Mercredi 10 juin

13 h 30 à 15 h 30

Bibliothèque Paul-Émile-Boulet – Shaputuan – ÉdUQACtion

Activité s’adressant aux personnes inscrites au Forum.

À la croisée de la bibliothèque vivante et du cercle de partage, des étudiantes et des étudiants autochtones et des personnes aînées membres des Premières Nations prennent la parole pour devenir des livres humains. À travers leurs récits, ils et elles partagent leur rapport à l’éducation, leurs expériences d’apprentissage et leurs aspirations, faisant émerger des perspectives multiples, profondément ancrées dans leurs parcours.

Dans une atmosphère d’écoute et de respect, ces témoignages ouvrent un espace de réflexion et de dialogue, qui se poursuit ensuite dans un cercle de partage où chaque personne est invitée à dire ce que ces voix et ces histoires ont fait résonner en elle.

Bradley Bacon

Bradley Bacon est un membre de la communauté innue d’Unamen Shipu, au Québec, reconnu pour son engagement envers la jeunesse, la culture et le développement communautaire. Dès l’âge de 16 ans, il s’implique activement dans sa communauté, d’abord comme aidant de messe puis comme interprète pour le curé, développant ainsi un fort sens du leadership et du service auprès des siens. Au fil des années, Bradley se distingue par son implication dans plusieurs initiatives communautaires et culturelles. Porte-parole du Réseau jeunesse des Premières Nations, il se fait notamment connaître grâce au documentaire Partir pour l’école, réalisé avec Wapikoni Mobile en 2013. Il participe également à un projet de journal communautaire à titre de rédacteur en chef, avec l’objectif de sensibiliser les jeunes innus à l’importance de l’éducation, de la persévérance scolaire et de l’engagement social. Traducteur et interprète innu, Bradley œuvre aujourd’hui à offrir différents services aux membres de sa communauté par l’entremise de son cabinet de conseils. Inspiré par son père, ancien dirigeant de bande, il souhaite encourager les jeunes à croire en leur potentiel, à poursuivre leurs études et à s’impliquer davantage dans leur milieu afin de contribuer à un avenir plus fort et inclusif pour les générations futures.

 

Leticia-Uasheiau Bacon

Pekuakamiulnu de Mashteuiatsh, Leticia-Uasheiau Bacon est coordonnatrice à la sécurisation culturelle au Vice-rectorat au communautaire, à l’international et aux Premiers Peuples de l’Université de Montréal. Après avoir grandi au sein de sa communauté, son intérêt envers les êtres humains et leurs façons de penser l’a menée à compléter un baccalauréat en psychologie à l’Université de Montréal. Pouvoir aider les gens a toujours fait partie de ses objectifs d’études et de travail. Sensible aux enjeux dont peuvent être victimes les membres des Premiers Peuples, elle aspire à faire une différence dans leur quotidien pendant leurs études, et après également. Depuis 2024, elle accompagne des personnes diplômées autochtones dans le cadre du Programme Leadership autochtone grâce à la fondation McConnell. Celui-ci permet aux personnes diplômées autochtones de la province de recevoir une aide à leur intégration sur le marché du travail en étant jumelé à un milieu de travail qui reçoit aussi un accompagnement en sécurisation culturelle.

 

 

Lucie Basile

Je suis une femme Atikamekw de la communauté de Wemotaci. J’ai vécu les premières années de mon enfance en territoire, Notcimik, avec ma famille et le mode de vie traditionnel que j’ai dû quitter onze années pour le pensionnat indien de Saint-Marc-de-Figuery en Abitibi puis pour le pensionnat indien de Pointe-Bleue au Lac-St-Jean. J’ai ensuite étudié en secrétariat au Collège d’affaires de Chicoutimi. Puis j’ai étudié au College Manitou à La Macaza où je me suis marié et eu quatre enfants. A cette époque, pour une femme autochtone, un mariage avec un allochtone menait à la perte de nos droits et statut indiens. En 1982, j’étais de l’équipe qui a mené à l’ouverture du Conseil de la Nation Atikamekw à La Tuque. J’ai été membre du Conseil d’administration de l’Association des Femmes Autochtones du Québec, interpellée par la cause des femmes autochtones notamment pour le dossier de la loi C31. J’y ai siégé pendant dix années. J’ai eu l’occasion de faire plusieurs voyages dans le monde. J’ai fait carrière comme interprète médicale au Centre de Santé et Services Sociaux de La Tuque et comme interprète judiciaire agréée pour le Ministère de la Justice du Québec et dans les dossiers de règlements des pensionnats indiens. En tant qu’interprète atikamekw, j’ai contribué au développement de manuels de termes médicaux et de termes juridiques. J’ai été candidate aux élections de chefferie de Wemotaci et au poste de Grand Chef de la Nation Atikamekw. J’ai d’ailleurs été la première femme atikamekw à le faire. J’ai ensuite été mandatée par le Conseil des Atikamekw de Wemotaci pour collaborer à la mise sur pied de la Maison des Ainés de Wemotaci. Maintenant à la retraite, je continue de transmettre mes connaissances et mon expérience à mes petits-enfants ainsi qu’à ceux et celles qui me rendent visite ou qui m’invitent.

 

Photo de Dave ClearyDave Cleary

Originaire de la communauté atikamekw d’Obedjiwan, Dave Cleary est diplômé du collège Kiuna et poursuit actuellement des études au baccalauréat en psychoéducation à l’Université du Québec à Trois-Rivières. Très engagé dans la vie universitaire, il est président de l’Association des étudiant.es des Premiers Peuples de l’UQTR. Porté par la parole de ses aînés, il s’emploie à tisser des liens entre les savoirs de tradition orale qu’il a reçus et ceux acquis à l’université, dans une approche holistique autochtone. Ouvert et sensible, il s’intéresse également à la recherche et explore l’écriture poétique, nourrie par un profond lien à sa spiritualité.

 

 

 

 

Jacinthe Connolly

Jacinthe Connolly, Ilnue de Mashteuiatsh, est engagée depuis plus de 35 ans sur le « chemin rouge », un parcours de reconnexion aux pratiques culturelles et spirituelles. Après une reprise en main en 1992, elle obtient un DEC en éducation spécialisée en 1996 et consacre 25 ans de carrière au sein de milieux autochtones. Forte d’une grande expérience en relation d’aide, elle accompagne divers publics : jeunes en difficulté, femmes victimes de violence conjugale, personnes judiciarisées, adultes aux prises avec des problèmes de toxicomanie, ainsi que des survivants des pensionnats et leurs familles. Son approche fait de l’accompagnement un véritable outil de transmission et de guérison, notamment dans le contexte de la Commission de vérité et réconciliation. À la retraite, elle demeure très active dans la défense des droits des peuples autochtones. Elle participe au premier comité des usagers autochtones du CIUSSS Domaine-du-Roy, créé à la suite de l’affaire Joyce Echaquan. Elle milite pour mettre fin aux injustices (pensionnats, racisme, femmes et filles disparues) et insiste sur l’importance de l’éducation pour favoriser la réconciliation. En 2025, elle porte cette vision à l’international lors d’une rencontre préparatoire du G7. Elle poursuit aujourd’hui son engagement en sécurisation culturelle auprès des étudiants autochtones du Cégep d’Alma.

 

Germaine Dubé‑Courtois

Femme atikamekw née à Manawan, Germaine Dubé‑Courtois porte en elle la mémoire vivante de son peuple, façonnée par les épreuves et la résilience. Aujourd’hui arrière‑grand‑mère, celle-ci a connu le pensionnat de Pointe‑Bleue à Mashteuiatsh, là où sa langue lui a été interdite avant qu’elle ne la retrouve et la fasse vivre avec fierté. C’est l’amour qui l’a ramenée à Mashteuiatsh, sur ce même territoire chargé d’histoire, où elle a poursuivi son chemin de guérison. Artisane engagée, elle a aussi obtenu, à l’âge de 67 ans, une attestation d’études collégiales en travail social, poursuivant avec persévérance son désir d’aider les siens. Son parcours témoigne d’une volonté profonde de transmettre, ancré dans un long chemin de guérison et de réappropriation. Nous l’accueillons avec respect, dans l’écoute de sa parole et de ce qu’elle souhaite nous transmettre aujourd’hui.

 

 

 

Zednick Fontaine Jourdain

Membre de la communauté innue de Uashat mak Mani-Utenam, Zednick Fontaine Jourdain est étudiant au baccalauréat en psychologie à l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC). Animé par un profond intérêt pour la relation d’aide, il s’intéresse particulièrement au bien-être et au développement des enfants et des adolescents. Ayant grandi dans sa communauté, il a été influencé par des valeurs traditionnelles innues telles que le partage, l’entraide, le respect et l’importance des liens communautaires. Ces valeurs continuent aujourd’hui d’orienter son parcours personnel et professionnel. Impliqué activement dans sa communauté, Zednick occupe actuellement un poste de chargé de projet pour un camp de jour destiné aux enfants ayant des besoins particuliers. Il manifeste un intérêt marqué pour le développement de ressources et de services visant à soutenir les individus dans leur parcours personnel et social. Sensible aux enjeux liés à la santé mentale, il aspire à contribuer à l’amélioration de l’accessibilité des services et à faire une différence positive au sein des communautés en favorisant le mieux-être et l’accompagnement.

 

 

Photo d'Émilie FortinEmilie Fortin

Québécoise et ilnue de la communauté de Mashteuiatsh, Émilie Fortin est physiothérapeute, diplômée du baccalauréat et de la maîtrise en physiothérapie à l’Université du Québec à Chicoutimi. Elle poursuit actuellement un doctorat sur mesure portant sur le développement de l’intervention par (ou avec) la Nature pour la gestion de la douleur chronique en contextes culturels autochtone et allochtone. Son parcours se distingue par une approche intégrative qui met en dialogue les savoirs autochtones et occidentaux. Animée par un profond respect du Territoire, de la culture et du vivant, elle s’intéresse à la santé globale et aux liens entre les dimensions physique, émotionnelle, mentale et spirituelle du bien-être. Membre du réseau de chercheur·es autochtones émergents en santé autochtone de l’ERRSA-Qc et de l’Association de Physiothérapie Environnementale, Émilie s’engage à développer des pratiques de soin plus relationnelles, ancrées dans le Territoire, la culture et le respect des réalités autochtones et occidentales.

 

 

Andréa TremblayAndréa Tremblay

Andréa Tremblay détient un baccalauréat en histoire de l’Université de Sherbrooke et est présentement étudiante de deuxième cycle en histoire à l’Université du Québec à Chicoutimi. Membre de la Première Nation des Pekuakamiulnuatsh, elle s’intéresse au patrimoine matériel de sa communauté depuis plusieurs années et a choisi d’en faire son sujet d’étude à la maîtrise. Son intérêt s’est développé à travers ses apprentissages de la culture ilnu alors qu’elle travaillait pour le musée de sa communauté. N’ayant pas reçu ces enseignements durant sa jeunesse, cette opportunité de côtoyer des aînés autant que des jeunes lui a permis de mieux comprendre le savoir-être et les savoir-faire qui forment les fondements de la culture ilnu.