Gestionnaire qualifié, Evans Fillion croit fermement que les universités gagnent à offrir plus d’ouverture aux professionnels pour leur permettre de retourner aux études tout en travaillant. À l’UQAC, la flexibilité dont a bénéficié Evans Fillion tout au long de sa formation lui a permis de forger son expertise en région, sans jamais reléguer son emploi au second plan. Le diplôme de maîtrise en gestion des organisations qu’a obtenu Evans Fillion en 2021 se trouve dans son bureau chez Nutrinor, où il occupe le poste de chef de la direction.
De l’ambition et bien des expériences
Si Evans Fillion n’a pas commencé par une trajectoire très linéaire, il a aujourd’hui un CV impressionnant! À l’aube de l’âge adulte, il part pour Montréal, porté par l’envie d’explorer et de se mesurer au monde. Il amorce des études à HEC Montréal, mais sans véritable ancrage: les notes ne suivent pas vraiment et son autre projet d’étude en l’informatique s’amenuise. Avec le recul, il reconnaît qu’il n’était «peut-être pas assez mature» pour finir un baccalauréat à ce moment-ci de sa vie. Plutôt que de s’entêter, il choisit de vivre! Il part travailler en Asie et affine son anglais. Cette période lui permet de «vivre un peu certaines choses» avant de revenir compléter son baccalauréat en administration des affaires à HEC Montréal.
À Montréal, Evans Fillion décroche un premier poste chez Xerox, où il découvre les rouages d’une organisation et développe les bases de l’administration. Deux ans plus tard, il désire se rapprocher de sa famille au Saguenay. Polyvalent, il pose des clôtures chez Clôturex en été et optimise les entrepôts en hiver. Une opportunité au CIUSSS du Saguenay–Lac-Saint-Jean l’amène ensuite à remplacer un gestionnaire à la buanderie de Chicoutimi, où il découvre la gestion des opérations dans un hôpital. Mais la réforme du réseau entraîne des coupures et il quitte pour Desjardins afin d’explorer la gestion coopérative. Son ancien patron du CIUSSS le rappelle dès qu’une nouvelle occasion se présente: Evans Fillion y reste quatre ans, prenant progressivement la responsabilité de gestionnaire dans des domaines techniques.
C’est durant cette période qu’il entreprend une maîtrise, en 2016. Pour lui, la formation n’est pas qu’un bout de papier. «Pour accéder à des postes où ça prend une bonne tête, ça prend certaines compétences, il fallait que j’en apprenne plus», explique-t-il. La maîtrise est donc l’occasion d’élargir ses perspectives et d’acquérir les connaissances dont il avait besoin pour assumer des responsabilités plus stratégiques.
Evans Fillion souhaite s’orienter vers un environnement favorisant l’authenticité et l’intégrité décisionnelle. Une rencontre le mène vers Nutrinor, où il saisit l’occasion de devenir directeur principal de Propane MM. Sept ans plus tard, Evans Fillion y exerce toujours son leadership. Il a depuis gravi les échelons: vice-président énergie, vice-président principal énergie et commerce de détail, et enfin chef de la direction à partir d’août 2025. Evans Fillion partage les mêmes valeurs que sa coopérative: un ancrage au Saguenay–Lac-Saint-Jean et une vision centrée sur l’humain.
Une formation pensée pour la réalité des professionnels
Evans Fillion suivait le volet professionnel de la maîtrise en gestion des organisations, un programme conçu pour former des dirigeants, des conseillers et des consultants polyvalents dans des contextes organisationnels en transformation. C’était un choix naturel pour quelqu’un comme lui, qui était déjà bien engagé sur le marché du travail. C’est pour cette raison qu’il apprécie la formule de cours en soirée ou la fin de semaine, même s’il admet que ce ne sont pas les moments les plus motivants. La maîtrise exigeait une discipline nouvelle: une structure de vie solide, une capacité à étudier en dehors des heures traditionnelles, et une rigueur constante. Evans Fillion se décrit d’ailleurs comme quelqu’un qui, à l’époque, n’était «pas capable de s’asseoir le soir pour travailler». Cette habitude a dû changer! Cette formation a été un véritable entraînement à la rigueur, selon un horaire atypique. «Je savais que plus tard, j’allais avoir à travailler le soir, les matins, etc. Puis la maîtrise, ça amenait à être capable de réfléchir en dehors des heures [de travail traditionnelles], à te structurer, à comment j’arrive à avoir un diplôme en travaillant. Et pour moi, ça m’amenait une structure de vie […] À moi, ça m’amenait une rigueur, il fallait que je sois rigoureux, il faut que je sois planifié pour réussir, sinon je ne réussissais pas », explique-t-il.
Être une université de région n’empêche en rien l’UQAC d’offrir un enseignement de qualité. Pour Evans Fillion, l’essentiel réside dans la communauté qu’on y trouve: la possibilité de discuter et de se confronter aux idées des autres. Résidant à Saint‑Félicien, Evans Fillion a apprécié faire partie de la cohorte du Lac‑Saint‑Jean. La maîtrise y était délocalisée, ce qui lui a permis de suivre presque l’ensemble de sa formation tout en demeurant chez lui. Sur tout son parcours, seuls deux cours l’ont amené à se déplacer à Chicoutimi! Il a sincèrement apprécié la flexibilité du programme, qui tenait compte de sa réalité de travailleur et de père de famille. «J’étais bien fier de voir qu’on était capable de faire ça même à Saint‑Félicien. Je suis encore même plus loin, je ne suis même pas à Chicoutimi. J’ai trouvé ça l’fun de voir que c’était accessible. Quand j’avais des problèmes, j’ai toujours eu de l’écoute des professeurs, le programme a toujours été flexible pour les travailleurs. Je travaillais, j’avais des enfants […] Pour moi, ça vaut de l’or parce que c’était mon travail en premier, j’avais besoin de travailler pour faire vivre mon monde», déclare-t-il avec reconnaissance.
Evans Fillion mesure pleinement l’impact de la formation qu’il a reçue à l’UQAC. Dans une coopérative où les secteurs d’activité évoluent rapidement, il est essentiel de pouvoir compter sur des personnes formées qui possèdent une base solide de connaissances et qui savent mettre en pratique la rigueur acquise durant leurs études. Dans ce contexte, le programme de maîtrise en gestion des organisations, qui n’est d’ailleurs pas contingenté, est tout désigné pour outiller la relève. Et surtout, il est crucial qu’une telle formation demeure accessible en région! Evans Fillion est une preuve qu’il est possible d’étudier à son rythme, ce qui peut certainement inspirer d’autres travailleurs à faire comme lui: s’inscrire à l’UQAC!



