Le TBI au primaire – Utiliser le tableau blanc interactif au quotidien

J’ai gracieusement reçu un copie de ce volume publié chez Chenelière Éducation.

Gage, J. (2012). Le TBI au primaire – Utiliser le tableau blanc interactif au quotidien. Collection: Chenelière Didactique – TIC. Montréal: Chenelière Éducation.

J’en ai fait la lecture cette semaine… Voici quelques commentaires.

tableau blancAvant même de commencer à lire, je me suis demandé qui était l’auteure. Je me doutais que ce n’était pas une universitaire québécoise ou l’animatrice d’un RECIT national. À tout le moins, je ne la connaissais… J’ai rapidement découvert qu’il s’agissait d’une traduction/adaptation d’un livre publié à Londres… Dès lors, la question de la pertinence se pose puisque je ne crois pas que l’on puisse enseigner aux jeunes anglais exactement comme aux jeunes québécois qui sont francophones, ont une culture différentes et évoluent dans un système éducatif différent. On annonce que le livre a été adapté. Ça ne calme pas mes doutes puisque dans le domaine des TIC, une adaptation veut souvent seulement dire que l’on a ajusté le contenu pour qu’il soit représentatif des dernières versions des logiciels. Je commence donc ma lecture avec un doute. Rappelons aussi pour ceux qui sont arrivés sur ce billet par hasard ou ne me connaisse pas que je doute de la pertinence des TBI. Je ne crois pas au « one size fits all » mise de l’avant par le gouvernement et que les services technologiques prônent souvent pour faciliter le service et l’entretient… Je crois que le TBI est surtout une « technologie de prof » qui va permettre à certains de faire de bien plus belles présentations (donc qui favorisera souvent un enseignement magistral ou peu actif de la part des apprenants), mais qui se retrouvera trop rarement entre les mains des élèves. En ce sens, je crois qu’il faut mieux former les enseignants sur les plans technique et pédagogique et reconnaître leur professionnalisme en soutenant leurs initiaves. Certains voudront un TBI, d’autres préféreront plus d’ordinateurs dans leur classe, des ensembles de robotique, une caméra vidéo et des logiciels de montage ou je ne sais quel matériel convenant le mieux pour leur pédagogie et leur classe. Chaque enseignants, chaque classe, chaque école devrait avoir le droit d’avoir sa couleur. Nos enfants devraient expérimentés une variété de couleurs.

C’est avec ses préjugés et croyances que j’ai commencé à lire le livre…

Dans l’introduction, l’auteur présente d’abord sa posture par rapport au TBI. Celle-ci est parfois intéressante et parfois contradictoire. Les citations présentées au début de l’introduction rendent suffisamment claires que le TBI est un outil pour enseignants. L’auteur ne semble pas s’en caché et m’apparaît très réaliste lorsqu’elle explique que:

Évidemment, aucun appareil au monde, aussi merveilleux soit-il, ne peut améliorer en soi les compétences de l’enseignant. Le TBI n’est rien de plus qu’un outi qui, bien utilisé, peut faciliter considérablement l’enseignement. (p. vii)

L’auteure reconnait donc ici et à plusieurs autres endroits que cet outil sert bien l’enseignant et l’enseignement. Sur ce point, nous sommes d’accord. Nous sommes aussi d’accord sur l’importance de la compétences des enseignants. À mes yeux, elle attribue par contre un peu trop de mérites au TBI lorsqu’elle laisse entendre que

L’utilisation quotidienne de cet outil, qui permet d’avoir le monde au bout des doigts, amènera les enseignants curieux à transformer doucement leur pratique.

Ici, il ne faut pas se méprendre. Ce n’est pas le TBI qui rend le monde facilement accessible et fait disparaître les murs de la salle de classe… C’est plutôt la combinaison de l’ordinateur et d’Internet, peu importe sa forme. Ainsi, on peut dire la même chose d’un ordinateur traditionnel, d’un iPad, d’un téléphone mobile. Par contre, elle a probablement raison que le TBI pourra entraîner certains enseignants à s’engager dans un processus de transformation des pratiques pédagogiques. C’est d’ailleurs un argument que mon collègue Stéphane Allaire m’a déjà servi… Je crois qu’il faut néanmoins minimiser l’importance de cet argument et en considérer le coût global. Combien de TBI n’auront pas cet effet ou seront attribué à des enseignants déjà convaincus qui avaient déjà amorcé ce changement et auraient peut-être plus bénéficiés d’autres outils. Combien d’argent gaspillerons-nous pour convaincre ces quelques individus? ici, je suis toujours partisant de la politique du « cas par cas »….

Partie 1: Le tableau blanc interactif (TBI) dans la classesmartboard

Cette partie débute par la définition de ce qu’est un TBI. On explique assez clairement le fonctionnement général, le rôle du projecteur, de l’ordinateur, etc. L’auteur aborde aussi rapidement quelques questions souvent posées par les équipes-écoles: « fixe ou mobile? », « quel modèle choisir? », « quelle formation est nécessaire? », « quelle importance a l’accessibilité? ».

On discute ensuite de comment le TBI peut améliorer l’enseignement et l’apprentissage. Là, j’aimerais attirer l’attention des gens sur une erreur fréquente lorsque l’on parle de technologie, i.e. d’attribuer les avantages ou impacts aux TIC alors que c’est probablement dû à la méthode. C’est assez facile à comprendre. Pour intégrer le TBI, il faut souvent changer sa manière de faire, ajuster sa méthode pédagogique. Grosso modo, l’enseignant prend toute une série de décision pédagogique qui ne sont pas les mêmes que s’il utilisait une autre technologie ou était placer dans un autre contexte. Or, quand on change la méthode, il faut faire attention d’en tenir compte quand on attribue les mérites… Ainsi, je ne crois pas que l’on puisse dire que le TBI aide à capter l’attention des apprenants. Pour le faire, il faudrait utiliser absolument la même méthode avec et sans le TBI et que le seul et unique changement soit le TBI, rien d’autre… Même chose lorsque l’on dit que le TBI contribue à l’apprentissage coopératif… C’est le tableau ou les changements pédagogiques que l’enseignant a fait qui favorise l’apprentissage coopératif? Je demeure personnellement sceptique et je demande à voir des preuves solides de ce qu’on avance ici. Les nombreuses lectures que j’ai fait me suggèrent que la méthode est le plus souvent en cause. J’ai aussi tendance à douter que c’est le TBI qui aide à développer les habiletés cognitives des élèves. Quels rôles l’enseignant et la méthode ont-ils joué? Peut-on vraiment conclure que le TBI est responsable de ces changements, qu’il en est la cause? L’auteur précise d’ailleurs à juste titre plus loin le TBI permet de traiter le concepts de différentes façons…

Le TBI et l’intégration des TIC

Dans la première partie comme dans l’introduction, on dit à plusieurs reprises que le TBI peut servir à plus intégrer les TIC, mais on parle constamment de « leçons » (très magistral comme vocabulaire pour moi, quand j’entend leçon, j’imagine immédiatement la séquence classique exposé-exercice-évaluation…), de démonstrations ou de modéliser au TBI les stratégies des étudiants. Le choix du vocabulaire me semble souvent très significatifs et porteur de sens. Ça reste toujours assez superficiel comme intégration des TIC et à ce stade il n’a pas encore été démontré que les jeunes pourraient vraiment développer des compétences TIC. Je n’ai encore lu aucun exemple probant dans lesquels les jeunes « utilisent » ou « font » quelque chose avec le TBI qui leur permettrait de développer des compétences TIC, ça se limite à du magistral pour le moment…

Crédits images: Les images utilisées sont libres de droits et proviennent de la bibliothèque openclipart.org. (mots clés: whiteboard)

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