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UQAC EN REVUE / PRINTEMPS 2014
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des nouvelles de l’Uqac
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40 ans et numéro un au Canada
École de langue française et de culture québécoise de l’UQAC
Textes : Yves Ouellet
À l’époque, dans la première moitié des années 70,
le biculturalisme tel que préconisé par Pierre Elliott
Trudeau constituait la nouvelle approche culturelle qui
allait rapprocher ce qu’on a longtemps désigné comme
les deux solitudes.
Certains esprits clairvoyants tels que Ghyslain Bouchard,
alors directeur des Services à la collectivité de l’UQAC,
ont vite reconnu l’opportunité qui s’offrait à notre
établissement, surtout dans une société aussi unifor-
mément francophone et farouchement québécoise que
le Saguenay−Lac-Saint-Jean. « C’est à ce moment qu’ont
commencé quelques initiatives d’immersions franco-
phones à l’UQAC », raconte Damien Ferland, directeur
également du Centre du savoir sur mesure (CESAM). Le
phénomène s’observait d’ailleurs un peu partout puisque
les différents établissements voyaient poindre cette nou-
velle volonté gouvernementale et ont immédiatement
voulu placer leurs pions sur l’échiquier pour s’inscrire
dans ce courant et se voir accrédités.
Diversification
Depuis 40 ans, l’École de langue française et de culture
québécoise s’est considérablement diversifiée et a connu
de grands succès de fréquentation comme le souligne
Josée Simard, maître de français et coresponsable de
programme. « Nous avons accueilli 25 000 étudiants pro-
venant de 75 pays différents », mentionne-t-elle non
sans fierté. Derrière ces chiffres impressionnants, il faut
également voir les répercussions appréciables de l’école
sur l’UQAC elle-même ainsi que sur la communauté
saguenéenne puisque ces visiteurs ont été hébergés dans
175 familles d’accueil et que leur présence s’est aussi
avérée bénéfique pour tous les milieux économiques,
commerciaux et touristiques de la région. « Il s’agit d’une
dynamique extrêmement perceptible dans un milieu à
plus de 98 % francophone que de voir arriver massive-
ment en mai et en juillet ces centaines d’étudiants de
toutes provenances. Durant les sessions régulières, les
étudiants étrangers plongent dans la vie universitaire.
En dehors de cette période, les étudiants de l’École de
langue vivent plus intensément la vie saguenéenne. »
Cégep et université
Profitons-en pour faire le point sur une question qui
peut se poser. On sait que le Cégep de Jonquière possède
lui aussi son école de langue, le Centre linguistique du
Collège de Jonquière. Ces deux établissements se font-
ils concurrence sur un même marché?
À cela, Damien Ferland s’empresse de répondre par la
négative en reconnaissant la qualité de l’organisation
jonquiéroise et sa complémentarité. « Nous ne visons
pas les mêmes clientèles, celle du Cégep de Jonquière
étant plus jeune, donc de niveau collégial, et la nôtre
étant adulte et de niveau universitaire. La formation
que nous dispensons est systématiquement associée à
l’obtention de crédits universitaires et les étudiants sont
inscrits à l’UQAC au même titre que tous les autres.
La présence dans la région de deux écoles de langue
jouissant d’une excellente réputation demeure un pré-
cieux apport à tous les points de vue. Nous travaillons
d’ailleurs en étroite collaboration. »
Maître de français
La recherche demeure un volet méconnu des activités de
l’École de langue française de l’UQAC. Josée Simard
rappelle que l’école forme aussi des professeurs en
offrant une accréditation de maître de français en
langue seconde.
« D’autre part, nous créons également notre propre
matériel pédagogique spécialisé dans l’enseignement
du français langue seconde ou dans des domaines
connexes comme la littérature. C’est ce qui nous amène
à développer des projets de recherche, parfois relatifs à
d’autres départements comme celui des Arts et lettres.
Nous voulons ainsi nous assurer que cet enseignement
demeure à la fine pointe des connaissances. »
Clientèle
L’École de langue française et de culture québécoise
accueille maintenant une clientèle beaucoup plus large
et diversifiée qu’à ses débuts. On y remarque quelques
immigrants qui, de leur propre initiative, souhaitent se
familiariser avec la langue française. « Nous avons déjà
reçu des cohortes complètes de nouveaux arrivants que
nous avons accueillis dès leur descente de l’avion pour
leur procurer une immersion en langue française qu’ils
n’auraient pas pu vivre de la même façon à Montréal »,
raconte Damien Ferland. La clientèle se compose égale-
ment d’un nombre grandissant de professionnels et de
fonctionnaires anglophones qui ont besoin du français
dans leur travail. « Nous sommes heureux du fait que
nous développons nous-mêmes notre matériel pédago-
gique, ce que les étudiants apprécient beaucoup, mais
notre force demeure que nous puissions leur assurer un
environnement linguistique et culturel essentiellement
francophone qui les oblige à se débrouiller en toutes
circonstances. Il est primordial de rappeler que nous
enseignons la langue, mais aussi la culture. C’est ce qu’ils
viennent chercher ici et c’est ce qui nous démarque des
autres écoles. Nos étudiants doivent même s’engager
par contrat à parler uniquement en français durant tout
leur séjour. Plusieurs trouvent la chose très difficile au
début, mais lors de l’évaluation finale du programme, il
s’agit d’un élément qui ressort en force et dont ils sont
le plus satisfaits », explique Josée Simard.
Évolution
Dès sa création en 1975, puis au cours des années 80,
l’École de langue française et de culture québécoise de
l’UQAC a connu un engouement général et a aisément
atteint le nombre de boursiers désiré. La valeur des
bourses attribuées assurait alors un environnement
idéal aux étudiants et aux maîtres. « Il faut reconnaître
que le montant de la bourse en 2014, par rapport à celle
de 1980, oblige les responsables à déployer des efforts
imaginatifs incroyables pour assurer la même qualité
de services, ce que nous parvenons quand même à
faire. Le nombre de boursiers a baissé compte tenu des
budgets globaux à partir de 1990. Le mouvement s’est
poursuivi dans la décennie 2000 – 2010 en y ajoutant
des facteurs imprévisibles comme septembre 2001, la
crise financière, le passeport américain obligatoire, la
fluctuation du dollar et maints événements politiques
au Québec et ailleurs. La montée massive de langues
comme l’espagnol et, surtout, le mandarin qui s’impose
comme la seconde langue en importance dans l’Ouest
canadien marque un recul constant du français », selon
Damien Ferland.
C’est ce qui explique que l’École de langue française et
de culture québécoise recrute désormais de nouvelles
clientèles qui peuvent même provenir de la population
étudiante de l’UQAC. C’est le cas d’étudiants étrangers
de plus en plus nombreux qui doivent passer par l’École
de langue avant d’être admis dans leur programme
d’études universitaires. Ce phénomène, selon monsieur
Ferland, « fait de notre école un partenaire interne de
premier plan de l’UQAC pour l’accueil des étudiants
étrangers afin d’assurer la qualité de leur diplomation.
De façon générale, on peut d’ailleurs affirmer que depuis
40 ans, maintenant et pour l’avenir, l’École de langue
française et de culture québécoise s’affirme comme une
valeur ajoutée pour l’UQAC, une force pour notre univer-
sité avec une image de marque qui dépasse largement
les frontières du Québec. Le meilleur reste à venir! » £
L’École de langue française et de culture québécoise s’est
démarquée en 2012 en étant officiellement désignée
Meilleure école de langue au Canada, un titre qui lui a
été attribué par le Conseil des ministres de l’Éducation
du Canada (CMEC), un organisme fiable et crédible s’il
en est, puisqu’il chapeaute le programme de bourses.
« En 40 ans, nous avons eu le temps de faire nos preuves
et de bâtir autour de cette réussite une notoriété qui
dépasse largement le territoire québécois ou canadien.
Notre recrutement, par exemple, s’est étendu aux États-
Unis, au Mexique et en Amérique latine, entre autres.
Ces actions ont permis de faire connaître encore un
peu plus l’UQAC sur la scène internationale », explique
Damien Ferland, directeur de l’ELFCQ.
Congrès international en 2015
« Au nombre des retombées de nos démarches, nous
accueillerons l’an prochain le colloque annuel de l’Ame-
rican Association of Teacher of French (AATF), regrou-
pant 11 000 professeurs de français aux États-Unis. Ces
enseignants américains sortent des États-Unis une fois
tous les deux ans et ont longtemps privilégié la France,
mais c’est au Saguenay qu’ils viendront l’an prochain
après que leur délégation aura visité en repérage les
villes de Montréal, Québec et Saguenay en 2013. On
peut donc croire qu’ils entretiennent un lien solide avec
l’École de langue française et de culture québécoise de
l’UQAC et le Centre linguistique du Collège de Jonquière »,
assure Damien Ferland en soulignant que deux repré-
sentants de l’UQAC seront à leur congrès cette année
pour préparer le terrain et présenter les conclusions
d’un programme de recherche développé à l’UQAC.
À l’heure du biculturalisme
L’École de langue française et de culture québécoise de
l’UQAC a vu le jour il y a maintenant 40 ans, à la faveur
d’un mouvement pancanadien d’attribution de bourses
par le gouvernement fédéral permettant à de jeunes
anglophones de se familiariser avec la langue française
et la culture québécoise, la réciproque s’appliquant aux
francophones.
JEANNOT LÉ
v
ESQUE
GUYLAIN DOYLE
ÉCOLE DE LANGUE FRAN
ç
AISE ET DE CUL
TURE QUÉBÉCOISE
Josée Simard
et Damien Ferland