Pour Sylvain Mercier, la chimie, les plantes et la région forment un trio indissociable. En choisissant le baccalauréat en science des produits naturels à l’UQAC, il a trouvé une formation qui lui permettait de rester au Saguenay–Lac-Saint-Jean tout en tissant des liens entre ses passions. La maîtrise en ressources renouvelables lui a ensuite offert un espace de recherche à son image, avec un projet lui permettant d’acquérir de l’autonomie. Aujourd’hui, le double diplômé de l’UQAC met son expertise au service du laboratoire Phytochemia, où il occupe un poste de superviseur-analyste.
Un parcours qui prend racine
Sylvain Mercier savait qu’il aimait la chimie : un univers structuré, où il pouvait expliquer des phénomènes et s’appuyer sur des faits. C’est ce qui lui plaisait le plus à l’issue de son diplôme d’études collégiales en sciences de la nature au cégep de Saint-Félicien. Lorsqu’il découvre le programme de baccalauréat en science des produits naturels (désormais le baccalauréat en chimie des produits naturels), il a l’impression de trouver ce qu’il cherchait : de la chimie appliquée aux plantes. Cet amateur de jardinage et amoureux de la nature s’est reconnu dans le « beau programme complet », comme il le dit, qu’était ce baccalauréat. Et avantage non négligeable : il pouvait poursuivre ses études tout en demeurant dans la région!
À la suite de l’obtention de son diplôme de baccalauréat en 2011, Sylvain Mercier sent qu’il a encore envie d’aller plus loin. Sous la codirection d’André Pichette et de Jean Legault, il étudie l’isolation et la caractérisation de composés bioactifs de la résine de sapin baumier. Ce projet de maîtrise, qu’il complète en 2013, lui offre de nouvelles compétences et représente « une couche fun à avoir », nomme-t-il, utile sur le marché du travail, particulièrement dans une région où les embauches dans le domaine demeurent plutôt rares.
Après sa maîtrise, Sylvain Mercier effectue un stage dans un centre de recherche en nutrition, qui se transforme en emploi pendant quelques mois. Il est ensuite embauché chez Produits sanitaires Lépine, où il travaille au sein d’un laboratoire de contrôle de la qualité et de recherche et développement, contribuant notamment à la conception et à l’amélioration de produits nettoyants.
Depuis 2016, il poursuit son parcours chez Phytochemia. Ce laboratoire spécialisé réalise des analyses et des contrôles de qualité pour des produits de santé naturelle, notamment les huiles essentielles et le cannabis. Il y occupe un poste de superviseur-analyste. À ce titre, Sylvain Mercier effectue principalement du traitement informatique et de l’analyse de données. Il supervise également les analystes sur place et assure le respect des normes de qualité. La responsabilité de signer des rapports d’analyse lui est confiée en raison de son statut de membre de l’Ordre des chimistes du Québec, qui l’autorise à approuver officiellement des résultats.
Parallèlement à ses fonctions de superviseur-analyste, Sylvain Mercier est aussi chargé de cours depuis 2018, au sein de l’université et du département où il a lui-même étudié! Il y enseigne les cours de gestion de la qualité et de réglementation, transmettant ainsi son expertise à la relève.
Une formation qui fait pousser l’autonomie
Encore aujourd’hui, Sylvain Mercier est enchanté de représenter son université et ses programmes d’études. Il le faisait déjà lorsqu’il était étudiant : on a pu le croiser, entre autres, au salon ZigZag, où il représentait fièrement son baccalauréat! Durant son parcours, Sylvain Mercier a aussi obtenu quelques contrats de travail, en étant assistant de recherche en laboratoire ou en corrigeant des rapports, ce qui lui a permis de consolider ses apprentissages tout en développant une expérience concrète du milieu, dans son université.
De sa formation universitaire, et plus particulièrement de la maîtrise, il retient avant tout l’importance de l’autonomie : « On développe notre autonomie, la confiance en soi et l’esprit d’investigation des problèmes ». Cette capacité à analyser les problèmes, à observer les détails et à structurer l’information s’est révélée déterminante dans son parcours. Aujourd’hui encore, ses compétences guident son travail au quotidien. « J’ai un planning d’échantillons à analyser, je dois prévoir les choses qui s’en viennent. Il faut que je regarde les détails d’analyse qu’on a donnés aux clients. En fait, [la formation universitaire] nous apprend aussi à tenir plein de choses dans notre tête et à structurer tout ça », raconte-t-il. Sa formation universitaire lui a également laissé une grande aisance à l’oral. Les nombreuses présentations réalisées durant sa formation lui ont permis de développer une véritable confiance lorsqu’il doit s’adresser à un auditoire. Le chargé de cours étant familier avec la prise de parole depuis sa maîtrise, il explique des concepts à ses étudiants avec naturel.
Le réseau de contacts qu’il a développé lors de ses études continue de marquer son parcours. Car dès le baccalauréat, Sylvain Mercier a compris l’importance de tisser des liens avec ses collègues, notamment dans une perspective d’intégration au marché du travail. C’est ce qui lui a servi à obtenir le poste qu’il occupe depuis maintenant dix ans : les fondateurs du laboratoire Phytochemia sont des diplômés de l’UQAC avec qui il a étudié! L’entreprise représente d’ailleurs, selon lui, un employeur majeur pour les diplômés en chimie des produits naturels.
Sylvain Mercier souligne également l’un des avantages d’une petite université: l’accessibilité des professeurs. « Si on veut avoir accès aux professeurs, parce qu’on a des questions, parce qu’on veut pousser des concepts plus loin, on est capable d’avoir une relation assez privilégiée », explique-t-il. Cette proximité favorise non seulement la réussite académique, mais aussi la création de liens qui se prolongent au-delà des études.
La formation universitaire qu’a reçue Sylvain Mercier permet de travailler autant en chimie fondamentale qu’en chimie des produits naturels, ici comme ailleurs dans le monde! Mais il est particulièrement reconnaissant de la chance qu’il a eue de demeurer dans sa région, tant pour ses études que pour son travail. Se former en région, c’est étudier au sein d’un territoire où la nature est omniprésente et où les enjeux de la forêt boréale et de la conservation se vivent au quotidien, ce qui confère aux apprentissages une résonance toute particulière. Aujourd’hui, le parcours de Sylvain Mercier illustre pleinement comment une formation universitaire peut devenir un véritable tremplin professionnel!



