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Évolution des interfaces et éducation… Quelques questions

Récemment, les interfaces et les manières d’interagir avec les ordinateurs ont beaucoup évoluée… Pensez seulement aux tablettes et aux téléphones intelligents. C’est de plus en plus naturel, instinctif. Avec le temps, les ingénieurs et les designeurs acquièrent de l’expérience et adaptent les interfaces et la technologie.

Une compagnie pousse actuellement encore plus loin. Vous vous souvenez du film Minority Report avec Tom Cruise? L’interaction avec l’ordinateur était « spatiale »… (pour ne pas dire spéciale!) Voici un extrait:

Et bien cet interface, la capacité d’interagir spatialement, à l’aide de gestes, existe. Une compagnie offre un système d’exploitation et les équipements pour faire exactement ça! Il y a même un kit pour développer des logiciels. Voici une démo:

La démo n’est pas 100% convaincante à mes yeux. J’aurais apprécié avoir une démonstration avec des tâches plus courantes comme la manipulation et la modification d’une image, du montage vidéo, l’édition d’un document, etc. C’est tout de même intéressant.

Mais ce n’est pas tout! Le développement prend des directions très variées. Plusieurs travaillent actuellement sur la reconnaissance vocale pour que l’on puisse interagir verbalement avec nos ordinateurs. Déjà, nos téléphones intelligents et nos voitures comprennent plusieurs commandes vocales. Chez Google, par exemple, on travaille sur les Google Glass…

Maintenant, quoi penser de tout ça alors que plusieurs enseignants se ferment encore à l’ordinateur, à Internet, aux tablettes et aux appareils mobiles? Est-ce que ça va devenir assez naturel comme interaction pour les convaincre ou au contraire est-ce que ça va leur faire encore plus peur? Comment allons-nous faire face à la variété des interfaces? Le mouvement BYOD est-il évitable? D’un autre côté, est-ce souhaitable de permettre aux apprenants d’amener leur propres appareils? Ne va-t-on pas augmenter ou cristalliser la distance entre les riches et les pauvres? C’est vrai que les appareils mobiles sont de moins en moins dispendieux… Par contre, comment les enseignants pourront-ils s’adapter à 15 appareils différents?

Déjà, Internet rend problématique le développement de plusieurs compétences. L’information est tellement facile à trouver que les gens ne prennent souvent pas la peine de vérifier/analyser/juger de la qualité et de la pertinence des informations qui leur sont présentées. Pour moi, la quantité et l’accessibilité de l’information explique la nécessité de développer des compétences informationnelles à l’école alors que pour plusieurs utilisateurs d’Internet ces deux caractéristiques semblent être des raisons qui justifient le désintéressement de ces compétences… Comment l’école va-t-elle réagir? Déjà, nos recherches indiquent que les futurs enseignants sont mal outillés à cet égard…

Désolé pour la quantité de questions sans réponse… Je recommence à enseigner bientôt. Dans ce contexte, je me demande toujours comment présenter ces changements et ces outils qui seront bientôt disponibles aux futurs enseignants. Ça m’amène nécessairement à me poser des questions!

Bonne année scolaire 2012-2013 à tous!

LMS vs EAP

Cette petite vidéo de Stephen Downes explique les différences entre un LMS comme Moodle et un EAP (environnement d’apprentissage personnel).

En gros, qui veut-on mettre en contrôle?

Veut-on un modèle centré sur l’école (entreprise, université ou l’enseignant) ou un modèle centré sur l’apprenant? Pour moi, le choix est facile… La recherche est claire. Il faut mettre l’apprenant en contrôle! Évidemment, quelqu’un devra l’aider à construire son EAP, l’aider à développer les compétences requises pour le gérer et l’utiliser, l’encadrer pour éviter les dérapage, etc… Ça, c’est évidemment le rôle des enseignants! Il doit transférer le contrôle aux apprenants lentement, en fonction de leurs compétences… Comment et quand il peut faire ça, c’est une autre débat!

La vidéo dure 9 minutes. C’est très intéressant! Profitez-en!

Learning and teaching with media and technology

Voici une petit invitation à communiquer dans un colloque qui aura lieu en mars 2013 et qui est organisé par un collègue italien. L’appel de communications est lancé! Je vous transmet le tout en tant que membre du comité scientifique du colloque…

PAt 🙂

Dear Colleague,

We are pleased to invite you to the ATEE Winter Conference “Learning & Teaching with Media & Technology” that will
be held in Genoa (Italy) from 7 to 9 March 2013.

The conference is supported by ATEE (Association for Teacher Education in Europe – http://www.atee1.org/home), the
Department of Education at University of Genoa (Italy), and SIREM (Italian Society for Research on Education and
Media).

The aim of the conference is to bring together scholars, educators, researchers and policy-makers who are interested in
investigating the media and technology challenges to build and create a meaningful learning envirnoment.

We especially welcome papers that address the various aspects of the use of ICT in the educational contexts. We also
welcome contributions with a focus on the three different angles – policy, practice and research – as well as works that are
the result of a collaboration between policy makers, researchers and practitioners.

We are honoured to welcome three important keynote speakers:

– James Paul Gee, Arizona State University, USA, author of “What video games have to teach us about learning and
literacy”;

– Mary Kalantzis, University of Illinois at Urbana-Champaign, USA, author of “Ubiquitous learning”;

– Vitor Reia-Baptista, Universidade do Algarve, Portugal.

We invite you to send an abstract to share the results of your studies with colleagues from all over Europe and beyond.

All the accepted papers will be published on the conference Proceedings (with ISBN code).

Furthermore, the most innovative ten papers will be published in a special issue of the international journal REM –
Research on Education and Media.

The important dates are:

– 30 November 2012 submission abstract

– 10 January 2013 notification of acceptance/rejection decision by email

– 31 January 2013 early registration

– 31 January – 6 March 2013 late registration

– 28 February 2013 submission of final papers (if you wish to submit your paper for the publication in REM)

– 7 March 2013 on site registration

– 10 April 2013 submission of final papers (for the publication in the proceedings)

You can find more detailed information for the call for papers on the conference website:

Le Web 2.0 et l’école

La semaine dernière, j’ai commandé deux numéros des Cahiers Pédagogiques. Cinq jours!!! C’est ce que la livraison a nécessité depuis la France. C’est parfois plus long lorsqu’on commande des livres de certaines entreprises québécoises… Chapeau à l’équipe des Cahiers Pédagogiques.

Le premier numéro commandé porte le numéro 482 et a été publié en juin 2012. Comme le titre de ce billet l’indique, il traite du web 2.0 et de l’école. Voici, en gros, ce que j’en retiens…

Caroline d’Atabekian et Caroline Jouneau-Sion ouvrent le dossier « Web 2.0 et école » de belle façon. À la lecture de cette introduction, j’ai décidé de bloguer mes impressions. J’ai l’impression que ce billet pourra intéressé certaines personnes dont mes étudiants… Dans le second paragraphe de cette courte introduction, elles expliquent en quelques mots seulement en quoi consiste le Web 2.0 et pourquoi c’est important pour les acteurs de l’éducation de s’en préoccuper:

En réalité, le Web 2.0, c’est le principe d’horizontalité appliqué à Internet. Loin de la passivité du téléspectateur, l’internaute devient acteur sur le Web. Il participe à l’élaboration des données qu’il consulte, publie, partage ses données, échange via les réseaux sociaux, participe à des travaux collectifs. Il devient « utilisacteur ». Rien de réellement révolutionnaire, mais la facilité de prise en main entraine une massification de ces pratiques. Lequel de nos élèves n’a pas son blog et sa page Facebook  ? Même le ministère de l’Éducation nationale a son compte Twitter. L’école doit donc se préoccuper du Web 2.0 parce qu’elle forme les enfants d’aujourd’hui, dans ce monde-ci, tel qu’il est, imprégné de ces technologies qui permettent d’écrire, de publier, de partager textes, images et sons, qui permettent d’échanger en temps réel et qui conserve les traces de tout, mais aussi de n’importe quoi.

Le principe de l' »utilisacteur » est très intéressant… En un seul mot, on résume ce qui est probablement l’aspect le plus important du Web 2.0. Le paragraphe suivant explique tout aussi succinctement le titre donné au dossier ainsi que l’un des plus importants impacts du Web 2.0 sur l’école:


Pourtant, nous n’avons pas intitulé ce dossier « Le Web 2.0 à l’école », mais « Le Web 2.0 et l’école ». C’est d’abord une question de lieu  : en effet, le Web 2.0 fait sortir les apprentissages du cadre purement scolaire et fait entrer d’autres espaces, dans la sphère éducative. C’est aussi une question de mise en relation. Les différents acteurs de l’école doivent inventer leurs usages, leurs règles de fonctionnement dans cet environnement de plus en plus interactif, hors des rapports sociaux sur lesquels l’école s’est construite. Beaucoup de questions émergent des articles de ce numéro, qui montrent que les enseignants cherchent leur place dans ce nouveau contexte. Mais on y voit aussi une inventivité incroyable dans l’utilisation des outils du Web 2.0 pour rendre les apprentissages plus faciles, plus efficaces, pour individualiser sans jamais renoncer aux contenus.

La table est mise.

La première partie du dossier adresse la posture et le rôle que les enseignant doivent assumer par rapport au Web 2.0. Le premier paragraphe du premier article de cette section (Au travail, Narcisse! par Caroline d’Atabekian) résume, je crois, le sentiment qui habite plusieurs praticiens et étudiants en éducation et la réalité à laquelle ils devraient se raccrocher:

Si le néophyte se laisse facilement intimider par l’élève qui, en un clin d’oeil, maitrise les subtilités d’un mur facebook, zappe d’un lien à l’autre, s’exerce à un jeu vidéo complexe ou discute par chat avec ses copains, un regard attentif montre que ce même adolescent en apparence si à l’aise avec les usages du Web qui lui sont familiers se trouve brutalement dépourvu dès lors qu’on lui demande d’utiliser une messagerie électronique, de s’y retrouver sur un site d’information en ligne, ou de pratiquer tout autre usage courant chez les adultes. Ce même néophyte qui, chaque jour, envoie des messages électroniques, met en page ses cours sur traitement de texte et, peut-être, récupère sur son ordinateur ses photographies numériques est déjà bien plus savant qu’il ne croit.

J’ajoute que le prétendu néophyte est aussi riche de son expérience. Ainsi, la majorité des adultes, même s’ils n’y connaissent rien à Internet, seront critiques et se questionneront face à une offre trop alléchante. (Hier encore, un inconnu m’offrait par courriel la moitié de 17 millions d’euros en échange de presque rien… Si seulement!) Il est important pour les enseignants et les étudiants en éducation de comprendre que les compétences TIC ne sont pas innées et qu’elles font souvent appel à d’autres compétences que l’on peut avoir développer ailleurs ou dans un autre contexte. À juste titre, l’auteur de ce premier article point vers l’information et la communication. C’est, après tout, la raison d’être des outils technologiques et les enseignants ont généralement beaucoup plus d’expérience que les jeunes en ce qui a trait à sa production, sa consommation et son utilisation.

Des TBI dans toutes les classes québécoises, un autre exemple de mauvais choix

Selon moi, les politiques du gouvernement libéral des dernières années en matière d’éducation ont le plus souvent été désastreuses. On a imposé des choix idéologiques (plutôt que basés sur l’expérience ou la recherche) aux enseignants en plus de décider pour eux quels outils ils devaient utiliser. Ça commence à être lourd et à déranger les enseignants. Cette portion de la population n’est pourtant pas prompte à réagir politiquement, trop souvent concentrée sur son but premier qui est la jeunesse. Les enseignants sont toujours lents à se mobiliser et à réagir politiquement. Ils choisissent souvent de consacrer leurs énergies ailleurs, par exemple pour aider les jeunes à réussir malgré tout.

Dans cette lettre, des enseignants dénoncent les choix douteux du gouvernement en matière d’éducation: http://www.lapresse.ca/debats/votre-opinion/201206/08/01-4533123-un-choix-douteux.php

Pour ceux qui sont curieux, sachez qu’il n’y a effectivement pas de recherche scientifique qui prouve que les tableaux blancs sont efficaces. Voici un article publié par des collègues universitaires qui expliquent ce que l’on sait réellement ou ne sait pas à propos des fameux tableaux interactifs… http://karsenti.ca/pdf/scholar/ARP-karsenti-98-2012.pdf

Je ne veux pas, ici, rouvrir le débat sur les TBI.

En vérité, il n’y a pas de débat. L’outil n’est pas bon ou mauvais par lui-même. Tout dépend de ce que l’on fait avec. Par contre, certains outils sont confectionnés d’une manière qui facilite certains usages qui ne sont pas nécessairement ceux que l’on voudrait. Malgré tout, il demeure possible d’imaginer de bons usages de tous les outils. Si seulement on pouvait apprendre à poser la bonne question et arrêter de se demander quel outil est le meilleur…

Je voulais seulement souligner que j’ai l’impression que les enseignants réagissent de plus en plus forts aux politiques qui les affectent. On approche selon moi du point de rupture. L’éducation, c’est important et avant de faire n’importe quoi dans ce domaine, mieux vaudrait réfléchir et penser à plus long terme que 4 ans et plus loin que l’idéologie politique du parti au pouvoir…

L’identité numérique

Je me suis engagé à écrire un texte d’introduction à l’identité numérique pour le Labo VTÉ sur les médias socionumériques. Je vais donc écrire une première version ici. Je la transposerai sur l’espace du labo VTE pour recevoir les commentaires des autres participants. En combinant les commentaires que je recevrai peut-être ici et ceux que je recevrai certainement dans l’espace de l’équipe du labo VTE, nous obtiendrons probablement un texte simple, clair et précis.

Identité numérique par Patrick Giroux (Licence Creative Commons Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Partage à l'Identique 2.5 Canada.)Afin de comprendre l’aspect numérique de notre identité, il importe de d’abord clarifier quelques caractéristiques importantes de notre identité. Cette dernière est d’abord constituée de multiples éléments qui s’additionnent pour nous décrire. Notre identité est constituée de tout ce qui nous caractérise et nous différencie. Elle est un peu comme une boule disco avec toutes ses facettes qui reflètent un aspect de qui nous sommes. Notre identité change avec le temps, elle évolue. Lorsque vous irez danser, regardez les couleurs reflétées par la boule disco et vous constaterez qu’elles changent selon les lumières qui sont ou non allumées dans la salle. Notre identité change aussi avec le temps selon nos expériences, notre environnement, les gens que l’on rencontre, etc.

Chaque petite facette de votre boule disco identitaire représente une chose que vous aimez/détestez, une activité que vous appréciez ou non, l’une de vos valeurs/croyances/habitudes/manies/peurs/passions… Comme une boule disco, votre identité est composée de miroirs et dépend aussi beaucoup des autres… Il y a donc aussi des facettes qui décrivent comment les autres vous perçoivent, ce qu’il apprécient de vous, ce qu’ils disent/écrivent/pensent/partagent à votre sujet, etc. Boule disco

En 2012, avec la place prépondérante qu’Internet et les médias sociaux occupent dans nos vies, il y a inévitablement une partie de notre identité qui est numérique. On parle alors de l’identité numérique d’une personne. Cette dernière est composée des traces qu’on laisse sur Internet ou que les autres ont laissées à notre sujet. Ainsi, même si un individu ne va jamais sur Internet, Facebook ou Twitter, il a très probablement une identité numérique. Certains de ses amis ont peut-être publié une photo de lui sur Flickr, Picasa ou Facebook. Il a peut-être été cité dans un commentaire de blogue ou sur le mur Facebook de sa copine. De nombreuses compagnies et paliers gouvernementaux ont des informations sur lui qui sont plus ou moins publiques. On peut, par exemple retracer son numéro de téléphone facilement via le site canada411, puis son adresse… Sa maison ou son appartement sont probablement visibles sur Google Earth et Google Maps. Les photos y sont d’ailleurs suffisamment précises pour que l’on puisse constater s’il a ou non une piscine ou des modules de jeux pour enfants dans la cour arrière. Via le RDPRM, on peut recueillir des données très personnelles à propos de ses dettes. Sur le site des villes on peut souvent avoir accès à ses taxes municipales et scolaires, connaitre la valeur de sa maison et parfois connaitre sa consommation électrique mensuelle et plus encore. J’arrête ici, mais vous aurez compris qu’Internet est une source importante d’informations à notre sujet. Considérées indépendamment, ses bribes d’informations peuvent apparaitre sans conséquence. Néanmoins, si on a la patience de toutes les recueillir et de les associer, elles finissent par constituer un portrait parfois surprenamment précis. Un journaliste a déjà fait le test. Il a choisi un inconnu et a fait un « portrait Google » de cet individu. Il en résulte un article passionnant

Il importe aussi de savoir qu’on laisse des traces à notre sujet dès que l’on navigue sur Internet, souvent sans le savoir. Les serveurs avec lesquels notre ordinateur interagit pour afficher les pages Web collectent, par exemple, des informations à propos des sites que nous avons visités avant d’arriver sur ce site, la taille de nos écrans, les « plug-ins » installés sur notre ordinateur, notre système d’exploitation, etc. Certains ont fait une spécialité de recueillir et d’analyser ce que vous écrivez, cherchez, lisez, consulter ou télécharger afin de cibler la publicité, améliorer le design des sites Web, développer des virus plus efficaces (et dangereux!) ou des arnaques de plus en plus crédibles.

En conclusion: Nous avons tous une identité numérique plus ou moins détaillée. Elle ne dépend pas exclusivement de nous et elle change avec le temps. C’est pour cette raison qu’il importe d’apprendre à utiliser Internet et les médias sociaux intelligemment.

Pour en savoir plus à propos de l’identité numérique: Évidemment, ce court texte ne constitue qu’un résumé. Plusieurs personnes appartenant à des horizons variés (informatique, marketing, droit, éthique, etc.) s’intéressent à ce concept. Le wiki de l’identité numérique regroupe plusieurs documents numériques s’y intéressant. Si vous le désirez, vous pouvez même contribuer à ce wiki et ainsi ajouté une facette à votre identité… 🙂

Crédits images:

  • La première image est de moi. Je l’ai créée et utilisée pour différentes conférence données récemment. (Licence Creative Commons Attribution – Pas d’Utilisation Commerciale – Partage à l’Identique 2.5 Canada.)
  • L’image de la boule disco provient du site Openclipart.or et appartient au domaine public.
  • La troisième image provient du site du site de Philippe Buschini qui écrivait à propos de l’identité numérique. Elle représente bien l’importance des traces laissées à droite et à gauche sur Internet.

Faire plus de place aux logiciels libres

Voici un petit courriel que j’ai décidé d’envoyer ce matin. Je crois qu’il est temps qu’on s’y mette. La société doit se donner le choix et ça passe par l’éducation… Actuellement, on tourne en rond puisque que les écoles et les universités ne forment presque exclusivement à et par Microsoft Windows. Plein de gens autour de moi ne savent même pas en quoi consistent réellement les logiciels libres et les jugent sans jamais les avoir essayés.

Bonjour,

Depuis plusieurs années déjà, je prône l’utilisation des logiciels libres en éducation. Je les utilise au quotidien depuis 5 ans et j’en parle dans mes cours depuis au moins 3 ans. J’ai donné quelques conférences à ce sujet et écrit quelques textes. J’ai d’ailleurs un article (un court éditorial en collaboration avec Renée Fountain de U. Laval) à ce sujet qui sera publié dans le prochain numéro de la revue de la FQDE… J’ai aussi fait des démarches auprès de mon député et j’ai passé plusieurs heures à lui expliquer, le conseiller et à répondre aux questions de son équipe.

Depuis quelques semaines, je jongle avec l’idée que les logiciels libres pourraient aider à résoudre le problème de budget de notre université et montrer aux étudiants que nous, à l’UQAC, sommes en mode recherche de solutions plutôt que confrontation.

Je ne semble pas être le seul à penser cela… http://www.ledevoir.com/politique/quebec/351050/logiciels-libres

J’ai hésité quelques jours, mais je me lance. Il est probablement temps de m’investir plus localement.

Je crois qu’il est plus que temps qu’une université québécoise saute le pas et décide de montrer l’exemple. Les valeurs associées aux logiciels libres, (démocratie, égalité, partage, entraide, etc.) sont tellement proches de celles qui ont amené à la mise en place de notre société et de notre système scolaire que je n’arrive pas à concevoir que nous n’ayons pas déjà tous fait ce choix. Au département des sciences de l’éducation, il sera bientôt temps de décider des comités. Moi, pour les prochaines années, j’aimerais planifier et réaliser l’implantation massive des logiciels libres en remplacement des logiciels privateurs dans l’un des modules auxquels je suis associé, mon département ou mon université. Les contacts que j’ai développés et que j’entretiens dans le petit monde du libre pourront nous aider à surmonter ce défi. Dans les faits, ils ne demandent qu’à aider ceux qui allumeront le premier feu, celui qui servira d’exemple! Je lance l’idée, peut-être l’un de vous me répondra…

D’ici là, j’organiserai une conférence ouverte à tous dès cet automne dans le cadre de mon cours et du projet FODAR C-Utile afin de fournir à la communauté de l’UQAC l’occasion de se renseigner.

Actuellement, la communauté ne sait même pas qu’elle a le choix… En tant qu’université, n’est-ce pas un peu notre rôle d’éduquer, d’innover, de provoquer des changements?

Comment je suis tombé dans la marmite de l’open source quand j’étais petit

Le texte qui accompagne la question en titre est tellement simple et vrai. Les idées qu’il transporte sont tellement fortes. À lui seul ce texte pourrait bien vous faire sauter le pas… Soyez aventurier, prenez un risque et allez le lire! Vous verrez bien…

Personnellement, ce n’est pas ce texte qui m’a fait découvrir le logiciel libre, ni un ami. Moi, j’ai appris à propos du logiciel libre en naviguant sur Internet. J’avais déjà entendu dire que ça existait, mais personne autour de moi ne pouvait vraiment me le montrer ou me l’expliquer. J’ai donc dû découvrir seul. C’est probablement plus long ainsi. Néanmoins, les idées derrière l’existence du logiciel libre sont tellement fortes qu’elles m’ont gagné. J’ai commencé lentement, avec OpenOffice d’abord. J’ai conservé mon environnement Windows pendant des années pour ensuite réaliser que c’était pratiquement le seul logiciel privateur que j’utilisais encore. Ça s’est passé il y a 5 ans, en janvier 2007. Les premières traces de mon expérimentation sont consignées ici. C’était Ubuntu. Depuis, je suis constamment aller dans cette direction, la direction de la liberté.

Merci à +Éric Noel qui m’a fait découvrir ce texte… C’est une bonne manière de découvrir les logiciels libres.

Pourquoi utiliser les médias sociaux au CÉGEP?

Hier, j’ai fait une présentation et discuté avec des aides pédagogiques individuels de différents Cégeps dans le cadre du Colloque Annuel de l’APAPI (Association Professionnelle des Aides Pédagogique Individuels – http://www.apapi.org/). Le but de la présentation était d’expliquer à des personnes pas encore convaincues pour quelles raisons on devrait utiliser les réseaux sociaux dans les Cégeps.

J’ai commencé ma présentation par définir le contexte… J’ai parlé de la génération C et j’en ai clarifié les caractéristiques tout en déconstruisant quelques mythes. Ça m’a aussi amené à parler de la vitesse à laquelle les technologies évoluent et de la place importante qu’elles occupent dans notre vie. J’ai ensuite parlé de l’effervescence qu’il y a dans le domaine de l’enseignement et de l’apprentissage sur le plan des théories, des approches pédagogiques et des outils. J’ai utilisé quelques graphiques provenant d’une étude menée au Cégep de Jonquière pour ramener tout ça au niveau collégial.

Référence et lien pour ce rapport: Thivierge (2011). Jeunes, TIC et nouveaux médias. Une étude exploratoire au Cégep de Jonquière. Rapport de recherche. Jonquière, Cégep de Jonquière, 74 pages. Accessible en ligne le 25 mai 2012: http://edupsy.uqac.ca/crre/?p=644

En gros, j’ai présenté 3 raisons principales pour lesquelles je crois que l’on devrait intégrer les réseaux sociaux au niveau des Cégeps. Évidemment, j’ai mon chapeau d’enseignant, de pédagogique et de personne préoccupée par l’éducation aux médias et aux technologies sur la tête… Mes raisons peuvent ne pas plaire aux administrateurs ou aux responsables des services technologiques. Dommage! Les Cégeps sont des maisons d’éducation et elles ont, selon moi, un rôle à jouer n’en déplaise à ces personnes. Je dois avouer que tous les participants n’étaient pas d’accord avec moi et que je n’ai pas su tous les convaincre. Ça aussi c’est dommage!

Raison 1: Parce que les jeunes sont déjà sur les réseaux sociaux. Pas besoin de courir après eux, pas besoin de les chercher, ils sont presque déjà tous là!


Raison 2: Parce qu’il y a plusieurs choses à apprendre qui sont importantes et que les jeunes peuvent apprendre en utilisant les réseaux sociaux. J’ai donné quelques exemples comme la gestion du temps, développer son esprit critique par rapport à Internet, mieux gérer les droits d’auteurs et mieux gérer son identité numérique. J’ai ensuite expliqué que les réseaux sociaux, c’est comme le vélo. On peut apprendre seule en courant le risque de sérieusement se casser la gueule en tombant ou en faisant du vélo à un endroit qui n’est pas approprié ou on peut apprendre avec l’aide et la guidance d’un adulte. Devinez pourquoi la majorité des enfants apprennent avec l’aide et la supervision d’un adulte? et pourquoi ce serait différent avec les réseaux sociaux? Vous savez comme moi que l’on peut sérieusement se casser la gueule si on fait des conneries en ligne… Les Cégeps, comme les autres maisons d’éducation (primaire, secondaire, universités) devraient jouer le rôle du parent en étant présents, donnant de bons exemples et en intervenant si on croise un jeune qui « prend des risques inconsidérés » ou utilisent mal cet outil.

Enfants dans une ruelle Source: http://radicarl.net/webalbum/une-question-de-point-de-vue
Raison 3: Parce que les médias sociaux sont un lieu commun d’interactions, de rencontres et de conversations et qu’il s’agit d’occasions potentielles d’apprendre, d’enseigner, de guider, d’accompagner… C’est un peu comme la ruelle de mon enfance. On y apprenait à vivre ensemble, à jouer, à respecter les règles… Mais il y avait toujours un parent qui jetait un oeil, qui intervenait quand les cris devenaient soudainement trop forts… Les professionnels du réseau éducatif québécois pourraient jouer une partie de ce rôle. Surtout, les théories de l’apprentissage et les approches pédagogiques récentes mettent toutes de l’emphase sur l’aspect social de l’apprentissage, sur le besoin de s’interconnecter ou sur la nécessité ou le potentiel associé au fait d’abattre virtuellement les murs de la classe… Pourquoi s’en priver alors que c’est si facile en 2012? Les Cégeps, comme les écoles primaires, secondaires et les universités devraient embrasser cette réalité et exploiter ce potentiel. Ça ne veut pas dire de plonger tous en même temps. Mais si quelques-uns plongent à gauche et que d’autres plongent à droite pendant que certains restent en observateur sur le bord, les jeunes apprendront comment bien utiliser ces outils en plus d’apprendre pleins d’autres choses en maths, en français, en anglais…

Voici finalement le document utilisé comme soutien visuel. Il a été réalisé avec le logiciel Inkscape (http://inkscape.org) et l’extension Sozi (http://sozi.baierouge.fr/wiki/sozi), deux applications libres. Pour visualiser la présentation, cliquez sur l’image et/ou utilisez les flèches de votre clavier pour avancer et reculer. La roulette de votre souris permet aussi de zoomer (in/out) La présentation a été testée et fonctionne avec Firefox, Chrome et Opéra.

***Crédits pour la photographie d’une mère aidant son enfant à faire du vélo dans un parc: SanFrancisco Bicycle Coalition (2007) http://radicarl.net/webalbum/une-question-de-point-de-vue

Internet : quand les traces laissées survivent au défunt!

Logo FCFQCette semaine, je vais animer un atelier au Congrès de la FCFQ (Fédération des Coopératives Funéraires du Québec – http://www.fcfq.coop/). La préparation de cet atelier m’a amené à réfléchir à certains aspects du Web 2.0 que j’avais négligés à ce jour… Que deviennent vos données, celles que vous avez stockées volontairement dans les nuages et celles que vous avez laissées involontairement en ligne lorsque vous décédez?

Voici le descripteur de l’atelier:

En 2012, la majorité des Québécois ont ajouté une facette numérique à leur identité. Cette identité numérique s’inspire des traces (informations, photographies, opinions, etc.) que l’on a laissées sur Internet, volontairement ou non, que nos proches en soit informés ou non. Or, ces traces sont souvent plus ou moins permanentes et risquent de survivre au défunt. L’atelier permettra aux participants de se familiariser avec les traces qu’on laisse sur Internet, surtout celles qui risquent de survivre après le décès d’une personne. En groupe et sous la guidance de l’animateur, on y discutera des principaux réseaux socionumériques (Facebook, Twitter, Quora, etc.), services de courriel (Gmail, Hotmail, etc.) et outils de partage de données numérique (Dropbox, Flickr, etc.). Surtout, l’atelier permettra l’amorce d’une réflexion quant aux possibilités qui s’offrent à la famille d’un défunt par rapport aux données qu’il a laissé sur Internet (rassembler ces informations, effacer, bloquer, etc.) et aux rôles que les coopératives funéraires pourraient jouer dans ce domaine vis-à-vis de la famille et du défunt.

Comme toujours, j’ai préparé un petit document de soutien visuel. Cette présentation servira de toile de fond pour nos discussions. Je l’insère plus bas. Juste avant, je vais vous résumer le trajet sur lequel je compte inviter les participants…

boule disco

  1. Je compte d’abord leur parler brièvement de l’importance d’Internet en 2012. Ça me semble nécessaire pour réaliser, un peu plus tard, à quel point on risque d’avoir laissé des traces. C’est aussi nécessaire pour bien apprécier l’importance de cette problématique. Les données présentées à ce moment proviennent d’un document publié récemment par le Cefrio (2012): L’informatisation du Québec.
  2. Je vais ensuite leur présenter le concept d’identité numérique. Je vais utiliser l’image d’une boule disco avec ces nombreuses facettes pour leur parler des nombreuses traces que l’on laisse à gauche et à droite et que l’on peut combiner pour récréer notre portrait. Je leur expliquerai aussi brièvement où et comment ils peuvent laisser des traces. Ça devrait suffire à justifier LA question…
  3. Je leur présenterai ensuite l’exemple de Google et je résumerai ce que j’ai pu découvrir par rapport à plusieurs médias sociaux.
  4. Nous entrerons finalement dans le vif du sujet et discuterons de ce que l’on peut faire AVANT et APRÈS. Surtout, je crois que nous discuterons de ce QU’ILS peuvent faire APRÈS si le défunt n’a rien fait AVANT!

Voici donc le soutien visuel de ma présentation. Il a été réalisé avec le logiciel Inkscape (http://inkscape.org) et l’extension Sozi (http://sozi.baierouge.fr/wiki/sozi), deux applications libres. Pour visualiser la présentation, cliquez sur l’image et/ou utilisez les flèches de votre clavier pour avancer et reculer. La roulette de votre souris permet aussi de zoomer (in/out) La présentation a été testée et fonctionne avec Firefox, Chrome et Opéra.

Je n’ai pas vérifié tous les médias socionumériques ni les services 2.0, mais j’ai constaté peu de variations. Il est facile de fermer un compte si on a le mot de passe. Il est complexe, souvent impossible de le faire fermer si on n’a pas le mot de passe… Certaines questions demeurent trop souvent sans réponse. Qu’advient-il des données après le décès de l’utilisateur? Est-ce que le contrat se termine avec le décès de l’un des signataires ou risque-t-on de voir une publicité avec la photo d’un ami défunt? Où les données sont-elles stockées? À quelques reprises j’ai cru remarquer que les démarches devaient être effectuées dans un autre pays où les lois ne sont pas nécessairement les mêmes qu’ici. C’est le cas de Google qui est installé aux États-Unis. À ce sujet, seule Microsoft avait un formulaire et une procédure clairement canadienne. (Je ne les aime toujours pas, mais des fois ils font bien les choses!)

Plusieurs services voient le jour sur Internet qui offrent, d’une manière ou d’une autre, de conserver pour vous vos mots de passe et de les transmettre aux bonnes personnes après votre décès. C’est généralement très couteux et je doute que ça soit un modèle qui puisse survivre. Le futur nous le dira… Il y a, entre autres, LegacyLocker, AccountGuardian de Entrustet et SecureMe. JE ne suis pas spécialiste en sécurité informatique, mais les OpenId me semble être la meilleure solution à ce jour. C’est certainement la plus pratique. Avec un peu de prévention (donner son mot de passe à quelqu’un en qui on peut mettre toute notre confiance), ça semble la solution la plus facile à mettre en oeuvre. Perso, je vais probablement privilégier un peu plus les 3 OpenID que j’ai déjà pour rassembler le plus possible mes services.