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UQAC EN REVUE / PRINTEMPS 2014

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UQAC EN REVUE / PRINTEMPS 2014

la vie SOUS L’EAU

la vie SOUS L’EAU

COMPRENDRE 
LE LAC SAINT-JEAN 

Un défi relevé

Corporation de LACtivité Pêche Lac-Saint-Jean

Lorsqu’on parle de la gestion de la pêche sportive au 

Lac-Saint-Jean, un organisme s’avère incontournable 

et il s’agit de la Corporation LACtivité Pêche Lac-Saint-

Jean (CLAP). Un nom y est immanquablement associé : 

Marc Archer.

Lui-même diplômé de l’UQAC en biologie en 1978, Marc 

Archer a joint la CLAP à la création de l’organisme, en 

1996, pour en devenir directeur général l’année sui-

vante. Déjà à cette époque, plusieurs questions restaient 

en suspens concernant la pêche sportive dont celle des 

creux de vague inexplicables que connaissait la popu-

lation de ouananiche. « À cela s’ajoutait la décroissance 

du ministère de la Faune après les années fastes de la 

décennie 1980, cette situation engendrant des pro-

blèmes de ressources humaines, de budget de recherche 

et des lacunes quant à la surveillance du plan d’eau. 

Au départ, la corporation a commencé par s’établir et 

faire sa place, mais elle a été rapidement confrontée au 

pire effondrement de la population de ouananiches et 

d’éperlans jamais observé, ce qui a conduit à la ferme-

ture de la pêche en 2003. Il est, à ce moment, devenu 

évident que nous avions tout avantage à mettre sur 

pied un comité scientifique pour avoir accès au plus 

grand bassin de connaissances possible. D’autre part, il 

devenait urgent d’augmenter l’acquisition de connais-

sances scientifiques sur les espèces concernées. »

Très tôt dans son existence, la CLAP a supporté finan-

cièrement des travaux d’acquisition de connaissances 

réalisés par le ministère de la Faune ou par le profes-

seur Louis Bernatchez de l’Université Laval. C’est à ce 

moment que Pascal Sirois est arrivé à l’UQAC, et Marc 

Archer le qualifie de « jeune docteur plein d’enthou-

siasme ». Il ajoute que « nous faisons affaire avec le 

Laboratoire des sciences aquatiques depuis plusieurs 

années et nous avons contribué financièrement à la 

réalisation de maîtrises réalisées par des étudiants sur 

différentes problématiques du lac Saint-Jean. Autant de 

recherches qui ont contribué concrètement à l’avance-

ment des connaissances et qui ont conduit à la création 

de la Chaire de recherche sur les espèces aquatiques 

exploitées dont la CLAP est un des organismes subven-

tionnaires. »

Un cycle déterminant

Aux yeux du directeur général de la CLAP, le moment 

le plus déterminant de ce long partenariat entre les ges-

tionnaires du lac Saint-Jean et les chercheurs de l’UQAC 

demeure la découverte du cycle d’abondance ouana-

niche-éperlan au début des années 2000. « Il s’agissait 

vraiment d’un changement de paradigme total. Nous 

croyions alors que plus il y avait de ouananiches dans le 

lac Saint-Jean, particulièrement de reproducteurs, plus 

la pérennité de l’espèce était assurée. Des ensemence-

ments importants (1,7 M de ouananiches) ont d’ailleurs 

été effectués sur plusieurs années. »

GRACIEUSETÉ

Y

v

ES OULELLET

Corporation de LACtivité 
Pêche Lac-Saint-Jean (CLAP)

La Corporation de LACtivité Pêche Lac-Saint-Jean (CLAP) 
est une corporation publique à but non lucratif qui gère la  
pêche sportive dans l’AFC du lac Saint-Jean. La CLAP a 
pour mission de gérer, de développer et de promouvoir 
la pêche sportive dans l’AFC du lac Saint-Jean, dans la 
perspective d’assurer la conservation des ressources 
halieutiques et d’optimiser les retombées économiques 
de l’activité.

La CLAP publie chaque année une brochure informative 
intitulée La pêche sportive dans l’AFC du lac Saint-Jean 
offerte gratuitement dans les entreprises associées à la 
pêche et les bureaux d’information touristique. 

Les rapports des études effectuées sur le lac Saint-Jean 
et la brochure annuelle peuvent être consultés sur le site 
Web de la CLAP : claplacsaintjean.com. 

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Le constat inverse s’est confirmé. La surabondance de la 

ouananiche compromettait l’existence de sa nourriture, 

l’éperlan, et menaçait la survie du roi du lac. Une revue 

de toutes les données accumulées depuis les années 1960 

a révélé le cycle prédateur-proie, ce qui a modifié radi-

calement les priorités de recherche et forcé un réaligne-

ment sur l’éperlan. « Ça a sans aucun doute été le point 

tournant où nous avons mis le doigt sur le problème 

et commencé à envisager les vraies solutions. Il s’agit 

simplement d’adapter notre façon de gérer la ressource 

en augmentant les prélèvements durant les périodes 

d’abondance. Nous travaillons également avec la chaire 

à l’aménagement d’une première frayère d’éperlans 

dans le lac Saint-Jean à l’hiver 2016 », explique Marc 

Archer.

Abondance du doré

Quant au doré jaune, il fait aussi l’objet de recherches 

de la part de la CREAE et il s’inscrit dans un réseau 

québécois de suivi de l’espèce avec des pêches expé-

rimentales menées par le ministère tous les 5 ans. Ces 

prélèvements permettent de comparer la situation avec 

d’autres lacs et d’apporter un diagnostic directement 

appliqué aux stocks. À ce chapitre, le lac Saint-Jean se 

classerait au premier rang de tous les principaux lacs 

à dorés au Québec en termes d’abondance. « De plus, 

nous faisons un suivi annuel de la pêche sportive en 

été et, depuis deux ans, nous effectuons le suivi éga-

lement en hiver », ajoute Marc Archer qui précise que 

les retombées économiques de la pêche sportive dans la 

région s’élèvent à plus de 10 M$ selon les estimations 

les plus conservatrices. 

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« La surabondance de la ouananiche compromettait 
l’existence de sa nourriture, l’éperlan, et menaçait  
la survie du roi du lac. »

— Marc Archer

Marc Archer