Sommaire : Introduction | Exemples concrets | Planifier | Les limites | Conclusion


Après quelques séances de cours, vous remarquez, en raison de signes évidents, que plusieurs personnes étudiantes décrochent durant vos présentations magistrales : certaines chuchotent entre elles, d’autres somnolent ou recopient les diapositives mot à mot sans lever les yeux, des regards se baissent vers les écrans de cellulaire et, souvent, un long silence s’installe dès que vous posez une question à l’ensemble du groupe. Même les personnes qui semblaient attentives peinent, une fois le cours terminé, à reformuler dans leurs mots les concepts abordés.

Introduction

Concevoir une présentation engageante demande bien plus que de créer un support visuel.

En s’appuyant sur les principes de l’attention, de la charge cognitive et de l’apprentissage multimédia (1), cette stratégie combine trois leviers :

  • Des occasions régulières d’action pour les personnes étudiantes;
  • Un support visuel épuré et lisible;
  • Une posture d’enseignement (voix, déplacements, regard) qui capte et maintient l’attention.
Ainsi, le support utilisé devient un véritable outil de communication au service de l’exposé et de l’apprentissage.

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Pourquoi proposer des présentations engageantes?

Cette façon de faire permet de :

  • maintenir l’attention des personnes étudiantes tout au long de l’exposé (2);
  • réduire la surcharge cognitive en misant sur l’essentiel, ce qui libère des ressources mentales que les personnes étudiantes peuvent consacrer à s’assurer de leur compréhension et à réguler leur apprentissage (3);
  • favoriser la compréhension par une combinaison judicieuse de mots, d’images et de schémas (3);
  • stimuler la participation en classe grâce à des activités d’apprentissage actif (dessiner un schéma, expliquer à un pair, s’autoévaluer, etc.) qui obligent à traiter activement l’information (3);
  • adapter le contenu aux connaissances antérieures et aux intérêts des personnes étudiantes, ce qui accroît le plaisir d’apprendre et la valeur perçue du contenu (3, 4);
  • améliorer l’accessibilité des supports pour l’ensemble des profils étudiants.

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Mettre les personnes étudiantes en action: quelques exemples concrets

Contexte Exemple concret
Exposé magistral devant un grand groupe Prévoir des activités toutes les 15 à 20 minutes durant la présentation, en utilisant, par exemple, Wooclap.
Formation à distance synchrone (Zoom, Teams) Utiliser les outils d’annotation et le clavardage pour maintenir la présence enseignante et les interactions.
Classe inversée ou capsules asynchrones Préparer des capsules avec des questions intégrées à l’aide de l’outil Panopto ou des activités H5P dans Moodle.
Démonstration lors de laboratoires ou d’ateliers Faire compléter un schéma ou prédire un résultat avant la manipulation, pour orienter l’observation.
Séminaires ou cours de cycles supérieurs Réserver un temps de réflexion individuelle suivi d’une discussion en groupe pour analyser un cas ou un article.

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Planifier une présentation engageante et concevoir le support visuel

Étape 1
Structurer avant de mettre en forme

Répondre à ces questions avant de créer un support visuel :

  • Pour éviter de surcharger la présentation, se concentrer sur les contenus essentiels en priorité. Pour hiérarchiser les contenus, on se demande:
    • Quels sont les contenus qui sont essentiels?
    • Ceux qui sont importants?
    • Ceux qui sont intéressants?
  • Que feront concrètement les personnes étudiantes pour s’approprier ces contenus essentiels?
  • De quel type de support de présentation ai-je besoin pour présenter les contenus essentiels initialement ciblés (notes de cours, support de présentation qui complète mon discours, etc.)?

Étape 2
Soigner la forme et l’écriture
  • Texte de 18 points minimum et de 24 points dans une grande classe pour le corps du texte;
  • Police sans empattement (Calibri, Arial, Verdana);
  • Au maximum deux (2) polices pour l’ensemble de la présentation;
  • Règle du « 6 × 6 » : au plus 6 puces par diapositive et 6 mots par puce; des mots-clés, pas de phrases complètes;
  • Une idée principale par diapositive, texte aligné à gauche, espacement suffisant entre les lignes;
  • Contrastes élevés entre le texte et l’arrière-plan; ne jamais faire reposer une information sur la seule couleur (accessibilité pour les personnes daltoniennes);
  • Ajouter un texte de remplacement pour les images;
  • Un seul titre unique par diapositive;
  • Utiliser le vérificateur d’accessibilité disponible dans l’application PowerPoint.
Étape 3
Choisir un visuel qui renforce plutôt qu’il ne répète
  • Utiliser des images signifiantes, en lien direct avec le propos, jamais décoratives.
  • Présenter les données complexes sous forme de schéma, de graphique ou de tableau plutôt qu’en texte.
  • Éviter d’afficher un texte intégral déjà narré à l’oral : ne garder que les mots-clés, pour ne pas saturer l’attention.

 

Étape 4
Penser à la diversité des profils des personnes étudiantes de votre cours
  • Varier vos stratégies d’enseignement-apprentissage : réflexion individuelle, discussion en équipe (trois minutes suffisent), sondage Wooclap, diapositive à compléter ou à annoter, question intégrée dans une capsule vidéo, etc. Cela permet à un plus grand nombre de personnes étudiantes de participer activement;
  • Offrir des choix (un cas, un exemple, une ressource) renforce le sentiment de contrôle et la motivation (4);
  • Relier le contenu à une situation professionnelle réelle augmente la pertinence perçue des activités proposées ou des discussions.
Étape 5
Adopter une posture qui capte l’attention (voix, déplacements, regard)
  • Voix : varier le ton pour éviter la monotonie, ralentir le débit sur les idées-clés, articuler distinctement et utiliser le silence pour marquer un point important plutôt que de le répéter;
  • Déplacements : sortir de derrière le bureau où se trouve l’écran et se mouvoir dans la salle; alterner les zones couvertes plutôt que de s’approcher continuellement d’un même groupe. Tous les déplacements peuvent favoriser à la fois la participation verbale et le sentiment d’inclusion de l’ensemble du groupe;
  • Regard et attention : diriger son attention (regard, questions) vers l’ensemble de la salle, pas seulement vers les premiers rangs.
Lors d’une séance à distance synchrone, regarder la caméra, nommer les personnes pour la prise de parole et solliciter le clavardage ou l’utilisation des icônes de réaction.

Il peut être utile de rendre disponibles les supports de présentation à l’avance afin que les personnes étudiantes puissent en prendre connaissance au besoin.

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Limites de cette approche

Limite Solution proposée
Temps de préparation plus long, surtout au début Réutiliser un même gabarit d’une séance à l’autre; commencer par intégrer une seule activité active par séance et en ajouter progressivement au fil des autres séances.
Grands groupes rendant l’interaction en direct difficile à gérer Privilégier des outils comme Wooclap, qui permettent une participation anonyme et simultanée de tout le groupe.
Réticence de certaines personnes étudiantes à participer devant le groupe Alterner les modalités anonymes (sondage) et non anonymes (discussion en duo avant le grand groupe) et normaliser la participation dès le premier cours.
Contraintes technologiques (accès à un appareil, réseau) Prévoir une méthode de participation alternative (main levée, papier) afin de pouvoir poursuivre l’activité en cas de difficulté technique.
Risque de surcharge si les interactions sont trop nombreuses Respecter le rythme de 20 à 30 minutes entre les pauses actives plutôt que de multiplier les outils dans une même séance.
Contenus très denses à couvrir rapidement Cibler les moments d’action sur les concepts les plus complexes ou les plus susceptibles de faire obstacle à la compréhension.

 

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En conclusion

Préparer un exposé magistral ne se résume pas à concevoir une présentation ou à produire des diapositives sur PowerPoint. Il faut établir les objectifs de la présentation et de son support, concevoir un support accessible et épuré, planifier les moments d’interaction et établir à l’avance ce que les personnes étudiantes feront pendant la séance : réfléchir, répondre, compléter, expliquer, choisir.

Planifier l’exposé magistral comme une suite d’occasions d’apprendre plutôt que sous la forme d’une simple transmission d’information favorise l’engagement cognitif, la participation active et ultimement, les apprentissages des personnes étudiantes. Les signes de décrochage observés dans notre mise en situation de départ pourront probablement être réduits au profit d’une dynamique de classe motivante, et ce, autant pour les personnes étudiantes que pour la personne enseignante.

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Pour aller plus loin

Pour citer ce dossier :
L’équipe pédagogique du Carrefour de l’enseignement et de l’apprentissage. 2026. Comment susciter la participation active en classe lors d’un exposé magistral. Université du Québec à Chicoutimi.


Ce contenu a été généré avec l’assistance de l’intelligence artificielle générative (Claude, Anthropic), sous supervision humaine.


Sources

  1. Plante, P., Angulo Mendoza, G. A. et Potvin, C. (2020). Je diffuse mon contenu à distance [Présentation PowerPoint]. TÉLUQ. https://r-libre.teluq.ca/2052/1/Diffuser_JAD.pdf
  2. Saint-Onge, M. (2014). Moi j’enseigne, mais eux apprennent-ils? (5e éd.). Chronique sociale.
  3. Kuhlmann, S. L., Bernacki, M. L. et Greene, J. A. (2023). A multimedia learning theory-informed perspective on self-regulated learning. New Directions for Teaching and Learning, 2023(174),17-23. https://doi.org/10.1002/tl.20544
  4. Viau, R. (2014). Savoir motiver les étudiants. Dans L. Ménard et L. St-Pierre (dir.), Se former à la pédagogie de l’enseignement supérieur (p. 235-252). Association québécoise de pédagogie collégiale.