très fier qu’on ait une chaire 

de recherche comme ça dans la région », termine-t-il. £

En haut, Karine 

Gagnon lors 

de l’inventaire 

normalisé du doré 

jaune à bord du 

Borealis au Lac- 

Saint-Jean

Au centre, Jérôme 

Plourde prélevant 

des échantillons 

de plancton à 

bord du Borealis 

au Lac-Saint-Jean 

En bas, Amélie 

Bérubé réalisant 

de la pêche 

électrique dans un 

cours d’eau

 123RF

.COM

 [

CITYLIGHTS

]

GRACIEUSETÉ

GRACIEUSETÉ

GRACIEUSETÉ