Les futurs enseignants et les TIC

Il y a quelques semaines, j’ai présenté un vidéo qui illustrait assez bien l’importance des TIC dans la vie d’étudiants américains et démontrait aussi l’inadéquation entre l’école d’aujourd’hui et la relation que les jeunes entretiennent avec le savoir. Après le visionnement, j’ai demandé aux étudiants d’aller sur mon blogue et de m’indiquer s’ils s’identifiaient à ce vidéo, si ça leur ressemblait. Ils devaient indiquer leur degré d’identification à ce vidéo à l’aide d’un pourcentage… Ça n’a rien de scientifique, mais voici les résultats avec une analyse partielle et personnelle :

  • 11% des répondants ont déclaré que ça ne leur ressemblait pas ou très peu. Ils se sont reconnu dans les frais de scolarité et dans l’horaire plutôt chargé qui oblige à faire plusieurs choses à la fois. Les TIC n’occupent cependant pas une part aussi importante de leur vie.
  • 35% s’identifient faiblement à ce vidéo. Ils utilisent les TIC souvent, mais n’ont pas encore abandonné les livres et sont encore satisfaits de leur cours et des pratiques pédagogiques actuelles.
  • 40% s’identifient moyennement à ce vidéo. Les TIC sont importantes dans leurs vies et ont commencé à remplacer les journaux et les livres.
  • Finalement, 14% s’identifient fortement ou tout à fait à ce vidéo. Les TIC occupent une part très importante dans la vie de ces étudiants qui sont occupés et qui bénéficieraient de quelques changements dans les pratiques pédagogiques. Ces étudiants ont, par ailleurs, reconnu que le cadre d’enseignement de l’UQAC est différent de celui de Kansas State University et mieux adapté à leurs besoins. Les groupes sont, par exemples, très petits.

En discutant avec eux, j’ai effectivement perçu que si la situation n’est pas tout à fait celle décrite dans le vidéo, mais qu’il y a néanmoins un mouvement d’amorcer. Surtout, ces futurs enseignants semblent majoritairement conscients du changement. Plusieurs reconnaissent déjà l’inadéquation entre l’école d’hier et les apprenants d’aujourd’hui. Ils seront peut-être capables d’adapter l’école de demain aux besoins et aux caractéristiques des apprenants…

Internet : La face de l’éducation change… Ou peut-être pas! On ne le sait pas!

Internet : La face de l’éducation change

Un journaliste de la Presse m’a téléphoné mardi soir. Désolé, j’étais dans une école secondaire de ma région à ce moment. Je ne pouvais donc pas prendre votre appel et réagir à la publication récente de Statistique Canada au sujet de l’apprentissage en direct.

J’ai pas vraiment eu plus le temps de le lire hier…

Radio-Canada en parle ce matin… Je vais donc le lire (le texte de Statistique Canada!) avec vous! Voici, « Live », mes commentaires. Notez que je critique très librement et ouvertement, car j’ai l’intention d’utiliser l’exemple en cours et d’en discuter avec mes étudiants. Je vous présente mes opinions, à vous d’y réfléchir…

Sommaire de mes impressions: Je me suis levé du mauvais pied ce matin. J’ai peut-être la critique facile. D’abord, ce texte ne correspond pas aux critères universitaires et il n’avait pas cette prétention. Ce qui est dommage, c’est qu’en les appliquant, on réalise que certaines des affirmations des auteurs ne sont pas appuyées. J’ose croire que les auteurs ont simplement oublié ou jugé que ce n’était pas utile, mais je me sens tout de même obligé de recommander la prudence. Cette seule source d’information n’est pas concluante bien que la description faite de la réalité me semble ressembler à mon environnement.

Premier paragraphe:

Le problème, de mon point de vue, avec ce genre de texte c’est que l’on manque parfois de précision ou de rigueur. Je le sais, il y a des chiffres, mais ça ne veut rien dire! Je peux moi aussi citer des chiffres! 100% des mes étudiants sont des utilisateurs experts de l’ordinateur! Je l’ai pris où ce chiffre? L’échantillon a été composé comment? Ben voyons, vous avez pas compris? C’est évident! 100% des étudiants avec qui j’ai travaillé ce matin sont des utilisateurs experts de l’ordinateur! L’univers est composé des 3 étudiants avec qui j’ai traviallé ce matin et qui sont tous très forts en informatique… Ah! Il manquait une référence… C’est vrai!

C’est pareil dans le texte de Statistique Canada. (peut-être un peu moins gros que mon exemple…) Premier paragraphe, j’ai un beau gros chiffre, impressionnant… Le genre de chiffre qui pourrait vous faire dire Wow! ou Beaurk! Mais il n’y pas de références! Et juste après ce beau gros chiffre, on vous laisse entendre que « Une telle utilisation de l’Internet pourrait contribuer à encourager l’apprentissage tout au long de la vie et à réduire les obstacles à l’apprentissage, notamment le coût et la distance. »

J’ai ajouté le gras sur le « pourrait »… C’est que ce n’est pas un fait, c’est une supposition. Rien de plus, mais le texte débute. J’imagine qu’on va appuyer cette supposition.

Continuons notre lecture!

Second paragraphe:

« on craint que »… Je note que l’auteur n’a pas établit de relation définitive entre les variables. Prenez donc garde de le faire… Surtout, en allant explorer rapidement la référence, je suis tombé sur ce passage qui semble indiquer qu’il n’y a pas de relation entre les frais de scolarité, le revenu et le taux de fréquentation de l’université. Au minimum, cet extrait suggère qu’il y a d’autres variables d’impliquer…

Toutefois, il est étonnant de constater que ce ne sont pas les provinces où les frais de scolarité sont les plus élevés qui affichent l’écart le plus important dans les taux de fréquentation d’université entre les jeunes à faible revenu et ceux à revenu élevé. (source)

Notez que dans la source, on nous parle de différences sans nous donner d’indice quant à leur degré de signification… Ces différences sont-elles statistiquement significatives? Parce qu’un graphique, ça peut aider à représenter une vraie différence ou simplement créer l’impression d’une différence…

J’ai une réunion qui débute dans 3 minutes… on y reviendra!

Le second paragraphe ce termine sur une question importante. Malheureusement, il me semble que la construction ou le raisonnement qui nous y amène est faible On craint que… Il semble que… Et les sources citées sont souvent d’autres documents de Statistique Canada. On aurait pu mieux justifier et amener cette question.

Section: De nombreux Canadiens utilisent l’Internet pour différentes raisons

Premier paragraphe

Les auteurs présentent plusieurs pourcentages et différences. Mais sont-elles significatives? À les lire il semble que oui. J’aimerais bien savoir comment ils ont déterminé que ces différences sont significatives. Si on a pas vérifier, et bien on ne peut pas vraiment utiliser cela pour construire… Ne me dites pas qu’ils l’ont surement vérifié parce que c’est Statistique Canada. Pour certaines analyses présentées plus loin, j’ai déjà repéré des indicateurs confirmant que les différences présentées étaient significatives. Pourquoi pas cette fois?

Second paragraphe (juste après l’encadré 1)

Les auteurs commencent le paragraphe avec une affirmation forte.

Les personnes plus âgées sont certes moins susceptibles d’utiliser l’Internet aujourd’hui…

Les statistiques sur lesquels cet énoncé repose sont celles que j’ai critiqué il y a quelques lignes. Pour moi, cet énoncé a donc peu de force… Par contre, l’explication proposée est simple et probablement très proche de la réalité.

Le paragraphe suivant présente d’autres statistiques… Même reproche. La question soulevée est tout de même intéressante. On arrive enfin dans le cœur du sujet.

Section: Qui utilisent l’Internet à des fins d’éducation?

Le premier paragraphe de cette section se conclut sur une précision intéressante: les statistiques citées excluent les personne qui utilisent Internet, mais pas à la maison. Mais si vous allez à l’université pour naviguer? Et si vous faites les travaux scolaires liés à votre cours du soir au boulot, le midi et durant vos pauses? Et si vous allez chez votre frère, votre mère ou votre copain pour accéder à Internet! Un beau prétexte pour visiter souvent et garder le contact. Bref, il y a une petite limite ici dont il faut tenir compte lors de l’appréciation des résultats.

Vient ensuite le tableau 1. Je note d’abord que l’on indique sous le tableau que les différences observées sont significatives. Bravo! Merci! Mais pourquoi ne pas l’avoir fait plus tôt, pour les autres observations? Ainsi, le tableau nous informe qu’il y a des différences significatives entre les personnes qui utilisent Internet à des fins d’éducation et les autres utilisateurs. Rien de plus… (Si le paragraphe qui précède le tableau vous a laissé penser à autre chose, oubliez-le!) Mais c’est déjà beaucoup! On apprend ainsi que, dans l’échantillon consulté (et j’imagine qu’il était important!), les individus qui utilisent Internet à des fins d’éducation étaient plus jeunes, moins souvent mariés et plus éduqués. Ils ont ensuite plus souvent des enfants de moins de 18 ans, habitent en plus grande proportion une région urbaine et sont plus nombreux à avoir des revenus supérieur à 80 000$

Le tableau 2 nous informe qu’il existe une différence significative entre les utilisateurs à des fins d’éducation de Terre-Neuve/Labrador (20%), du Nouveau-Brunswick (20%), du Québec (21%) et de l’Ontario (32%) et la moyenne canadienne qui est de 26%. Par contre, même si le tableau a la même forme que le précédent, l’information présentée ne permet pas de conclure qu’il y a une différence significative entre les provinces ou qu’il y a une différence significative entre les différents types d’utilisateurs. Dommage car c’est probablement le cas… À ce stade de ma lecture, je me questionne quant à l’affirmation faite à la fin du paragraphe qui précède le tableau 2. Sur quoi ce base-t-on lorsque l’on indique:

Les habitants des régions rurales et des petites villes étaient moins susceptibles d’utiliser l’Internet à ces fins (20 %, contre 31 % pour les résidents urbains).

Section: Les utilisateurs à des fins d’éducation s’impliquent davantage envers l’Internet

Le tableau 3 nous permet de conclure que les utilisateurs à des fins d’éducation sont différents des autres utilisateurs. Je n’ai pas vraiment de doutes, le tableau semble assez claire et la note précise clairement que c’est significatif… Comme je suis plutôt critique aujourd’hui, je me demande pourquoi il y a maintenant seulement 2 catégories d’utilisateurs? 🙁

Section: La recherche est l’utilisation liée à l’éducation la plus répandue

Les statistiques présentées avant le graphique 1 sont descriptives et les auteurs sont prudents. 🙂

Notez qu’il y a une autre petite limite à la recherche, limite qui était probablement hors du contrôle des auteurs de ce texte. Pour moi, l’éducation à distance inclue souvent le courriel, d’autres fois la recherche d’informations, la communication avec un professeur, etc. Bref, les catégories ne sont pas mutuellement exclusives. Il y a donc une possibilité d’erreur probablement attribuable au questionnaire et au protocole d’enquête. J’ai téléchargée le questionnaire et effectué une recherche avec les mots clefs « éducation à distance » afin de repérer la question à ce sujet. Elle se retrouve à la page 19 et porte le numéro EU_Q01. Les répondants pouvaient choisir plusieurs réponses. Et si certains d’entre eux avaient répondu « éducation à distance » en pensant que ça incluait les autres usages possibles?

Le graphique 2 et la note associée semblent confirmer qu’il y a une différence entre les régions en ce qui a trait à l’utilisation d’Internet à des fins d’éducation. Il semble car, en consultant la note en fin de texte 14, je constate que la seule analyse citée est une régression logistique. Normalement, lorsque l’on fait une régression, c’est pour étudier ou vérifier l’existence d’une relation, pas d’une différence. Je ne suis pas expert en statistiques, mais lorsque je consulte les résultats d’une régression je recherche de l’information quant à la relation et à son importance (% de variance expliquée). (Ce site donne des informations de qualité au sujet des statistiques et cette page porte spécifiquement sur la régression logistique.) Dans cette régression, la relation entre l’emplacement géographique et l’utilisation de l’Internet pour l’éducation à distance n’est significative que lorsque l’on considère l’emplacement géographique, l’âge et le revenu dans la régression. Les auteurs précisent que son importance a diminué lorsqu’ils ont voulu considérer la scolarité, la langue de l’entrevue et la présence d’enfants (qui sont des catalyseurs de l’intégration des TIC dans les familles à mon avis!). Tout cela veut dire que l’emplacement géographique a une contribution personnelle faible à l’utilisation d’Internet à des fins éducatives lorsque l’on considère l’ensemble des variables citées plus haut.

Je viens de corriger mon billet et d’effacer quelques lignes… Dans ce cas, la régression permet de conclure à une différence. Ceux qui ont lu le billet au moment où je l’écrivais on malheureusement pu être induit en erreur. Désolé!

C’est résultats sont donc décevants… Il semble bien exister une relation entre l’utilisation d’Internet à des fins pédagogiques et l’emplacement géographique, mais cette relation perd en importance lorsque l’on considère d’autres variables importantes. J’aurais bien aimé avoir les résultats de la régression. Les autres variables sont-elle significativement liées à l’utilisation d’Internet à des fins d’éducation? Et quel pourcentage de la variance est expliqué?

MC sur l’éducation… Entrevue de Patrick Lagacé

Les Francs Tireurs / Entrevue / Télé-Québec

Le fichiers sonore de l’entrevue…

Rien à voir avec le design pédagogique ou les TIC. Mais il faut en discuter…

MC: …Je suis pas une ardente défenderesse de la réforme, cela dit–

PL: Bien, si vous l’êtes pas, c’est surprenant.

MC: Ah non, je le suis pas. Sincèrement. Encore là, posez la question aux fonctionnaires, vous allez voir qu’ils trouvent que depuis six mois, je remets beaucoup de choses en cause.

PL: Oui, sur les modalités, mais pas sur le fond.

MC: Non, sur le fond. Vraiment sur le fond.

PAUSE! J’ai une question… Qu’est-ce qu’elle en connait du fond? (continuer à lire pour comprendre le sens de ma question…)

Quelques secondes plus tard…

PL: Comment ça se fait qu’il y a des fonctionnaires, probablement sur des comités paritaires puis des tables de ??tage, qui ont décidé que « chauve-souris », si un élève avait envie de l’écrire sans trait d’union, c’était correct? C’est délirant.

MC Je suis d’accord avec vous. Comme, par exemple, dans la commission scolaire de Laval, on ne donne plus de dictée. Je suis pas d’accord avec ça.

PAUSE!

Pardon? Plus de dictée? Ma blonde enseignait à Laval, au primaire, jusqu’en juin 2005 et il y avait encore des dictées à ce moment… J’ai fait un téléphone aujourd’hui, l’enseignante consultée donne toujours des dictées. Mythe urbain ou désinformation pour mousser son opinion?

Continuons…Quelques secondes plus tard…

MC: Oui, c’est vrai. Et c’est pour ça que je vous dis: Pour être ministre dans ce ministère-là, ça demande beaucoup d’énergie. Il faut vouloir affronter. Il faut vouloir non seulement challenger, mais il faut vouloir être contre. Puis envers et contre tous.

PL: Donc être ministre de l’Éducation, c’est pas un cadeau. Je veux dire, c’est un cadeau empoisonné parce que les fonctionnaires sont des têtes de cochons.

MC: Non. Jean Charest m’a fait un immense cadeau le jour où il m’a offert l’Éducation.

PL: On a pas la même définition de « cadeau », madame Courchesne.

MC: Oui, parce que je suis une femme de défis puis je suis une femme de changements.

PL: Vous me parlez comme un communiqué de presse.

PAUSE!

Envers et contre tous… Vouloir être contre… Mais c’est un beau cadeau car elle aime les défis! Dans cet extrait, j’entends une politicienne qui se construit une image sur le dos de l’éducation et d’un bon nombre de professionnel qui ont peut-être été mal guidé… Rien de bien profond!

Plus tard elle en ajoute et se détache de son équipe… Tout un leader! Elle parle ensuite de ses réalisations. Bulletins chiffrés, redoublements… Dans le premier cas, j’étais et je demeure contre. J’ai expliqué pourquoi ici… Dans le second cas, j’ai bien peur que ce soit une initiative fondée sur des connaissances vérifiées qui a été mal compris, tournée en épingle et mal gérée. Peut-être par manque de leadership, justement! Au départ, dans les écoles, on parlait de donner un chance jusqu’à la fin du cycle… Pour toutes sortes de raisons. Lentement, alimenté par des gens pas toujours au courant et qui profitaient d’une tribune, le discours a changé. un commissaire a mis de la pression sur une directrice moins « solides »… Lorsque consulté par une collègue sur laquelle des parents mettaient de la pression, elle a dit qu’elle était convaincue que c’était la politique officielle et la meilleure façon de faire… Lentement, la mauvaise compréhension est devenue un fait… Pendant ce temps, on a changé de Ministre trop souvent, il y avait plus de chefs que d’indiens, mais personne n’exerçait un vrai leadership en se fondant sur des connaissances vérifiées.

Lui propose de nous mettre au pas… Elle dit qu’elle l’a fait!

Mais au pas en fonction de quoi, les croyances de personnes non-qualifiées? Bon, j’ai pas aimé… J’écouterai la suite plus tard!

🙁

Sur les conditions favorisant l’intégration des TIC

En septembre dernier, j’ai demandé des volontaires pour participer à un projet pédagogique. J’ai fait appel aux lecteurs de PédagoTIC, aux Reptic des Cégeps, à la liste Édu-Ressources et à plusieurs de mes contacts. J’ai ensuite jumelé des équipes d’étudiants avec un volontaire. Les étudiants devaient interviewer « leur » volontaire au sujet des conditions qui facilitent ou nuisent à l’intégration des TIC. La semaine dernière, les futurs enseignants ont présenté oralement les réponses des volontaires. Voici un résumé des conditions qui favorisent ou facilitent l’intégration des TIC! C’est ce que j’ai retenu et compris. Peut-être les étudiants décideront-ils de compléter…

Un résumé des éléments qui nuisent ou ralentissent l’intégration des TIC suivra prochainement…

Qui sont les volontaires?

L’échantillon des volontaires est varié.

Il y a d’abord plusieurs enseignants du préscolaire, du primaire et du secondaire. Parmi les représentants du secondaire, certains proviennent du réseau privé. Parmi les enseignants, au moins une personne a fait des études doctorales et a déjà participé à des recherches portant sur l’intégration des TIC et une autre est née dans un milieu familial pro-TIC. Les autres sont le plus souvent autodidactes. Au moins une enseignante était à la retraite et deux étaient identifiées comme personnes-ressources dans leur école en ce qui a trait aux TIC. Ils travaillent en région et dans les grands centres.

Plusieurs volontaires étaient conseillers pédagogiques spécialisés dans les TIC. Ils provenaient du primaire/secondaire et du collégial. La majorité des volontaires étaient enseignants avant d’occuper ce poste. D’autres sont ensuite gestionnaires. Directeurs d’écoles primaires ou secondaires, directeurs des services informatiques d’une CS ou directeur de CS. La majorité de ces gestionnaires ont déjà été enseignants, au Québec ou ailleurs au Canada.

Finalement, quelques volontaires sont des universitaires européens ou québécois.

Outils et moyens de communication

Plusieurs moyens ont été utilisés par les futurs enseignants afin de questionner « leur » volontaire. La majorité a réalisé l’entrevue en mode synchrone. Quelques chanceux ont pu rencontrer « leur » volontaire en face à face. Les autres ont utilisé le clavardage (AIM, Messenger), la vidéocommunication (Skype, VIA) ou le téléphone. Quelques équipes ont préféré le mode asynchrone et plutôt utilisé un questionnaire et le courriel.

Résumé des conditions favorisant l’intégration des TIC.

Les conditions nommées sont nombreuses. Je les ai donc regroupés par catégorie. Ces catégories ne sont pas toujours mutuellement exclusives… Désolé!

1. Soutien

Selon les volontaires, il est d’abord important qu’un technicien soit vraiment disponible. Ce dernier devrait idéalement être sur place ou pouvoir y être rapidement (5 minutes?). Il devrait ensuite être compétent et, surtout, compréhensif. Les enseignants ont des visées autres que l’efficacité ou la stabilité des logiciels et s’intéressent peu aux difficultés d’installation…

Les volontaires ont ensuite précisé que le soutien offert aux enseignants devrait aussi être pédagogique, pas seulement technique. Certains croient aussi que le soutien est meilleur lorsqu’il provient du groupe. Plusieurs solutions ont ainsi été proposées par les volontaires telles que la nomination et le dégagement partiel d’un des enseignants de l’école et la mise en place d’un réseau d’élèves « experts » au niveau de la classe ou de l’école, des élèves capables d’aider les autres apprenants et les enseignants.

2. Caractéristiques de l’enseignant

Certaines caractéristiques de l’enseignant semblent en mesure de faciliter l’intégration des TIC. La première serait d’être en mesure d’entretenir de bons rapports humains avec les apprenants, d’avoir un lien fort avec ces derniers et d’être en mesure de réellement communiquer avec eux.

L’ouverture d’esprit est une deuxième caractéristique de l’enseignant qui faciliterait la réussite de l’intégration des TIC. Les volontaires ont, entre autres, parlé d’être à l’affût des nouveautés, de se renseigner à ce sujet et d’essayer de les comprendre. Il a aussi été proposé que les enseignants ne devaient pas avoir peur d’essayer de nouvelles technologies ou méthodes pédagogiques et de faire confiance aux jeunes.

Plusieurs répondants ont parlé de l’importance de la motivation. Il faut être prêt et désireux de s’investir. Les enseignants doivent aussi être suffisamment motivés pour se responsabiliser par rapport aux TIC et à la formation.

Une forte majorité de volontaires a fait référence à l’utilisation des TIC. Il a été question de maîtriser les bases de l’informatique ou d’avoir certaines connaissances minimales. Un volontaire a parlé de l’importance d’être dans une zone de confort ou d’aisance… On nous a aussi dit que les TIC sont un peu viscérales. J’ai compris que dans son cas ça venait des tripes et que ceux qui ne sont pas instinctivement ouverts aux TIC devraient se les approprier pour développer certains réflexes d’utilisation. Au moins un intervenant à parler de l’importance de connaître les avantages des TIC et les usages possibles.

Plusieurs qualités personnelles ont aussi été citées telles que la patience, la flexibilité cognitive ou la capacité d’adaptation aux changements et la capacité d’improvisation.
Selon certains volontaires, les enseignants qui réussissent le mieux l’intégration des TIC aiment collaborer et travailler en équipe. Ça me semble logique puisque l’on doit souvent se fier à la compétence d’un technicien ou d’un collègue et que les projets TIC sont souvent réalisés à plusieurs.

La dernière caractéristique de l’enseignant qui semble faciliter l’intégration des TIC selon les volontaires (tous les volontaires ne l’ont pas dit, mais plusieurs…) serait de concevoir les apprenants comme le centre du processus d’apprentissage et de se préoccuper d’abord et avant tout d’eux! En lien avec cela, il semble que les enseignants qui réussissent seraient ceux qui mettent la pédagogie à l’avant-plan plutôt que de se centrer sur la technologie.

3. La pédagogie et la planification

Plusieurs conseils ont aussi été offerts quant à la planification ou à la pédagogie. L’intégration devrait être progressive et graduelle. Il faut commencer avec des projets simples et l’on nous a recommandé d’utiliser des outils/logiciels avec lesquels nous sommes à l’aise.

L’intégration devrait aussi avoir un but ou être organisée autour d’une intention pédagogique claire.

Les TIC devraient ensuite remplacer d’autres activités. Les TIC ne sont pas un surplus. Par contre, il vaut mieux avoir un plan B ou prévoir un autre moyen de faire les mêmes apprentissages. (Ce commentaire était souvent associé à d’autres au sujet de la qualité de l’équipement… J’en parle plus loin.)

Il serait aussi aidant de prévoir l’utilisation des compétences des apprenants et de miser sur les apprenants les plus compétents en TIC pour offrir du soutien au niveau de la classe ou des équipes de travail.

Finalement, il ne faut pas interdire et obliger, mais plutôt éduquer les apprenants à faire des choix intelligents et leur expliquer pourquoi. (Exemple: interdire Google)

4. Matériel informatique

La très forte majorité des volontaires semblent avoir discuté de l’importance du matériel informatique. Les outils doivent d’abord être disponibles en quantité suffisante. Le ratio apprenant-ordinateur devrait être élevé. Idéalement, il serait d’un ordinateur par apprenants et ces ordinateurs seraient portables ou, à tout le moins, localisés dans la salle de classe. D’autres intervenants ont proposé d’utiliser des laboratoires mobiles. Le matériel doit ensuite être fonctionnel (en bon état!), les logiciels récents et mis à jour régulièrement et la configuration de base des ordinateurs d’une même classe ou d’un même laboratoire devrait être identique. Le choix des outils est primordial. Les logiciels devraient être stables, supportés par un réseau fort, et leur utilisation devrait être facile du point de vue de l’enseignant et des apprenants (pas du point de vue du technicien en informatique!). Chaque enseignant devrait aussi avoir un portable. Cela contribuerait, entre autres, à faciliter l’appropriation des outils pas les enseignants. La connexion à Internet devrait ensuite être rapide partout dans l’école et la CS. Un accès sans fil au réseau permettrait aussi plus de mobilité dans la salle de classe et serait plus flexible du point de vue des méthodes pédagogiques. Finalement, la disponibilité d’autres technologies tels que des caméras numériques (photographie et vidéo), magnétoscopes, lecteurs DVD et téléviseurs aiderait aussi.

5. Équipe-école

L’équipe-école pourrait aussi faciliter l’intégration des TIC si elle est unie, la communication y est bonne et les interactions nombreuses, si on y fait preuve d’ouverture par rapport aux TIC et qu’elle se donne un projet d’équipe lié aux TIC. Identifier une personne-ressource aiderait aussi. Il importerait ensuite de reconnaître les efforts des enseignants et de libérer du temps pour permettre la planification et la réalisation des projets TIC. Le fait d’avoir un enseignant pouvant servir d’exemple dans une école serait important (rayonnement) et la présence de jeunes enseignants faciliterait aussi la mise en place de projets TIC. Le ratio élèves enseignants serait aussi important. Le plus bas, le mieux! L’équipe-école pourrait contribuer positivement à l’intégration des TIC en offrant/diffusant/annonçant les occasions de formation et d’intégration des TIC.

6. $$$

Plusieurs individus ont parlé des budgets. Il devrait y avoir un budget réservé aux TIC et bien distribué entre le matériel et la formation. Certains budgets devraient être accordés ponctuellement pour permettre des mises à jour importantes, d’autres, plus réguliers, pourraient servir à la formation. Plusieurs répondants ont laissé entendre que d’utiliser des logiciels libres pourrait, à plus ou moins long terme, favoriser l’intégration des TIC…

7. Formation

La formation continue des enseignants au sujet des TIC et de la pédagogie est aussi ressortie comme une condition favorisant la réussite de l’intégration des TIC. Cette formation devrait permettre aux enseignants d’acquérir des compétences en fonction de leur niveau personnel de compétence. La formation est importante, car elle permet aux enseignants de s’adapter aux TIC au même rythme que les apprenants. Plus de formation initiale serait utile et de la formation continue devrait toujours être facilement disponible et accessible pour les enseignants motivés qui ont des besoins.

8. Cohérence des objectifs des différents services

Au moins un volontaire à parler de l’importance d’organiser des rencontres fréquentes entre les services informatiques et les enseignants et de mettre en place des conditions propices à l’écoute. Je porte peut-être cette idée plus loin que ce que son auteur désirait, mais je crois que c’est essentiel à la réussite de l’intégration des TIC parce que ça contribuera à uniformiser les buts et visées des différents acteurs impliqués.

9. Loi

L’organisation même du programme de formation québécois semble, dans certains cas, pouvoir faciliter la réussite de l’intégration des TIC puisque le fait que les TIC figurent à notre programme de formation a été identifié comme une force.

Autres sujets abordés

Les futurs étudiants ont profité de cette occasion pour questionner les volontaires sur bien plus que les conditions/barrières à l’intégration des TIC. Les sujets suivants ont, entre autres, été discutés:

  • Projet-école
  • Plan d’action TIC de la CS
  • Projets ou exemples d’intégration des TIC
  • Formations disponibles et favorisées par les enseignants
  • Avantages associés aux TIC
  • Relation entre les TIC et la motivation
  • Pédagogies propices à intégrer les TIC
  • Situation des TIC dans les CÉGEPS et CS

    • nombre d’ordinateurs
    • utilisation
    • Qualité du matériel
    • âge du matériel
  • Niveaux de compétences des jeunes et des enseignants
  • Attitude générale des enseignants et des apprenants vis-à-vis des TIC
  • Soutien TIC disponible dans les CS
  • Logiciels les plus utilisés
  • Limites imposées aux jeunes dans les laboratoires, sur les réseaux et dans les classes

Beaucoup plus tard…

Mario souligne ce billet dans son blogue.

Ce billet du « Ze cool blogue » parle des conditions gagnantes…

Est-ce que ça ressemble vraiment à nos étudiants?

Pop quiz! Tous à vos claviers! Vite! Allez… Fini les bavardages… Je veux SAVOIR et vous pouvez m’aider!

La situation décrite dans ce billet (lien plus bas) vous semble-t-elle actuelle? Est-ce vous?

  1. Lisez le billet de François: Les universités aux prises avec la i-génération – Guitef.
  2. Retournez dans PédagoTIC et, dans un commentaire à CE billet (celui que vous lisez à l’instant!), …

** Indiquez si vous êtes étudiants (niveau?), enseignant (niveau?), chercheur, parent ou autre…

** Indiquez ensuite dans quelle mesure la situation décrite vous semble bien réelle (utilisez un pourcentage).

** Expliquez ensuite votre évaluation en fournissant des explications.

** Indiquez finalement ce que vous pensez qui arrivera demain? Quels changements anticipez-vous pour la prochaine génération?

Au travail!

Mise à jour (quelques heures plus tard…)

Voici la vidéo qui se trouve sur le blogue de François:

Voici l’autre vidéo proposée sur le blogue de François:

J’ajouterai d’autres vidéos ce soir…

Cette autre vidéo pourrait aussi vous intéresser et nourrir votre réflexion. On y présente une certaine vision du monde en questionnant le spectateur quant à l’adéquation entre la salle de classe « en rang d’onions » et le monde actuel… La réflexion n’est pas complète, mais c’est tout de même intéressant.

En fouillant sur Youtube (mots clefs: Today’s learner »), j’ai aussi trouvé ce vidéo intitulé « Today’s Learner »… Pas de texte. Pas de commentaire. Juste des images tournées dans une classe du secondaire. (Grade 9 = Secondaire 3!)

Conditions pour réussir l’intégration des TIC

un volontaire qui n’a pas été jumelé vous propose ces liens vers des articles qu’il a signé…

Constructivisme, socioconstructivisme et connectivisme – Guitef

Constructivisme, socioconstructivisme et connectivisme – Guitef

François a décidemment un cerveau en ébullition… J’adore ses schémas et ses cartes conceptuelles.

Cette fois, il réfléchit aux avantages associés à l’utilisation des blogues depuis différent point de vue (constructivisme, socioconstructivisme, connectivisme) et discute brièvement des changements en cours dans le monde du travail. Ces changements affectent aussi le monde de l’Éducation.

Lecture fortement recommandée pour tous mes étudiants… Ça recoupe plusieurs des idées déjà présentées ou qui le seront bientôt!