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Les étudiants, la grève, les TIC et le gouvernement Québécois

Le mouvement de grève des étudiants et les réactions de notre « gouvernement » touchent à tous les éducateurs. Je juge maintenant impossible de passer à côté, surtout qu’il y a des exemples intéressants d’utilisation des TIC ou des exemples de personnes qui ont su profiter des caractéristiques de certains outils…

D’abord, clarifier ma position… Toute ma position!

Idéologiquement, je suis plutôt au centre.

Je crois que les étudiants devraient assumer une juste part des frais associés à leur formation. À mes yeux, cela n’empêche pas que l’État (donc moi et les autres citoyens) finance la plus grosse partie des couts puisqu’ils seront ainsi en bonne position pour contribuer à la société. D’une façon ou d’une autre (grâce aux prêts et bourses ou un cout variable), je serais aussi plutôt en faveur que cette « juste part » soit modulée selon le revenu des jeunes et de leur famille. Cela me semble nécessaire pour confronter les jeunes avec leurs choix; sortir le soir pour prendre quelques verres ($) ou économiser et étudier pour un cours qui devrait avoir à mes yeux une certaine valeur ($); m’acheter une voiture neuve ($) ou payer mes frais d’université ($)… Vous voyez le genre. Oui, je sais, certains de nos étudiants doivent conduire pour venir à l’université puisque les services de transport urbain au Saguenay ne sont pas très pratiques. Ils ont donc besoin d’une voiture fiable. Mais est-ce que ça doit absolument être une Acura, une Subaru Impreza, une Volks GTI ou une Mitsubishi Lancer version Rally? Entre vous et moi, il y a une marge… Mais tout cela demeure une question idéologique, la part que les étudiants paient de leur étude demeure minime et l’État pourrait probablement faire le choix de la gratuité comme celui de l’utilisateur-payeur. Ce n’est vraiment qu’une question d’idéologie économicopolitique. Perso, je choisi le centre parce que certains étudiants exagèrent et m’écoeurent quand ils manquent le cours avant ou après la mi-session pour aller dans le sud, quand ils conduisent une voiture que je n’ai raisonnablement pas les moyens de me payer considérant mes 12 ans d’université et ma situation familiale… Je sais, c’est plate pour les 90% qui sont raisonnables et que leurs parents doivent aider, mais c’est la vie en société. C’est pour cela que je suis au centre. Je ne serais pas capable d’endosser un système ou l’utilisateur doit tout payer. Ça me semble rétrograde sur le plan sociétal.

Pour bien comprendre ma position, il faut aussi prendre en compte ma conception de ce qu’est une université et du rôle du gouvernement…

Pour moi, une université est une maison du savoir. La raison d’être de l’université est de produire et de transmettre le savoir. Je suis de ceux qui croient fermement qu’on ne peut laisser le privé entièrement responsable de la recherche et du développement de la connaissance. Il y a trop de domaines de savoirs qui seraient négligés, parce que pas rentables maintenant. Une université se distingue donc d’une entreprise qui offre de la formation et ne peut donc pas être entièrement jugée selon les mêmes critères. À ce niveau, j’assiste de plus en plus à un dérapage de moins en moins contrôlé de la gestion de nos universités. Les signes sont nombreux qui indiquent que l’on tente de transformer l’université… Les étudiants sont devenus des clients. On nous répète que les chargés de cours coutent moins cher. (Oui, mais la recherche? Et le service aux collectivités?) On enlève ou diminue les critères d’admission en nous parlant de rentabilité et en nous disant à mots à peine cachés que si les étudiants ne sont pas tous suffisamment compétents, on a qu’à les couler. Comme ça, ils auront à repayer et recommencer le cours… D’un autre côté, on nous demande de tout faire pour assurer leur réussite sans vraiment nous donner les outils nécessaires. Il y a de plus en plus de postes clés qui sont occupés par des administrateurs ou des professionnels plutôt que par des professeurs qui ont l’expérience de tous les aspects de la tâche professorale (recherche, enseignement, service aux collectivités). D’ailleurs, le nombre de professionnels, techniciens et administrateurs me semble augmenter sans cesse, mais c’est peut-être seulement une impression.

Finalement, parlons du gouvernement… Dans une démocratie, le gouvernement doit représenter le peuple. Oui, il doit parfois prendre des décisions difficiles. Malgré tout, il a un devoir d’écoute, de respect et d’honnêteté (intellectuelle comme judiciaire). Si ses décisions difficiles provoquent des réactions importantes, il doit tenter de les prendre en compte. Dans une démocratie, je crois donc que les étudiants ont le droit de s’exprimer et de se faire entendre sans qu’on les pousse à la révolte et à la violence par des discours démagogiques et le recours à des sophismes outrageux. Je m’attends du gouvernement qu’il fasse plus que de la « petite politique ». Il doit dialoguer, expliquer et respecter ses électeurs et leurs enfants dans un climat d’honnêteté et d’égalité. Comme, l’explique Mme Chantale Bertrand, dans la vidéo suivante, je crois que le gouvernement québécois de M. Charest a choisi la voie de la confrontation alors que la bonne voie est celle du dialogue.

Lorsqu’une démocratie est engagée dans un débat idéologique, parce que c’était un débat idéologique à la base (avant qu’on tente de provoquer et de gagner la confrontation), et que personne ne veut reculer, le gouvernement peut utiliser d’autres outils comme un référendum ou une élection. Dans ce cas, plusieurs personnes ont déjà dit ne plus faire confiance au gouvernement, il est peut-être temps d’aller en élection. Les gens auront ainsi la chance de se prononcer.

Et les TIC dans tout ça?

Cette semaine, j’ai pu voir toute la puissance de Twitter à l’oeuvre. Hier, depuis l’UQO, une journaliste de Radio-Canada (Rachel Gaulin ou @RachelGaulin_RC) tweetaient en texte et en photos les évènements. Des étudiants et des professeurs faisaient la même chose. Ça m’a permis de vivre la manifestation depuis un tout autre point de vue que celui que j’ai pu voir au téléjournal de fin de soirée… J’ai aussi vu passer sur Twitter et ailleurs le cas de cet étudiant qui a manifesté à sa façon sur E-Bay. J’ai trouvé ça très original comme détournement politique d’un outil vraiment pas penser pour ça! Je ne donnerai pas tous les liens, mais il y a aussi toute la blogosphère qui se fait aller et s’exprime à droite comme à gauche ou au centre.

Difficile de ne pas entendre quand le message est dans les médias traditionnels comme dans les non traditionnels… Je me demande comment le gouvernement s’y prend?

Ajout le jour même

Ce midi, pendant que la police contenait une foule de manifestants devant le salon du Plan Nord à Montréal, le supposé Premier Ministre de tous les québécois faisait des blagues sur le dos de ceux que l’on frappait, traquait, menottait… Tous les manifestants n’étaient peut-être pas respectueux des règles et des lois, mais la majorité ne désirait qu’exprimer son opinion. On est loin de l’écoute, du dialogue et du respect cité plus haut… Voici la vidéo. Avouez que c’est pas très édifiant…

Ajout du 25 avril 2012

Je continue d’y réfléchir… Cette vidéo présentent 2 chercheurs de l’IRIS, Simon Tremblay-Pepin et Éric Martin, qui s’attaquent à plusieurs mythes qui sont véhiculés pour justifier la hausse des frais de scolarité. Pour moi, c’est du matériel à réfléchir…

La conclusion est ici:

Je vais peut-être devoir changer de position…

Il a pourri le web, mais je ne crois pas qu’il a conclu correctement

Petit billet tout simple pour une situation pédagogique intéressante et les réactions qu’elle a provoquées… Il est ici question, de plagiat, du rôle de l’école par rapport aux TIC, du manque d’éducation aux médias et peut-être du manque de recul des enseignants.

Tout à commencer avec un prof qui a constaté, comme beaucoup, que ses étudiants plagiaient sur Internet. Il a donc décidé de pourrir le Web, de le remplir de faussetés et de donner un travail à ses étudiants en lien avec ces faussetés. Évidemment, les étudiants ce sont fait piéger. Cet enseignant a raison, les étudiants sont incompétents et ne savent pas comment bien utiliser le Web et les TIC. À tout le moins, ils ne savent souvent pas comment les utiliser pour autre chose que rester en contact et s’amuser, deux choses qu’ils ont apprises par eux-mêmes, sans notre aide!

Ce premier billet, très intéressant, est ici.

La conclusion de l’auteur par rapport à cette supercherie très bien organisée est la suivante:

Je crois que j’ai fait mon travail et que la conclusion s’impose d’elle-même : les élèves au lycée n’ont pas la maturité nécessaire pour tirer un quelconque profit du numérique en lettres. Leur servitude à l’égard d’internet va même à l’encontre de l’autonomie de pensée et de la culture personnelle que l’école est supposée leur donner. En voulant faire entrer le numérique à l’école, on oublie qu’il y est déjà entré depuis longtemps et que, sous sa forme sauvage, il creuse la tombe de l’école républicaine.

Là, lui et moi ne sommes pas d’accord. C’est correct… Ça arrive… Et je me garde même le droit de changer d’idée et de, plus tard, être d’accord avec lui si je suis confronté à d’autres faits, d’autres arguments. Pour le moment, je crois qu’il a simplement fait la preuve de l’inefficacité de l’École (en tant qu’institution et système). Il a prouvé que plusieurs de ses collègues sont incompétents. Il a prouvé que l’École a encore manqué de vision et n’a pas su s’ajuster à temps aux changements se produisant dans la société.

L’arrivée massive des TIC dans nos foyers aurait dû se traduire par une intégration massive à l’école qui aurait permis aux jeunes d’apprendre la nétiquette, de découvrir que ces outils peuvent servir à autre chose qu’à s’amuser, à réfléchir à l’aspect moral de leurs actions en ligne…

Oui, les TIC sont entrées à l’École, mais sous leur forme sauvage justement. Dans les mains des jeunes, mais sans supervision, formation ou guidance… Une majorité d’enseignants ont oublié de les dompter, d’apprendre à les utiliser correctement et ensuite de transmettre ces habiletés aux jeunes. (Notez ici que, comme professeur et chercheur dans le domaine des technologies éducatives, je suis en assez position pour bien apprécier la situation…) Au Canada, on estime que 95% des jeunes utilisent Internet pour faire leurs devoirs, mais j’aimerais bien savoir dans combien de classes on a enseigné comment évaluer la crédibilité d’un site et dans combien de classes on insiste vraiment pour que les citations soient bien faites… Je travaille actuellement sur le sujet dans le cadre d’une recherche auprès de futurs enseignants, des jeunes qui sortent tout juste du cycle primaire/secondaire/collège. Le portrait qui ressort de la première partie de notre recherche n’est pas joli! J’ai bien hâte de voir si les jeunes Français et les jeunes Suisses (deuxième volet de notre recherche) s’en tirent un peu mieux. J’en doute!

Récemment, quelques billets me confortent dans ma conclusion. Martine, une collègue actuellement en sabbatique en Chine, rapporte d’abord cette situation où une université accepte sans broncher une situation qui a beaucoup l’apparence d’un plagiat… Aucune remarque. Pas d’éducation. On endosse le tout avec le sourire! Je crois qu’on manque là une belle occasion de sensibiliser et d’éduquer. Par la suite, à quel titre pourra-t-on intervenir par rapport au plagiat dans cette université?

Dans un autre billet, sur un autre blogue, Bruno raconte une histoire inventée tellement plausible dans laquelle des étudiants ont pourri les livres et leurs enseignants… Dans ce billet, il est question de la naïveté de certains enseignants par rapport à la qualité des livres qu’ils utilisent et du fait qu’ils préfèrent souvent du matériel dépassé alors que le monde change très rapidement. Notez ici qu’un universitaire de mon entourage défend que c’est tout à fait possible depuis des années et répète souvent qu’il va un jour le faire juste pour le démontrer à ses étudiants (de futurs enseignants qui se reposent trop sur les volumes scolaires).

Je me demande si toute cette supercherie aurait été nécessaire si, depuis le début, on avait accepté le Web en éducation, compris son fonctionnement, contribuer à son développement et éduquer les jeunes pour qu’ils apprennent à l’utiliser efficacement?

Finalement, j’aimerais indexer ici un troisième billet de blogue intitulé « Pourriture pédagogique ». Je le trouve intéressant pour sa réflexion par rapport à la nature de l’École et à la contradiction qui y demeure très présente. Il propose que…

L’école soumet les élèves à des injonctions contradictoires : pensez par vous-même, répétez ce qu’on dit. Prenez des risques, ne vous trompez pas. Apprenez par cœur, ne plagiez jamais. Ces contradictions sont structurelles, inscrites dans les fonctions ambivalentes de l’institution. D’un côté, on impose aux élèves une culture dominante de pure autorité. De l’autre, on leur demande d’entretenir la fiction selon laquelle cette culture est librement choisie, aimée, appréciée comme supérieure par tous.

Plus loin, il poursuit avec des exemples.

On demande ici aux élèves de commenter un poème. Il ne s’agit pas d’un travail créatif, on n’attend pas d’eux qu’ils réinventent la littérature. Il y a de bonnes et de mauvaises réponses. Penser par soi-même n’est pas vraiment l’enjeu ici, il s’agit de penser, certes, mais de penser comme le prof. Apprendre à bien penser, être bien pensant. Tout comme ces expériences scientifiques reproduites en cours de bio ou de physique, il y a le goût et la couleur de la science, mais ce n’est pas de la science : on n’y fera jamais de découverte. Chaque prof vend plus ou moins la mèche, assume plus ou moins la transmission autoritaire du savoir, ou accepte plus ou moins le développement imprévisible de la pensée critique.

Il conclut ensuite et explique qu’

Internet rend plus compliquée l’hypocrisie pédagogique des exercices traditionnels.

C’est probablement cette contradiction structurelle et cette ambivalence de sa raison d’être qui font que l’École a de la difficulté à s’adapter au Web et aux nouvelles technologies, qui rendent souvent caducs les anciennes méthodes et les travaux que l’on jugeait tellement utiles il y a 20 ans.

Les EAP au salon techno-pédago de l’UQAC

Pour la seconde édition du salon techno-pédago de l’UQAC, j’ai décidé de parler des EAP.

Dans plusieurs domaines, le savoir évolue aujourd’hui très rapidement. Dans ce contexte, il devient impératif pour plusieurs professionnels de continuer à apprendre. C’est certainement le cas de mes collègues et tous leurs étudiants. Or, tous n’ont pas exactement les mêmes besoins, les mêmes disponibilités, les mêmes ressources et les mêmes préférences en matière d’apprentissage. De plus, il n’y a pas toujours de cours existant pour apprendre ce que l’on veut… Les environnements d’apprentissage personnalisés (EAP) sont une réponse à ces constats. Un EAP est un outil logiciel ou un agrégat d’outils logiciels qui permet à un apprenant de fixer et d’atteindre ses propres objectifs d’apprentissage. Plusieurs des outils du Web 2.0 peuvent être harnachés afin de se créer son propre EAP et de continuer à apprendre. À mon kiosque, je discuterai avec les visiteurs de comment les blogues, Twitter, Quora, Google+ et d’autres outils du Web 2.0 peuvent participer à un EAP.

Voici l’animation utilisée comme soutien visuel. Il s’agit d’un fichier SVG que j’ai animé avec Sozi et dans lequel vous pourrez naviguer à l’aide de votre souris (clique) ou de votre clavier (flèche avant et arrière). Appuyer sur « T » pour qu’un menu de navigation s’affiche. J’ai testé avec Firefox et Chrome.

Jeunesse 2.0

J’ai animé une journée de conférence/formation vendredi dernier à propos des réseaux sociaux, d’Internet et des jeunes…

Les participants étaient des gens provenant de différents organismes de Ville de La Baie et qui ont tous comme point en commun de s’intéresser à la jeunesse. L’objectif de cette journée était de se familiariser avec Internet et les réseaux sociaux et de mieux appréhender leurs impacts sur les jeunes.

Contrairement à ce qui s’était produit avec les jeunes du Séminaire de Chicoutimi quelques semaines auparavant, les adultes présents n’ont pas souvent semblé surpris, ni choqués. D’une certaine façon, ils savaient déjà un peu tout ça pour avoir constaté les influencent des TIC sur les jeunes. Avec les futurs enseignants, j’ai souvent de la difficulté à vendre l’idée qu’il faut adopter le point de vue des jeunes pour mieux comprendre l’importance d’Internet et des médias sociaux. Les intervenants présents avaient déjà l’expérience du terrain et ont semblé être capables de faire exactement cela. J’ai senti qu’ils avaient déjà un lien avec les jeunes et la situation que je décrivais…

J’avais prévu quelques petites activités et des petits quiz. J’avais aussi prévu discuter avec ces gens et répondre à leurs questions. La journée a été ponctuée de plusieurs échanges provoquées par différentes diapositives ou images… À la demande des participants, je partage mon matériel de soutien visuel un peu plus bas, même si c’est probablement dépourvu de beaucoup de sens sans l’animation.

Nous avons fait l’activité de la pelote de laine imaginée par Christophe Batier de l’Université de Lyon. Vous trouverez des exemples de cette activité animés par Christophe dans les vidéos suivants:

Dans ce vidéo, allez à la 10e minutes…

Ce second vidéo présente aussi l’activité de la pelote de laine… Allez à la 11e minute.

Vous trouverez ensuite la totalité des diapositives que j’ai utilisé le matin ici, via SlideShare:

  • Le rapport Génération C cité dans le diaporama est disponible ici.
  • Le rapport Moit et les écrans cité dans le diaporama est disponible ici.

Voici finalement l’image utilisée en après-midi. Il s’agit d’un fichier SVG que j’ai animé avec Sozi et dans lequel vous pourrez naviguer à l’aide de votre souris (clique) ou de votre clavier (flèche avant et arrière). J’ai testé avec Firefox et Chrome.

Le TBI au primaire – Utiliser le tableau blanc interactif au quotidien

J’ai gracieusement reçu un copie de ce volume publié chez Chenelière Éducation.

Gage, J. (2012). Le TBI au primaire – Utiliser le tableau blanc interactif au quotidien. Collection: Chenelière Didactique – TIC. Montréal: Chenelière Éducation.

J’en ai fait la lecture cette semaine… Voici quelques commentaires.

tableau blancAvant même de commencer à lire, je me suis demandé qui était l’auteure. Je me doutais que ce n’était pas une universitaire québécoise ou l’animatrice d’un RECIT national. À tout le moins, je ne la connaissais… J’ai rapidement découvert qu’il s’agissait d’une traduction/adaptation d’un livre publié à Londres… Dès lors, la question de la pertinence se pose puisque je ne crois pas que l’on puisse enseigner aux jeunes anglais exactement comme aux jeunes québécois qui sont francophones, ont une culture différentes et évoluent dans un système éducatif différent. On annonce que le livre a été adapté. Ça ne calme pas mes doutes puisque dans le domaine des TIC, une adaptation veut souvent seulement dire que l’on a ajusté le contenu pour qu’il soit représentatif des dernières versions des logiciels. Je commence donc ma lecture avec un doute. Rappelons aussi pour ceux qui sont arrivés sur ce billet par hasard ou ne me connaisse pas que je doute de la pertinence des TBI. Je ne crois pas au « one size fits all » mise de l’avant par le gouvernement et que les services technologiques prônent souvent pour faciliter le service et l’entretient… Je crois que le TBI est surtout une « technologie de prof » qui va permettre à certains de faire de bien plus belles présentations (donc qui favorisera souvent un enseignement magistral ou peu actif de la part des apprenants), mais qui se retrouvera trop rarement entre les mains des élèves. En ce sens, je crois qu’il faut mieux former les enseignants sur les plans technique et pédagogique et reconnaître leur professionnalisme en soutenant leurs initiaves. Certains voudront un TBI, d’autres préféreront plus d’ordinateurs dans leur classe, des ensembles de robotique, une caméra vidéo et des logiciels de montage ou je ne sais quel matériel convenant le mieux pour leur pédagogie et leur classe. Chaque enseignants, chaque classe, chaque école devrait avoir le droit d’avoir sa couleur. Nos enfants devraient expérimentés une variété de couleurs.

C’est avec ses préjugés et croyances que j’ai commencé à lire le livre…

Dans l’introduction, l’auteur présente d’abord sa posture par rapport au TBI. Celle-ci est parfois intéressante et parfois contradictoire. Les citations présentées au début de l’introduction rendent suffisamment claires que le TBI est un outil pour enseignants. L’auteur ne semble pas s’en caché et m’apparaît très réaliste lorsqu’elle explique que:

Évidemment, aucun appareil au monde, aussi merveilleux soit-il, ne peut améliorer en soi les compétences de l’enseignant. Le TBI n’est rien de plus qu’un outi qui, bien utilisé, peut faciliter considérablement l’enseignement. (p. vii)

L’auteure reconnait donc ici et à plusieurs autres endroits que cet outil sert bien l’enseignant et l’enseignement. Sur ce point, nous sommes d’accord. Nous sommes aussi d’accord sur l’importance de la compétences des enseignants. À mes yeux, elle attribue par contre un peu trop de mérites au TBI lorsqu’elle laisse entendre que

L’utilisation quotidienne de cet outil, qui permet d’avoir le monde au bout des doigts, amènera les enseignants curieux à transformer doucement leur pratique.

Ici, il ne faut pas se méprendre. Ce n’est pas le TBI qui rend le monde facilement accessible et fait disparaître les murs de la salle de classe… C’est plutôt la combinaison de l’ordinateur et d’Internet, peu importe sa forme. Ainsi, on peut dire la même chose d’un ordinateur traditionnel, d’un iPad, d’un téléphone mobile. Par contre, elle a probablement raison que le TBI pourra entraîner certains enseignants à s’engager dans un processus de transformation des pratiques pédagogiques. C’est d’ailleurs un argument que mon collègue Stéphane Allaire m’a déjà servi… Je crois qu’il faut néanmoins minimiser l’importance de cet argument et en considérer le coût global. Combien de TBI n’auront pas cet effet ou seront attribué à des enseignants déjà convaincus qui avaient déjà amorcé ce changement et auraient peut-être plus bénéficiés d’autres outils. Combien d’argent gaspillerons-nous pour convaincre ces quelques individus? ici, je suis toujours partisant de la politique du « cas par cas »….

Partie 1: Le tableau blanc interactif (TBI) dans la classesmartboard

Cette partie débute par la définition de ce qu’est un TBI. On explique assez clairement le fonctionnement général, le rôle du projecteur, de l’ordinateur, etc. L’auteur aborde aussi rapidement quelques questions souvent posées par les équipes-écoles: « fixe ou mobile? », « quel modèle choisir? », « quelle formation est nécessaire? », « quelle importance a l’accessibilité? ».

On discute ensuite de comment le TBI peut améliorer l’enseignement et l’apprentissage. Là, j’aimerais attirer l’attention des gens sur une erreur fréquente lorsque l’on parle de technologie, i.e. d’attribuer les avantages ou impacts aux TIC alors que c’est probablement dû à la méthode. C’est assez facile à comprendre. Pour intégrer le TBI, il faut souvent changer sa manière de faire, ajuster sa méthode pédagogique. Grosso modo, l’enseignant prend toute une série de décision pédagogique qui ne sont pas les mêmes que s’il utilisait une autre technologie ou était placer dans un autre contexte. Or, quand on change la méthode, il faut faire attention d’en tenir compte quand on attribue les mérites… Ainsi, je ne crois pas que l’on puisse dire que le TBI aide à capter l’attention des apprenants. Pour le faire, il faudrait utiliser absolument la même méthode avec et sans le TBI et que le seul et unique changement soit le TBI, rien d’autre… Même chose lorsque l’on dit que le TBI contribue à l’apprentissage coopératif… C’est le tableau ou les changements pédagogiques que l’enseignant a fait qui favorise l’apprentissage coopératif? Je demeure personnellement sceptique et je demande à voir des preuves solides de ce qu’on avance ici. Les nombreuses lectures que j’ai fait me suggèrent que la méthode est le plus souvent en cause. J’ai aussi tendance à douter que c’est le TBI qui aide à développer les habiletés cognitives des élèves. Quels rôles l’enseignant et la méthode ont-ils joué? Peut-on vraiment conclure que le TBI est responsable de ces changements, qu’il en est la cause? L’auteur précise d’ailleurs à juste titre plus loin le TBI permet de traiter le concepts de différentes façons…

Le TBI et l’intégration des TIC

Dans la première partie comme dans l’introduction, on dit à plusieurs reprises que le TBI peut servir à plus intégrer les TIC, mais on parle constamment de « leçons » (très magistral comme vocabulaire pour moi, quand j’entend leçon, j’imagine immédiatement la séquence classique exposé-exercice-évaluation…), de démonstrations ou de modéliser au TBI les stratégies des étudiants. Le choix du vocabulaire me semble souvent très significatifs et porteur de sens. Ça reste toujours assez superficiel comme intégration des TIC et à ce stade il n’a pas encore été démontré que les jeunes pourraient vraiment développer des compétences TIC. Je n’ai encore lu aucun exemple probant dans lesquels les jeunes « utilisent » ou « font » quelque chose avec le TBI qui leur permettrait de développer des compétences TIC, ça se limite à du magistral pour le moment…

Crédits images: Les images utilisées sont libres de droits et proviennent de la bibliothèque openclipart.org. (mots clés: whiteboard)

Des manuels scolaires numériques à l’école… Oui, mais comment?

ebook reader rougeJ’ai eu une petite discussion sur Twitter ce matin à propos des iPad et des manuels scolaires numériques. Difficile d’entretenir une discussion vraiment détaillée et nuancée avec plusieurs personnes en limitant nos interventions à 140 caractères. Voici simplement mon opinion « actuelle »…

Je dis « actuelle » parce que c’est un sujet très récent et on a peu d’expériences sur lesquelles fonder nos opinions. Je sais aussi que plein de gens y ont probablement pensé plus que moi et pourraient me fournir des arguments ou me présenter des idées qui me feraient changer d’opinion.

Précisons d’abord que je suis contre les outils et logiciels propriétaires lorsque l’on peut trouver une solution alternative ouverte facilement. Les solutions ouvertes permettent de choisir ses partenaires favorisent, favorise la collaboration, sont plus facilement adaptables aux contextes très variés des écoles, assurent la pérennité des données numériques, etc.

Précisons ensuite que je n’ai pas apprécié le iPad (1 et 2) en tant qu’outil de travail. C’est un excellent produit pour consommer des médias, répondre à des courriels, chercher sur le Web… En ce sens, c’est un assez bon outil pour consulter des livres numériques. Par contre, quand vient le temps d’écrire, de faire des stats, de créer des schémas et des diagrammes, bref, quand vient le temps de travailler, j’aime mieux un ordinateur. Pour mes déplacements de courte durée, j’utilise donc mon téléphone Android sans problème. Pour les déplacements de plus longue durée, j’ai choisi une tablette tactile (Lenovo x200) que je possède depuis 3 ans et qui fonctionne sous Ubuntu Linux. Elle a l’avantage d’avoir un clavier et son OS (Ubuntu 11.10) est plus performant et flexible que celui du iPad. Je l’ai suffisamment aimé pour en acheter une nouvelle (probablement une tablette x220 avec le « multitouch ») au printemps sur laquelle j’installerai Ubuntu 12.04. À l’école, je crois que les jeunes seraient mieux servis par des ordinateurs portables. Je ne veux cependant pas ouvrir totalement ce débat… Il y a beaucoup de variables à considérer.

Précisons aussi que je sais que les produits Apple sont intéressants. Je leur reconnais actuellement bien plus de qualité qu’au produit M$… (Pourquoi « actuellement »? Parce que les choses changent vite au pays des technos! Il y a 25 ans, j’adorais la « pomme », il y 12 ans, j’étais très bien servi par Windows 2000. Aujourd’hui, c’est Ubuntu. Demain?)

Ça fait cependant plusieurs fois que des gens autour de moi parlent (ou écrivent) qu’il faut des iPad pour profiter/créer/utiliser/introduire des manuels scolaires numériques à l’école! On fait donc un lien entre deux choses en supposant ou laissant entendre que l’un permettra ou est nécessaire à l’autre.

Or, c’est tout à fait faux. Minimalement, on peut trouver d’autres alternatives viables qui laisseraient aux jeunes et aux parents le choix de l’outil tout en permettant aux enseignants d’intégrer des manuels scolaires numériques. Bref, des solutions qui seraient viables et fonctionnelles, peu importe que le jeune utilise un iPad, une tablette Linux, un ordinateur portable ou un téléphone intelligent. Il suffirait simplement d’utiliser un format libre et ouvert.

ebook reader noirÀ mes yeux, la solution la plus simple est un wiki plus ou moins fermé dans lequel on réserverait le rôle d’éditeur à un groupe d’auteurs/enseignants. Tous les étudiants pourraient le consulter, ils pourraient même contribuer sur certaines pages. Le wiki pourrait supporter des vidéos, des animations, des schémas, etc. Il pourrait facilement être modulaire, contenir des quiz, et des activités d’apprentissage comme des jeux sérieux ou autres. Il aurait aussi l’avantage d’impliquer les enseignants dans un processus très intéressant sur le plan de la professionnalisation, de la formation continue et de la reconnaissance.

Ainsi, les enseignants de mathématiques d’une CS ou d’une école pourraient collaborer selon leurs forces et leurs intérêts et partager des modules, des textes, des exercices, des documents de soutien. L’un pourrait enrichir le matériel de l’autre. On pourrait faire ça dans plusieurs domaines. On pourrait même envisager des ressources multidisciplinaires qui permettraient de concrétiser plusieurs idées récentes qui sont au coeur de plusieurs réformes partout dans le monde. Ce processus permettrait selon moi aux enseignants de démontrer qu’ils sont réellement professionnels, qu’ils sont plus que des techniciens qui suivent les indications écrites dans un manuel. Je sais que c’est un peu dur comme commentaire, mais je l’ai moi-même parfois pensé et je l’ai souvent entendu.

Évidemment, ça suppose de reconnaitre les enseignants comme des professionnels capables. Moi, j’en crois la majorité capable! Ça suppose probablement aussi de leur libérer un peu de temps et de leur fournir les ressources et la formation continue utiles. Ça, ce n’est pas encore gagner…

Vous en pensez quoi des manuels scolaires numériques?

Crédits images: Les images utilisées sont libres de droits et proviennent de la bibliothèque openclipart.org (mots clés: ebook).

La réponse est souvent dans la question… (Ma contribution à la table ronde de Clair 2012)

Un de mes enseignants du primaire m’a appris que, pour bien répondre à une question, il valait souvent mieux bien lire la question et la réutiliser. La réponse s’y trouvait souvent, Sinon, on y trouvait souvent tous ce qui était nécessaire pour bien formuler la réponse… J’ai été à l’école longtemps (primaire, secondaire, collégial, bac, maitrise et doctorat) et j’ai répondu à des milliers de questions dans des tests, des devoirs, des laboratoires, des exercices… Avec le recul, je crois pouvoir dire que c’est l’un des meilleurs conseils qu’on m’ait donnés à l’école ou à propos de l’école! Ce conseil était TRÈS utile et pertinent dans le contexte pédagogique dans lequel j’ai évolué…

Vous comprendrez que, par habitude, j’ai passé passablement de temps à lire les questions et le préambule proposés par le comité organisateur… Je cherchais LA réponse! Qu’est-ce qu’ils veulent entendre? Par contre, plus je cherchais, plus je développais un malaise… La référence au 21e siècle me semblait de moins en moins importante. Il m’apparaissait de moins en moins pertinent de penser au futur… Pour bien comprendre, vous aurez besoin du préambule: (La description entière de la table ronde est disponible sur le wiki de clair 2012.)

Une éducation de qualité procure un sentiment de pertinence en plus d’outiller avec l’équipement cognitif nécessaire pour un monde meilleur. Les TIC modifient les notions de distance et de temps et rabattent les murs de la salle de classe afin d’ouvrir celle-ci au monde entier. Une intégration judicieuse des TIC dans un écosystème de l’apprentissage doit être une responsabilité partagée par TOUS les intervenants en éducation. L’intégration pédagogique des TIC trouve toute sa place dans la mesure où nous ne savons pas ce que nous réserve l’avenir, ce que seront les métiers de demain et si nous préparons convenablement les jeunes sur ce qu’ils doivent savoir. L’enseignant d’aujourd’hui doit guider les élèves à développer les compétences qui lui seront nécessaires pour la vie. Les TIC sont des alliés dans cet immense défi pour aider l’élève à devenir un citoyen responsable.

Afin d’être congruent avec tous ces changements, diverses actions cohérentes seront nécessaires sur plusieurs plans, entre autres les programmes d’études, la dimension communautaire, la pédagogie et l’enseignement, l’évaluation des apprentissages, l’organisation physique et administrative de l’école, les choix technologiques, etc.

La découverte du décalage…

En étudiant le préambule, j’ai constaté que nous, les pros-TIC, faisons ou permettons des erreurs d’appréciation en apparence banales, mais qui faussent complètement nos capacités à décider de quelles directions prendre. À quelques parts, les prémices à nos raisonnements et questionnements sont souvent erronées ou pas suffisamment justes.

En y repensant, j’ai même constaté que c’est assez fréquent.

Ainsi, dans les discussions à propos des TIC et de la pédagogie, il me semble que l’on parle trop souvent de « ce qui est » comme si c’était « ce qui sera » (ou vice et versa). Parfois, notre erreur consiste à parler de « ce qui n’est pas et devrait l’être aujourd’hui » comme de « ce qui sera dans plusieurs années »… Il arrive aussi fréquemment que l’on fasse exactement le contraire et parle « de ce qui n’est pas encore sauf dans quelques exceptions » comme si c’était « ce qui est réellement et partout ». Bref, il me semble que l’on fait souvent des erreurs d’appréciation et celles-ci sont fréquentes et tellement importantes quand on tente de répondre à une question aussi essentielle que « Quelles directions prendre? ».

Ainsi, la première phrase du préambule débute par

Une éducation de qualité procure un sentiment de pertinence….

C’est, en apparence, un énoncé on ne peut plus vrai. C’est un fait!

Est-ce vraiment le cas? Parce que sinon, notre réflexion débute bien mal…

La recherche a effectivement démontré de plusieurs façons que les situations d’apprentissage signifiantes qui sont ancrées dans la vie réelle de l’apprenant, touchent à ses intérêts personnels et le place dans une situation réelle où les connaissances et compétences à développer sont utiles immédiatement, voire même nécessaires, sont les plus efficaces. D’ailleurs, toutes les situations d’apprentissage auxquelles j’ai pensé en tentant de répondre à la troisième sous-question proposée par le comité responsable de la table ronde étaient pertinentes pour moi, en tant qu’apprenant et en fonction de mon développement du moment. Elles étaient centrées sur moi, mes besoins, mes intérêts du moment… Voilà « quelque chose qui est »! C’est un fait. Plusieurs recherches le démontrent… Mais est-ce concret? Pour moi, quand je pense aux écoles et aux classes que je visite ou que mes filles fréquentent, c’est souvent plus « quelque chose qui n’est pas vraiment, mais devrait l’être» qu’une réalité. Et vous? Dans votre milieu? Autour de vous?

À mes yeux, ça ne s’arrange pas beaucoup quand on considère la fin de la phrase qui propose, qu’en plus d’être pertinente, une éducation de qualité doit aussi

…outiller avec l’équipement cognitif nécessaire pour un monde meilleur.

Ainsi, selon cette première phrase, une bonne éducation est axée sur le développement de compétences. C’est du moins ce que moi je comprends… Pour moi, on fait ici référence à des compétences transversales et disciplinaires nécessaires pour apprendre pour le reste de la vie. Or, pour plusieurs autres, on fait plutôt ici référence à un bagage de connaissances définies. Je prends pour preuve les reculs réguliers et importants qu’a connus le programme de formation de l’école québécoise depuis 2001. Bref, nous ne sommes définitivement pas encore tous d’accord sur ce qu’est « l’équipement cognitif nécessaire ». C’est une zone encore un peu brumeuse des savoirs relatifs à l’apprentissage. Ce n’est pas encore quelque chose d’évident, « quelque chose qui est »…

En continuant ainsi de lire le préambule, je lis que les « TIC modifient les notions de distance et de temps et rabattent les murs de la salle de classe afin d’ouvrir celle-ci au monde entier. » Pour moi, comme pour certains d’entre vous, c’est encore un fait. C’est « quelque chose qui est » déjà, aujourd’hui. Malheureusement, ce n’est pas vrai. C’est plutôt « quelque chose qui devrait être », mais ne l’est pas encore! Pour un très grand nombre de personnes, éducateurs et autres, ce n’est pas encore clair. Beaucoup de futurs enseignants, d’enseignants et de parents que je rencontre ne sont pas encore capables d’imaginer une situation pédagogique signifiante dans laquelle les « TIC modifient les notions de distance et de temps et rabattent les murs de la salle de classe afin d’ouvrir celle-ci au monde entier. » Ils ne pensent souvent même pas encore que ce soit nécessaire ou utile d’ouvrir la classe…

Quelles directions prendre alors?

On lit plus loin que les TIC sont des alliés qui peuvent aider les enseignants à « guider les élèves à développer les compétences qui lui seront nécessaires pour la vie ». Là encore, ce n’est pas un fait, du moins pas pour tous… Car pour admettre cela, pleinement le comprendre et le concrétiser en « quelque chose qui est », il faut avoir déjà réalisé l’importance des réseaux aujourd’hui, comprendre et accepter les changements qu’ils catalysent chez les jeunes, maitriser ces outils suffisamment pour en apprécier la flexibilité et les différents potentiels actuels, etc. Or, dans mon travail quotidien, je rencontre beaucoup de gens qui n’appréhendent pas encore les réseaux et les technologies à leur juste valeur. Le potentiel des TIC pour l’enseignement les dépasse toujours et, pour eux au moins, ce n’est pas encore « quelque chose qui est »…

Dois-je continuer?

Quelles directions prendre?

Pour moi, la voie est toute tracée…

Je ne crois pas que ce soit d’intérêt aujourd’hui de tenter de réaliser le modèle pédagogique du 21e siècle, car le modèle pédagogique qui aurait dû être hier et devrait être aujourd’hui n’est pas encore complètement en place pour beaucoup trop d’apprenants. Concentrons-nous sur aujourd’hui, sur les petits gestes que l’on peut faire maintenant pour catalyser le changement, pour que ce qui devrait être soit le plus rapidement possible…

Quelles directions prendre? Soyez des virus, hyperactifs et contagieux! (Ça, c’est inspiré de M. Canuel!) Soyez le changement que vous souhaitez voir! (selon Jacques Cool, c’est de Gandi!) Soyons de bons leaders. Continuons de poser des gestes quotidiens pour concrétiser l’éducation qui corresponde à la réalité d’aujourd’hui plutôt qu’à celle d’hier… Continuons, par exemple, d’expliquer aux parents, enseignants, administrateurs et politiciens la pertinence d’une approche par compétences dans laquelle les jeunes acquièrent des connaissances qu’ils apprennent à manipuler/utiliser/maitriser/lier… Continuons aussi de la mettre en pratique et de donner des preuves de plus en plus convaincantes de son utilité et de sa pertinence. faisons aussi la même chose en ce qui a trait aux technologies.

À court terme, peut-être réussirons-nous à concrétiser l’éducation d’aujourd’hui!

Ce n’est pas gagner d’avance! 🙁 Mais ensemble, peut-être…

*** J’ai choisi de classer ce billet dans la catégorie « Réforme » parce qu’il parle de changements nécessaires à mes yeux…

Grèves étudiantes… est-ce qu’il y aura un « suiveur »?

J’ai lu ce matin dans Le Devoirr que des étudiants de Laval seraient en grève ce matin. Il en a aussi été question à l’émission du matin à TVA.

Je me suis immédiatement demandé si ces premiers danseurs trouveraient des « suiveurs » en nombre suffisant pour créer un momemtum. Ceux de Clair 2012 comprendront. Pour les autres, allez regarder cette vidéo qui parle, d’un certaine façon, de leadership!

Clair 2012: Présentation de Stephen Downes

C’est avec plaisir que j’ai présenté le conférencier de l’après-midi à Clair 2012, M. Stephen Downes.

Stephen Downes travaille pour le « Conseil national de recherches du Canada » où il est chercheur sénior associé au « Learning and Collaborative Technologies Group ». Il se spécialise dans l’apprentissage en ligne, les nouveaux médias, la pédagogie et la philosophie. M. Downes a de nombreuses publications à son actif. Il publie, entre autres, une veille technopédagogique quotidienne à laquelle on peut s’abonner gratuitement via son site Web. fait à noter, 2300 personnes sont inscrites au cours qu’il donne en ligne avec Georges Siemens.

J’ai cité précédemment mon plaisir à présenter M. Downes… C’est que c’est la seconde année que je propose son nom pour Clair. C’est quelqu’un que je voulais vraiment rencontrer. Je n’ai malheureusement pas la chance de le connaître personnellement. Malgré tout, grâce au Web, j’ai tout de même un lien particulier avec lui. Pour moi, il est « la » personne qui m’a expliqué toute la puissance du Web 2.0, m’a incité à vraiment m’investir dans l’élaboration de mon EAP et, évidemment, m’a convaincu que je devais expliquer tout ça aux futurs enseignants… Si vous découvrez encore la puissance du Web 2.0 et la pertinence des EAP pour votre apprentissage et votre développement personnel, je crois vraiment que vous devriez aller écouter la vidéo de Stephen intitulé « Web 2.0 and your own learning and development ». C’est définitivement 21 minutes bien investies… Stephen Downes, c’est ensuite, pour moi, plusieurs commentaires, vidéos, interventions, réflexions à propos du connectivisme… Impossible de vous faire une liste. Commencez donc par fouiller ici (je le sais, c’est gigantesque!) ou ici (c’est encore pire, désolé!).

Pour moi, il est définitivement quelqu’un qui voit l’éducation autrement!

Bonne découverte…

Voici ce que M. Downes a présenté à Clair 2012. C’est une rétrospective très intéressante qui se termine avec le connectivisme et une ouverture vers le futur.