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Les cinq constituantes de l’Université du Québec situées en région vivent présentement la pire crise financière de leur existence

Chicoutimi, le 3 mars 2000 – Les présidents de Conseil d’administration ainsi que les recteurs des cinq constituantes de l’Université du Québec situées en région – l’Université du Québec à Trois-Rivières, à Chicoutimi, à Rimouski, à Hull et en Abitibi-Témiscamingue ont rencontré hier les caucus regroupés de chacune des régions concernées.

Cette rencontre avait pour objectif de sensibiliser les députés qui les représentent à l’Assemblée nationale sur la crise financière dramatique que vivent présentement les universités situées en région. Pour les présidents et recteurs, il en va de la survie de ces établissements si le gouvernement actuel n’intervient pas rapidement pour corriger cette situation.

Au 31 mai prochain, leur déficit consolidé et accumulé dépassera les 40 millions, dont 25 millions pour le présent exercice. Ces 40 millions représentent 23 % de leurs budgets d’opération. Ces Universités sont nées au cours des trente dernières années de la volonté de l’État québécois de rendre accessibles l’enseignement et la recherche universitaires de haut niveau sur l’ensemble du territoire québécois : une mission, donc, d’excellence, d’accessibilité et de développement régional. Ceux qui ont bâti ce réseau avaient bien compris la place et le rôle que l’université allait tenir dans une économie du savoir et, partant, la nécessité de la rendre accessible au plus grand nombre.

Chacune de ces universités s’est construite à l’image de sa région respective, motivée par le désir de s’insérer dans la dynamique de son milieu, alimentée par ses besoins et fière d’apporter la force d’un savoir de haut niveau dans son développement tout en ayant eu le défi d’offrir une programmation diversifiée. Elles ont su également développer leur programmation d’enseignement et de recherche en répondant aux besoins régionaux dans des créneaux d’expertise pour constituer, dans plusieurs cas, des pôles d’excellence sur le plan national et international. Que ce soit dans des domaines aussi variés que les études québécoises, les populations, les sciences de la mer, le givrage, la santé, la santé mentale, les ressources minérales, l’hydrogène, la gestion de projet, la gestion des PME, les sciences du développement régional, la forêt boréale, les pâtes et papiers, l’aluminium, les sciences de l’éducation, les sciences de l’information, la réadaptation, et bien d’autres encore, ces cinq universités apportent une contribution importante et originale à l’évolution du Québec ainsi qu’à l’évolution des connaissances scientifiques.

Les présidents et recteurs tiennent à rappeler que leurs universités permettent à une population de près de 1,5 million de québécoises et de québécois de trouver des services universitaires de haut niveau dans leur proximité géographique. Que plus de 28 000 étudiants y sont inscrits, et nos professeurs ont généré l’année dernière plus de 31 millions de dollars en recherche. Depuis notre création relativement récente, nous avons déjà diplômé au-delà de 135 000 personnes. Mais, au-delà des diplômes, notre présence permet à des acteurs du développement régional de se former  » chez eux  » et de devenir ainsi des agents de changement et des promoteurs du développement social, économique et culturel de leur région.

C’est l’Assemblée nationale qui a défini le mandat de nos universités, sises en région. Il leur a donné une mission importante, celle de contribuer au développement régional. Il nous a également confié la responsabilité de les administrer et d’assurer le déploiement et la réalisation de leur mission. Nous sommes tous des inconditionnels du développement régional et nous avons mis toutes nos énergies au cours des dernières années à maintenir les services de nos établissements malgré la décroissance continue du financement. Nonobstant tout ce qui a été réalisé en termes d’économies, de coupures, de rationalisations, d’implication de tous nos partenaires régionaux, la structure financière de ces universités est à la veille de s’écrouler. Ce projet de société hautement stratégique et de très haute qualité pour le développement de nos régions est en grand danger.

Dans cette situation, si le Gouvernement du Québec, par l’entremise du ministère de l’Éducation, n’injecte pas les argents neufs requis dans les bases de financement de ces établissements dès l’année prochaine, il est difficile de voir comment leurs opérations pourront être maintenues. Nous sommes donc très clairement au seuil d’une impasse qui mettra fin à tout un pan du développement régional et qui aura sans doute des implications irréversibles pour l’avenir de la société québécoise.

À titre d’administrateurs responsables, nous ne voyons pas comment nous pourrions recommander à nos conseils d’administration d’accepter des budgets à nouveau déficitaires. Les présidents et recteurs de ces établissements ont d’ailleurs évalué à quelque 60 millions les montants nécessaires pour uniquement ramener les universités situées en région à un niveau de financement équilibré et tenant compte de l’ajout de ressources humaines, principalement de professeurs. Ces montants qui ont déjà été transmis au ministre de l’Éducation en septembre dernier ne tiennent pas compte des développements futurs de ces établissements.

Il devient donc impératif et urgent que les élus qui nous représentent à l’Assemblée nationale fassent les démarches nécessaires afin de s’assurer que les universités situées en région obtiennent les moyens nécessaires pour remplir le rôle important qu’elles jouent dans leurs régions et de la société québécoise. Pour les présidents et recteurs, il n’est aucunement question de diminuer ou d’affaiblir leurs universités car il en va de la survie du développement des régions du Québec.

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Source :
Jean Wauthier, directeur
Service des affaires publiques
Téléphone : 418 545-5011, poste 5006
Télécopie : 418 545-5519
jwauthier@uqac

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