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UQAC EN REVUE / PRINTEMPS 2014

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UQAC EN REVUE / PRINTEMPS 2014

la vie SOUS L’EAU

la vie SOUS L’EAU

fier leur structure de financement par le fait que la chaire 

accède à des fonds académiques québécois et canadiens 

auxquels les organismes seuls n’ont pas droit. L’inter-

vention de la CREAE accroît la crédibilité scientifique 

des projets et va jusqu’à les mener à des publications 

revues par les pairs sur la scène internationale. 

De nouvelles opportunités

La venue d’une nouvelle chaire comme la CREAE per-

met d’accéder à de nombreuses opportunités nouvelles. 

Son directeur demeure alerte et vigilant afin de saisir 

les plus intéressantes.

Dans le cadre de sa mission de recherche normale, rien 

ne l’empêchait de déployer ses interventions, mais grâce 

à la chaire, tout est facilité. « En tant que partenaire pri-

vilégié du ministère, je peux compter sur une équipe de 

biologistes dispersés sur l’ensemble du territoire québé-

cois. Si j’ai besoin d’un échantillon de doré jaune, j’ai 

quelqu’un en Abitibi pour aller le prélever. La collabo-

ration de tous les intervenants est exceptionnelle parce 

que tout le monde veut que ça marche et parce que la 

réputation de la chaire est solidement implantée! Cette 

faculté de déploiement rapide et efficace s’avère un 

avantage incontournable et fait de la chaire un modèle 

de partenariat unique au Québec. »

Pour ce qui est de l’enseignement et de la force d’attrac-

tion de la chaire aux cycles supérieurs, Pascal Sirois croit 

que la CREAE peut avoir un impact appréciable. « Je 

continue mon enseignement en biologie au premier 

cycle et j’y intègre naturellement des éléments de mes 

travaux de recherche. Je pense que cela peut attiser la 

curiosité des étudiants et les inciter à poursuivre. Au 

deuxième et au troisième cycle, il est clair que nous atti-

rons des étudiants de partout au Québec et de l’étranger. 

Ce que me disent ces derniers, c’est qu’ils sont vraiment 

heureux de travailler sur des problématiques concrètes. 

Cette génération apprécie le fait d’évoluer dans le réel 

plutôt que dans le fondamental, en étant convaincue 

que le travail sera utile et pourra aider. Actuellement, le 

tiers des étudiants inscrits à la maîtrise et au doctorat 

dans les programmes de sciences fondamentales sont 

en sciences aquatiques », souligne Pascal Sirois.

Il ne faut pas minimiser non plus le fait que les succès de la 

Chaire de recherche sur les espèces aquatiques exploi-

tées ont permis à l’UQAC de recruter d’autres profes-

seurs qui se sont ajoutés à l’équipe et qui ont permis 

d’établir une masse critique de chercheurs.

Perspectives

L’avenir immédiat de la CREAE s’élabore autour de deux 

projets majeurs présentement en marche qui touchent 

toute la question de l’ensemencement au Québec. Il s’agit 

d’un mode de gestion important qu’on fait intervenir 

lorsque les populations de poissons baissent, mais qui 

peut avoir des conséquences sérieuses. « Ces projets 

sont menés en collaboration avec le professeur Louis 

Bernatchez de l’Université Laval, un éminent spécialiste 

en génétique qui a remporté le Prix du Québec Marie-

Victorin il y a deux ans. Décerné annuellement par le 

gouvernement du Québec, ce prix est la plus haute 

distinction accordée pour l’ensemble de sa carrière en 

sciences naturelles à un scientifique ayant œuvré dans 

des interventions de l’industrie forestière et de leurs 

effets sur les lacs. Une thématique qui a naturellement 

mobilisé plusieurs intervenants régionaux. 

« D’autre part, on peut identifier le secteur faune du 

gouvernement du Québec comme le premier utilisateur 

de nos résultats de recherche parce qu’il les applique 

dans ses modalités de gestion et dans ses politiques. 

C’est donc le ministère de la Faune [dont l’appellation 

change régulièrement] qui contrôle tout ce qui concerne 

la pêche en eau douce. La Sépaq est son délégataire, 

mais c’est le ministère qui décide », précise Pascal Sirois.

 

Pêche blanche 

La pêche hivernale sur le lac Saint-Jean n’a pas vrai-

ment fait l’objet de recherches de la part de la CREAE et 

son directeur, Pascal Sirois, estime que son impact sur 

l’évolution des populations de poissons demeure négli-

geable pour l’instant. Il soutient toutefois qu’il faut 

demeurer alerte, puisque la pratique prend de l’ampleur 

et qu’elle pourrait éventuellement représenter un facteur 

à prendre en considération au niveau de la recherche et 

des politiques de gestion des stocks.

Sur le fjord du Saguenay cependant, des recherches 

menées précédemment en 2004 et 2005 par Pascal Sirois 

et le Laboratoire des sciences aquatiques ont révélé des 

informations étonnantes. « Nous voulions savoir com-

ment se renouvellent les populations dans le fjord et 

si le nombre de captures dépasse leur taux de renou-

vellement. Nous nous sommes alors aperçus que, pour 

ce qui est des poissons de fond, il ne s’effectue aucun 

renouvellement de ces espèces dans le fjord à partir 

de spécimens qui naissent dans le Saguenay. Le seul 

renouvellement qui survient se fait par la migration de 

jeunes individus en provenance du Saint-Laurent. Ces 

poissons, particulièrement le sébaste, passent quand 

même une bonne partie de leur existence dans le fjord 

et y acquièrent des caractéristiques morphologiques et 

chimiques distinctes de ceux qui restent dans le Saint-

Laurent. Il s’agissait alors de nouvelles connaissances 

que nous avons acquises et d’une hypothèse intéres-

sante que nous aimerions continuer d’étudier afin de la 

valider à partir de données plus étoffées. »

Une chaire de recherche

Créée en 2010, la Chaire de recherche sur les espèces 

aquatiques exploitées assure d’abord un revenu stable 

aux chercheurs, leur permettant de réaliser des projets 

à moyen et à long terme. Elle dispose d’un mandat pan-

québécois, démontrant clairement que l’expertise éla-

borée au Lac-Saint-Jean est valable en tant que modèle 

à une plus large échelle. La CREAE a également formé 

un comité scientifique auquel siègent cinq personnes 

qui réfléchissent sur les orientations, la programmation 

scientifique et les opportunités à saisir. On s’assure aussi 

que les mandats potentiels se situent dans les axes de 

recherche de la chaire en servant en fin de compte les 

pêcheurs sportifs et qu’on demeure fidèle aux missions 

d’enseignement et de recherche de l’UQAC, particuliè-

rement s’il est possible d’y impliquer des étudiants à la 

maîtrise et au doctorat. 

Il arrive que la CREAE sollicite des mandats et elle est éga-

lement sollicitée par des organismes qui peuvent boni- 

un domaine autre que le domaine biomédical. Nous nous 

sommes associés afin d’évaluer ensemble tous les enjeux 

génétiques et écologiques concernant l’ensemencement 

du touladi et de l’omble de fontaine, deux espèces très 

importantes au Canada. Nous sommes également impli- 

qués dans tout ce qui concerne la recolonisation du bar 

rayé dans le Saint-Laurent. Le bar rayé est une espèce 

disparue dans les années 60 et qu’on a ensemencée à 

partir de 2002. Il s’agissait d’un des rois du fleuve dans 

les années 40 et 50. On voit aujourd’hui la population 

se restaurer dans un nouveau Saint-Laurent qui n’est 

pas celui de 1950. Nous avons aussi une étudiante au 

doctorat qui s’intéresse à tout ce qui concerne le réta-

blissement du bar rayé dans ce nouvel environnement. » 

Pascal Sirois évoque également un nouveau projet de 

recherche très appliqué qui débute cet été et qui sera 

voué à l’étude de tous les enjeux concernant la remise 

à l’eau. Peut-on affirmer qu’il s’agit d’un mode de ges-

tion efficace pour préserver les espèces? Les poissons 

capturés survivent-ils quand ils sont remis à l’eau? Ces 

questions seront quantifiées sur les espèces qui sont 

pêchées dans nos lacs, en situation réelle, à l’aide de 

l’utilisation de deux types d’hameçons différents et 

on assurera un suivi de survie qui apportera enfin des 

réponses à ces questionnements de longue date. 

Il ne faut pas oublier que la chaire est financée en bonne 

partie par la hausse du prix des permis de pêche au Qué-

bec. C’est donc aux pêcheurs que la chaire est grandement 

redevable et c’est l’esprit dans lequel la CREAE travaille 

en ne perdant pas de vue pour autant l’approfondis- 

sement des connaissances fondamentales. 

Comité scientifique

Le comité scientifique est constitué de quatre biologistes 
du MDDEFP et du titulaire de la CREAE. Ce dernier coor-
donne les travaux de son équipe de recherche en étroite 
collaboration avec les partenaires associés aux divers 
projets. Cette structure permet d’orienter les travaux de 
recherche en fonction des besoins de gestion du MDDEFP 
(gestionnaire principal, Jessy Dynes, direction de la Faune 
aquatique) et des divers partenaires fauniques. Elle per- 
met également d’optimiser le transfert des résultats de 
recherche vers les utilisateurs.

Membres actuels du comité scientifique

• Amélie Bérubé, Direction régionale  

Saguenay–Lac-Saint-Jean, Secteur de la faune

• Philippe Brodeur, Direction régionale Mauricie

et Centre-du-Québec, Secteur de la faune

• Michel Legault, Direction de la faune aquatique
• Marc Mingelbier, Direction de la faune aquatique
• Pascal Sirois, Titulaire de la CREAE
Rapport de la CREAE, 2010-2014

Partenaires et financement

La Chaire de recherche a été créée avec un octroi initial de 
400 000 $ consenti par le MDDEFP pour la période 2010-
2015.

Des fonds de recherche supplémentaires de 907 500 $ ont 
été obtenus auprès de divers organismes subvention-
naires et partenaires fauniques dans le but de soutenir 
la programmation scientifique de la CREAE. L’investisse-
ment initial a donc eu un effet de levier majeur.

Organismes subventionnaires de recherche

• Fondation de l’Université du Québec à Chicoutimi 

(45 000 $)

• Conseil de recherches en sciences naturelles

et en génie du Canada (287 000 $)

• Fonds de recherche du Québec - Nature et  

technologies (via Ressources Aquatiques Québec) 
(46 750 $)

Partenaires fauniques gouvernementaux  

et non gouvernementaux

• Ministère des Ressources naturelles et de la Faune  

du Québec (340 000 $)

• Ministère des Ressources naturelles du Québec 

(33 250 $)

• Pêches et Océans Canada (24 500 $)
• Conférence régionale des élus du Saguenay– 

Lac-Saint-Jean (19 000 $)

• Société des établissements de plein air du Québec 

(25 000 $)

• Corporation de LACtivité Pêche Lac-Saint-Jean 

(82 000 $)

• Aire faunique communautaire du réservoir 

Baskatong (5 000 $)

CREAE

Prélèvement 

d’échantillons et 

travail sur le terrain 

sur les lacs boréaux