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UQAC EN REVUE / PRINTEMPS 2014
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UQAC EN REVUE / PRINTEMPS 2014
la vie SOUS L’EAU
la vie SOUS L’EAU
Relier les
écosystèmes
dans la recherche
La recherche sur les milieux aquatiques s’est considé-
rablement développée à l’UQAC depuis la mise sur pied
de la CREAE et l’arrivée de Pascal Sirois au tournant
des années 2000. Des liens étroits et une collaboration
soutenue ont cependant été maintenus avec le Dépar-
tement des sciences fondamentales et le Centre de
recherche sur la Boréalie.
Le biologiste, spécialiste en écologie forestière et profes-
seur-chercheur Hubert Morin a été témoin d’une grande
part de cette évolution depuis ses débuts à l’UQAC, en
1985. « À cette époque, la recherche en milieu aquatique
se concentrait sur ce qu’on appelait la productivité en
milieu aquatique avec un groupe de recherche bien
constitué qui consacrait ses travaux à la ouananiche du
lac Saint-Jean et au fjord du Saguenay. Le groupe s’est
effrité lors du départ de ses membres et ce domaine de
recherche a disparu. C’est alors le Groupe de recherche
en productivité végétale qui a pris la relève avec Guy
Colin comme directeur. Plus tard, les orientations de ce
groupe se sont élargies aux milieux aquatiques avec
l’arrivée de nouveaux professeurs comme Pascal Sirois et
la constitution du Groupe de recherche GR
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MB (Groupe
de recherche sur les ressources renouvelables en milieu
boréal), puis, avec la création du Laboratoire des
sciences aquatiques. Pascal Sirois s’était alors joint au
Consortium de recherche sur la forêt boréale commer-
ciale et il y contribuait par ses travaux, toujours en
cours, traitant de l’impact des coupes forestières sur
l’écologie des lacs. Finalement, le GR
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MB s’est trans-
formé en Centre de recherche sur la Boréalie qui intègre
toutes les facettes de la recherche en milieu boréal. Dans
ce cadre, nous œuvrons actuellement à finaliser une
demande à la Fondation canadienne pour l’innovation
(FCI) qui vise l’acquisition de nouveaux équipements
afin de pousser encore plus loin les recherches en
parallèle sur ces trois milieux que sont la forêt, les sols
et les lacs, ce qui ne se retrouve nulle part ailleurs. »
Hubert Morin souligne la singularité et la pertinence
des recherches qui permettent d’établir le lien entre
trois écosystèmes avec, comme dénominateur commun,
la zone boréale. £
Si vous demandez à Pascal Sirois de vous parler en deux
mots de Michel Legault, il vous dira assurément qu’il
s’agit « de l’un des meilleurs, sinon le meilleur gestion-
naire de la faune aquatique au Québec. » Voilà qui met
la barre haute dès le départ!
Ce membre fondateur du comité scientifique de la Chaire
de recherche sur les espèces aquatiques exploitées est
également un diplômé de l’UQAC, université où il a
complété son baccalauréat en biologie et sa maîtrise
en productivité aquatique. C’était toutefois bien avant
l’époque de Pascal Sirois, puisqu’il faisait partie de la
deuxième cohorte de cette maîtrise en l’achevant en
1985.
Vétérinaire ou biologiste?
Michel Legault n’est pas originaire du Saguenay, mais
il y a grandi et sa famille s’y trouve encore, ce qui lui
permet de maintenir un lien affectif et professionnel
avec cette région.
Avant de devenir biologiste de la faune à la direction
de l’expertise de la faune et ses habitats du ministère
des Ressources naturelles et de la Faune du Québec,
Michel Legault voulait être médecin vétérinaire. « Cette
formation était très contingentée à l’époque. J’ai failli
y accéder, mais en attendant, j’ai décidé d’entreprendre
un baccalauréat en biologie puis de voir par la suite.
J’ai alors eu l’occasion de travailler dans un centre
de recherche sur la Côte-Nord, sous l’égide d’un éta-
blissement océanographique américain qui y étudiait
principalement le saumon et la productivité aquatique
en rivière. C’est ce qui m’a donné la piqure. »
Ensuite, Michel Legault a été approché par le ministère
du Loisir, Chasse et Pêche, à l’époque, pour réaliser une
maîtrise sur la ouananiche au Lac-Saint-Jean. Un défi
qu’il a relevé et qui lui a sans aucun doute donné le
goût de poursuivre dans le domaine de la gestion de la
faune aquatique. Par la suite, cela lui a valu un emploi
au ministère à un moment où les nouveaux postes
étaient très rares. Il y œuvre maintenant depuis 28 ans.
Premiers amours
Pour son travail, Michel Legault a débuté en Gaspésie où
il a consacré ses travaux au saumon atlantique. En 1990,
on lui a offert un poste de chercheur à la direction du
ministère à Québec, ce qui lui a permis de revenir à ses
anciens amours en s’intéressant à nouveau à la biologie
de la ouananiche au Lac-Saint-Jean.
Dès 1994, Michel Legault avait entrepris des inventaires
dans le lac Saint-Jean afin de documenter les variations
d’abondance de l’éperlan et de tenter d’établir un lien
entre les fluctuations des populations de ouananiches
et d’éperlans. Au fil des recherches, d’importantes
interactions entre les deux espèces ont été démontrées
jusqu’à prouver que le facteur principal soutenant
l’abondance de l’un était l’abondance de l’autre. Un
peu comme dans l’exemple du lièvre et du lynx, le pré-
dateur étant directement affecté par la diminution de
sa proie. « Déjà, à ce moment, on avait observé des
effondrements de populations et il était devenu évident
que nous devions mieux comprendre cette situation
pour remédier à ces périodes de disette. » Il a alors
consacré une dizaine d’années à l’étude du poisson-roi
du lac Saint-Jean et de son lien vital avec l’éperlan arc-
en-ciel. C’est d’ailleurs à la fin de cette période que Pas-
cal Sirois est apparu dans le décor alors qu’il terminait
son doctorat à l’Université Laval. « C’était quelqu’un qui
possédait déjà une solide expertise sur l’éperlan arc-en-
ciel du Saint-Laurent et qui nous offrait la possibilité
d’unir nos connaissances sur le sujet commun qui nous
préoccupait. » La collaboration s’est donc amorcée immé-
diatement, au début des années 2000, et elle se poursuit
depuis.
Le rôle de la CREAE
Vu de l’autre bout de la lorgnette, à partir des bureaux
de ce qui est maintenant devenu le ministère des Forêts,
de la Faune et des Parcs, quel rôle peut bien jouer la
Chaire de recherche sur les espèces aquatiques exploi-
tées de l’UQAC?
Aux yeux de Michel Legault, « cela nous permet de
compter sur une masse critique de spécialistes qui vont
participer aux recherches et ajouter aux connaissances
orientées spécifiquement vers nos besoins de gestions
par rapport à la faune aquatique. L’intérêt est d’autant
plus grand que la chaire se consacre aux espèces qui
sont pêchées sportivement, à celles qui sont les plus
recherchées et qui subissent les effets les plus importants
causés par leur prélèvement et à celles aussi qui sont
mises en valeur auprès des pêcheurs, conséquemment
aux retombées économiques qu’elles génèrent. À ce
chapitre, la ouananiche du lac Saint-Jean constitue un
dossier national de premier ordre pour le ministère. La
chaire s’appuie sur un comité scientifique qui se penche
sur les priorités de recherche et les projets concrets qui
vont permettre de réaliser les objectifs concernant la
gestion. L’idée conductrice étant de transposer direc-
tement les connaissances acquises vers la gestion des
ressources afin d’assurer le fondement des décisions
et de demeurer à la fine pointe du savoir, ce cadre de
recherche répond donc à 100 % à nos besoins et nous
incite même à lui donner des mandats spécifiques. »
Michel Legault reconnaît qu’une expertise considérable
a été développée par la CREAE depuis ses débuts, ce qui
a permis d’élargir son influence à l’externe et de pou-
voir recourir à des ressources scientifiques nationales
et internationales. Il souligne également le fait que
la CREAE soit née d’un partenariat entre l’UQAC et le
ministère qui s’est engagé à fournir un financement de
400 000 $ sur cinq ans, ce qui va permettre de disposer
d’une mise de fonds et de la faire fructifier par d’autres
apports en lien avec les différents programmes de sub-
ventions existants. C’est ainsi que la chaire a pu aller
chercher un financement supplémentaire de plus de
900 000 $. £
Gérer la faune aquatique au QuébeC
Portrait de Michel Legault
GRACIEUSETÉ
JEANNOT LÉ
v
ESQUE
Michel Legault
Hubert Morin est directeur
du Centre de recherche sur
la Boréalie (CREB) qui a pour
objectif d’unir en un regrou-
pement stratégique les efforts
de recherche des professeurs-
chercheurs de l’UQAC travaillant
dans le domaine des ressources
renouvelables de la forêt boréale.
Ces professeurs-chercheurs
proviennent entre autres des
unités de recherche accréditées
suivantes : la Chaire de recherche
en éco-conseil, le Laboratoire
d’analyse et de séparation des
essences végétales (LASEVE),
le Laboratoire des sciences
aquatiques (LASA) et, enfin, le
Laboratoire d’écologie végétale
et animale.