Dans le cadre du colloque Synergie, tenu au début du mois de mai, un événement phare réunissant les personnes administratrices et professionnelles des centres sportifs universitaires du Québec, l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) a proposé une série d’activités visant à favoriser la collaboration et le partage d’expertise entre les différents acteurs du milieu.
Parmi celles-ci, figurait la conférence Parlons-Sang – Femmes dans le sport, animée par Pénélope Paradis-Deschênes, professeure en kinésiologie au Département des sciences de la santé de l’UQAC, et Bianca Dancose-Giambattisto, kinésiologue et investigatrice du défi national Le Défi Équité Menstruelle. Cette initiative a pour objectif de rendre les environnements sportifs plus inclusifs et mieux adaptés aux réalités des filles et des femmes.
La professeure Pénélope Paradis-Deschênes, dont les recherches portent notamment sur la santé des femmes, a souligné l’importance de saisir toutes les occasions pour faire tomber les tabous et démocratiser la science, particulièrement en contexte sportif.
« Que ce soit en lien avec le cycle menstruel ou la santé pelvienne, ces sujets demeurent encore aujourd’hui peu abordés et parfois entourés de mystère, même pour certaines femmes. De plus, on observe une sous-représentation des femmes dans la majorité des domaines de recherche, incluant ceux liés à la performance, ce qui limite grandement les données probantes disponibles. Cette initiative constitue un pas de plus pour ouvrir le dialogue et reconnaître l’importance de ces enjeux dans la vie des femmes et de leurs proches », rappelle-t-elle.
Bianca Dancose-Giambattisto abonde dans le même sens. Dans le cadre de la campagne Parlons-Sang, dont le Défi Équité Menstruelle a récemment été relevé par l’UQAC, elle rappelle que toutes les personnes gravitant autour des athlètes féminines ont un rôle à jouer pour créer des environnements véritablement inclusifs. « Que ce soit par l’accessibilité à des articles menstruels, l’aménagement adéquat des installations, la diffusion de messages de sensibilisation ou l’enseignement offert, le Défi Équité Menstruelle va bien au-delà d’une simple liste d’actions à cocher. Il s’agit de s’engager dans un mouvement collectif. Ensemble, plaçons la santé des femmes au cœur de la culture sportive », explique-t-elle.
La santé menstruelle en contexte sportif, en chiffres :
- 60 % des jeunes sportives rapportent limiter ou éviter la pratique sportive durant leurs menstruations
- 1 femme sur 5 craint de ne pas pouvoir se procurer des produits menstruels au cours de la prochaine année
- Seulement 11 % des athlètes féminines se sentent à l’aise d’aborder la santé menstruelle avec leur entraîneur
Ces constats démontrent l’impact réel des enjeux menstruels sur la santé, la sécurité, la confiance et la participation à long terme des femmes en sport. Les menstruations ne devraient jamais constituer un obstacle à la participation, à la persévérance ni au sentiment d’appartenance dans un milieu sportif.

Un modèle d’université inclusive, solidaire et durable
Parce qu’un campus durable est aussi un campus qui prend soin de sa communauté, cette initiative témoigne de la volonté de l’UQAC de bâtir un milieu d’études juste, humain et en cohérence avec les transitions sociales et environnementales en cours.
La distribution d’articles menstruels gratuits sur les campus de l’UQAC est le fruit d’une collaboration étroite entre l’Université et l’association étudiante, qui ont su unir leurs forces afin de répondre à un besoin réel de la communauté étudiante.
Pour en savoir plus sur cette démarche, cliquez ici.



