Colloque 2018 du LERARS: Perspectives interdisciplinaires sur le deuil compliqué

Dans le cadre du Congrès 2018 de l’ACFAS qui aura lieu du 7 au 11 mai 2018 à Chicoutimi (Québec), le LERARS, en collaboration avec la Chaire de recherche de l’UQAC sur les évènements traumatiques, la santé mentale et la résilience, organise un colloque sur le deuil compliqué.

Sujet

Le deuil est un processus; il évolue donc avec le temps et est influencé par différentes caractéristiques liées notamment au type de perte encourue et au contexte social dans lequel les individus évoluent. Parfois, ce processus de deuil peut être court et apaisant, mais parfois certaines personnes vivent une période de deuil pouvant s’étendre sur plusieurs mois voire de nombreuses années. Pour certains, ce deuil occasionnera des problèmes de fonctionnement social. C’est ce que l’on nomme un deuil compliqué ou pathologique. L’âge, le sexe, les conditions socio-économiques, etc. sont autant de facteurs qui influencent le bon déroulement du deuil. Il est possible aujourd’hui d’identifier certains facteurs de risque et de protection du deuil, ainsi que certaines conséquences envisageables d’un deuil complexe et long, sur les plans bio-psycho-socio-spirituels de même que sur les systèmes de santé et de services sociaux. Derrière chaque perte d’un être cher ou d’un animal ou même d’un travail apprécié, d’une maison, d’un sentiment de confort, etc. se trouve un deuil pour les personnes qui le vivent. Lors d’événements traumatiques comme des catastrophes naturelles ou anthropiques, ce sont même un grand nombre de personnes qui se trouvent endeuillées d’un être qui leur était cher tandis que d’autres ont vécu d’importantes pertes significatives comme une maison, un animal domestique, des biens ayant une forte signification sentimentale ou même le sentiment de sécurité ou de quiétude. L’ensemble de ces pertes viennent perturber la qualité de vie et le bien- être des personnes exposés à ce type d’événement. Et les risques de voir se développer des deuils compliqués sont alors très grands. Ce colloque d’une journée permettra de porter un regard multidisciplinaire sur cette notion de deuil compliqué ou pathologique, notamment à partir des résultats de différentes études réalisées dans des contextes culturels différents.

Pertinence

Perdre un être cher de façon tragique et inattendue est une source potentielle de deuil compliqué. L’augmentation de la fréquence des catastrophes naturelles ou anthropiques amène la nécessité de documenter ce qui fragilise le plus les individus dans de telles circonstances et ainsi entraîner de possibles deuils complexes et persistants. Même en dehors des événements spectaculaires et accidentels, la perte prévisible d’un proche (un enfant, un conjoint, un parent, etc.) ou même la perte de biens matériels peut être tout aussi déchirante, pouvant nuire au processus de résilience des individus. En effet près du tiers des gens ayant vécu ce type de perte souffrirait d’un deuil compliqué (Shear et al. 2011). Enfin, même des pertes non tangibles (comme le sentiment de sécurité) seraient à l’origine d’un deuil pathologique chez 9,5% de la population (Shear et al. 2011). Il apparaît par contre tout-à-fait préoccupant de ne pas «sur-diagnostiquer» les cas de deuil compliqué, de ne pas «pathologiser» le deuil. Derrière cette notion psychologique se cache en effet la représentation d’un deuil «normal», psychologiquement et socialement attendu et reconnu, et face auquel les attitudes et comportements divergents pourraient être perçus de façon inadéquate. Hors, le deuil est un vécu pleinement personnel, qui s’intègre dans une vision du monde propre à chacun, dans son milieu et sa culture. Bien que des sommités mondiales en matière de psychiatrie ont identifié des critères pour diagnostiquer un deuil pathologique, il n’en demeure pas moins que ce concept ne fait pas l’unanimité; il n’est pas d’ailleurs toujours pas officiellement inscrit comme un trouble dans le DSM-V. Cette référence en matière de diagnostic recommande plutôt de poursuivre la réflexion sur cette question des deuils complexes et persistants.

Processus et critères de sélection des conférenciers

Nous vous invitons à soumettre des propositions de communication  d’une vingtaine de minutes d’ici le 15 janvier 2018 à l’adresse suivante : lerars@uqac.ca.

Les propositions de communication doivent inclure un titre et un résumé (maximum de 300 mots) ainsi que les titres et institutions de ou des auteurs.

Nous vous invitons également à faire circuler cet appel de communications dans vos réseaux respectifs!

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