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UQAC EN REVUE / PRINTEMPS 2014
L’INTERNATIONAL
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UQAC EN REVUE / PRINTEMPS 2014
Enseigner à l’étranger
Une expérience exigeante et stimulante
« J’enseigne et j’encadre [supervision, direction ou codi-
rection] aux trois cycles. De plus, avec la collaboration
de collègues, je travaille sur des projets de recherche
subventionnés et je fais partie de deux laboratoires de
recherche. En ce qui concerne mon implication dans la
vie universitaire, j’apporte ma contribution à plusieurs
comités, conseils, ou sous-commissions. Je siège égale-
ment à deux conseils d’administration, à savoir Regard
sur le court métrage et Conseil du loisir scientifique.
J’ai de l’expérience en gestion résultant d’une pratique
accumulée de huit années au Centre québécois de
recherche et de développement de l’aluminium (CQRDA)
où j’ai assumé la fonction de secrétaire générale pour
les années 2004 à 2009 et celle de coordonnatrice des
services administratifs pour les années 2001 à 2004. »
— Comment avez-vous découvert les
possibilités d’enseignement à l’étranger
et pourquoi avez-vous décidé de tenter
l’expérience?
« Lorsque je travaillais au CQRDA, le responsable du
programme délocalisé au Maroc, Robert Crevier, m’a
demandé de remplacer un professeur qui n’était plus
disponible pour donner la formation. C’était pour le
cours Innovation en gestion qui était offert à Fès et à
Casablanca (mars 2009) ainsi qu’à Marrakech et à Casa-
blanca (mai 2009). J’ai décidé de tenter l’expérience, car
cela représentait une opportunité intéressante et je me
suis considérée très chanceuse qu’on ait pensé à moi. Il
faut voir que je n’avais pas enseigné depuis 2007 et cela
me permettait de renouer avec l’enseignement. Lorsque
j’ai obtenu un poste de professeur régulier à l’UQAC
en 2009, j’ai poursuivi l’enseignement à l’international,
ce qui exige des déplacements par période de 2, 3 ou 4
semaines. »
— Présentez-nous votre nouveau milieu de
travail et l’établissement qui vous accueille.
« Il faut reconnaître que lorsque des professeurs vont
enseigner à l’international, il existe toute une logistique
qui est bien rodée. Dès notre arrivée, nous sommes
accompagnés sur le plan du transport. De plus, un
représentant de l’UQAC au Maroc est sur place pour
nous apporter toute l’aide possible. Notre nouveau
milieu de travail est très différent de celui auquel nous
Certaines différences observées se situent sur le plan
culturel, à savoir la notion de temps et la langue. En ce
qui concerne la première, on est confronté à des étu-
diants qui ont de la difficulté à remettre leurs exercices
à temps ou à faire leur examen dans le temps prescrit.
Ils ont une approche temporelle qui est très différente
de la nôtre. Ils pensent que c’est élastique, que s’ils
n’ont pas terminé, on va allonger la période puisqu’ils
n’ont pas achevé. Ils prennent aussi beaucoup de temps
à commencer l’exercice ou l’examen. Pour la deuxième
différence, en ce qui concerne la langue, c’est particu-
lier, surtout lors des travaux en équipe. Les étudiants
parlent en arabe (langue maternelle) et pour le profes-
seur qui essaie de les encadrer cela devient impossible
ne sachant pas la tenue de leur préoccupation ou
de leur incompréhension. Malgré le fait qu’on leur
souligne qu’ils devraient parler en français entre eux,
le naturel revient vite au galop. Une autre différence
est leur difficulté à transposer des concepts dans des
exercices pratiques. Ils n’ont pas cette approche et n’ont
pas été habitués à le faire. »
— Comment sont vos étudiants?
« Les étudiants marocains et sénégalais sont accueillants
et très polis. Ils veulent réussir et se trouver un travail
ou améliorer leur employabilité après leur formation.
Ils connaissent la valeur d’un diplôme de cycle supé-
rieur, dont une codiplomation avec une université qué-
bécoise. Beaucoup d’entre eux désirent compléter leur
formation au Québec et même s’y trouver un emploi.
Les étudiants proviennent de tous les milieux. Ils sont
moins disciplinés que nos étudiants québécois et sont
peu préoccupés par la ponctualité. Par contre, ils par-
ticipent plus en classe. Ils souhaitent toujours donner
leur opinion et ils posent beaucoup de questions. »
— Le travail vous permet-il de bien découvrir
la culture et les attraits du pays qui vous
accueille (avez-vous le temps de faire un
peu de tourisme)?
« Je réussis à découvrir la culture par des lectures et aussi
en discutant avec les étudiants. Je leur pose beaucoup de
questions et j’essaie de faire le parallèle entre la culture
québécoise et celle de leur pays. Malheureusement, avec
l’horaire imposé, parfois 90 heures d’enseignement en
2 semaines, il m’est difficile de faire du tourisme. Ce
n’est pas l’envie qui manque, mais c’est le temps. De
plus, lorsqu’on enseigne à l’international, il faut abso-
lument que cela ne perturbe pas notre session régulière
d’enseignement, alors cela se déroule pendant les
semaines de relâche et les semaines d’examen ou à la
fin de l’année universitaire. »
— Avez-vous déjà une idée de ce que cette
expérience vous apportera sur les
plans professionnel et personnel?
« Ce type d’expérience m’apporte beaucoup tant du point
de vue personnel que professionnel, à savoir une plus
grande ouverture d’esprit, un meilleur esprit critique,
une tolérance aux différences et une connaissance de
contextes et de coutumes d’ailleurs, ce qui vient enrichir
mon enseignement. » £
DENIS BLACKBURN
Lise Plourde
Titulaire d’un baccalauréat
en administration, option
gestion des ressources
humaines, Lise Plourde
a ensuite complété une
maîtrise scientifique en
gestion des organisations
avec une spécialisation
axée sur les innovations.
Enfin, elle a obtenu un
doctorat en développement
régional, parallèlement
à une autre maîtrise en
gestion des organisations
de type professionnel
orientée vers l’entrepre-
neurship.
Lise Plourde
présente un
tableau étoffé
d’expériences
d’enseignement
à l’étranger, au
Maroc et au
Sénégal. Elle
a accepté de
répondre à nos
questions.
Liste des cours offerts par
Lise Plourde à l’international
Maroc
Hiver et
Innovation en gestion
été 2009
(Baccalauréat, 4 cours)
Été 2010
Gestion des ressources humaines
(Baccalauréat, 5 cours)
Été 2011
Innovation en gestion
(Baccalauréat, 2 cours)
Été 2012
Gestion des ressources humaines
(Baccalauréat, 1 cours)
Été 2012
Innovation en gestion
(Baccalauréat, 2 cours)
Hiver 2014
Stratégies des organisations
Maîtrise, 2 cours
Sénégal
Été 2011
Innovation en gestion
(Baccalauréat, 1 cours)
Été 2011
Stratégies des organisations
(Maîtrise, 1 cours)
Été 2013
Innovation en gestion
(Baccalauréat, 1 cours)
Été 2013
Stratégies des organisations
Maîtrise, 1 cours
sommes habitués. Pour nous y préparer, une rencontre
prédépart a lieu afin de nous présenter autant la logis-
tique que la culture des étudiants et des gens du pays
où nous sommes appelés à travailler. Il y a des règles de
sécurité à respecter et des coutumes auxquelles on doit
s’attendre à faire face. Lors de notre première expé-
rience, l’établissement hôte nous accueille et s’assure
de répondre à nos besoins en matière d’enseignement
[logistique, photocopies, projecteur, etc.]. Des gens sur
place sont désignés à cet effet et ils nous sont présentés.
Comme nous avons à intervenir sur plusieurs sites,
particulièrement au Maroc, nous rencontrons plusieurs
personnes. »
— Parlez-nous un peu de la
matière que vous enseignez.
« J’enseigne trois matières, soit, au baccalauréat, Inno-
vation en gestion et Gestion des ressources humaines et,
à la maîtrise, Stratégies des organisations. Le premier
cours permet à l’étudiant de se familiariser avec les
connaissances sur les modèles d’innovations favorisant
une saine gestion des entreprises. Le cours Gestion des
ressources humaines a comme objectif de sensibiliser
l’étudiant au rôle de la gestion des ressources humaines
dans la gestion d’entreprise et à l’importance que revêt
cette fonction dans le contexte de mondialisation de
l’économie. Enfin, le cours à la maîtrise a pour but
de permettre aux participants l’utilisation fréquente
des concepts fondamentaux issus de la théorie et de
la pratique, associés plus particulièrement au proces-
sus de management stratégique [diagnostic, choix et
déploiement]. »
— Comment avez-vous adapté votre enseigne-
ment au nouveau contexte dans lequel vous
devez travailler? Quelles différences
avez-vous observées entre l’enseignement
au Québec et là où vous avez œuvré?
« Notre intervention et l’intention poursuivie à l’interna-
tional sont de délivrer la même matière qu’à Chicoutimi;
ce sont des programmes délocalisés. On est dans la même
situation, où des étudiants internationaux viennent
suivre leur formation à l’UQAC. Nous n’avons pas à
ajuster plus notre enseignement, car les exemples four-
nis ou les cas sur lesquels les étudiants planchent sont
très variés et ont une envergure internationale.
123RF.COM [FARANG]