Vendredi, 20 février 2026
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Des Jeux et de la science : un Bar des sciences olympien

Alors que le monde entier vibre au rythme des Jeux olympiques d’hiver 2026, des panélistes se sont penchés sur un thème fascinant : les contributions de la science au dépassement de soi dans le sport de haut niveau. Cet échange s’inscrivait dans le cadre d’un Bar des sciences organisé par le Centre intersectoriel en santé durable, ayant pour thème: «Les Olympiques : plus vite, plus haut, plus loin… grâce à la science!».

La science comme moteur de performance

La recherche constitue un lien essentiel entre les scientifiques et les équipes sportives. L’innovation permet aux athlètes et à leurs entraîneuses et entraîneurs d’explorer de nouvelles façons d’aller toujours plus vite, plus haut et plus loin.

Grâce à la science, les entraîneuse et entraîneurs peuvent cibler les problématiques, analyser les performances et trouver des solutions adaptées. Les connaissances issues des Chaires de recherche jouent un rôle clé dans ce transfert entre la science et la pratique, permettant d’intégrer efficacement les découvertes dans le développement et le coaching des athlètes. Les résultats sont souvent optimaux, bien que variables d’un athlète à l’autre.

Les moyens de la recherche : suffisants?

Les discussions ont soulevé une question importante : les scientifiques disposent ils réellement des moyens nécessaires pour réaliser leurs ambitions? En performance créative, les ressources financières demeurent limitées, tandis que les recherches touchant la santé bénéficient généralement de budgets plus importants. De plus, les grands centres disposent souvent de moyens supérieurs à ceux des régions.

Un exemple frappant : seulement 17 % des recherches portant sur les athlètes de haut niveau incluent des femmes, alors que celles ci s’entraînent souvent au même niveau que les hommes. Pourtant, leur réalité physiologique diffère de manière significative, notamment en lien avec le cycle menstruel, un facteur encore trop peu pris en compte dans les études scientifiques. Une meilleure représentativité est donc essentielle pour produire des données réellement applicables et adaptées à l’ensemble des athlètes.

La charge mentale et la charge physique : un duo indissociable

La charge physique, particulièrement exigeante chez les athlètes, est bien documentée et suivie de près. Toutefois, la charge mentale mérite une attention tout aussi rigoureuse. Peur de la contre performance, crainte des blessures, pression médiatique, stress de la compétition… tous ces facteurs influencent directement non seulement la performance, mais aussi le bien être psychologique de l’athlète.

L’approche d’entraînement doit donc être individualisée. Adapter le discours, choisir le bon moment pour transmettre certaines informations et se demander si l’athlète est prêt à les recevoir deviennent des éléments clés d’un encadrement optimal. Une communication nuancée et personnalisée contribue à préserver l’équilibre mental et physique, essentiel à la performance durable.

Quand l’art rejoint la science

Le dialogue entre l’art et la science rappelle que la performance sportive ne repose pas uniquement sur la technique, les données et les mesures objectives. Elle s’appuie également sur la créativité, l’expression humaine et l’émotion. Deux univers qui, ensemble, enrichissent notre compréhension du sport d’excellence.

Les marqueurs physiologiques permettant d’identifier les talents sont essentiels, mais ils ne disent pas tout. À ces indicateurs s’ajoutent l’attitude, la latitude, la capacité d’adaptation, l’intuition et même une forme de sensibilité artistique. Car performer, c’est aussi savoir interpréter, oser, ressentir et se dépasser d’une manière qui dépasse la simple mécanique du geste.

Parmi les nombreuses questions soulevées par le public, l’une d’elles portait sur les substances dites « dopantes » : seront elles toujours acceptées dans le futur? La discussion a notamment porté sur la créatine, une substance aujourd’hui autorisée. Son acceptation repose sur des études menées sur le long terme et approuvées par les comités d’éthique. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, ses bénéfices sont observés davantage sur le plan cognitif que physiologique, soutenant ainsi la concentration.

Retrouver le sens du mot “Jeux”

Enfin, les personnes présentes ont rappelé qu’il ne faut pas oublier le mot « Jeux » dans l’expression Jeux Olympiques. Le sport, même au plus haut niveau, devrait conserver une dimension ludique et un espace de plaisir. La motivation à pratiquer une discipline naît d’abord du désir et du plaisir de la pratiquer.

Pour plusieurs athlètes, il devient parfois nécessaire de reconnecter avec l’amour intrinsèque de leur sport, celui qui a inspiré leurs premiers pas et qui nourrit leur engagement au quotidien. Cette dimension humaine et joyeuse demeure un pilier essentiel du sport d’excellence.

Remerciements

Le CISD tient à souligner la présence de la trentaine de personnes qui ont participé à ce premier Bar des sciences de l’année et qui ont enrichi la soirée par leurs questions fort pertinentes, contribuant ainsi à la richesse et à la vivacité des échanges.

Nous exprimons également notre profonde reconnaissance à nos panélistes, dont la grande générosité, la qualité des réflexions et la clarté des échanges ont grandement nourri la discussion.

Enfin, un grand merci à notre animateur, Jean Pierre Girard, qui, grâce à son humour et à son remarquable sens de la répartie, a su insuffler un rythme vivant et chaleureux à la soirée, contribuant à créer une ambiance dynamique du début à la fin.

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