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Des applications iPad pour le secondaire

Après une première année avec deux groupes, le projet « tablette » prend de l’ampleur au Séminaire de Chicoutimi. Il y aura 11 groupes tablettes l’an prochain. Plusieurs enseignants auront donc devant eux des étudiants avec un iPad dès la rentrée de septembre.

Cette situation n’est cependant pas unique au Séminaire. C’est le cas un peu partout dans la région et la province.

J’ai décidé de satisfaire à la demande des enseignants du Séminaire et de réunir des informations concernant les applications que l’on peut utiliser au secondaire.

Applications utilisées en 2012-2013

Voici d’abord les applications que les enseignants de la première année du projet ont utilisées.

Anglais

En anglais, l’enseignante a d’abord utilisé des services Web gratuit pour créer des exercices en ligne auxquels les étudiants pouvaient aller répondre. Elle a aussi testé l’application E-Clicker pour élaborer un quiz, mais elle a rencontré quelques difficultés. Elle nous recommande ensuite keynote pour soutenir des présentation par l’enseignant ou les étudiants.

Art dramatique

En art dramatique, les étudiants ont utilisé Google Drive pour écrire leur pièce de théâtre et Keynote pour leur présentation et recherche sur Shakespeare.

La classe disparaitra de l’équation éducative du futur


(Image par
Marina Corbis (directrice exécutive de l’institut pour le futur et auteur de « The Nature of the Future » chez Simon & Schuster, avril 2013) envisage le rôle des appareils mobiles… Je vais garder un oeil ouvert l’an prochain et voir quels impacts cet outil mobile aura réellement sur le long terme. Déjà, nous avons noté un changement important au niveau de la collaboration. Je publierai d’ailleurs un article à ce sujet sur PédagoTIC dans quelques semaines… C’est un texte que j’ai écrit avec mes deux collègues pour un symposium en France.

Au passage, j’ai aussi apprécié le jugement que Marina Corbis porte sur les MOOC. En y pensant, je crois elle a probablement raison. Les MOOC prennent de la place actuellement, mais ce n’est probablement rien en comparaison du potentiel disrupteur des appareils mobiles. Déjà, on s’inquiète de l’effet des MOOC sur nos universités et autres institutions. Je me demande quelle place le future décrit par Mme Corbis laisse réellement aux enseignants?

Découverte de Windows 8

Je découvre actuellement #Windows8… Je viens de le faire installer sur mon portable. Je trouvais que Windows 7 ne me permettait pas de profiter suffisamment du superbe écran tactile de mon Lenovo Carbon X1.

Première impression?

Je joue avec depuis 60 minutes et j’aime bien. Je suis surpris. Je ne croyais pas que c’était possible… (moi, aimé Windows!) Je crois que c’est parce que je me suis habitué à utiliser mes doigts avec ma tablette. (Une nexus 7!) Ça semble donc naturel de pousser les choses sur le côté avec un geste plutôt qu’avec la souris.

Par contre, je me demande combien de temps ça va me prendre pour redevenir efficace. Est-ce même possible de devenir efficace sans sa souris? Le technicien qui a installé Windows 8 pour moi semble croire que non. J’ai hâte de découvrir jusqu’où Microsoft a poussé le développement de son interface. Ont-ils réussi à créer un environnement de travail tactile qui soit à la fois convivial tout en nous permettant d’effectuer nos tâches plus rapidement ou naturellement. Parce que si l’interaction et le travail devient plus naturel, ce serait déjà un gain énorme.

On verra bien… Je me donne un mois.

Pendant tout un mois je vais me passer de Linux sur mon portable. Comprenez-moi bien, je garde Linux sur toutes mes autres machines! Je ne crois pas que le jour soit venu où Windows redeviendra mon environnement de travail principal. Mais je vais l’essayer. Minimalement, ce mois de test me donnera le temps de développer les compétences requises pour offrir un peu de soutien à mes étudiants qui choisissent souvent Windows faute de savoir qu’ils ont d’autres options.

Un mois, c’est long! Ça me fait un peu peur puisque je quitte pour la France lundi et que je vivrai une immersion complète. D’un autre côté, ce sera un bon test! À titre de sécurité, je crois que je vais peut-être tricher et partir avec une clé USB toute prête afin de démarrer mon ordinateur en Linux si jamais je panique ou j’ai un problème majeur…

Fiouf! Ce n’est pas gagné d’avance… 🙂

Ajouter après quelques minutes… J’ai hâte de trouver comment on peut configurer l’écran principal.

L’identité numérique des chercheurs et étudiants-chercheurs en éducation : définition, importance et stratégies de gestion 2.0

Pour cette conférence, je collabore avec Gabriel Dumouchel, un étudiant au doctorat à l’Université de Montréal. Nos intérêts de recherche semblent souvent se ressembler: les compétences informationnelles et technologiques des enseignants et futurs enseignants, l’identité numérique, le Web 2.0… Ce n’était probablement qu’une question de temps avant que nous collaborions.

Voici d’abord les informations de base… On les trouve aussi sur le site du CRIFPE: http://crifpe.ca/conferences/view/201

Titre de la conférence:

L’identité numérique des chercheurs et étudiants-chercheurs en éducation : définition, importance et stratégies de gestion 2.0

Conférenciers

Patrick Giroux, Université du Québec à Chicoutimi (UQAC)

Gabriel Dumouchel, Université de Montréal

Patrick Giroux est professeur au département des sciences de l’éducation de l’UQAC où il est responsable des cours traitant de l’intégration pédagogique des TIC. Il est chercheur associé au CRIFPE. Ses recherches actuelles portent,
entre autres, sur l’esprit critique des enseignants en regard du Web, l’usage des réseaux socionumériques par les jeunes, la perception qu’ont les enseignants de l’importance des TIC et de leur rôle à cet égard et l’usage pédagogique des iPad et des TBI.

Gabriel Dumouchel est doctorant en psychopédagogie à l’Université de Montréal (UdeM). Sa thèse porte sur les compétences informationnelles des futurs enseignants québécois à chercher, évaluer et utiliser l’information disponible sur le Web. Il est également chargé de cours en intégration des TIC en enseignement primaire et
secondaire à l’UdeM et coordonnateur de recherche au CRIFPE-Montréal.

Date et lieux:

La conférence aura lieu le vendredi 31 mai 2013 à 13h00.

  • UQAC – local P3-6110
  • UQAM – local N-7050
  • UQAT Local RN-D418
  • UQTR Local 1222AT
  • UQO Local C1306 au campus de Gatineau
  • UQAR Local D-340 au campus de Rimouski
  • UQAR Local 2032 au campus de Lévis
  • CRIFPE-UMontréal: Salle C-563 du Pavillon Marie-Victorin, Université de Montréal
  • CRIFPE-ULaval : Salle 857 du Pavillon des sciences de l’éducation, Université Laval

Résumé

Dans le monde hyperconnecté dans lequel nous vivons, le chercheur et l’étudiant-chercheur en éducation doivent s’adapter à une nouvelle réalité qui est d’exister tant dans le milieu universitaire que sur le Web. En effet, les traces laissées entre autres par la recherche et l’enseignement sur l’autoroute de l’information façonnent leur identité numérique. Or, se créer et gérer une telle identité de manière réfléchie et stratégique est désormais essentiel.

Cette communication vise donc d’une part à présenter et définir l’identité numérique en mettant l’accent sur différents types de traces qui la composent et sur diverses raisons qui justifient que l’on s’en préoccupe. D’autre part, elle présentera des stratégies et différents outils susceptibles d’aider les chercheurs et étudiants-chercheurs en éducation à gérer et promouvoir leur identité numérique.

Plan et documents de soutien

Nous avons décidé de nous diviser le travail en fonction de conférences que nous avions déjà données. C’est un peu facile, mais parfois c’est nécessaire…

Je vais débuter et me concentrer sur deux questions:

  • Qu’est-ce que l’identité numérique?
  • Pourquoi s’en soucier?

Il s’agit de deux questions simples et je vais tenter d’offrir des réponses simples…

Gabriel, pour sa part, présentera des stratégies et différents outils susceptibles d’aider les chercheurs et les étudiants-chercheurs en éducation à gérer et promouvoir leur identité numérique. En vérité, je crois que ce qu’il a à dire est bon pour tout le monde, pas juste les chercheurs en éducation. C’est aussi lui qui meublera la plus importante portion de la conférence.

Voici nos documents de soutien:

Ce premier document soutiendra ma partie. Il a été réalisé avec le logiciel Inkscape (http://inkscape.org) et l’extension Sozi (http://sozi.baierouge.fr/wiki/sozi), deux applications libres. Pour visualiser la présentation, cliquez sur l’image et/ou utilisez les flèches de votre clavier pour avancer et reculer. La roulette de votre souris permet aussi de zoomer (in/out) La présentation a été testée et fonctionne avec Firefox, Chrome et Opéra.

J’ajouterai mes notes et le document de Gabriel plus tard ce soir…
Voici ensuite le document de soutien de Gabriel.

Le but de cette présentation est, à mes yeux, assez simple. Il s’agit de présenter le concept d’identité numérique à des chercheurs et étudiants-chercheurs, de leur expliquer pourquoi ils devraient s’en soucier et de leur proposer quelques outils et stratégies qui le permettront. On pourrait penser qu’il est évident qu’en étant autant connecté à l’aide de technologies, tout le monde sait qu’il faut se soucier des traces que l’on laisse, mais j’ai appris durant les 15 derniers mois que ce n’est pas le cas. Les adolescents et les adultes (enseignants, directions, parents, intervenants…) que j’ai rencontrés étaient souvent surpris. Je vais donc commencer par discuter rapidement et très sommairement de ce qui compose l’identité d’une personne pour ensuite leur expliquer qu’ils laissent des traces en ligne qui permettent de les connaitre, directement ou en recoupant certaines traces. Parfois, ce n’est même pas eux qui laissent les traces…

À gauche on commente sur un site Web, à droite, quelqu’un de notre famille laisse savoir que l’on est chanceux d’avoir été à tel endroit et ailleurs on nous « tag » sur une photo. C’est vicieux, mais ces traces s’additionnent pour former un portrait. C’est la première raison pour laquelle il faut se sourcier de nos traces. Quel portrait veut-on montrer? Il faut ensuite réaliser que nous perdons une grande part de contrôle sur ces traces une fois en ligne. Pour la plupart, elles ne disparaitront plus! Quelqu’un va recopier cette photo et la déposer ailleurs. un autre va lire votre commentaire et le citer dans l’un de ces commentaires dans un autre contexte… Vos traces circulent et font du chemin.

Il faut aussi s’en soucier parce qu’il y a beaucoup de monde qui fréquente Internet, 2,4 milliards selon ce site. Malheureusement, toutes ces personnes ne sont pas toutes honnêtes… Certaines sont honnêtes, mais utilisent ces traces contre vous. Ainsi, certains utilisent vos traces pour faire plus de profits. Jusqu’à ajuster les prix de certains produits. Ainsi, il faut se soucier de ce que l’on laisse sur le Web comme traces, car c’est un endroit public. Il est toujours possible que quelqu’un écoute, enregistre…

Finalement, il faut s’en soucier parce qu’Internet, c’est numérique, mais ça na rien de virtuel. Plusieurs personnes ont de la difficulté à imaginer que ce qui se passe sur le Web puisse les toucher dans la vraie vie. Internet, pour ces personnes, c’est un peu un monde virtuel où l’on va jouer. Ce n’est vraiment pas le cas! On peut vivre des conséquences réellement déplaisantes suite à ce qui se produit en ligne. On peut aussi profiter des connaissances et des actions que l’on pose en ligne…

Dans la seconde partie de la conférence, Gabriel va nous présenter quelques stratégies et outils susceptibles d’aider un chercheur ou un étudiant-chercheur à mieux gérer son identité numérique.

Les MOOC: mode d’apprentissage révolutionnaire ou poudre aux yeux?

Ça fait plusieurs semaines que je n’ai pas organisé d’activité C-Utile… Étrangement, quand j’ai eu une bonne idée, il s’est trouvé que le CPU devait malheureusement annuler une activité. La prochaine activité publique et gratuite de C-Utile (en collaboration avec le CPU!) sera donc en lien avec les MOOC.

Récemment, le phénomène des MOOC a beaucoup retenu mon attention. J’ai d’ailleurs écrit deux billets sur le sujet (1 et 2). J’ai aussi commencé à indexer les pages, textes et infographies qui traitent de ce sujet sur mon DIIGO dans el but d’alimenter ma réflexion et de conserver ce matériel près de moi ou accessible.

Titre de la conférence:

Les MOOC: mode d’apprentissage révolutionnaire ou poudre aux yeux?

Résumé:

Les MOOCs (Massive Open Online Courses) ou Cours en ligne ouverts à tous, occupent, en formation à distance, un espace de plus en plus important dans l’offre de formations. Lors de cette conférence, nous présenterons l’origine de ce mode de diffusion des connaissances, les types de MOOC qui ont été développés au cours des années ainsi que les différentes plateformes qui accueillent ces cours. Dans cette époque où les connaissances sont accessibles au bout des doigts, les MOOC contribuent à faciliter la diffusion et la construction des connaissances, mais le mode de reconnaissance des formations offertes dans les MOOC ont-ils vraiment une valeur? Les universités auraient-elles intérêt à développer ce type de formation et à quel prix pédagogique? Est-ce seulement un concept à la mode ou un dispositif qui persistera dans le temps? Cette conférence permettra donc de porter une réflexion sur ce type de formation qui est en expansion tout en étant présentement, sous nos yeux, en pleine expérimentation.

Présention du conférencier:

Stéphane Villeneuve est professeur en intégration des technologies de l’information et de la communication au Département de didactique à l’Université du Québec à Montréal. Auparavant, il a enseigné comme chargé de cours dans plusieurs programmes en éducation en « Intégration des TIC » à l’Université de Montréal pendant près de 10 ans (BEPEP, Adaptation scolaire, Français langue seconde). Ses intérêts de recherche portent, entre autres, sur l’utilisation et l’intégration des technologies de l’information et de la communication (TIC) des enseignants et futurs enseignants du Québec ainsi que sur la formation à distance (FAD). Sa thèse de doctorat a d’ailleurs permis d’évaluer la compétence professionnelle à intégrer les TIC (Compétence 8 du référentiel de compétence) chez plus de 2000 futurs enseignants du Québec.

Pour participer (en présence)…

Quand: Le 26 avril à 11h30

Où: local H2-1080
Logo c-utile et partenaires

Pour participer (à distance)…

Lien pour participer à distance: http://adobe.uqac.ca/PatrickGiroux

Mots clic pour Twitter: #c_utile #MOOC

Organisation de la conférence

Cette conférence est organisée dans le cadre du projet C-Utile, en collaboration avec le Comité de Pédagogie Universitaire de l’UQAC.

C-Utile est projet financé par le FODAR qui réunit l’ETS, l’UQAC et l’UQAM et qui vise, en gros, à faciliter la formation d’une communauté de pratique élargie dont le but est de favoriser et faciliter l’utilisation des TI en enseignement en facilitant le partage de nos ressources, expériences et expertises.

Table ronde sur les MOOC à l’émission « Pas de midi sans info » de la première chaine de Radio-Canada

Je n’avais pas pensé à la date jeudi dernier quand j’ai accepté de participer à l’émission « Pas de midi sans info » de la première chaine de Radio-Canada. Pendant une seconde ce matin, j’ai eu un doute et je me suis demandé si ce n’était pas un poisson d’avril très élaboré… J’y ai pensé trois secondes et j’ai décidé qu’il valait mieux se préparer! 🙂

Je sais d’abord qu’on m’a contacté à cause de ce billet dans lequel je laisse entendre que je ne pense pas que la part la plus importante de la population soit prête pour les MOOC. J’aurais dû être plus précis, et parler des cMOOC…

Ainsi, je dois d’abord distinguer deux types de MOOC.

En premier lieu, il y a eu les cMOOC. Réellement ouverts. Réellement sociaux.

Dans un cMOOC, il y a un point de départ, c.-à-d. un sujet et des objectifs. Il y a ensuite un groupe de participants intéressés par le sujet. Ce ne sont pas nécessairement des étudiants inscrits à l’université… C’est souvent des professionnels enthousiastes qui désirent réfléchir à une problématique ou se familiariser avec de nouvelles choses potentiellement utiles dans leur travail. Il y a ensuite un initiateur du cMOOC. C’est souvent un petit groupe de spécialistes ou d’enthousiastes reconnus par la communauté intéressée par le sujet du cMOOC. Il s’agit souvent d’universitaires, mais ce n’est pas toujours le cas. Dans un cMOOC, l’évolution, les directions prises, les réalisations et les moyens utilisés dépendent du groupe. Les cMOOC sont grandement sociaux, décentralisés, organisés autour de la communauté des participants, de leur forces, de leurs motivations et le de leurs besoins. Le cMOOC est aussi grandement décentralisé. Les participants utilisent différents médias pour créer des liens et se réseauter. Fil Twitter avec un hastag (mot clic), page Facebook, billets de blogues et agrégateurs communautaires de fils RSS, wiki… Tous les participants n’utilisent même pas nécessairement les mêmes outils et ne sont conséquemment pas nécessairement tous liés ensemble et réseautés avec l’ensemble du groupe. Selon les gouts et préférences, selon les liens existants avant, certains sous-groupes risquent de se former. Dans un cMOOC, l’initiateur propose souvent du matériel, des questions de départ, mais l’ensemble du groupe participe et échange. La part de contrôle attribué à l’initiateur est relativement peu importante. Le succès du cMOOC réside dans les liens et les échanges et dans la puissance de l’intelligence collective et de la capacité de la communauté à faire des liens et à s’enrichir mutuellement. Le cMOOC est donc fondé sur des théories ou des approches récentes de l’apprentissage comme le socioconstructivisme et, surtout, le connectivisme. Les cMOOC permettent souvent aux participants de se créer un réseau plus riche et de s’engager dans des démarches d’apprentissage tout au long de la vie. Ils ressortent du cMOOC avec un environnement personnel d’apprentissage fonctionnel. Les cMOOC misent donc sur la grande disponibilité de l’information dans notre monde contemporain et l’existence d’outils de communication et d’échange rapides, gratuits et efficaces pour placer les participants dans un contexte où ils ont le contrôle de leurs apprentissages.

Les xMOOC sont arrivés après. Les grandes universités ont repris le concept et l’ont adapté à leurs besoins. C’est du moins ainsi que j’interprète la situation. C’est des xMOOC que l’on entend le plus souvent parler depuis 12-15 mois. On en parle dans les médias, jouant ainsi le jeu des grandes universités. Dans un xMOOC, vous avez une université ou une entreprise reconnue dans un domaine qui, via l’un de ses spécialistes, offre un cours ouvert à tous pour lequel il n’y a pas ou peu de soutien offert et généralement pas de crédit ou de reconnaissance. Le spécialiste rend simplement disponible son contenu à un très grand nombre gratuitement. Le xMOOC n’est pas ouvert au sens où les gens pourront contribué de nouveau contenus et influencer le déroulement du cours. Il est ouvert au sens de « porte ouverte à tous »! Il n’a y pas de partage de contrôle. Certains parlent d’un modèle d’affaires à pallier dans lequel on peut payer et obtenir des crédits. Le plus souvent, c’est des « lectures » (cours magistraux, conférences) déjà existantes que l’on rend disponibles en ligne. Le spécialiste est donc le contenu. il y a peu ou pas d’interactions et d’échanges. Les fondements pédagogiques dominants sont donc ceux de l’enseignement magistral et de la production industrielle en grand nombre. Plutôt que de donner un cours dans un auditorium à 300 personnes, on le donne sur le Web à 5000 personnes. Les xMOOC m’apparaissent souvent n’être que du « bling bling », un truc pour attirer l’attention. La valeur pédagogique est souvent faible et le taux de complétion est souvent TRÈS faible. Néanmoins, comme le nombre d’inscrits est très important, les xMOOC ont tout de même un certain impact. Par exemple, imaginons un xMOOC auquel 5000 personnes s’inscrivent au départ. Si 10% des participants initiaux suit le cours jusqu’au bout, c’est tout de même 500 personnes! Dans certains domaines où l’expertise est rare, les xMOOC pourraient avoir un impact positif et réel. Malgré tout, je crois que c’est souvent plus un coup de marketing. De plus, le taux de rétention de l’apprentissage dans ce type de cours reste faible.

Les problèmes et limites associés à chaque type de MOOC sont nombreux. Je ne veux pas tous les discuter. Certains cherchent et testent des solutions maintenant… Certains abordent la situation avec un angle différent du mien. Je me limite donc à vous encourager à explorer la portion de mon DIIGO qui porte sur les MOOC

À long terme, je ne crois pas que les xMOOC feront long feu. Ce que l’on sait de l’apprentissage et de l’importance de l’engagement, du partage du contrôle avec les apprenants et des interactions sociales associées à la distribution et la libre circulation de l’information me laisse croire que c’est le cMOOC qui a le plus de chance de s’imposer. C’est le modèle qui me semble le plus en avant. C’est le modèle qui constituerait un pas en avant.

Néanmoins, il y a un problème qui empêche selon moi les cMOOC de vraiment devenir importants et qui fera peut-être que c’est finalement les xMOOC qui domineront. Ce serait dommage, car ce serait à mes yeux un recul… Ce problème, c’est le manque de compétences informationnelles des gens. Comment profiter d’un cMOOC convenablement, comment trouver/indexer/analyser/juger/adapter/… les contenus partagés par d’autres et contribuer à notre façon en questionnant, proposant d’autres contenus et idées ou intégrant de nouvelles connaissances si on n’a pas les compétences nécessaires pour fonctionner dans cet environnement ouvert et immense qu’est le Web?

C’est la question que je vais soulever. Ce sera la nature de mon propos.

Les compétences nécessaires que le marché risque d’exiger des travailleurs en 2020

J’ai découvert aujourd’hui un rapport de l’Institut pour le futur publié en 2011 à propos des compétences du futur… Je crois que ça fera un bon sujet de discussion en classe!

Dans ce rapport, on identifie 6 facteurs qui poussent au changement:

  1. notre longévité;
  2. l’arrivée de machines et de systèmes intelligents;
  3. l’augmentation de la puissance de calcul et des capacités à communiquer des appareils électroniques;
  4. la nouvelle écologie médiatique;
  5. des structures organisationnelles qui explosent sur le plan social, économique et politique;
  6. la connectivité internationale.

Ces facteurs de changement rendront particulièrement importantes 10 compétences… Voici la traduction proposée par l’équipe de ZEVILLAGE.NET (où j’ai découvert ce rapport!)

Sense-making : capacité à déterminer le sens profond de ce qui est exprimé (différencier les homonymes, par ex)

Social intelligence : capacité à se connecter aux autres d’une façon profonde et directe, à comprendre les réactions des autres et à stimuler des interactions

Novel & adaptative thinking : capacité à penser et à arriver à des solutions et des réponses au-delà de ce qui est appris par cœur ou basé sur des règles

Cross-cultural competency : capacité à travailler dans différents milieux culturels

Computational thinking : capacité à traduire une importante somme de données et d’informations dans des concepts abstraits et à comprendre un raisonnement basé sur des données

New-media literacy : capacité à évaluer et à développer du contenu qui utilise les nouvelles formes de média, et à s’appuyer sur ces médias pour une communication convaincante

Transdisciplinarity : capacité à comprendre des concepts venant de diverses disciplines

Design mindset : capacité à représenter et développer des taches et des processus de travail pour les résultats voulus

Cognitive load management : capacité à filtrer l’information par importance, et à comprendre comment maximiser le fonctionnement cognitif en utilisant une variété d’outils et de techniques

Virtual collaboration : capacité à travailler de façon productive, à mener une mission et à montrer sa présence comme un membre d’une équipe virtuelle.

L’infographie suivante (cliquez dessus pour l’agrandir!) résume le tout. On y trouve les 6 facteurs de changement, chacun d’une couleur différente. Les 10 compétences sont ensuite présentées en utilisant un code de couleur qui permet d’associer chaque compétence à un ensemble de facteurs de changement.

Future work skills 2020

Le rapport est disponible en pdf sur le site de l’Institut pour le futur ou ici.

Mise à jour quelques minutes plus tard…

Jacques Cool en avait parlé

Annonce à propos des logiciels libres – Lettre au Député Bédard

(Cette lettre a été envoyée au Député Bédard ce matin, via son site Web. J’espère qu’il la lira personnellement…)

Bonjour M. Bédard!

Je me présente, Patrick Giroux, professeur à l’UQAC. J’enseigne les cours en technologies éducatives dans les programmes de formation à l’enseignement et, accessoirement, je suis un sincère partisan des logiciels libres et j’en fais la promotion dans mes cours. Je fais aussi de la recherche en lien avec les technologies éducatives en collaboration avec des conseillers pédagogiques et des enseignants de la région. Je suis aussi le professeur d’université qui se promène depuis plus d’un an dans les écoles du Saguenay-Lac-Saint-Jean pour former les jeunes et assister les enseignants, les directions et les éducateurs spécialisés en regard des réseaux socionumériques. Accessoirement, je suis le père de deux adolescentes qui fréquentent deux institutions différentes de notre réseau scolaire. Comme vous pouvez le voir ici (http://pedagotic.ca/?post/2011/11/12/Logiciel-libre-message-%C3%A0-ceux-qui-me-repr%C3%A9sentent), ce n’est pas la première fois que je me manifeste auprès d’un député pour communiquer mon opinion ou poser des questions à propos des logiciels libres. Suite à ce courriel, j’avais d’ailleurs été reçu par le député Gaudreault pour en discuter.

Commençons par les fleurs… Je vous félicite pour les mesures annoncées à propos des logiciels libres. J’espère que le CELL réussira à dynamiser ce milieu. Je m’inquiète depuis longtemps de voir des pays en émergence miser à fond sur l’informatique et les logiciels libres alors que nous sommes plus ou moins « au neutre » et favorisons toujours le statuquo. Le changement fait peur! Votre décision est donc courageuse et la création d’un « accélérateur technologique » est importante. Il ne manquera cependant pas de gens pour critiquer cette décision qui auront comme seules réelles motivations la peur de devoir changer leurs habitudes et la nécessité d’apprendre à faire différemment. Je le sais, car j’y suis confronté à chaque semaine dans mes cours. J’y reviendrai plus tard…

J’apprécie particulièrement les mesures qui touchent l’éducation. La plus importante de toutes est la suivante:

Concertation avec le réseau de l’éducation afin de favoriser l’utilisation des logiciels libres dès le plus jeune âge dans les écoles, d’adapter les programmes de formation collégiale et universitaire en introduisant une formation spécifique sur le logiciel libre et d’identifier les occasions d’utilisation du logiciel libre dans ce réseau;

C’est la mesure la plus importante que vous avez annoncée selon moi et, probablement, celle qui sera la plus difficile à mettre en oeuvre…

Pourquoi est-ce la plus importante? Parce que c’est à l’école que tout commence! C’est là que nous avons découvert les logiciels propriétaires, c’est là que nous avons développé des habitudes d’usage, c’est là que nous avons formé des techniciens et des ingénieurs spécialistes « Windows » ou « MAC », c’est là que nous avons enseigné aux futurs parents à utiliser les logiciels propriétaires. Conséquemment, toutes ces personnes ont intégré ces outils à leurs modes de vie, leurs travaux, leurs habitudes et les ont présentés à leurs enfants… Avec le temps, nous avons appris à être tellement confortables dans nos pantoufles « propriétaires » que nous avons presque oublié l’existence d’autres choses. Lentement, la société québécoise s’est enlisée dans un cercle vicieux. L’école forme la société de demain à l’utilisation des logiciels privateurs de libertés et se retrouve ensuite coincée, obligée d’embaucher des enseignants, techniciens, analystes et directeurs qui ne connaissent rien d’autre. Amorcer un changement dans le milieu scolaire est donc important, puisque l’école peut être un important moteur de changements à long terme.

Par contre, je préfère vous dire que ce sera difficile de changer le monde scolaire. D’abord parce que les enseignants et les autres acteurs du monde scolaire ont beaucoup trop été bafoués et « barouettés » depuis 15 ans. On leur a imposé des dizaines de changements radicaux plus ou moins importants sans vraiment planifier et organiser la mise en place de ces changements correctement. On leur a imposé des choses auxquelles ils ne croyaient pas et, cela, sans vraiment les consulter ni les former suffisamment. Le manque de vision, de cohérence, de planification et de compréhension de la « chose éducative » ou de la situation réelle dans les écoles dont les gouvernements ont tour à tour fait preuve les a un peu brulés selon moi. Certains ont probablement eu l’impression d’être devenus des quantités négligeables, des acteurs secondaires d’une scène que l’on peut carrément ignorer même si en vérité la scène qui se joue parle carrément d’eux! L’attitude du gouvernement a probablement un peu fait tache d’encre et s’est transmise aux parents. Si nos leadeurs n’accordent pas de crédit ni de respect aux enseignants dans leurs actions et leurs gestes, à quoi peut-on s’attendre d’autre des parents? Dans ce domaine, par contre, c’est peut-être l’inverse qui s’est produit. Dans les faits, cependant, ça ne change pas vraiment les choses. Les enseignants, les techniciens et les autres acteurs de l’éducation accueilleront probablement assez froidement ces changements dans les écoles. Voyez-vous, en plus d’avoir été un peu échaudés par les gouvernements successifs et leurs décisions, les acteurs du monde scolaire sont comme les autres québécois et ils n’aiment pas vraiment le changement en matière d’informatique. Les utilisateurs Windows restent en Windows et les irréductibles « Maceux » ne jurent que par les produits Apple. Mes étudiants ne manquent pas une occasion de m’expliquer que c’est bien beau les outils libres que je leur présente, qu’ils comprennent les avantages associés à ces outils et leur pertinence, mais qu’ils ne peuvent pas les utiliser parce qu’untel ne connait pas les logiciels libres ou parce qu’il est impossible de changer la manière de faire de tout un groupe qui résiste ou parce qu’ils sont les seuls à se battre pour le changement. Bref, ce n’est pas gagné d’avance! Évidemment, ce n’est que mon opinion…

Pourtant, je crois que ces changements sont importants. Je ne dis pas qu’il faut tout changer et totalement se débarrasser des logiciels « propriétaires »… En technologies éducatives, le « statut » d’un outil n’est jamais blanc ou noir, c’est toujours gris. En bref, ça dépend toujours du contexte. Comme société, nous avons beaucoup à gagner de nous ouvrir aux logiciels libres. De plus, comme moi et une collègue de l’Université Laval l’avons déjà écrit dans la revue de la Fédération québécoise des directions d’établissement d’enseignement (hhttp://communiques.gouv.qc.ca/gouvqc/communiques/GPQF/Mars2013/19/c5942.html