Mardi, 24 mars 2026
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Myriam Larouche : un engagement qui transforme l’éducation

Même si Myriam Larouche habite aujourd’hui à Montréal, elle s’ennuie de sa région… là où se trouve l’UQAC! C’est là qu’elle a découvert l’esprit de proximité : une manière d’être présente pour les élèves, de créer des liens et de prendre le temps de vraiment les connaître. Diplômée du baccalauréat en adaptation scolaire et sociale en 2015, Myriam propage cet esprit de proximité chaque jour. Elle est enseignante en adaptation scolaire à l’école secondaire Monseigneur-Richard, au Centre de services scolaire Marguerite-Bourgeoys.

Voir l’enseignement autrement

Inspirée par sa mère qui retourne aux études pour réaliser son rêve de devenir enseignante, Myriam suit ce modèle de détermination en choisissant, elle aussi, de faire son chemin à l’UQAC. Elle s’inscrit au certificat en intervention jeunesse, faute d’avoir été admise en travail social. Un cours en adaptation scolaire agit comme déclencheur : elle y reconnaît un domaine qui conjugue intervention sociale et travail auprès des jeunes, exactement ce qu’elle désirait!

Diplômée du baccalauréat en adaptation scolaire, elle emménage à Montréal. Au Lac-Saint-Jean, décrocher un contrat pouvait prendre des années; elle tente donc sa chance dans la grande ville. Elle commence en insertion sociale à Mission Bon Accueil, où elle accompagne des adultes développant des habiletés pour réintégrer le marché du travail. Quelques mois plus tard, elle obtient un poste à l’école secondaire Monseigneur-Richard, un établissement qui accueille aujourd’hui plus de 1 600 élèves.

Myriam est titulaire d’un groupe de deuxième secondaire. Les matières qu’elle enseigne varient chaque année; cette année, elle donne le français, la culture et citoyenneté québécoise, l’histoire et même l’éducation physique, un cours qu’elle adore parce qu’il lui permet de bouger avec ses élèves. Que ce en vélos ou skis de fond, elle aime les amener dehors, les faire respirer, les pousser doucement hors de leur zone de confort.

Les élèves qu’elle accompagne dans cette école située en milieu défavorisé sont « à l’état brut » : ils présentent souvent des besoins affectifs et sociaux considérables. Myriam veille donc à créer un espace sécurisant où ils peuvent se déposer. Elle mise sur leurs forces, les aide à retrouver confiance et les prépare à réintégrer le programme régulier. Son rôle l’amène aussi à collaborer étroitement avec l’orthopédagogue et les techniciens en éducation spécialisée.

Myriam privilégie une approche dynamique, varie les activités au cours d’une même période et encourage ses collègues à faire de même! Sa classe regorge de matériel, dont un chariot de jeux de société qu’elle prête régulièrement aux enseignants lorsqu’ils cherchent des idées d’apprentissage plus ludiques. Parce que tous les élèves, même au régulier, ont droit à des modalités d’enseignement attrayantes!

Myriam s’épanouit particulièrement dans les projets. Avec ses élèves, elle a notamment réalisé une murale sur la bibliothèque de plage de Verdun en collaboration avec un artiste professionnel. Elle se dit « opportuniste » : elle repère facilement les occasions d’apprentissage concrètes et n’hésite pas à se lancer, convaincue que les jeunes peuvent accomplir bien plus qu’ils ne l’imaginent. Pour Myriam, apprendre dépasse les exercices dans un cahier : c’est aussi socialiser, réguler ses émotions et développer des compétences humaines essentielles. Ces fondements, elle les a acquis à l’UQAC, et elle est persuadée que tout ce qu’elle y a appris continue de nourrir sa pratique au quotidien.

Une formation ancrée dans le réel

La manière dont Myriam crée un lien de proximité avec ses élèves prend racine dans son passage à l’UQAC. La petite taille de l’université et de son programme lui a permis de côtoyer des enseignants accessibles, disponibles après les cours, et d’évoluer au sein d’une cohorte soudée. Cette expérience lui a montré l’importance du rapport humain dans l’apprentissage, un principe qu’elle applique aujourd’hui au quotidien.

Les cours qui l’ont marquée sont nombreux! Elle évoque notamment l’enseignement de Marie-Christine Dion sur la conception universelle de l’apprentissage, qui place la responsabilité d’adaptation sur l’école. Cette approche, apprise à l’UQAC, est devenue l’un des fondements de sa pratique. Myriam se souvient aussi d’enseignants très à l’affût des avancées en éducation, qui lui ont transmis une vision innovante du métier, explorant dans leurs cours certaines approches bien avant qu’elles ne deviennent des tendances. « Je trouvais que l’UQAC était très innovante et [avait] une longueur d’avance, même sur les autres universités. [Par exemple], on parle en ce moment beaucoup d’enseignement explicite, des comportements attendus. […] Moi, j’ai appris ça dans mon bac en 2010 », raconte-t-elle.

Le baccalauréat en adaptation scolaire et sociale est une formation concrète, déjà ancrée sur les réalités du terrain : « Les gens qui disent “Ah, moi, je n’ai rien appris pendant mon bac. J’ai tout appris quand j’ai commencé à travailler sur le terrain.” Moi, vraiment pas! ». En dernière année, Myriam suivait même des cours de maîtrise, une audace pédagogique qu’elle trouvait impressionnante. Elle y a mené un suivi en orthopédagogie auprès d’un élève, élaboré un plan d’intervention et produit un bilan d’observations. Elle se rappelle aussi le chargé de cours Gilles Lamoureux, qui avait demandé aux étudiants de confronter leurs valeurs en allant sur le terrain. Elle a choisi de se rendre dans un bar de danseuses et d’y rencontrer une travailleuse. « C’était tellement impressionnant, tellement marquant d’avoir des profs comme ça qui te laissent aller directement sur le terrain, vivre des choses », ajoute-t-elle, prouvant encore une fois à quel point le baccalauréat en adaptation scolaire se réalise dans l’action.

Elle garde également en mémoire une sortie au chalet de la Forêt Simoncouche, même si ses sorties en plein air se sont surtout multipliées dans son poste actuel. De l’UQAC, elle retient l’absence de limites : la liberté d’explorer, d’essayer, d’oser. Son stage en Belgique en est un bon exemple. Aucun étudiant en adaptation scolaire n’avait encore réalisé de stage à l’étranger; seuls ceux du baccalauréat en enseignement préscolaire et primaire en avaient l’occasion. Myriam a rencontré les directions des deux programmes. Elle l’a demandé, et l’a obtenu! Cette audace a façonné sa manière d’aborder sa carrière: lorsqu’un projet lui tient à cœur, elle fonce! En Belgique, elle a travaillé dans une école secondaire en déficience intellectuelle axée sur l’intégration sociale, une véritable école-restaurant où les élèves préparaient les repas, servaient les clients du quartier et participaient à divers plateaux de travail. Cette immersion a été une occasion d’apprentissage unique et profondément inspirante. Encouragée par la professeure Marie-Pierre Baron, elle a ensuite présenté cette expérience aux étudiants de première année. « C’est vraiment à partir de là que je suis passée d’une élève future enseignante à une enseignante. Quand je suis arrivée là-bas [en Belgique], j’ai réalisé qu’au Québec, on est vraiment bien considérés pour ce qui est de la pédagogie. Ça m’a fait prendre conscience que je fais une maudite bonne job, et que ça peut inspirer d’autres personnes. Ça m’a placée dans une posture professionnelle plus ancrée », exprime-t-elle.

Il ne fait aucun doute que Myriam Larouche est une enseignante profondément passionnée. Elle conserve précieusement les petits mots que ses élèves lui écrivent, témoins de la relation de confiance qu’elle bâtit avec eux. Son enthousiasme est si contagieux qu’il a même « contaminé » son conjoint, aujourd’hui étudiant en adaptation scolaire à son tour! Sa vision de l’éducation, nourrie par l’UQAC, continue de se déployer bien au-delà de sa classe, à travers une manière d’enseigner qui valorise l’audace, l’ouverture et la proximité, qu’elle transmet à tous ceux qui croisent sa route!

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