ESSAYISTE ET PROFESSEUR TITULAIRE
DE LITTÉRATURE

À L’UNIVERSITÉ DU QUÉBEC À CHICOUTIMI

 

Nouvelle subvention de recherche CRSH (programme Savoir) (2018-2023)

« Histoire du roman des femmes en France. 1900-1945 » en coll. avec Patrick Bergeron

Globalement, ce programme de recherche vise à la découverte, à la réhabilitation et à la reconnaissance des romancières françaises de la première moitié du XXe siècle. Son principal objectif est de produire une histoire du roman des femmes en France entre 1900 et 1945. Ce programme relève d’une poétique de l’histoire littéraire, où le panorama global que l’on peut dresser de la production littéraire de l’époque (les principales orientations thématiques, la convergence ou l’appartenance à des mouvements littéraires, les démarches singulières, les relations intertextuelles et intratextuelles) s’accompagne d’enjeux narratifs et discursifs portant sur l’écriture.

 

Premier volume de la nouvelle collection « L’Esprit du peuple » aux éditions La Thébaïde

 

Léon Lemonnier, Manifeste du roman populiste et autres textes, paru en mars 2017

« Le mot populiste doit naturellement être pris dans un sens large. Nous voulons peindre le peuple, mais nous avons surtout l’ambition d’étudier attentivement la réalité », écrivait Léon Lemonnier dans son manifeste, publié en janvier 1930. Le Manifeste du roman populiste a été un fait saillant de la vie littéraire de l’entre-deux-guerres. On peut le découvrir à ce titre, pour peu que l’on accepte de sortir des sentiers battus, ou le lire comme une curiosité littéraire, ce qui n’est pas sans charme. Outre la référence convenue à L’Hôtel du Nord de Dabit, il ne reste à peu près rien du populisme. L’œuvre romanesque des fondateurs du mouvement est aujourd’hui oubliée ; aucun titre de Lemonnier et de Thérive n’a été réédité après leur mort. « Il n’est pas impossible que les années 1929-1930 marquent une date dans l’histoire littéraire. L’an prochain, ce sera non seulement le centenaire du romantisme et de la première d’Hernani, mais encore le cinquantenaire du naturalisme et des Soirées de Médan. Enfin, dès cette année même, se termine la première décade qui a suivi la guerre, et s’esquisse une réaction contre la littérature régnante », écrivait Lemonnier en novembre 1929. Cet optimisme a eu la vie courte, l’existentialisme, les Hussards, le Nouveau Roman, pour ne mentionner que des regroupements d’écrivains, ne tardant pas à enterrer le populisme bien profondément. L’histoire de la littérature n’a à vrai dire jamais compté avec ce mouvement, et les années 1930, telles qu’elles sont dans la mémoire littéraire, restent essentiellement liées aux œuvres de Céline, Aragon, Malraux, Bernanos, Drieu, Giono ou Montherlant, aux fresques de Jules Romains et de Roger Martin du Gard, à la mobilisation politique des écrivains pour la culture et autour du Front populaire. Il y a pourtant une part marquante et non moins riche de l’histoire du roman de l’entre-deux-guerres dans ce manifeste populiste et chez les auteurs qui ont souscrit, de près ou de loin, aux visées littéraires de Lemonnier et Thérive.

Cette nouvelle édition comporte une introduction substantielle au Manifeste et de nombreuses notes. Plusieurs articles inédits de Léon Lemonnier et d’André Thérive, cofondateurs du mouvement populiste, complètent cette édition de référence.

 

Réédition de deux romans majeurs d’Emmanuel Bove. À lire impérativement !

La coalition, roman de 1927 réédité aux éditions L’Arbre vengeur en mars 2017.

Louise Aftalion et son fils Nicolas reviennent à Paris. Veuve d’un perdant venu de loin pour échouer, mère d’un garçon sans vergogne qui ne la quitte pas et entretient ses dernières illusions, elle espère renouer avec sa famille et remédier à la gêne qu’elle sent poindre. Mais la faible compassion des uns conjuguée à l’insoutenable inconséquence du duo va vite contribuer à l’allègement dramatique de leurs finances.

Avec ce génie narratif que personne ne dispute à Emmanuel Bove, La Coalition nous raconte, précis et cruel, la lente descente aux enfers d’inadaptés qui sont persuadés que le monde entier leur en veut mais que le pire est pourtant impossible.

Œuvre vertigineuse qui happe le lecteur médusé par cet étrange rapport à l’argent, ce roman fascine, porté par cette voix unique qui laisse percer un rien d’ironie. L’auteur du mémorable Mes amis, conjurant ses démons en nous les exposant, y a mis le plus terrible de lui-même.

 

 

Un homme qui savait, roman de 1942 réédité aux éditions La Table ronde en octobre 2017.

Comédien ou malade, paumé ou escroc, qui est vraiment Maurice Lesca ? Il vit avec sa sœur Emily dans un petit appartement de la rue de Rivoli. Il a cinquante-sept ans, c’est un ancien médecin. Il est très pauvre. Il mène une vie larvaire, en apparence, mais on se trompe peut-être sur le compte de cet homme qui joue avec une sûreté magistrale de sa gaucherie, de son incapacité pitoyable. Maurice Lesca est un mystère.

Le monde tourmenté et cruel d’Emmanuel Bove n’est peut-être jamais mieux incarné que dans ce roman d’une perfection classique.