Une première recherche sur les forêts nourricières collectives au Saguenay–Lac-Saint-Jean !

Contexte 

Les forêts nourricières collectives, soient celles implantées sur des terrains publics, semblent être de plus en plus populaires ! Dans la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean, on en retrouve près d’une vingtaine. Il s’agit de lieux publics où ont été aménagés des espaces combinant la présence d’arbres et d’arbustes à celle de végétaux comestibles dans le but d’offrir des aliments sains à la population.

Une forêt nourricière est un type de jardin qui s’inspire des écosystèmes agroforestiers. Comme dans une forêt, on y retrouve différents étages de végétation, notamment de petits arbustes, un étage arbustif et des couvre-sols. Les caractéristiques particulières d’aménagement des forêts nourricières permettraient d’optimiser la production alimentaire tout en minimisant l’entretien nécessaire. C’est entre autres à travers les fonctions et l’emplacement de différents types de végétaux vivaces que cela s’avérerait possible. Par exemple, certains végétaux fixateurs d’azote atmosphérique rendraient disponible l’azote dans le sol pour les autres plantes. Cela éviterait aux jardiniers l’ajout d’engrais azoté à chaque année. D’autre part, les végétaux qui attirent les pollinisateurs ou encore ceux qui éloignent les ravageurs sont ajoutés à l’aménagement, favorisant ainsi une bonne production alimentaire.

Concrètement, on peut retrouver dans les forêts nourricières plusieurs arbres à noix ou à fruits, dont les noyers noirs, les chênes à gros fruits, les pommiers, les poiriers, etc. Il y a également des arbrisseaux comme les cerisiers et les amélanchiers, ou encore des arbustes comme les camérisiers, les gadelliers, les framboisiers, etc. On compte également des fleurs comestibles et plusieurs fines herbes, telles que les hostas, l’agastache, les hémérocalles, la mélisse, la menthe et bien d’autres. Enfin, certains légumes vivaces peuvent également être ajoutés à ce type de potager comme les asperges, les topinambours, les oignons d’hiver, etc.

Avec une telle diversité végétale, ces aménagements peuvent favoriser l’augmentation de la biodiversité et la séquestration du carbone en milieu urbain, comparativement aux habituelles surfaces gazonnées ! Les forêts nourricières présentent également des avantages sur le plan communautaire, ce potentiel social se remarque à travers les différentes activités organisées comme les fêtes des récoltes, les corvées d’entretien, les cueillettes collectives, etc.

Projet de recherche sur l’optimisation des forêts nourricières

Il est légitime de se demander si, dans les faits, les forêts nourricières remplissent toutes leurs promesses sur les plans environnementaux, économiques et sociaux. Les forêts nourricières collectives sont-elles réellement des aménagements dans lesquels la synergie des végétaux favorise la production alimentaire tout en représentant un entretien relativement sommaire ?

Ce sont entre autres à ces questions que l’équipe de recherche dirigée par les professeurs du Département des sciences fondamentales de l’UQAC, messieurs Jean-François Boucher, Olivier Riffon et Maxime Paré, ainsi que par madame Salmata Ouedraogo, professeure au Département des sciences économiques et administratives, tentent de répondre. Un projet de recherche sur l’analyse et l’optimisation des retombées économiques, environnementales et sociales des forêts nourricières communautaires en milieux urbains a ainsi été initié en 2019. Le démarrage du projet a été rendu possible grâce au soutien financier du Ministère de l’Économie et de l’Innovation du Québec et avec l’aide logistique de l’organisme EURÊKO !, qui a aménagé la plupart des forêts nourricières de la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean.

L’équipe de recherche compte également trois étudiants-chercheurs. Parmi les différents axes étudiés, les projets de recherche comptent un doctorat sur la perspective d’écologie économique des forêts nourricières, une maîtrise sur le potentiel de séquestration du carbone des forêts nourricières et enfin une maîtrise sur la gestion collective des forêts nourricières.

D’ici l’obtention des résultats de recherche, la forêt nourricière de l’UQAC continue d’être bonifiée et dynamisée grâce à de précieux partenaires : EURÊKO !, le Service des immeubles et équipements de l’UQAC, le Service des communications de l’UQAC, ainsi que toute la communauté étudiante.

Merci à nos partenaires !