Un récent article scientifique publié dans IEEE Acess par Fehmi Jaafar, professeur au Département d’informatique et de mathématique ainsi que Jean Decian, étudiant à la maîtrise en informatique (cybersécurité), met en lumière un phénomène encore largement sous-estimé : l’empreinte carbone des cyberattaques. Contrairement à l’idée que le cyberespace serait immatériel et donc écologique, les chercheurs montrent que les attaques informatiques génèrent une pollution réelle et parfois importante.
Selon l’étude, les émissions liées aux cyberattaques peuvent représenter jusqu’à 20 % des émissions annuelles des États‑Unis, et près de 50 % de l’empreinte carbone de l’ensemble du secteur des technologies de l’information et des communications (TIC). Ces chiffres incluent notamment l’impact énergétique de trois types d’attaques : piratage pour minage de cryptomonnaie (cryptojacking), rançongiciel (ransomware) et déni de service (DoS).
Ce constat surprend. Pourtant, chaque attaque mobilise des milliers de machines, augmente la consommation énergétique des infrastructures numériques et entraîne un usage intensif des serveurs. Autrement dit, le cybercrime a une empreinte écologique mesurable, comparable à celle de pays industrialisés.
Les évaluateurs de cette étude ont souligné la valeur et l’originalité de cette contribution dans un domaine notablement sous-exploré de la littérature sur la cybersécurité, en mettant en évidence le lien innovant établi entre les menaces cybernétiques et la durabilité environnementale.
Pour consulter l’article complet : Cyberattacks Are a Major Source of Global Carbon Emissions



