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Sur les ados et leur consommation d’Internet

Hier, j’ai relayé sur Google+ et Twitter un lien vers un article qui résume une recherche qui conclue que 7 ados sur 10 ne disent pas à leurs parents ce qu’ils font en ligne. On s’en doutait… L’étude indique aussi que la moitié des parents ne le savent pas! Ce n’est donc rien de nouveau, mais ça ajoute à l’importance d’éduquer les jeunes aux médias et aux TIC.

L’étude citée a été menée par Mc Afee au États-Unis.

Merci à Kathleen pour ce lien…

Utilisation des médias socionumériques par les jeunes de cinquième et sixième année du primaire à la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay

Comme professeur et chercheur, j’ai eu à intervenir auprès de directions d’écoles, d’enseignants, d’intervenants jeunesse, de parents ou de jeunes à quelques reprises ces dernières années en lien avec les médias socionumériques. Ces interventions étaient souvent demandées en réaction à une problématique récurrente ou à un évènement désagréable. Récemment, plusieurs acteurs semblent avoir décidé de prendre la situation en main et j’ai été invité à parler à des jeunes, des éducateurs et des intervenants « jeunesse » afin que les problèmes n’apparaissent pas. C’est exactement dans cette optique d’éducation et de prévention que moi et une étudiante en enseignement de l’UQAC avons fait équipe avec deux enseignants, une travailleuse sociale et un conseiller pédagogique RECIT de la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay en mai 2012. Nous voulions rassembler nos idées pédagogiques, produire du matériel pédagogique et rendre le tout disponible à un endroit où les enseignants pourraient facilement le trouver et le récupérer. Dès le départ, nous avions décidé que cet ensemble de propositions pédagogiques viserait les jeunes du primaire parce que la recherche nous disait très clairement que les jeunes du secondaire étaient déjà fortement branchés et que nous désirions agir en amont d’éventuels problèmes.
Que voulions-nous faire découvrir aux jeunes exactement? D’abord, qu’Internet est un « lieu » public et que l’information y circule rapidement et de manière parfois surprenante, surtout via les médias socionumériques. Ensuite, ils nous semblaient urgent que les jeunes réalisent que « numérique » n’est pas synonyme de « virtuel », du moins pas au sens où les jeunes l’entendent… Ils doivent apprendre qu’il y a parfois des conséquences bien réelles associées à nos gestes numériques et que plus de prudence est nécessaire. Finalement, il nous apparaissait important que les jeunes utilisateurs d’Internet apprennent à accorder plus de considération à leur identité numérique aujourd’hui parce que l’information laissée sur Internet a tendance à être presque permanente…
réseaux socionumériques

Dès nos premières rencontres, certaines questions revenaient régulièrement au cœur de nos discussions. D’abord, devions-nous concentrer nos efforts sur le troisième cycle du primaire (5e et 6e années) ou les étendre aussi au deuxième cycle? À ce stade, les écrits scientifiques ne risquaient pas de nous aider à décider puisque la question des réseaux sociaux est rarement explorée auprès des jeunes de cet âge. La question de la pertinence animait aussi nos rencontres. Nous étions pratiquement tous convaincus de la nécessité de notre intervention, mais il demeurait un doute. Étions-nous aveuglés par notre passion commune pour l’éducation et les technologies? Les jeunes du primaire étaient-ils réellement de grands utilisateurs des réseaux socionumériques? Finalement, les thèmes identifiés étaient-ils les bons? Face au doute, nous avons donc décidé de vérifier! Le présent rapport est le résultat de nos efforts pour mieux comprendre la situation réelle et actuelle à la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay. Le but de notre démarche était franchement pragmatique. La collecte et l’analyse des données devaient être rapides, simples et ultimement nous aider à organiser nos efforts ou nous éviter de gaspiller notre temps à tous. Cette démarche devait, de plus, être réalisée avec les moyens disponibles.
Nous croyons y être arrivés. Les données présentées dans ce rapport décrivent de manière relativement précise la situation locale et, il nous semble, justifient que l’on accorde plus d’attention à l’utilisation des médias socionumériques par les jeunes d’âge primaire.

Merci à la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay et à son service RECIT qui ont contribué en permettant à mes partenaires d’investir du temps. Merci au CRIFPE-UQAC qui a fourni le budget qui a facilité l’implication d’une étudiante intéressée. Finalement, merci à l’UQAC qui me permet de mettre en place ce type de projet et qui a aussi fourni les outils informatiques nécessaires à la collecte et à l’analyse des données.

Espérant que cette information s’avère utile à d’autres que nous!

Référence et lien vers le rapport:
Giroux, P., Allard, M.-P., Gagné, R., Belley, K., Hallahan Pilotte, V. et D. Bouchard (2012). Utilisation des médias socionumériques par les jeunes de cinquième et sixième année du primaire. Rapport d’enquête remis à la Commission Scolaire des Rives-du-Saguenay en août 2012.

Crédit image:
Image trouvées sur le site openclipart.org et appartenant au domaine public. Dessinateur: Pierre-Yves Dubreucq

Portrait d’une société qui manque de vision?

Carte_du_Québec_au_sein_du_CanadaDurant les élections, la blogueuse Michelle Blanc a interviewé les principaux chefs politiques et j’ai pu constater, comme elle, que les technologies sont pratiquement absentes de la vision que les chefs ont du futur au Québec. Ils ne savaient même pas à quel point c’est important sur le plan économique actuellement. Je vous invite à aller écouter ces entrevues et lire les billets qui y sont associés, c’est assez parlant.

Pendant ce temps, en Estonie, les technologies, c’est du sérieux… On y apprend à coder dès 6 ans! (Début d’un ajout le jour même) Michelle Blanc parle plus en détail de l’Estonie dans son billet de ce matin. Elle explique qu’ils ont vraiment placé le numérique au coeur de leur préoccupation avec beaucoup de succès. (Fin de l’ajout le même jour)

C’est peut-être un peu trop tôt vous direz… Je vous l’accorde. D’un autre côté, ici, au même moment, on a pratiquement décidé que l’unique compétence portant sur les TIC que le programme scolaire compte n’était pas suffisamment importante pour qu’on se donne la peine de l’évaluer à l’école (quel message envoie-t-on aux enseignants?), on équipe nos classes d’une technologie déjà dépassée qui va probablement contribuer à perpétuer le paradigme dépassé de l’enseignement (centré sur l’enseignant plutôt que l’apprenant!) et on ne donne souvent qu’un ou deux cours relatifs aux TIC aux futurs enseignants que nos universités forment…

Dans cet autre article à propos de la même nouvelle, on utilise un titre assez intéressant… Guess who’s winning the brains race, with 100% of first graders learning to code? (Devinez qui gagne la course au cerveau avec 100% des jeunes de première année qui apprennent à coder?) C’est un peu exagéré comme titre, mais probablement pas autant que certains semblent le penser.

Hier, un collègue qui a récemment fait quelques voyages en Europe me laissait entendre que notre système scolaire prenait beaucoup de retard dans ce domaine. Quels en seront les impacts dans le futur?

D’un autre côté, je sais que plusieurs pays que l’on dit « en émergence » foncent dans cette direction la tête baissée, intégrant massivement les logiciels libres afin de se donner un meilleur futur…

Vous comprendrez le pourquoi de mon questionnement… La société québécoise manque-t-elle de vision au point de ne pas constater l’importance des TIC? Si ce n’est pas le cas, qu’attend-on pour réagir?

Crédits image: © Sémhur / Wikimedia Commons / CC-BY-SA-3.0 (or Free Art License) (http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Carte_du_Qu%C3%A9bec_au_sein_du_Canada.svg?uselang=fr)

Conférences: Réseaux socionumériques et identité numérique

social networking

C’est confirmé, je donnerai bientôt cinq conférences aux étudiants de sixième année du primaire et de secondaire 1 de la CS des Rives-du-Saguenay. Elles auront lieu les 10 et 12 octobre 2012.

Le sujet des conférences sera les réseaux socionumériques et leur identité numérique. J’y aborderai évidemment aussi la cyberintimidation et les autres comportements désagréables qu’ils peuvent rencontrés en ligne.

Ce sera relativement court, soit une heure par groupe. Je n’aurai donc pas beaucoup le temps d’interagir avec les jeunes. Cependant, presque simultanément, avec quelques partenaires nous publierons une série de 7 ou 8 propositions pédagogiques sur ce thème. Nous rendrons aussi très prochainement public un petit rapport d’enquête très instructif à propos de l’usage des réseaux socionumériques par les jeunes du primaire. De plus, tous les employés de cette CS ont assisté à une conférence sur le sujet avant la rentrée scolaire.

J’ai confiance que les enseignants seront en mesure d’utiliser ces outils et ces informations pour continuer à sensibiliser les jeunes. Ils peuvent aussi compter sur une agente pivot en travail social très dynamique et un conseiller pédagogique RECIT impliqué pour les aider. J’ai aussi rencontré un responsable de la vie scolaire qui s’impliquait dans ce domaine. Le contexte me semble propice au changement… Il faut vraiment s’y mettre, car actuellement les jeunes apprennent souvent à utiliser les réseaux socionumériques par eux-mêmes et sans guidance.

Découvrir les RECIT et en apprendre à propos des TIC et de l’aide aux apprenants qui éprouvent des difficultés

Chaque trimestre, je répète à mes étudiants qu’une fois seul dans la jungle, leur meilleur ami en matière de TIC sera le RECIT.

Je le répète au moins 15 fois par trimestre pour chacun de mes groupes (soit une fois par cours!). Régulièrement, je leur présente un site ou une ressource et les invite à noter l’URL ou à l’ajouter à leurs signets Diigo. Généralement, je dois aussi leur présenter Diigo…

Ce trimestre, le premier site de RECIT que je vais leur présenter sera le blogue du RECIT de la CS des Samares. Pourquoi? Juste parce que c’est là que j’étais rendu dans la consultation de mon lecteur de fils RSS et que j’ai trouvé un ou deux billets intéressants. (Je dois aussi présenter les lecteurs de fils RSS aux étudiants… Mais peut-être pas cette semaine… On va manquer de temps!)

Ce matin, sur le blogue du RECIT de la CS des Samares, j’ai ainsi découvert un rapport de recherche que je ne connaissais pas à propos des orthopédagogues et des TIC. Le billet est ici:http://recit.cssamares.qc.ca/aidestechno/?p=872. Le document plus complet est disponible ici: http://www.cjlt.ca/index.php/cjlt/article/view/617/341.

J’ai ensuite lu un billet qui présente un truc facile pour faciliter la lecture à l’écran ou sur papier des apprenants dyslexiques grâce à une fonction simple que l’on retrouve dans tous les logiciels de traitement de texte

En continuant de fouiller sur le blogue, j’ai trouvé un lien très intéressant vers une étude à propos du langage SMS et de la dyslexie et d’autres troubles spécifiques du langage écrit. Il semblerait que ce langage puisse être utiles pour aider les adolescents dyslexiques en écriture… Fort intéressant! Le billet du blogue est ici: http://recit.cssamares.qc.ca/aidestechno/?p=797. L’étude à laquelle on fait référence est ici: http://www.linguistiquefrancaise.org/index.php?option=com_article&access=doi&doi=10.1051%2Fcmlf08034&Itemid=129.

Pas mal pour 20 minutes de lecture!

Entrevue sur le thème de l’informatique et de l’enseignement

J’étais en onde à Radio-Canada aujourd’hui. Le thème de l’entrevue était très général: l’informatique et de l’enseignement.

C’est ici: http://www.radio-canada.ca/emissions/Les_samedis_du_monde/2011-2012/index.asp.

Ajout du lendemain!

J’ai oublié de préciser que c’était de l’improvisation puisque radio-Canada refuse le plus souvent de nous donner les question à l’avance… Avec un peu de préparation, j’aurais pu faire plus et mieux.

Avant l’entrevue, j’ai demandé au recherchiste pourquoi il me contactait moi. Il semble que ce soit lié à ma présence sur la toile (Twitter, blogue, Google+).

Les TNI… Encore!

Un collègue m’a envoyé un courriel ce matin dans lequel se trouvait un lien vers un article de La Presse à propos des TNI ou tableaux numériques interactifs. Dans cet article, on souligne que ces outils sont trop dispendieux et qu’une autre alternative (iPad + Apple TV) serait moins dispendieuse. De plus, cette solution aurait quelques avantages dont celui de permettre à l’enseignant d’être mobile… Surtout, cet article laisse entendre que les TNI seraient déjà dépassés… Que le mieux, ce serait les tablettes!

Et bien j’ai le goût de crier:

JE VOUS L’AVAIS DIT!

Il est clair depuis la fin des années 1990 que cet outil est trop dispendieux. Surtout, les TNI amènent peu ou pas de bénéfices pédagogiques selon la recherche scientifique! De plus, ils ne cadrent pas bien dans le paradigme de la réforme amorcée au Québec il y plus de 10 ans (paradigme de plus en plus dominant à l’échelle mondiale et de mieux en mieux appuyé par la recherche) puisqu’il tend à cristalliser des pratiques centrées sur l’enseignant qui gardent les apprenants spectateurs… L’investissement n’en vaut donc pas la peine.

Qu’est-ce qu’on se tue à expliquer depuis que nos dirigeants se prennent pour de grands pédagogues?

Les 5000$ nécessaires pour installer un TNI pourraient être bien mieux investis.

(Je crois que 5000$ c’est un peu exagéré, mais continuons tout de même avec le chiffre proposé dans l’article cité plus haut!)

5000$, c’est suffisant pour acheter 19 tablettes Nexus ou 10 ordinateurs portables relativement performants ou 8 iPads. Le potentiel pédagogique de ces outils est énorme en comparaison avec un TNI. Un investissement de ce type permettrait de placer les outils dans les mains des apprenants et de centrer les activités d’apprentissage sur eux, de les mettre en action. Évidemment, ça veut aussi dire que nos enseignants devraient se mettre à jour et que le gouvernement devrait mettre en place des ressources pour les former et les accompagner. C’est un changement qu’il faudrait planifier adéquatement plutôt qu’improviser… Un autre aspect de la situation intéressant est que certains dirigeants syndicaux, administrateurs et parents qui luttent contre la réforme depuis plusieurs années n’aimeraient probablement pas que le gouvernement prenne un initiative qui consacre, en quelque sorte, le changement de paradigme en éducation. Ça explique peut-être que notre gouvernement n’ait pas osé tenir ce discours.

L’article cité plus haut met aussi à l’avant-plan un phénomène important, soit l’accélération continue du développement technologique. Dans un futur proche, il faudra mettre en place un système efficace qui permette aux enseignants de se former au jour le jour pour se garder au fait des nouveaux outils disponibles, de leurs potentiels. Dans le contexte de ce développement rapide, tout plan prévoyant un investissement majeur dans l’implantation d’un seul outil devra se faire à une vitesse incroyable. Dans le cas contraire, l’outil choisi sera obsolète avant même la fin de son implantation.

Pourquoi a-t-on choisi d’investir dans des TNI alors? Pression des lobbys? Pour avoir l’air de son temps sans se compromettre vraiment? Ça demeure que c’était, et c’est toujours, une mauvaise décision à long terme.

À mes yeux, il ne demeure qu’un vague espoir associé à l’implantation des TNI. Lequel? C’est que ces outils aient un effet catalyseur et, qu’une fois la main dans l’engrenage, les enseignants ne puissent plus résister et intègrent significativement plus de techno dans leur pédagogie.

Franchement, j’ai peine à y croire…

Revenons encore à l’article.

Je souligne que je suis contre l’idée de se limiter à des produits Apple. Apple a l’habitude fort désagréable de planifier la désuétude de ses produits tout en nous chargeant des prix exorbitants. Même si je leur reconnais plusieurs avantages, je crois que la réputation de ces produits est parfois surfaite et probablement alimentée par le génie markéting de la compagnie et un peu de fanatisme. À tout le moins, ces produits ne valent pas le prix demandé. D’un autre côté, remarquez que ce n’est pas la seule compagnie à le faire (planifier la désuétude). Au moins les autres n’ont pas le culot de nous charger le gros prix! Le reportage suivant traite justement de ce sujet si ça vous intéresse. C’est un peu long, mais très intéressant!