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UQAC EN REVUE / PRINTEMPS 2014
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UQAC EN REVUE / PRINTEMPS 2014
la vie SOUS L’EAU
la vie SOUS L’EAU
Extrait du rapport
du ministère des Ressources
naturelles et de la Faune
du Québec
Au début du XX
e
siècle, le lac Saint-Jean était connu dans
le monde en raison de son attrait pour la pêche à la oua-
naniche. Dès 1890, on venait de partout pour pêcher ce
poisson emblématique. Des articles de journaux aussi
prestigieux que le New York Times rapportaient des
chiffres sur le nombre de prises et la grosseur des cap-
tures dignes de vraies histoires de pêche. Cependant,
la construction du barrage d’Isle-Maligne sur la Grande
Décharge en 1926 a transformé le lac Saint-Jean en
réservoir hydroélectrique. Les ouvrages sur la rivière
Péribonka et le flottage du bois ont provoqué également
des perturbations majeures dans l’habitat de la ouana-
niche au cours du XX
e
siècle. En outre, le développement
de la villégiature, qui a vu passer le nombre de résidences
de 300 à plus de 4 500, conjugué à une popularité gran-
dissante de la pêche à la ouananiche, a entraîné l’aug-
mentation du nombre de pêcheurs sportifs sur le lac. En
1985, il fallait en moyenne 11 heures pour capturer une
seule ouananiche. Cette même année, le faible nombre
de géniteurs qui ont remonté les rivières a inquiété
les responsables de la faune. En 1986, il fallait environ
20 heures pour capturer une seule ouananiche. Dès lors,
plusieurs solutions ont été mises de l’avant pour sauver
les populations de ce poisson. La situation s’est grande-
ment améliorée à la fin des années 1980. Par contre, une
chute dramatique des stocks est survenue de nouveau
au début des années 1990. L’ensemencement est alors
devenu la solution privilégiée. Chaque année, les cours
d’eau ont été ensemencés de ouananiches juvéniles et le
nombre de géniteurs remontant les rivières a augmenté
de façon spectaculaire à la fin des années 1990. Malgré
cela, les stocks se sont effondrés de nouveau au début
des années 2000 et l’inquiétude a grandi. En 1996, la
Corporation de LACtivité Pêche Lac-Saint-Jean (CLAP)
a été créée afin d’assurer un meilleur suivi de l’exploita-
tion et de la protection de la ouananiche. Avec la création
de la CLAP, les intervenants du milieu se sont dotés du
premier plan de gestion de la ouananiche et de la pêche
dans l’aire faunique communautaire (AFC) du lac Saint-
Jean.
Ursula Larouche
Conférence régionale des élus–02/CRRNT
Synthèse et analyse des connaissances
sur la ouananiche et l’éperlan arc-en-ciel
du lac Saint-Jean, 2009
L’HISTOIRE
D’UNE REMARQUABLE
RÉUSSITE
À la fin 2009, le ministère des Ressources naturelles et
de la Faune du Québec publiait un document intitulé
Synthèse et analyse des connaissances sur la ouana-
niche et l’éperlan arc-en-ciel du lac Saint-Jean qui
faisait le point sur l’état de santé de ces deux espèces
dans le lac Saint-Jean. Ce texte, dont un extrait que
nous reproduisons, évoquait l’historique qui a conduit
à l’effondrement des stocks de la ouananiche et décri-
vait les initiatives qui ont réussi à stabiliser la situation.
L’UQAC, son Laboratoire des sciences aquatiques et la
Chaire de recherche sur les espèces aquatiques exploitées
(CREAE) mise sur pied par le professeur Pascal Sirois
ont joué un rôle déterminant dans l’acquisition des
connaissances qui ont permis l’élaboration puis l’appli-
cation de plans de gestion efficaces jusqu’au redres-
sement qui a vu les pêcheurs retrouver la ouananiche
dans le Piékouagami.
Ce numéro de l’UQAC en revue retrace les grandes étapes
de cette jeune histoire qui continue de s’écrire, mais qui
a déjà donné des résultats impressionnants. Nous vous
présentons ceux et celles qui ont été les artisans essentiels
de cette réussite établissant la crédibilité de la CREAE à
travers le Québec et lui valant maintenant des mandats
de recherche sur la réintroduction du bar rayé dans le
Saint-Laurent, sur la perchaude du lac Saint-Pierre, sur
l’omble de fontaine et le touladi de nos lacs de pêche
et d’autres.
Cette histoire est parsemée de héros discrets qui passent
des heures, des jours et des semaines à recueillir des
échantillons puis à les analyser en laboratoire pour en
arriver au vrai portrait de situations inquiétantes et à
l’amorce de solutions. Professeurs, assistantes de recher-
che, chercheurs, étudiants, biologistes professionnels et
décideurs, ils ont tous en commun une passion sans
borne pour la nature et sa sauvegarde. Tous et toutes
gravitent autour de l’UQAC qui est particulièrement
fière du rôle positif et concret qu’elle joue dans son
milieu régional et au Québec. £
123RF
.COM
[
MANINA
]
CREAE
Pascal Sirois,
titulaire de la Chaire de
recherche sur les espèces
aquatiques exploitées
(CREAE), en expédition
sur le lac Saint-Jean
ILLUSTRA
TION CI-HAUT :
CREAE
, B
ILAN
DES
ACTI
v
ITÉS
2010-2014