L’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) a lancé plutôt cette semaine, le documentaire Les forces qui nous portent, une œuvre sensible et engagée issue d’un projet de recherche-action portant sur le parcours des personnes étudiantes autochtones et leur entourage en enseignement postsecondaire.
Réalisé dans le cadre du projet Pour que transition rime avec concrétisation d’un projet d’études postsecondaires, ce documentaire donne la parole à des étudiantes et étudiants autochtones, tout en mettant en lumière les réalités qui jalonnent leur parcours scolaire.

Une démarche étroitement liée à la persévérance scolaire
Le projet est porté par Nathalie Sasseville et Marie‑Pierre Baron, professeures-chercheuses à l’UQAC, Sophie Beauparlant, enseignante-chercheuse à l’École supérieure en Art et technologie des médias (ATM) du Cégep de Jonquière, avec la collaboration de Suzie Tardif, d’ÉCOBES – Recherche et transfert.
Adoptant une approche « par et pour » les personnes autochtones, cette recherche-action vise à valoriser leurs voix, leurs savoirs et leurs expériences. Elle s’intéresse particulièrement aux enjeux liés aux transitions scolaires, à l’adaptation au milieu urbain et à la persévérance aux études.
La collecte de données s’est construite avec la contribution de personnes issues de différents milieux :
- 14 personnes étudiantes provenant des 4 secteurs d’éducation (formation générale des adultes, formation professionnelles, cégeps et université);
- 30 membres des familles qui vivent en milieu urbain ou en communauté;
- 33 personnes intervenantes dans les milieux d’enseignement ou ressources communautaires.
La chercheuse responsable du projet, Nathalie Sasseville, a insisté sur l’importance d’une approche adaptée aux réalités individuelles :
« On parle souvent de sécurisation culturelle, d’offrir un environnement accueillant pour autrui. Ça, ça se vit différemment d’une personne à l’autre, d’un étudiant à l’autre. Donc, en fait, il ne faut pas chercher à avoir une approche englobante qui vient répondre de la même manière aux difficultés rencontrées par les personnes issues des Premières Nations. Il ne faut pas essentialiser. L’important, c’est d’adopter une approche personnalisée aux besoins de chaque personne. »
Marie‑Pierre Baron a souligné également toute la portée de cette initiative :
« Ce type de démarche est essentiel. Elle est à la fois riche sur le plan humain et porteuse de sens, puisqu’elle permet de mettre en lumière des expériences souvent peu entendues, tout en contribuant concrètement à améliorer les conditions de réussite des personnes étudiantes autochtones. »
Des témoignages porteurs et incarnés
Au cœur du documentaire, quatre personnes étudiantes autochtones partagent leur parcours avec authenticité. À travers leurs récits, Les forces qui nous portent propose une lecture humaine et nuancée des résultats de recherche, tout en mettant de l’avant les forces, les défis et les aspirations qui caractérisent leur cheminement.
Parmi les invités présents lors du lancement, le grand chef de l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador (APNQL), Francis Verreault‑Paul, a rappelé l’importance d’agir collectivement pour soutenir la réussite éducative :
« Il est essentiel d’atténuer le plus possible les barrières afin de faciliter l’accès aux études supérieures et le retour aux études pour les personnes des Premières Nations. L’éducation est la colonne vertébrale de nos nations; c’est ce qui va bâtir les générations de demain. »
Une invitation au dialogue
L’événement a rassemblé plusieurs partenaires du milieu, dont des représentantes et représentants des centres Mamik, du Laboratoire d’innovation en communication scientifique (LICS), du Pôle sur les transitions en enseignement supérieur, de même que les cégeps de la région. Leur présence témoigne de l’importance de la collaboration entre les milieux communautaire, éducatif et de recherche pour soutenir les parcours des étudiantes et étudiants autochtones.



