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UQAC EN REVUE / PRINTEMPS 2014
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des nouvelles de l’Uqac
des nouvelles de l’Uqac
François. Ce dernier a d’ailleurs rapidement accepté de
se joindre aux trois autres après avoir entendu parler
de l’expérience de ceux et celles qui l’ont précédé.
« Ça m’apparaissait comme un projet très stimulant et
excitant. »
Lino Tremblay
Bibliothécaire
Bibliothèque Paul-Émile-Boulet
Grand amateur de cyclotourisme et de long parcours
à vélo, Lino est également un adepte de plein air et de
camping, même si, lui non plus, n’avait jamais goûté
au camping sous le climat hivernal. « Le défi a donc
consisté à sortir de ma routine et de mes habitudes »,
affirme celui qui a à son actif un périple à vélo à partir
de Los Angeles jusqu’au Saguenay.
Premier contact
C’est Linda Gagnon qui a été l’instigatrice de cette
aventure d’équipe, après avoir déjà noué contact avec
le Double défi des deux Mario en 2010, en compagnie
de Lino. « À cette époque, la formule de l’activité se
présentait différemment. C’était les deux Mario, avec
quelques étudiants en plein air, qui réalisaient l’exploit
et des groupes de partisans se joignaient à eux sur
certaines sections du parcours. C’est ce que nous avions
fait avec un groupe de l’UQAC. L’été dernier, j’ai pensé
à pousser plus loin l’expérience et je me suis informée
auprès des responsables de l’université de la façon de
prendre part au défi, puisque l’UQAC appuie une équipe
chaque année. On m’a alors tout simplement invitée à
monter un groupe de quatre personnes tout en m’assu-
rant du soutien de l’établissement », raconte Linda.
Lino s’est associé à elle spontanément alors que, par la
suite, elle a recruté Marie-Josée Roy et François Côté,
avec qui elle avait déjà des affinités.
De la curiosité à la réalité
Unanimement, les quatre membres de l’équipe 2014 de
l’UQAC ont d’abord vu dans le Double défi un nouvel
exploit physique à accomplir tout en endossant une
cause plus que louable et à laquelle ils avaient déjà été
sensibilisés dans leur milieu de travail. Ils ont égale-
ment tous éprouvé une grande curiosité envers le volet
camping hivernal de l’aventure, bien que n’ayant pas
vraiment d’idée de ce que cela représentait. « Personne
d’entre nous n’était inquiet quant à nos aptitudes
physiques », avoue Linda. « Toutefois, l’éventualité de
vivre et de coucher dehors sur les glaces, au milieu du
lac, nous intriguait au point de nous donner le goût
d’essayer nous aussi. »
Des petits défis qui en font un grand
D’abord interpelée par la dimension sportive du Défi,
Marie-Josée a vite réalisé les autres aspects d’une telle
implication. « Ça me sortait tout à fait de ma zone de
confort. Au moment du départ, j’étais très nerveuse et
déstabilisée par le fait de ne pas connaître celui avec
qui j’allais faire équipe durant les deux jours suivants
même si c’était ce que je souhaitais. » Marie-Josée a
eu besoin d’aide pour des choses aussi banales que de
remettre dans son sac son duvet gonflé par l’humidité
et durci par le froid. Une chose qui semble ordinaire,
mais qui prend des proportions démesurées en plein
air. Au fil de l’expédition, elle a pu compter sur
l’aide de François et sur la solidarité humaine d’une
troupe d’organisateurs « plus grands que nature » pour
reprendre ses mots. Tous soulignent d’ailleurs le travail
admirable des membres de l’organisation qui assurent
la logistique, la sécurité du groupe et son réconfort en
arrivant à servir d’excellents repas chauds malgré les
conditions éprouvantes.
« Il est étonnant de constater l’ouverture et la géné-
rosité de tous les participants envers les autres ainsi
que la facilité avec laquelle on peut établir un contact
amical avec tout le monde sans distinction d’âge ou de
hiérarchie », mentionne François.
Pour Linda, le cadre naturel dans lequel se déroule le
Double défi des deux Mario apporte une dimension
fascinante à l’activité. « On découvre l’immensité du
lac Saint-Jean et on est plongé dans un environnement
totalement dépaysant, à quelques heures de chez nous.
Oui, nous faisons partie d’un groupe, mais on se réfugie
rapidement dans notre bulle et dans une méditation
profonde. »
Des moments qui vous changent
« J’ai vu des collègues revenir de cette expérience en
se disant grandis par ce qu’ils avaient vécu, ce qui m’a
convaincu d’y participer, » dit François. « D’autant plus
que comme adepte de sport et de plein air, je savais
quels peuvent être les effets psychologiques d’un tel
défi et sa valeur thérapeutique dans certains cas. C’est
une chance unique que de vivre de tels moments dans
un décor aussi extraordinaire que celui du lac Saint-
Jean en hiver. »
À cela, Lino renchérit en affirmant sa conviction que
« l’activité physique procure des bienfaits au corps,
mais, indéniablement, à l’esprit tout autant. »
Durant cette expérience qu’elle qualifie après coup de
merveilleuse, Marie-Josée et ses coéquipiers ont com-
pris la véritable portée de l’aventure thérapeutique, et
ce, en grande partie grâce aux interventions des Mario
et à la présence de Roxanne Bilodeau, une jeune femme
qui a vécu l’aventure thérapeutique alors qu’elle com-
battait un cancer. « J’ai été secouée bien plus que je ne
l’aurais cru par l’incroyable introspection que permet
un tel environnement, d’autant que je m’étais résolue à
laisser mon cellulaire et ma montre à la maison, ce qui
fait beaucoup de bien. Je me suis sentie extrêmement
seule malgré la proximité du groupe. J’ai complètement
coupé tout lien avec l’extérieur et je suis revenue à
l’essence même de la vie. Là où boire, manger, dormir et
satisfaire ses besoins élémentaires devient le seul enjeu.
J’ai aussi rencontré des personnes exceptionnelles
dont la vie a été bouleversée par la maladie ou par la
mort de leurs proches et qui continuent de se battre
pour eux-mêmes et pour les autres avec une volonté
implacable. » Des propos qui rallient tous les autres
membres de l’équipe de l’UQAC qui trouvent essentiel
de décrocher du reste du monde pour vivre pleinement
d’aussi précieux moments.
Le retour
Après s’être absentée quelques jours seulement, Linda,
comme ses coéquipiers, avait l’impression d’être partie
depuis deux semaines lorsqu’elle est revenue chez elle.
« Au retour, je ne me sentais plus sur le même fuseau
horaire que tout le monde. Durant l’expédition, on
se couche très tôt et on se lève aux aurores après, il
faut l’avouer, avoir très peu dormi. » Les participants
ont difficilement vécu les nuits sous la tente et cela
se comprend aisément. Tous emploient l’expression
« très en dehors de ma zone de confort » pour décrire
ces heures à tenter de trouver le sommeil à l’étroit dans
leur momie, sur la banquise produisant constamment
des bruits inquiétants qui se mêlent aux ronflements
des voisins, en gérant le stress de l’insomnie et l’envie
d’aller faire pipi malgré le froid…
François, pour sa part, retient les grands moments de
rire et de bonheur vécus au fil de la marche, « surtout
à l’arrivée qui a été un moment d’euphorie ». « Je ne
croyais jamais éprouver autant de plaisir durant une
telle activité. C’était souvent difficile, mais je me suis
toujours sentie bien », ajoute Linda. « J’ai eu mal, mais
je l’ai surmonté en sortant de ma routine. C’est ça
l’aventure thérapeutique! », conclut Lino.
À leur retour à la maison, plusieurs éléments de la vie
quotidienne sont devenus extraordinaires. « Mon café et
mon lit étaient meilleurs que jamais. Au travail, j’étais
une bombe d’énergie difficile à contenir », reconnaît
Marie-Josée malgré qu’elle ait trouvé le défi ardu. Ils
espèrent tous maintenant que ces journées sur le lac
Saint-Jean continueront de les habiter et de les inspirer
longtemps.
Fondation Sur la pointe des pieds et Double défi des
deux Mario : pointedespieds.com £
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