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Fiers d’hier, engagés vers le futur

J’animerai prochainement la table ronde de Clair2026.

La thématique choisie est « Fiers d’hier, engagés vers le futur! »

Au colloque de Clair20XX, on travaille à voir l’éducation autrement depuis 15 ans.

Durant cette période, la communauté éducative du CAHM et les participants au colloque ont vécu nombre de changements, innové, vécu nombres de réussites et probablement fait quelques petites erreurs.

Au coeur de ce cheminement… Les apprenants!

Le temps d’une discussion, mes invités et moi tenteront de prendre un peu de recul pour discuter des moments et des changements les plus importants survenus ces 15 dernières années et de comment cela a changé l’Éducation avant de replonger directement dans l’action et d’essayer d’anticiper comment cela nous prépare pour ce qui s’en vient!

Pour discuter avec moi, j’aurai deux personnes qui ont marqué Clair20XX et qui voient DÉFINITIVEMENT l’éducation autrement, et cela depuis des années! Mme Annick Arsenault-Carter et M. Roberto Gauvin.

Si vous ne les connaissez pas, il est temps de les découvrir!

Et si vous les connaissez, vous voudrez surement assister à notre table ronde!

Il est encore temps de vous inscrire au colloque!

Une infographie pour guider l’intégration pédagogique de l’IA

Simon Duguay nous proposait il y a quelques jours une infographie qu’il a préparé à l’aide d’une IA et qui vise à décrire quelques éléments importants en lien avec l’intégration pédagogique de l’intelligence artificielle générative.

https://www.linkedin.com/posts/simon-duguay_lutilisation-de-lia-en-classe-avec-les-activity-7416863150127587328-qqsG?utm_source=share&utm_medium=member_desktop&rcm=ACoAAAYpzmEBBBoAGsEOPRAcyKrQhF91F9pQ9tg

Comme plusieurs personnes dans le milieu de l’éducation, l’IA occupe une grande part de mes réflexions depuis novembre 2022. Alors que j’étais directeur pédagogique du Carrefour de l’UQAC, c’était évidemment un sujet de plusieurs de nos actions et de nos discussions. Comme professeur en technologies éducatives, l’IA est aussi au coeur de mes cours et elle s’impose aussi dans mes intérêts de recherche.

Le billet de Simon a attiré mon attention pour trois raisons principales:

D’abord il mentionne à juste titre que l’intégration pédagogique de l’IA ne s’improvise pas. À mes yeux, c’est très important. Si l’IA peut nous aider à gagner du temps ici et là. Il ne faut surtout pas abandonner notre agentivité à cet technologie. Il est tout simplement impossible pour une IA de prendre en compte tout ce qu’un enseignant sait à propos de sa classe et de son groupe à partir d’un prompt de quelques lignes… Ensuite, l’IA s’est beaucoup améliorée et il y a , en apparence, moins d’erreurs et d’hallucinations, mais elles existent encore. Elles sont juste moins visibles, moins évidentes, mais toujours potentiellement pernicieuses. Il faut donc exercer sont sens critiques et déployer ses compétences pour bien utiliser cet outil.

Ensuite, parce qu’il décrit une réalité qu’encore trop d’enseignants négligent: il ne faut pas chercher à intégrer les TIC en plus des disciplines. Une bonne intégration des TIC se fait en même temps que la discipline! En cette matière, je crois que l’IA va nous aider.

Finalement, ce guide est relativement proche du cadre d’intégration de l’IA composé avec des collègues du CSS de Jonquière et qui guide nos interventions dans des COP cette hiver. Je l’ai donc proposé comme ressources aux enseignants avec qui je collabore.

J’en ai assez des réseaux sociaux…

C’est un « work in progress », mais je compte recommencer à bloguer. La raison est fort simple, je ne suis plus satisfait des réseaux sociaux.

C’est de plus en plus difficile de retrouver les contenus publiés dans le passé sur Facebook et ailleurs alors que je retrouve toujours aussi facilement ce que moi ou mes étudiants avons blogué il y a 15 ans! De plus, on ne peut plus diffuser aussi librement nos opinions sans s’attirer de la publicité, des « haters », etc. Et je ne parle même pas de l’impossibilité au Canada de référencer un article provenant des médias sur Facebook. Sur mon blogue, je peux plus facilement exercer un certain contrôle.

Pédagotic (mon blogue!) a donc migré sur une nouvelle plateforme, passant de mon moteur DotClear personnel au WordPress de l’UQAC (Université du Québec à Chicoutimi). Quand j’ai commencé à bloguer, l’UQAC ne supportait aucune plateforme qui me permettait cette activité. Les choses ont beaucoup changé depuis… Je ramène donc l’ensemble des mes contenus sur les serveurs de l’UQAC.

Je ne sais pas encore à quelle fréquence je vais bloguer.

Durant les prochaines semaines, je vais m’approprier cette nouvelle plateforme.

Durant les prochains mois, je tenterai lentement de rendre mon ancien matériel disponible. Si vous croisez un billet digne d’intérêt, mais qu’il mérite un peu d’attention de ma part, laissez un commentaire (dès que j’aurai réussi à tout débarrer, parce que pour le moment seul les nouveaux billets permettent les commentaires…). En gros, c’est plus de 1000 billets que moi et mes étudiants avons publiés entre 2009 et 2014 et encore bien plus de commentaires en lien avec ces productions.

Au plaisir de vous y croiser prochainement!

N’hésiter à poser vos questions, laisser des commentaires, etc.

***Billet modifié le 13-01-2026: corrections de quelques coquilles.

Évolution

Au travail, je suis souvent frustré…

Frustré lorsque des collègues « découvrent » un outil technologique et sont soudainement emballés alors que j’en parle depuis des mois, parfois des années.

Frustré lorsque je constate que plusieurs enseignants n’intègrent pas les TIC et ne comprennent même pas l’importance que ces outils occupent dans notre quotidien.

Frustré lorsque je rencontre des gens qui préfèrent payer et rester enfermés dans une prison virtuelle alors qu’une alternative libre existe qui leur demanderait tout au plus 2 semaines d’adaptation.

Frustré quand je constate que les conférences que je donne depuis plus de deux ans à propos des réseaux socionumériques ne suffisent pas toujours à empêcher des jeunes de se mettre dans le pétrin.

Bref, les choses ne se déroulent pas toujours comme je le voudrais… Bon, c’est normal, j’en conviens! Mais des fois c’est difficile à accepter.Si seulement tout le monde pouvait avoir une perspective plus large et globale à propos des TIC, ça aiderait.

Malgré tout, le temps passe et les choses évoluent. Lentement, mais ça change!

Par exemple, ce trimestre, pas un seul de mes étudiants (ils sont presque 100!) n’a questionné la pertinence de publier leurs travaux sur un blogue. Pour toutes sortes de raisons, ils ne remettent même pas cette possibilité en question alors qu’il y a 3 ans c’était un combat difficile…

C’est encourageant! Les choses peuvent vraiment changer…

Il ne me reste qu’à développer ma patience

TIC: Quel rôle pour les futurs enseignants?

En tant qu’adulte, les TIC occupent une place importante dans notre quotidien. C’est aussi le cas pour les jeunes qui, pour la plupart, ont des contacts quotidiens avec ces outils depuis leur naissance. Le rôle des enseignants face à ce contexte fait rarement l’objet d’une réflexion approfondie de la part des enseignants et des Québécois en général.

Dans la mesure où ils seront bientôt enseignants et auront un rôle important à jouer en regard de notre futur collectif, il me semble essentiel que mes étudiants prennent le temps de réfléchir à propos de quelques questions très importantes, dont les suivantes :

  • Qui doit enseigner la citoyenneté numérique et les compétences liées aux TIC?
  • Quand doit-on le faire?
  • Suis-je prêt à le faire?

La première question n’est pas sans intérêt. Les résultats préliminaires de la recherche à laquelle ont déjà participé plus de 1000 étudiants montrent que plusieurs opinions sont présentes chez les futurs enseignants. Le rationnel et les arguments cachés derrière ces opinions méritent d’être exposés, discutés, argumentés, défendus…

Peu importe qui est responsable, la deuxième question vise à faire réfléchir au « quand ». Malgré qu’ils soient au début de leur formation, ces futurs enseignants savent probablement déjà que le temps manque toujours en éducation et que les parents n’ont pas plus de temps… Le temps est pourtant une ressource essentielle pour qui veut apprendre…

En fonction de leurs réponses, opinions et arguments, il convient enfin de réfléchir à leurs compétences et de faire un rapide bilan avant que nous commencions à réfléchir ensemble à propos de l’intégration pédagogique des TIC.

D’autres questions s’imposent aussi comme le « comment » de l’intégration des TIC à l’école, mais nous y reviendrons plus tard durant le trimestre…

Ainsi, d’ici au plus 17 jours, une centaine de futurs enseignants partageront avec vous leurs réponses à ces 3 questions. J’ai déjà hâte de les lire!

Pour les aider dans leur réflexion, j’ai rassemblé quelques documents comme le PFEQ, les 12 compétences, le rapport du CEFRIO sur la génération C,

Michel Serres – Petite Poucette

Le livre Petite Poucette de Michel Serres est fort intéressant.

Si vous évoluez dans le monde de l’éducation ou désirez réfléchir à propos de notre jeunesse et de l’impact des médias, c’est définitivement un incontournable

J’ai découvert ce matin cette entrevue de Michel Serres dans laquelle il discute de certains aspects de son livre. (via @Hubert_edu) Toujours intéressant!

Les difficultés en langue de nos futurs enseignants…

Billet débuter le 21 mai 2014…

La qualité de la langue des futurs enseignants…

On en parlait hier à la radio de Radio-Canada à l’émission Médium large. On en parlait la semaine dernière dans les journaux. On en parle tout le temps dans les universités. Les enseignants en parlent entre eux. Les futurs enseignants en parlent aussi. Les parent se plaignent parfois…). Les politiciens en parlent aussi…

C’est un sujet redondant dans l’actualité. On en parle beaucoup. Mais que fait-on réellement?

Ici à l’UQAC, c’est un débat constant et une source de tensions depuis que je suis professeur (2005!). Qu’a-t-on fait? Il y a d’abord une politique. Pour chaque travaux, les professeurs et chargés de cours peuvent couper jusqu’à 20% de la note pour la qualité de la langue. 20%, c’est la différence entre un « A » et un « C »… On rend aussi disponible du matériel que certains professeurs utilisent ou recommandent. Par exemple, cette grille est utilisée par certains de mes collègues. Ils indiquent dans la marge le code des erreurs repérées sans les souligner et les étudiants ont l’opportunité de récupérer une portion de leurs points s’ils peuvent faire la correction. Nos étudiants doivent aussi passer un test lors de l’admission. S’ils n’ont pas une bonne note, ils doivent obligatoirement prendre un cours en dehors du programme. Il y a aussi des ateliers offerts à nos étudiants et un service d’aide individuelle. On leur offre aussi de se préparer pour le fameux TECFEE…

Malgré tout, les choses changent peu…

Expliquer pourquoi n’est pas simple puisque le problème est complexe.

On doit d’abord savoir que les admissions sont en baisse dans les programme de formation à l’enseignement… Je ne crois pas que ce soit seulement à l’UQAC. Pourquoi? Le TECFEE en décourage probablement plusieurs. Il y a ensuite l’attractivité de la profession. Avouez que ce n’est pas intéressant de pratiquer un métier décrié dans les journaux, de subir les attaques de certains parents qui ne respectent plus le travail qu’on tente de faire pour leur petit prince ou leur petite princesse, d’aller à l’université pour exercer un métier dans lequel tu devras subir les humeurs des politiciens et des administrateurs qui ne sont pas dans la salle de classe et prennent souvent des décisions globales sans trop savoir… Accepteriez-vous qu’on l’on administre le médicament X à tout le monde parce qu’il est celui qui va guérir le plus de monde? Même si vous n’étiez pas malade? Même si vous êtes dans une forme olympique? Et bien c’est le genre de décision que l’on prend parfois en éducation. Si on laissait un peu plus de corde aux CS, aux écoles et aux enseignants pour s’adapter à la réalité local, ce serait probablement mieux. (C’est du moins ce que je pense!) Mais ce n’est pas tout… Accepteriez-vous que je m’occupe de votre santé? Après tout, j’ai un doctorat. C’est plus que plusieurs médecins! J’ai aussi souvent soigné mes filles. J’ai donc de l’expérience! Non? Je me demande bien pourquoi… Et bien en éducation, c’est souvent des administrateurs, des spécialistes en informatique ou des politiciens qui prennent les décisions importantes. Et les enseignants, ceux que l’on forme pour s’occuper de l’éducation des jeunes, ils doivent exécuter ce qu’on leur prescrit même si ça ne s’applique pas vraiment dans leur classe… Voudriez-vous devenir enseignant dans de telles conditions? Il y a ensuite le salaire. Pour moi, les enseignants sont les constructeurs du Québec de demain, pourtant on leur demande de travailler dans des conditions misérables pour un salaire qui n’a rien à voir avec l’importance de la tâche qu’on leur demande d’accomplir. Commencez-vous à comprendre pourquoi la profession n’attire plus les jeunes? Collectivement, on ne fait probablement rien pour que la profession soit attirante.

À l’UQAC, on a proposé d’augmenter les critères d’admission à nos programmes. Face à la baisse d’inscription et aux budgets déficitaires, c’est évidement impossible! Selon ce que j’ai entendu dire, c’est notre tâche d’en faire de bons enseignants!

La collaboration entre apprenants dans le cadre d’un projet d’intégration des tablettes numériques au secondaire: une question de perception?

Le contexte du second projet de recherche par rapport auquel j’ai présenté la semaine dernière au Il est ici!) Difficile d’être plus clair et concis que nous l’avons déjà été dans la revue STICEF:

Les technologies occupent une place importante dans la société du savoir. Au 21e siècle, l’ensemble des compétences associées aux technologies de l’information et de la communication (TIC) sont jugées importantes pour l’intégration des individus à la société et pour la compétitivité des nations (California Emerging Technology Fund, 2008), (Anderson, 2010). Déjà, les enfants et les adolescents intègrent ces outils technologiques à leur vie quotidienne (CEFRIO, 2009; PEW Internet & American Life Project, 2010a et 2010b; Media-Awareness Network, 2001 et 2005; Rideout et al., 2010; Thirouin et Khattou, 2010). Plusieurs curriculums des écoles primaires et secondaires, dont ceux du Québec, de la Suisse et de la France reconnaissent l’importance de telles compétences et attribuent une part de la responsabilité de leur développement à l’école.

Au même moment, le paysage technologique des pays industrialisés évolue très rapidement. La miniaturisation et le développement accélérés des technologies permettent une véritable révolution en terme de portabilité, de mobilité et de collaboration. L’un des fers de lance actuel des technologies mobiles est la tablette numérique. Les tablettes numériques, avec l’iPad en tête, ont rapidement conquis les utilisateurs et sont pratiquement devenues incontournables. Déjà, on l’utilise quotidiennement pour le loisir comme pour le travail, tant à la maison qu’à l’usine. Situé quelque part entre l’ordinateur portable et le téléphone intelligent, ce nouvel outil semble pertinent dans plusieurs contextes éducatifs. Il n’est donc pas surprenant que plusieurs écoles tentent d’intégrer la tablette numérique à la formation des élèves.

Moi et mes collègues accompagnons une école secondaire qui expérimente au quotidien avec les tablettes numériques.

Il est ressorti des données de la première année que les jeunes ont rapidement développé de nouvelles manières de faire. Les contraintes de l’école orientent ou limitent un peu les jeunes, mais certaines tendances sont fortes… C’est le cas de la collaboration. D’une certaine manière, les pratiques collaboratives des apprenants ont semblé être une source de tensions/conflits, des tensions/conflits internes d’abord pour les enseignants et les parents et externes aussi entre les apprenants et les deux groupes d’adultes précédemment nommés. Il n’est pas ici question de conflits ouverts, de grosses chicanes, de débats à n’en plus finir… Par tensions/conflits, je parle ici d’inconfort, d’incompréhension mutuelle, de sources de stress et de petites confrontations fréquentes…

Notre communication voulait:

  • Dégager les perceptions par rapport à la collaboration

    • Parents
    • Enseignants
    • Élèves
  • Déterminer la nature des tensions entre élèves et enseignants et élèves et parents
  • Préciser les pratiques collaboratives et espaces de collaboration exploités avec la tablette

    • Motivations à collaborer

Nous avons décidé de nous attarder un peu plus à la collaboration parce que l’activité sociale est au cœur de l’acquisition des savoirs et du développement des compétences. De plus, l’intégration des TIC peut contribuer à l’aspect social de l’apprentissage.

Voici, dans les grandes lignes, les idées que nous avons présentées:

  • Les parents sont déchirés. Ils réalisent que la tablette est avantageuse, entre autres parce qu’elle facilite la communication et le travail d’équipe. De l’autre côté, ça les dérange que les jeunes passent autant de temps à clavarder ou à se parler via Skype ou FaceTiome alors qu’ils sont censés faire leurs devoirs ou durant les périodes où ils disent étudier. Ils réalisent que les jeunes peuvent utiliser la tablette pour faire leurs devoirs et leurs leçons, mais pensent que les jeunes se laissent facilement distraire. Ils se sentent un peu coincés, car ils peuvent difficilement enlever la tablette à leurs enfants qui en a besoin pour ses devoirs…
  • Le conflit ou la tension perçue au coeur du corps enseignant est un peu similaire. D’un côté les enseignants perçoivent un grand potentiel à l’outil, dont les interactions. De l’autre, c’est beaucoup trop interactif, les élèves interagissent à tout moment et ça les distrait. Plusieurs semblent ambigus.
  • Les jeunes, eux, ne semblent pas vivre de conflit ni de tensions. Ils aiment la tablette et, s’ils abusent (ce qu’ils ne nient pas!), ils ne demandent pas mieux que d’apprendre à mieux l’utiliser. Ils sont cependant conscients que tous les adultes n’ont pas la même maîtrise de l’outil…

Nous avons aussi présenté quelques informations préliminaires à propos de ce que les jeunes nous ont dit par rapport à leurs pratiques collaboratives. Ces informations proviennent d’un questionnaire administré tout récemment. Ce ne sont que des données préliminaires, mais certains éléments nous apparaissaient intéressants pour comprendre la situation:

  • Il est beaucoup plus facile de communiquer avec leurs pairs et les enseignants maintenant qu’ils ont une tablette. (diapo 16)
  • C’est surtout à la maison que la tablette a un impact et qu’ils collaborent plus qu’avant… L’impact à l’école est, selon eux, moins grand même s’il est visible. Je ne peux m’empêcher de faire une hypothèse à ce sujet… C’est probablement simplement parce qu’ils ne sont pas en contrôle à l’école et que la méthode et la gestion de classe n’y sont pas propices que le changement ne s’est pas produit dans la même mesure… Qu’auraient-ils changé s’ils avaient eu l’opportunité de le faire? (diapo 17)
  • Ils font plusieurs tâches scolaires « en collaboration » à la maison. Ils cherchent sur Internet, ils font leurs travaux d’équipe, ils préparent des examens, ils préparent des exposés oraux, ils s’entraident, ils améliorent leurs notes de cours… Au total, l’accumulation fait qu’ils collaborent probablement presque tous les jours ou très régulièrement pour une majorité de jeunes participant à ce projet. (diapo 18)
  • Ils font plus ou moins les mêmes tâches collaboratives à l’école, mais moins souvent… (diapo 19)
  • Leurs sources de motivation à collaborer sont variées (diapo 21).

En conclusion, nous croyons que la nature des élèves les pousse à interagir, à s’associer et à se regrouper. Les adultes qui accompagnent les jeunes dans leur développement ont probablement besoin de se mobiliser autour des pratiques collaboratives qui ont émergé naturellement. Ça nécessitera probablement des changements importants… Mais j’ai déjà l’impression que ces changements ont commencé! Ce n’est qu’une question de temps! (Dans l’article cité plus haut qui est disponible dans le journal STICEF, les enseignants réclament effectivement plus de temps!!!) Moi et mes collègues comptons, entre autres, exploiter la théorie entourant les communautés d’apprentissage pour pousser plus loin notre analyse de la situation et fournir des pistes à l’école pour les aider à se mobiliser et à exploiter le potentiel collaboratif de la tablette.

Les prochains mois s’annoncent passionnants!

Les futurs enseignants et les TIC AVANT leur premier cours en TIC: résultats préliminaires

Le contexte du premier projet de recherche par rapport auquel j’ai présenté au 2e Colloque International sur les TIC en éducation du CRIFPE de la semaine dernière est bien connu de tous. Si je devais le résumer en quelques lignes, j’écrirais que les TIC prennent de plus en plus de place dans nos vies. Dans ce contexte, former les jeunes aux TIC devient essentiel. J’expliquerais ensuite que les gouvernements sont nombreux à avoir délégué la formation des jeunes par rapport aux TIC aux enseignants en ajoutant des compétences ou des savoirs liés aux TIC dans les curriculums de formation. Dès ce moment, la formation des enseignants dans ce domaine gagne en importance. Comme intervenant dans la formation initiale des enseignants à l’UQAC et chercheur intéressé par les TIC, je me suis récemment impliqué dans un projet de recherche qui s’intéresse à cette problématique et qui est financé par la CRIFPE.

Dans le cadre de ce projet, nous interrogeons des futurs enseignants (donc des étudiants en formation initiale) par rapport à trois aspects:

  1. Se sentent-ils compétents par rapport à 29 outils technologiques?
  2. Jugent-ils ces outils importants?
  3. Qui, selon eux, est responsable de former les jeunes par rapport à ces outils?

Nous leur posons ces questions au tout début de leur premier cours de formation aux TIC. La recherche a lieu dans plusieurs universités et la participation est tout à fait volontaire. L’an dernier, c’est plus de 1300 futurs enseignants que nous avons interrogés!!!

Quelles sont les retombées potentielles de cette recherche?

Cette recherche nous permet tout d’abord de mieux connaître les besoins de formation des futurs enseignants. Mon collègue de l’UQAM et leader de ce projet, Stéphane Villeneuve (sur Twitter: @Prof_UQAM_TIC), fait ensuite de gros efforts pour anonymiser et transmettre très rapidement les résultats à tous les professeurs et chargés de cours qui collaborent au projet. Bien avant la mi-session, ils ont généralement les statistiques descriptives relatives à leur groupe entre les mains et peuvent en faire une première analyse pour rapidement adapter leurs cours. La formation initiale peut donc être mieux ajustée à la réalité.

Nous avons présenté deux communications en lien avec ce projet lors du colloque de la semaine dernière. Il s’agit de résultats préliminaires puisque les analyses ont débuté récemment…

Stéphane a d’abord présenté ses observations en lien avec la perception de compétence TIC des futurs enseignants. Il a classé les 29 outils en trois catégories selon que les futurs enseignants se jugent très compétents, moyennement compétents ou peu compétents. Il s’avère que 17% seulement des outils technologiques présentés aux futurs enseignants sont perçus comme étant fortement maitrisés en début de formation, 14% sont perçus comme étant moyennement maitrisés et 69% sont perçus comme étant faiblement maitrisés. Grosso modo, les futurs enseignants estiment bien maitriser les outils simples associés à leur divertissement personnel ainsi que ceux qu’ils utilisent beaucoup pour leur travaux scolaire comme MS Word. Stéphane laisse aussi entendre qu’à moins d’une intégration transversale massive et coordonnée à l’échelle des programmes, les cours en TIC sont toujours pertinents!

Voici les diapos de Stéphane qu’il a partagées sur Slideshare:

J’ai ensuite présenté le résultat des analyses préliminaires en lien avec l’importance accordée ainsi qu’avec ce qui a trait à la responsabilité de former les jeunes à ces mêmes outils.

Durant la présentation j’ai expliqué que seulement 6 outils sont jugés importants et que ce sont tous des outils de bureautique avec, en plus, les outils de gestion bibliographiques importants pour les universitaires et les TBI (outils très présents en classe!). Trois outils seulement sont moyennement importants. Les autres outils sont jugés comme étant peu importants (12 outils sur 29!!!) ou sont carrément inconnus (8 outils sur 29!!!) des futurs enseignants!!!

Treize outils tombent ensuite sous la responsabilité de l’école selon les futurs enseignants. À ma grande surprise, 6 outils peu importants ou carrément inconnus sont présents dans cette catégorie. Il serait ensuite de la responsabilité des jeunes de s’autoformer à 8 outils peu importants ou carrément inconnus. Je remarque que ces outils ont tous un volet « social » évident sauf ce qui a trait au logiciel de traitement des images. C’est assez étrange considérant la mission de socialiser les jeunes de l’école québécoise…

J’ai observé une tendance dans ces résultats. Certains groupes d’outils varient en bloc. En effectuant une analyse en composantes principales, j’ai pu confirmer l’existence de 6 groupes relativement similaires pour l’importance et la responsabilité. Considérant que j’ai obtenu une solution presque immédiate à mes analyses, c’est assez révélateur.

Mes conclusions? Moi aussi je crois qu’il faut continuer à former les futurs enseignants aux TIC puisque les natifs sont évidemment un mythe. À tout le moins, si ces jeunes sont réellement natifs, ils ne sont pas compétents de facto. Il y a aussi des liens forts entre ces résultats et des observations que j’ai effectuées avec d’autres collègues, principalement en Suisse et en France. Je retiens aussi une apparente incohérence au sujet des outils sociaux. Même si les futurs enseignants les utilisent beaucoup, ils ne perçoivent apparemment pas encore tout le potentiel de ces outils et le rôle qu’ils peuvent jouer dans l’apprentissage!

Voici les diapos que j’ai présentés au colloque:

Voici finalement les références complètes en lien avec ces communications:

  • Villeneuve, S., Giroux P., Raby, C. et M. Peters (2014). Perception de compétences technologiques de futurs enseignants en début de formation aux TIC : bilan de l’an 1. 2e Colloque international sur les TIC en éducation du CRIFPE, 1er et 2 mai, Montréal, Canada.
  • Giroux, P., Villeneuve, S., Raby, C. et M. Peters (2014). Perception de l’importance d’outils TIC et de la responsabilité à l’égard du développement de leurs maîtrise par de futurs enseignants : bilan de l’an 1. 2e Colloque international sur les TIC en éducation du CRIFPE, 1er et 2 mai, Montréal, Canada.

Conférence C-Utile: « Le connectivisme – Redéfinir l’apprentissage et repenser l’enseignement »

Le projet C-Utile UQAC peut avoir semblé bien calme depuis quelques temps, mais ce n’est pas tout à fait vrai… C’est que nous préparons des dossiers sur les choix des « app » en éducation et sur la pédagogie inversée. Ça prend un peu de temps, mais vous devriez avoir accès à de beaux rapports bien documentés et des conférences intéressantes en août et septembre 2014. Ça prend du temps pour bien faire les choses!

Néanmoins, j’ai saisi une opportunité récemment et je vous annonce avec plaisir que C-Utile UQAC tiendra un midi-conférence le 22 avril prochain auquel vous pourrez participer en ligne et en présence… Voici toutes les informations utiles et nécessaires.

Thème de ce midi-conférence:

Le connectivisme – Redéfinir l’apprentissage et repenser l’enseignement

Date et Heure:

Le 22 avril, de 11h45 à 12h45.

Résumé:

Les nouvelles technologies de la communication ont tant modifié le rapport au savoir qu’une nouvelle théorie de l’apprentissage se dessine : le connectivisme. Celle-ci n’évince pas vraiment les théories établies, mais elle apporte un éclairage nouveau sur l’apprentissage à l’ère des réseaux numériques, soit une extension en quelque sorte des facultés cognitives, voire une transformation. Du coup, l’enseignement doit s’adapter. Mais qu’en est-il de cette théorie? En quoi est-elle distincte? Pourquoi menace-t-elle les structures scolaires actuelles? Comment doit-on repenser l’enseignement? Voilà quelques questions auxquelles ce midi-conférence veut apporter des éléments de réponse.

Conférencier:

M. François Guité, consultant en éducation et nouvelles technologies — MELS

Bio du conférencier:

Enseignant, François Guité a toujours exploré les nouvelles tendances pédagogiques. Intrigué dès le début par les technologies de l’information, il a initié un groupe de travail pour explorer leurs contributions à l’enseignement-apprentissage. Cette aventure l’a mené à des études postuniversitaires et un séjour dans le secteur privé pour http://adobe.uqac.ca/patrickgiroux

Entrez en tant qu’invité!

Notre conférencier répondra aux questions et discutera volontiers avec les participants à la fin de sa présentation. J’espère que nous y serons nombreux!