Vendredi, 20 février 2026
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L’avenir de la forêt boréale du Québec compromise par l’augmentation de l’activité des feux

Une toute nouvelle étude publiée dans la prestigieuse revue Journal of Ecology par l’équipe du professeur de l’UQAC en écologie et aménagement forestier Yan Boucher a permis de montrer que l’augmentation de l’activité des feux en réponse aux changements climatiques pourrait entraîner des problèmes majeurs pour la résilience et la régénération de la forêt boréale.

Les travaux de recherche menés dans la forêt boréale du Québec montrent, entre autres, que la fréquence et la sévérité des feux pourraient fortement réduire la capacité de régénération des forêts dominées par l’épinette noire, la pierre d’assise de l’industrie forestière régionale.

Stelsa Fortin, doctorante à l’UQAT sous la codirection du Pr Boucher, a analysé un vaste réseau de 536 peuplements matures dominés par l’épinette noire, touchés par 21 incendies entre 1995–2016, couvrant une vaste étendue boréale de 50 400 km² dans l’est de l’Amérique du Nord. Ce jeu de données d’une ampleur et d’une étendue spatiale sans précédent dans l’est du Canada a permis à l’équipe de recherche de présenter la première évaluation robuste de la résilience au feu des forêts matures d’épinettes noires.

Menée en collaboration avec des chercheurs et chercheuses de plusieurs universités et centres de recherche québécois (UQAT, UQAR, UQAM, Université Laval, Université de Montréal, Ressources naturelles Canada, ministère des Ressources naturelles et des Forêts, Direction de la recherche forestière), l’étude a quantifié la densité des semis résiduels d’épinettes et de toutes les espèces d’arbres présentes après un feu, permettant d’évaluer la transition potentielle de ces superficies vers le pin gris ou d’autres espèces feuillues. L’étude a également caractérisé la sévérité des feux et analysé l’état de la banque de graines viables, de même que les conditions du sol favorables à la régénération post-feu.

Selon leurs analyses, un tiers des peuplements matures à couvert fermé avant feu devraient évoluer vers des forêts ouvertes, moins denses et moins productives, un changement susceptible de persister pendant des siècles.

Les forêts matures dominées par l’épinette noire sont généralement considérées comme plus résilientes au feu que les jeunes peuplements, cependant, « l’étude soulève des inquiétudes quant à leur capacité à persister et à maintenir les services écosystémiques dans un contexte d’augmentation des superficies brûlées et de la sévérité des incendies prévue, en lien avec les perturbations climatiques », souligne Yan Boucher.

Pour en savoir plus, l’article est disponible en accès libre à partir de l’adresse suivante : http://dx.doi.org/10.1111/1365-2745.70260

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