Avant, pendant et après Clair2026

J’ai entendu plusieurs personnes dire qu’il y a un avant et un après Clair, faisant ainsi référence à l’impact de ce colloque sur ses participants.

À mes yeux, c’est vrai seulement si tu décides de te laisser inspirer et si tu retournes à la maison avec une intention de changement ou, au minimum, de réflexion…

Après vérification, c’était mon 12e Clair. Douze fois j’ai choisi d’être inspiré et de me laisser changer… Douze fois j’ai choisi de quitter Clair avec des bagages plus lourds qu’à mon arrivée.

Voici ce que je ramène dans mes bagages.

Avant Clair2026…

Avant de quitter pour le colloque de Clair 2026, j’étais nerveux. La majorité des participants ne se sentiront pas concernés, mais comme membres du comité organisateur, j’étais concernés par le faible nombre de participants inscrits. Plusieurs facteurs expliquent probablement cette situation. D’abord, la situation budgétaire imposée par les différents ministères de l’Éducation du Québec et des provinces atlantiques n’est pas facile. Disons que les budgets ici et ailleurs dans l’est du Canada ne permettent pas facilement aux enseignants de se déplacer et de s’inscrire à un colloque. Ensuite, au Québec, il faut aussi ajouter le fait que les CSS ont souvent trop peu de suppléants. Organisé une absence de quelques jours pour plusieurs ensiegnants est donc parfois impossible.

L’évènement serait-il aussi dynamique et énergisant que par le passé?

J’aurais dû faire plus confiance à la résilience, l’énergie et le dynamisme de la communauté de CAHM.

Pendant Clair…

Arrivé au CAHM quelques heures avant l’accueil officiel, j’ai pu constaté que tout était prêt. Ça bourdonnait encore dans le laboratoire créatif, mais je n’y ai senti rien de spécial. C’était comme toujours. L’équipe de Labos Créatifs était présente et les jeunes avaient le sourire.

À partir de là, j’ai profité du colloque de Clair comme je le fais toujours. J’ai profité de chaque rencontre et utilisé chaque instant pour faire quelque chose d’intéressant en me laissant porter par le moment. Je n’ai pas tout vu, mais j’ai profité de chaque instant!

On peut vite se sentir débordé lorsque l’on participe à un évènement du genre, alors j’ai utilisé l’application BlueSky comme un outil de prise de notes et de partage de mes impressions. Mes notes personnelles sont ici, dans mon profil (une connexion à BlueSky est requise). Je n’étais pas seul à utiliser BlueSky, vous trouverez aussi les commentaires et souvenirs d’autres participants rassemblés sous le mot-clic #clair2026 (pour cela aussi vous aurez besoin de vous connecter à BlueSky).

Après Clair 2026…

L’après Clair est assurément la période la plus importante. C’est la période où le changement se produit… ou pas. C’est selon. J’imagine que certains participants ne retireront rien du colloque. Pour ma part, à chaque fois, je suis reparti avec la tête pleine d’idées à réfléchir. Certaines font immédiatement leur chemin dans ma pratique ou dans mon discours… D’autres murissent lentement à la frontière de mes pensées réfléchies et de l’oublie, en attente de prendre tout leur sens.

Voici les idées qui me trottent dans la tête maintenant que Clair 2026 est terminé: (j’oublie assurément des choses, mais ça reviendra!)

  • Il y a encore quelque chose de magique au CAHM. Autrement, comment expliquer la présence des jeunes en dehors des heures de classe et leur très haut niveau d’engagement. Autre signe de la magie, la présence de nombreux bénévoles. De plus, tout le monde a le sourire malgré la charge de travail que ça représente d’organiser une colloque. J’ai encore eu le sentiment d’un lien profond entre l’équipe-école, les jeunes et la communauté. Quelqu’un devrait étudier ce qui s’y passe et ce qui explique ce haut niveau d’engagement.
  • La ministre de l’Éducation du Nouveau-Brunswick a affirmé quelque chose de simple, mais de tellement important. Enseigner ne se limite plus à transmettre des connaissances… C’est bon d’entendre un membre du gouvernement le dire. Je suis tellement d’accord, mais je me demande dans quelle mesure elle y croit vraiment? Est-ce qu’elle va traduire cela en actions concrètes, par exemple par rapport à l’évaluation? En politique, rares sont ceux qui sont cohérents et dont les bottines suivent totalement les babines. Je ne demande qu’à être surpris!
  • La mairesse suppléante de la municipalité de Haut-Madawaska a ensuite résumé une partie de la magie de Clair20XX en affirmant que l’éducation doit reposer sur un réel partenariat entre l’école et la famille… Je ne peut pas être plus d’accord, mais ce lien entre l’école n’est pas toujours facile à créer et entretenir. On peut le voir en action au CAHM, mais comment le créer?
  • Notre premier conférencier était Ewan McIntosh, CEO de NoTosh (une firme de consultant en éducation) et ami de Clair. Il en était à sa troisième visite. Encore une fois, il a semé plusieurs graines pour animer nos réflexions. Tous ne retiendrons pas les mêmes choses, mais voici ce que moi j’ai retenu:
    • C’est lorsque tout semble bien aller dans nos écoles qu’il faut se rassembler pour se remettre en question et réfléchir. Autrement, on s’endort et on s’enlise. On cesse de s’améliorer. Nos processus s’alourdissent ou perdent de leur sens premier. En gros, pourquoi attendre la tempête? À mes yeux, le processus d’amélioration et d’adaptation devrait être constant. En ce sens, je vois un lien avec ce que je vis avec le CSS de Jonquière avec qui je collabore durant mon sabbatique et l’idée selon laquelle il est préférable de tenter de mettre en place une posture de soutien quotidien et continuel à l’innovation que d’attendre les vagues et de réagir alors qu’elles nous frappent de plein fouet. Je risque de méditer cette idée de Ewan encore un moment.
    • Ewan a expliqué qu’aujourd’hui l’école doit partager la pensée non googlable et non « IAble » (que l’IA ne peut pas faire!). J’ai souvent dit ce genre de chose depuis trois ans. Mais Ewan a ajouté une petite phrase qui fait une différence. Il a expliqué qu’à l’ère de l’IA, l’École doit se concentrer sur la création d’idée nouvelles! C’est une image porteuse et en même temps un merveilleux projets pour les enseignants. Si seulement nos ministères pouvaient s’en inspirer. Cette idée, je vais la garder bien au chaud et la laisser mûrir. Je crois que ça peut inspirer mes cours de technopédagogie. Nous en reparlerons!
    • Ewan a ensuite résumé assez clairement, selon moi, trois défis auquel nous sommes tous confrontés aujourd’hui:
      • Notre attention est constamment fragmentée par les textos, les courriels, les notifications… Il est souvent difficile de faire le focus et de se concentrer sur une tâche tellement nous sommes constamment déranger. J’ai récemment cessé de porter ma montre connectée pour cette raison. J’ai vu une amélioration. Je tente aussi de changer mon usage des réseaux sociaux. Je veux passer moins de temps à dérouler. Je réfléchis donc à la fonction et à l’usage des mes outils. Recommencer à bloguer s’inscrit dans cette réflexion. Ce billet de blogue en parle un peu.
      • On acquiert ensuite la certitude trop rapidement. Une petite recherche, la lecture d’une unique page web et nous voilà certain de ceci ou de cela. Il n’y a plus le temps ou l’habitude de confronter plusieurs sources, d’analyser, de critiquer, etc. Comme chercheur, c’est pas mal ma tâche quotidienne. Pourtant, je me surprends moi aussi parfois à conclure bien trop vite.
      • On a conséquemment souvent une vision embrouillée, voire biaisée, et incomplète de la réalité et de sa complexité. Il est alors difficile d’agir sur cette réalité.
    • Face à ces défis, Ewan propose de les transformer en trois intentions devant permettre de poser de meilleures questions:
      • Unifier notre attention et nous intéresser complètement et totalement à une chose à la fois.
      • Accepter ou se donner une certitude des paramètres sans nécessairement s’attendre à aucune certitude de résultats.
      • Privilégier une vision simple et claire des situations.
  • Pour Sylvain Duclos, un édu-influenceur et un producteur de contenus en ligne très prolifique, les enseignants sont tous des influenceurs pédagogiques parce qu’il influencent « du bon côté »! Voici quelques principes à respecter pour devenir un édu-influenceur:
    • Principe 0: Si tu partages quelques chose de qualité, ça va trouver son public!
    • Principe 1: Il faut partager des trucs qui ont de la valeur ajoutée – croire en sa valeur.
    • Principe 2: Ça prend une bonne accroche ou « hook » – 3 premières secondes font foi de tout – utiliser des visuels, poser des questions surprenantes, faire vivre des émotions…
    • Principe 3: Il faut développer sa compétence au storytelling ou l’art de conserver l’attention.
    • Principe 4: Tu dois créer/entretenir ton « personal branding » ou l’authenticité. Le réseau, comme la classe, carbure à l’humain!
    • Principe 5: La constance et la niche – on n’aime pas le changement!
    • Principe 6: Créer, préciser et entretenir sa communauté.
    • Principe 7: L’adaptabilité – Écouter sa communauté.
    • Principe 8: Apprendre à gérer les « haters ». Il propose de transformer le négatif en positif.
  • Stéphanie Dionne, membre de l’équipe de l’École branchée, nous a ensuite rappeler que pour que la magie des technos brille dans nos classes, il faut que les enseignants apprennent à faire confiance aux élèves… C’est tellement difficile. On veut tous tout contrôler… Mais non… Il faut faire confiance!
  • Stéphanie pose ensuite une grosse question: Elle est où la place des technos en éducation? Pour ma part, je pense que la réponse diffère d’un enseignant à l’autre. Mais je dirais aussi que si on se laisse guider par les élèves on trouve souvent plus rapidement… Mais pour cela, il faut faire confiance!
  • Stéphanie a ensuite parler de la gestion du temps écran par les parents… Je vais surement y revenir dans un autre billet spécifique à ce sujet car elle a partagé quelques trucs intéressants et il y a des liens à faire avec la recherche.
  • Chantal Doiron-Pelletier, une enseignante du CAHM, est ensuite venu nous captiver en nous parlant du tour du monde réalisé avec sa famille l’an dernier. C’est carrément un exemple concret de « WorldSchooling » et d’apprentissage concret par l’expérience. Je retiens qu’il ne faut pas hésiter à sortir de la boite, il faut oser. En même temps, revenir « dans la boite » est aussi nécessaire… Je retiens aussi qu’on peut apprendre n’importe où et que nos expériences sont très riches en apprentissages si on se donne la peine d’y réfléchir. La conférence de Chantal a été une montagne russe d’émotions. C’était un moment profondément humain et pédagogique, c’était « explosé » comme la personnalité créative et hyperactive de Chantal. Son énergie était tout simplement envahissant, c’était un vague énorme sur laquelle elle nous invitait à surfer.
  • Une partie du succès de Clair réside dans la générosité de ses conférenciers. Encore une fois, tous sont restés pour toute la durée de l’évènement. Ils étaient disponibles pour discuter et prenaient le temps de répondre aux questions. Ils participaient à chaque activité, questionnant et partageant parfois d’autres idées. L’impact de chacun des conférenciers de Clair2026 a donc grandement dépassé le temps de sa présence sur la scène…

Si vous aussi vous avez fait un petit compte-rendu de votre passage à Clair2026, laissez un commentaire avec le lien vers votre billet ou votre post.

5 réflexions sur « Avant, pendant et après Clair2026 »

  1. Merci de partager tes réflexions #Clair2026
    Tu me donnes envie d’écrire aussi! Ça permet de rendre plus clair l’impact d’un événement aussi immersif que le colloque Clair – Voir l’éducation autrement.

    Je quitte plus engagée que jamais à influencer un mouvement pour agir collectivement vers un usage réfléchi et équilibré des écrans. Hâte qu’on s’en reparle!

  2. Le Cancre pédagogue, qui était un des panelistes du Ignite à Clair2026 a publié ce texte sur son site: https://lecancrepedagogue.com/2026/02/02/clair-2026-et-son-doux-depaysement/

    C’est une très beau texte qui explique merveilleusement bien la magie qui opère au CAHM et au colloque, C’est aussi un excellent exemple de l’attitude à avoir quand on va en colloque ou en formation selon moi…

    Comme j’ai écrit sur Facebook, j’aurais aimé écrire ce texte!

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