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UQAC EN REVUE / PRINTEMPS 2014
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L’INTERNATIONAL
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des nouvelles de l’Uqac
Programme
délocalisé en Chine
Un défi professionnel
et humain
Le programme délocalisé de maîtrise en gestion de
projet offert en Chine par l’UQAC est un grand chantier
qui mobilise d’importantes ressources et qui exige une
coordination de chaque instant.
Essentiellement, Christophe Leyrie enseigne en gestion
de projet. Peu de temps après son arrivée à l’UQAC, il a
amorcé l’implantation du programme délocalisé au
Maroc et, lorsque la Chine s’est présentée en 2002, il
a aussi été le premier à y être envoyé. Depuis janvier
dernier, il a pris la relève de Jacques Desbiens et est
devenu responsable du volet académique de ce pro-
gramme offert en Chine. « Mon travail consiste donc à
programmer des cours avec les universités partenaires,
à trouver des enseignants qui peuvent se rendre sur
place, à gérer au quotidien le programme avec eux
et à m’assurer que la formation que l’on y donne est
conforme à ce qui est offert à l’UQAC. » Il s’agit donc
d’une gestion académique classique, sauf qu’elle s’arti-
cule le plus souvent à distance, en étroite collaboration
avec deux diplômés chinois de l’UQAC qui continuent
d’œuvrer en Chine avec leur alma mater.
Recrutement
Plusieurs s’imaginent que les enseignants se bousculent
au portillon pour aller enseigner à l’étranger, mais c’est
mal connaître les exigences de ce genre de mission.
« Nous recrutons le personnel enseignant de diverses
façons en allant d’abord au plus simple et en tentant de
trouver sur place des professeurs qui peuvent répondre
à nos critères, comme l’exigence d’enseigner en anglais
et la compétence dans la matière spécifique. Autrement,
nous sollicitons des collègues de l’UQAC, de l’ensemble
du réseau des Universités du Québec et même de
l’extérieur du Québec, si nécessaire. Le recrutement est
quelque peu facilité par le fait que le programme de
gestion de projet est un programme réseau, ce qui nous
aide à trouver des partenaires solides. »
Pour un administrateur comme Christophe Leyrie, il
s’agit fondamentalement de constituer un réseau de
collaborateurs qui peuvent se rendre disponibles durant
certaines périodes de l’année. On compte donc à ce titre
une trentaine de professeurs qui interviennent sur
demande. On exige de ces ressources une grande
faculté d’adaptation, ce que Christophe Leyrie qualifie
de « compatibilité avec la culture hôte » et, dans ce cas,
avec la culture chinoise. Heureusement, la majorité des
candidats se démarquent par une longue expérience de
voyage et de travail à l’étranger qui les aide assurément.
« Il faut naturellement adapter sa façon d’enseigner et
de communiquer la matière, la plupart du temps avec
l’aide de traducteurs. Nous essayons aussi d’établir des
liens à long terme avec les enseignants, ce qui nous
permet d’avoir recours à une équipe qui connaît bien
l’environnement de travail et la matière. La plupart de
nos collaborateurs sont avec nous depuis au moins une
dizaine d’années », explique Christophe Leyrie.
Contrairement à ce qu’on pourrait croire, les séjours des
professeurs en Chine sont relativement courts puisqu’on
leur demande de livrer leur matière de façon concentrée
sur une période d’une semaine à dix jours. Au plus,
ils enchaîneront sur deux campus et resteront de
deux à trois semaines à l’étranger. Comme la majorité
de ces enseignants sont toujours actifs, à l’exception
de quelques jeunes retraités, on utilise largement les
semaines de relâche, les fins de trimestre et les vacances
estivales et hivernales pour les envoyer à l’extérieur.
Un défi singulier
Il s’agit d’un véritable défi professionnel et humain
que relèvent ces enseignants qui doivent faire preuve
d’une importante capacité d’adaptation sur tous les
plans. Dans leur enseignement, par exemple, le recours
à des traducteurs change forcément tout le mode de
communication avec les étudiants. Toutefois, ces tra-
ducteurs apportent également un soutien exceptionnel
aux professeurs puisqu’ils connaissent déjà bien la
discipline en plus de maîtriser l’anglais et le mandarin.
Cela leur permet de développer une vraie complicité
ou une grande complémentarité avec l’enseignant après
des années de collaboration étroite.
Quant à la clientèle étudiante, elle se distingue par le
fait qu’elle est principalement composée d’adultes en
activité qui ont déjà une expérience de travail considé-
rable, de cadres supérieurs, de hauts fonctionnaires qui
gèrent des projets sollicitant d’importants budgets et
qui souhaitent obtenir une diplomation afin de rehaus-
ser officiellement leurs expertises. « On le voit dans les
travaux académiques qui sont produits puisqu’ils uti-
lisent toujours des scénarios extrêmement réalistes, le
plus souvent de grands projets sur lesquels travaillent
déjà ces étudiants », mentionne Christophe Leyrie.
C’est tout cela qui fait de l’implication majeure de
l’UQAC en Chine une expérience unique en soi, donnant
d’excellents résultats depuis ses débuts et demeurant
des plus prometteuses. £
MARIANE L. ST
-GELAIS
Christophe Leyrie
123RF
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