L’attirance de Mélissa Lavoie vers les arts et la création est incontestable. Issue d’une famille tissée serrée à la fibre artistique, elle passait des heures dans l’atelier de couture de sa mère, à dessiner des modèles ou à découper des tissus. Double diplômée de l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) au baccalauréat interdisciplinaire en arts puis à la maîtrise en art, elle se sert de ce qu’elle y a appris chaque jour. La co-propriétaire de Confection Imagine conjugue aujourd’hui son amour des arts à une approche entrepreneuriale axée sur la durabilité et la revalorisation des textiles.
De la formation artistique à la carrière entrepreneuriale
Après des études en arts au Cégep de Jonquière, Mélissa travaille dans des centres d’exposition à Larouche et Jonquière. En montant des expositions et des ateliers aux côtés d’artistes, elle a l’occasion de « voir c’est quoi la vraie vie », comme elle le dit, et c’est cette vision concrète de la vie de créateur qui la motive, au bout d’un an, à s’inscrire au baccalauréat interdisciplinaire en arts en 2011 à l’UQAC. Pendant cette période, Mélissa et sa mère souhaitent s’unir dans un projet. Elles commencent alors à confectionner des sacs à main à partir de textiles récupérés, combinent leurs talents et leurs idées.
Profitant du fait qu’elle est embauchée chez Rio Tinto durant l’été suivant son baccalauréat, elle se sert de l’argent amassé pour s’offrir une « gâterie » : la maîtrise en art! En parallèle, l’artiste décide de « pousser plus loin leur affaire », leur projet de confection de sacs évoluant rapidement en une véritable entreprise familiale. En 2015, mère et fille s’associent officiellement et fondent Confection Imagine.
Mélissa adopte une approche intuitive pour développer leur entreprise. « On n’a pas de plan, mais on a des valeurs. Quand ça touche nos valeurs, on accepte les offres, on collabore avec des gens qu’on aime pour vrai. Ça nous amène tout le temps ailleurs… on n’est pas déçues, on est tout le temps surprises et heureuses du dénouement. Il y avait des affaires qu’on n’avait pas imaginé », explique-t-elle. Cette philosophie leur permet de diversifier leurs activités, notamment pendant la pandémie, où elles produisent des équipements de protection pour les CIUSSS et les paramédicaux. Depuis sa fondation, Confection Imagine a collaboré avec différentes entreprises, ce qui inclut son ancien lieu de travail étudiant, Rio Tinto, et son milieu de formation, l’UQAC!
L’UQAC : la proximité et la liberté d’apprendre
Originaire de Larouche, Mélissa savait qu’elle désirait demeurer dans sa patrie; en étudiant à l’UQAC, elle a pu « nourrir ce petit écosystème » que constituait son réseau de contacts et sa connaissance des centres d’exposition. De plus, l’université lui a permis de trouver la confiance qu’il lui fallait pour bâtir et concrétiser un projet artistique, sous les conseils de ses professeurs. « On avait une très grande liberté, ça faisait que tu avais une formation qui était sur mesure pour toi, puis j’avais comme l’impulsion parce que [mes professeurs] me transmettaient leur confiance d’avancer puis d’être débrouillarde », confie-t-elle.
Même douze ans après sa diplomation, Mélissa dit encore ressentir le bon choix qu’elle a fait d’étudier à l’UQAC. « Ce qui m’a marquée de l’UQAC, c’est maintenant que je le mesure. […] Ça fait douze ans que j’ai terminé, puis je me sens encore supportée par l’UQAC […] Je ressentais le support de mes profs pendant mes études, et même après douze ans, le lien est toujours présent. », raconte-t-elle avec enthousiasme. Elle sent que l’UQAC est fière de ses anciennes et anciens diplômés.
Les projets de Mélissa et de Confection Imagine continuent d’évoluer. Sa vision marie innovation, durabilité et impact local, prouvant que l’art et l’entrepreneuriat peuvent s’unir pour transformer les défis en opportunités.



