Lundi, 16 février 2026
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Se perdre en chemin, continuer d’avancer… Persévérer

Parfois, lorsqu’on poursuit un objectif, on a l’impression de s’être perdu en chemin. De faire de longs détours. Ou même de reculer plus qu’avancer. Ce sentiment est déstabilisant, surtout quand on investit temps, énergie et espoir, sans voir immédiatement le fruit de ses efforts.

À l’aube des Journées de la persévérance scolaire, qui nous invitent à célébrer l’effort et la détermination, j’ai envie de mettre en lumière ces passages moins visibles, mais profondément humains. On persévère parce qu’un objectif nous attire : il nous promet le dépassement de soi. Et les reculs, loin d’être des échecs, deviennent parfois des passages obligés pour confirmer nos choix et ajuster notre route. Dans un parcours universitaire, ces moments existent. Ils sont normaux. Et ils ne sont pas incompatibles avec la persévérance : ils en font partie.

Le doute a fait partie de mon propre parcours. En effet, au baccalauréat, j’ai été un étudiant peu intéressé, mais surtout peu certain de la discipline dans laquelle je souhaitais m’investir. Avec le recul, je réalise que je n’avais pas encore appris comment m’engager, comment donner du sens à mes efforts, comment être un « bon étudiant » pourrait-on dire.

À la fin de mon baccalauréat, au moment d’amorcer ma maîtrise, j’ai été captivé par un professeur qui m’a pris sous son aile. Cela a fait une différence réelle : j’ai commencé à m’investir davantage à la maîtrise, puis j’ai véritablement découvert ma place au doctorat. Ce parcours m’a appris que les détours ne sont pas du temps perdu. Ils font partie de la construction de soi, surtout lorsqu’on n’avance pas seul.

En psychologie, une théorie bien connue de la motivation indique que celle-ci se nourrit de trois besoins essentiels : se sentir acteur de ses choix, se sentir capable de progresser et se sentir relié aux autres. Quand l’un de ces besoins se retrouve en déficit, le parcours peut sembler plus lourd : on doute, on perd ses repères, on a l’impression de tourner en rond.

À l’inverse, quand on retrouve un peu d’autonomie (le droit de clarifier sa direction, de réajuster un objectif, de choisir un rythme réaliste), quand on regagne un sentiment de compétence à travers de petits progrès concrets, et quand on se sent soutenu par une personne ou une communauté, la persévérance redevient possible. Elle devient même plus solide, parce qu’elle s’appuie sur du sens, de la progression… et des liens.

C’est précisément dans cet esprit qu’à l’UQAC, nous travaillons à bâtir un milieu d’études humain, accueillant et exigeant à la fois : un milieu où l’on peut apprendre, se questionner, se réajuster et demander de l’aide sans crainte d’être jugé. La réussite ne se résume pas à une ligne d’arrivée; elle se construit au fil du cheminement, avec des périodes plus faciles et d’autres plus exigeantes.

Et dans ces moments où l’on se sent fragile, débordé ou incertain, il est important de se rappeler qu’il existe des personnes et des ressources pour écouter, soutenir et orienter, parfois pour dénouer une situation concrète, d’autres fois simplement pour aider à voir plus clair et à avancer autrement.

En cette semaine des Journées de la persévérance scolaire, je souhaite surtout offrir un message simple : ce que vous vivez est tout à fait normal. Les passages où l’on doute, où l’on ralentit, où l’on a l’impression de reculer, font partie de la traversée vers un objectif qui compte. Si vous en êtes là, permettez-vous de respirer, de vous repositionner et de demander de l’aide – ce n’est pas un aveu de faiblesse, c’est souvent un geste de lucidité.

À l’UQAC, des personnes sont là pour écouter, soutenir et orienter, et personne ne devrait traverser ces moments seul. Un pas à la fois, nous avançons avec vous, vers votre réussite.

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