Samedi, 4 avril 2026
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Éric Trudel : Étudier, entreprendre et configurer son chemin

Éric Trudel voit la vie comme une grosse vague : on peut aller à gauche ou à droite, mais elle finit généralement par nous entraîner vers une direction inattendue. En choisissant d’étudier à l’UQAC, Éric Trudel n’imaginait pas lancer une compagnie de jeux vidéo pendant son baccalauréat, ni devenir un jour copropriétaire de STI Maintenance. Une trajectoire rendue possible grâce à son passage à l’UQAC, preuve qu’une formation peut ouvrir des horizons insoupçonnés! Diplômé en 2010 du baccalauréat avec majeure en conception de jeux vidéo, Éric Trudel est directeur TI et pratiques Maximo chez STI maintenance.

Évoluer au rythme des projet

Avant de se lancer à l’UQAC, Éric Trudel explore le multimédia au centre local d’emploi, où il découvre notamment la programmation et l’animation 3D. De fil en aiguille, il se retrouve dans le domaine de l’informatique et devient directeur en développement multimédia pour le Groupe Vision Interactif, une petite entreprise spécialisée dans les logiciels experts pour le secteur métallurgique. En parallèle, il continue de se perfectionner en suivant un cours par session à l’UQAC comme étudiant libre. Tant qu’à accumuler les cours, pourquoi ne pas les transformer en baccalauréat? Lorsqu’il s’inscrit au baccalauréat avec majeure en conception de jeux vidéo, il a déjà une longueur d’avance grâce aux crédits accumulés, et même quelques cours d’histoire provenant d’un ancien détour par les sciences politiques.

Pendant son baccalauréat, Éric Trudel se lance en affaires! Avec cinq autres collègues étudiants, il lance Wendigo Studios dans un local de l’UQAC, convaincu de faire rayonner sa formation et son université, tout en se créant des occasions professionnelles. Le président et directeur général de l’entreprise voit son initiative récompensée par le prix Création d’entreprise du CEE-UQAC. L’entreprise prend de l’ampleur, produisant des jeux Web et des jeux pour Nintendo, en plus d’avoir des contrats de sous-traitance en Europe. Après avoir vendu Wendigo Studios, l’équipe poursuit sur sa lancée en créant BlooBuzz en 2012, une filiale de Québecor, dédiée aux jeux mobiles, qu’elle opère jusqu’en 2016. De leur petit local universitaire à de véritables studios, qui sont devenus les premières entreprises dans le domaine au Saguenay-Lac-Saint-Jean, ils ont contribué à préparer le terrain pour l’arrivée de grands joueurs comme Ubisoft dans la région!

À la suite de cette aventure entrepreneuriale, Éric Trudel rejoint STI Maintenance en 2017 comme chargé de projet senior. Il devient directeur du département TI Maximo en 2018, et associé en 2023. Chez STI Maintenance, il accompagne des organisations, notamment des villes et des centres de services scolaire, dans l’implantation d’IBM Maximo, un logiciel majeur de gestion de maintenance assistée par ordinateur. Ces projets, qui s’étendent souvent sur plus d’un an et mobilisent plusieurs millions de dollars, exigent une compréhension fine des besoins des clients, une coordination serrée et une expertise technique approfondie. STI Maintenance compte une centaine d’employés, dont quelques-uns sont des diplômés l’UQAC en jeux vidéo!

Apprendre ensemble, travailler mieux

Éric Trudel a commencé en 2005 le baccalauréat avec majeure en conception de jeux vidéo, qui est, selon lui, «un des programmes de haut calibre à l’UQAC en informatique». Il estime que quelqu’un qui étudie dans ce programme possède une base solide et polyvalente, même s’il ne désire pas travailler en jeux vidéo directement. Attaché à la région, Éric Trudel apprécie le plein air et la qualité de vie qu’offre le Saguenay-Lac-Saint-Jean. Il considère que l’UQAC joue un rôle essentiel dans le développement régional : si les étudiants quittent pour étudier ailleurs, les chances qu’ils reviennent diminuent. Avec le travail à distance, il voit d’ailleurs de nouvelles possibilités, car on peut s’installer au Saguenay-Lac-Saint-Jean et travailler pour n’importe quelle entreprise dans le monde, surtout dans le domaine de l’informatique.

Pour Éric Trudel, l’UQAC est aussi une institution qui a su innover tôt dans le domaine du jeu vidéo. Celui qui a fait partie de la première cohorte du baccalauréat à l’UQAC souligne que son université était parmi les premières à offrir un tel programme. «Je les ai trouvés innovants, [à l’UQAC]. Aujourd’hui, je pense que ça a donné beaucoup de jobs dans ce domaine-là, en région. Nous autres, on a commencé notre petite entreprise. Ubisoft est arrivé [ensuite].»

Ce qui a compté avant tout pour lui à l’UQAC, ce sont les personnes avec qui il a étudié et travaillé. «J’ai rencontré plein de jeunes passionnés qui étaient travaillants, puis qui étaient dédiés à ce qu’ils voulaient faire, des jeux vidéo, puis ils étaient passionnés de ça. […] Toute la gang, on étudiait pendant qu’on a fondé cette entreprise-là. On a travaillé vraiment fort et c’est une belle gang», exprime-t-il avec enthousiasme. Même s’il avait 35 ans au moment de son baccalauréat et qu’il était le plus âgé de sa cohorte, jamais il ne s’est senti en décalage. L’esprit d’équipe était omniprésent auprès de ses collègues de classe et d’affaires. Démarrer une compagnie de jeux vidéo pendant ses études a marqué un point tournant dans sa vie.

Lorsqu’il a lancé Wendigo Studio, les compétences générales en informatique acquises au baccalauréat lui ont été immédiatement utiles. Se lancer en affaires lui a permis de mettre en pratique tout ce qu’il apprenait : développement Web, développement de jeux, travail sur des moteurs de jeux, sans oublier la gestion de projet, qui prenait tout son sens dans un contexte réel. Son expérience à l’UQAC lui a aussi donné les bases nécessaires pour diriger une équipe technologique. Comprendre le jargon, les principes d’analyse et les méthodes de conception lui a permis, plus tard, de structurer des programmes de formation et d’amener son équipe à utiliser des approches solides comme les patrons de conception. La capacité à analyser avant d’agir est devenue centrale dans sa façon de travailler. Éric Trudel compare le développement de logiciels à la construction d’une maison : sans plans, on avance à l’aveugle, on commet des erreurs et on finit par devoir tout recommencer. Sa formation lui a appris à réfléchir avant de coder et à élaborer sur des bases solides, une rigueur essentielle pour résoudre des problèmes complexes et aborder une programmation avancée. Éric Trudel se souvient aussi de l’exigence des cours de mathématiques, souvent ardus, mais qui se sont révélés essentiels lorsqu’il a commencé à travailler en 3D. Somme toute, la formation d’Éric Trudel à l’UQAC lui a appris à être travaillant, à résoudre des problèmes complexes, à persévérer en équipe, à innover : des qualités qui l’accompagnent encore aujourd’hui.

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