EXPOSITION
Transits
Yann Pocreau

La Galerie l’Œuvre de L’Autre présente l’exposition Transits de l’artiste montréalais Yann Pocreau, accessible en tout temps au cours de la semaine des Rendez-vous de la recherche et de la création.
En tout temps
À la Galerie l’Œuvre de L’Autre, Pavillon des arts, P0-1040
Transits
Un « transit », en astronomie, réfère au passage d’un corps céleste devant un autre, la disparition temporaire d’une étoile, d’une planète par un objet astronomique qui se déplace, qui franchit la lumière et les méandres de l’espace-temps. Si les sciences du ciel sont particulièrement informées de ces phénomènes, le fossé entre la mathématique de ces déplacements, la géométrie pure qui dessine le ciel et entre l’échelle bien relative de notre temps sur terre, n’en est que creusée. C’est là que tout devient, disons-le, vertigineux.
Nombres de mes projets, dans les dernières années, abordaient cette idée de « vertiges cosmiques » ou encore celle du « sentiment océanique ». Empreints d’un certain existentialisme, d’une certaine spiritualité même, ces concepts sont liés à l’expérience bouleversante qui nous habite lorsqu’on se sent face au plus grand que soi, lorsque nous croyons être dans un état de conscience et d’unité avec l’univers. Souvent brefs, complètement enivrants, ces moments sont particulièrement angoissants. Je n’arrive plus à me défaire de l’idée que penser le monde par l’art passe indubitablement par penser notre « passage » ici. Je m’intéresse donc à cette idée de translation et de déplacement qui doit passer par l’occultation du regard, par un moment d’obscurité. Je n’ai pas la prétention de savoir comment regarder ou même de guider le regard de qui que ce soit, mais je sais que chercher à voir est pour moi plus rassurant que simplement regarder. Je me plais donc à penser ces formes aussi simples que parlantes, ces liens entre ce désir de figer par la photographie, les minutes, les heures. J’ai réuni pour cette exposition des projets inédits, d’autres qui habitent l’atelier depuis quelque temps, des objets trouvés, des photographies altérées, des portraits dégradés qui interrogent avec – je l’espère – une poésie et une certaine sensibilité ce rapport à un interstice en mouvement, logé entre le temps et la lumière.
Yann Pocreau