Mercredi, 16 septembre 2026
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Quand le son et l’image se rencontrent : Yan Breuleux publie Audio-Visualism

Comment le son, la musique et l’image peuvent-ils dialoguer pour créer de nouvelles expériences artistiques? C’est l’une des questions au cœur de Audio-Visualism, un nouvel ouvrage collectif auquel contribue Yan Breuleux, professeur à l’École NAD-UQAC.
Le livre a été officiellement lancé dans le cadre du Festival Error404, une édition consacrée aux pratiques artistiques et technologiques contemporaines, organisée par Gina Valenti et Steve Gibson, également éditeur principal de l’ouvrage. Le festival réunissait performances, expositions et conférences, créant un espace de rencontre entre personnes chercheuses, artistes, praticiennes et praticiens ainsi que la communauté étudiante.
Pour Yan Breuleux, ce contexte était particulièrement stimulant: « On avait un mélange de praticiens, de théoriciens, des noms quand même importants qui ont marqué le domaine de la performance audiovisuelle en lien avec notre livre. »
Des artistes comme The Light Surgeon, Matt Black, fondateur du label Ninja Tune, et D-Fuse ont notamment pris part à la programmation et la publication. Les conférences étaient accompagnées d’une exposition collective réunissant des œuvres de membres du corps professoral, de personnes étudiantes et d’artistes invités pour l’occasion. Le festival proposait également plusieurs soirées de performances à Northern Dance, une salle multidisciplinaire principalement consacrée à la danse. C’est d’ailleurs à Northern Dance qu’a eu lieu le lancement officiel de Audio-Visualism.

L’audiovisualisme, un mouvement artistique

Mais qu’est-ce que l’audiovisualisme? Le terme désigne un ensemble de pratiques artistiques qui explorent les relations entre le son, la musique et l’image, aussi bien dans l’histoire des arts que dans la création contemporaine. Il permet notamment de mettre en relation des pratiques qui sont souvent étudiées séparément : VJing, performance audiovisuelle, installations immersives, spectacles à grand déploiement ou encore expériences fulldôme.

Le deuxième ouvrage consacré à l’Audio-Visualism propose d’aller plus loin que la seule étude historique du phénomène. L’audiovisualisme y est abordé comme un véritable mouvement artistique, à la manière de l’impressionnisme ou de l’expressionnisme. Ce qui rassemble ces pratiques? Un intérêt commun pour les différentes façons dont l’audio et le visuel peuvent interagir, particulièrement dans un contexte performatif.

Comprendre la création d’expériences

Pour Yan Breuleux, s’intéresser à l’audiovisualisme permet surtout de mieux comprendre les processus de conception qui se cachent derrière ces expériences.

Comment les artistes travaillent-ils la relation entre le son, l’image et l’espace? Quelles stratégies utilisent-ils? Comment construisent-ils une expérience sur les plans narratif et sensoriel? Ces questions prennent une importance particulière alors que les pratiques immersives et audiovisuelles occupent une place grandissante dans les domaines de la création numérique.

L’enseignant et artiste s’intéresse à ces questions depuis plusieurs années. La thématique des visuels live, de leur histoire, de leurs théories et de leurs pratiques était déjà au cœur de sa thèse de doctorat. Depuis, il a poursuivi ses recherches et sa pratique à travers différentes performances audiovisuelles, notamment en collaboration avec Alain Thibault, ainsi que dans la création d’expériences immersives.

Dans Audio-Visualism, il porte toutefois son regard vers un autre terrain : les pratiques créatives en fulldôme développées à la Société des arts technologiques (SAT). Il y explore la SAT comme un lieu d’expérimentation unique, où se rencontrent divertissement, innovation technologique et avant-gardes artistiques.

Au-delà de la technologie : raconter autrement

À l’heure où les outils technologiques évoluent rapidement, une question demeure : qu’est-ce qui fait qu’une expérience audiovisuelle devient véritablement marquante? Pour Yan Breuleux, la réponse ne se trouve pas nécessairement dans la sophistication technologique. La dimension narrative joue un rôle essentiel. Dans un environnement immersif, toutefois, raconter une histoire ne signifie plus nécessairement imposer un récit unique. Le public peut participer à la construction de l’expérience à travers sa perception, son imaginaire et, dans certains cas, ses actions.

On entre alors dans ce que Yan Breuleux décrit comme une forme de narration émergente. L’objectif est de créer des environnements suffisamment riches et ouverts pour permettre l’émergence de multiples récits et de multiples expériences, plutôt que d’imposer une seule façon de voir ou de comprendre une œuvre.

Former aux arts de l’expérience

Ces réflexions trouvent également un écho particulier dans la mission de l’École NAD-UQAC. Déjà au cœur des industries créatives dans des domaines comme les effets visuels, l’animation et le jeu vidéo, l’École NAD-UQAC peut contribuer à élargir les pratiques enseignées en explorant de nouveaux outils et de nouvelles approches de création.

TouchDesigner, Notch, Unreal Engine et Unity sont aujourd’hui utilisés dans de nombreux projets immersifs et audiovisuels. Mais pour Yan Breuleux, l’enjeu dépasse la maîtrise technique de ces outils : il s’agit surtout de réfléchir à ce qu’ils permettent de créer. Comment peuvent-ils servir à inventer de nouvelles formes de narration? Comment peuvent-ils rapprocher l’image, le son, l’interactivité, l’espace et l’expérience?

« On pourrait parler, plus largement, d’une formation tournée vers les arts de l’expérience », souligne-t-il.

À travers Audio-Visualism, Yan Breuleux contribue ainsi à documenter un champ artistique en pleine évolution et à réfléchir aux nouvelles façons de concevoir des expériences où le son, l’image, l’espace et le public entrent en dialogue. Le livre est disponible auprès de l’éditeur Routledge ainsi que sur les principales plateformes de vente de livres.

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