Le temps de conclure que l’IA n’a pas tenu ses promesses est-il déjà arrivé?

Petite réflexion initiée par un post LinkedIn d’Alexandra Coutlée (La Geek de service) qui commente elle-même un article qui cite Sal Khan, le fondateur de la Khan Academy. En gros , Alexandra rapporte que:

Sal Khan, fondateur de Khan Academy, reconnaît lui-même que la révolution promise par l’IA en éducation n’a pas eu lieu. 

Doit-on s’inquiéter de la vitesse d’adoption de l’IA? Doit-on déclarer la reine morte tout de suite? Avant même son arrivée sur le trône?


Inspirer! Expirer! Recommencer… Lentement!

L’IA arrive tout juste. Elle est encore en développement. Les geeks et les « early adopters », ceux qui sont un peu technophiles l’utilisent en version bêta depuis 3 ans ou plus… Mais ça reste des versions bêta. Ne pensez même pas une seconde que ce que nous avons sous la main représente la forme finale que l’IAg prendra! Je n’y crois pas une seconde! En fait, on invente et on construit l’avion en plein vol actuellement! Rien de moins…

Donc…

Inspirer! Expirer! Encore… Lentement…

Il est encore bien trop tôt pour conclure quoi que ce soit. C’est encore le temps de tester, de critiquer, d’orienter… Bref, c’est encore le temps de développer!


Je crois que les gens sont trop pressés…

Prenons les balados par exemple. Pour les geeks et les « early adopters », c’est un vieil outil. On aurait pu se décourager il y a des lustres et déclaré l’outil mort et finalement inutile. Pourtant, le potentiel pédagogique pour le développement des compétences en langue, entre autres, est très grand. Nous, les geeks, les conseillers pédagonumériques et les autres technophiles pédagogiques avons mis cet outil génial dans notre sac à dos et avons continué de le ressortir de temps en temps, contaminant tantôt un nouveau collègue ou de nouveaux apprenants. La connaissance du balado comme outil de communication et comme outil pédagogique a circulé lentement, contaminant lentement de plus en plus de personnes comme un virus. Aujourd’hui, le balado est un média difficile à contourner, que nos politiciens, artistes et influenceurs affectionnent.

Aujourd’hui, quand je visite des écoles ou que je collabore avec des conseillers pédagogiques, j’entends régulièrement parler du projet de Mme Unetelle ou de M. Untel, des enseignants normaux (au sens de pas technophile ou non-geek) qui ont choisi d’utiliser la balado avec leur groupe en lien avec une intention pédagogique bien définie. Le balado est mature, les outils sont simples, la méthode est bien définie, les avantages et les limites sont bien connus. C’est un outil que tous les enseignants peuvent mettre dans leur sac à dos et sortir au besoin, en fonction de leur groupe, de leur intention pédagogique et du contexte.


On aurait pu déclarer il y a quelques années que le balado n’avait pas répondu aux attentes, que cet outil n’avait pas tenu ses promesses. Mais ce processus prend un peu de temps. D’abord l’outil doit mûrir. Les geeks et les technophiles acceptent de prendre des risques, d’utiliser des outils qui ne sont pas encore optimaux et qui nécessitent parfois de déboguer ou simplement de bidouiller.

Mais pas l’enseignant moyen…

L’enseignant moyen voit le potentiel, mais il n’accepte pas nécessairement d’utiliser un outil qui le bouscule ou qui risque de le laisser tomber à tout moment. Il attend que les outils soient mûrs, qu’on sache comment les utiliser et que l’on connaisse réellement les retombées et les limites de son utilisation. Pour le système éducatif, adopter un nouvel outil est un processus complexe et lent.

C’est un peu frustrant pour les geeks et les technophiles… Je comprends… J’en suis!

Mais quand ça arrive, il faut inspirer… expirer… et recommencer… Lentement…


Les geeks et les technophiles ont un rôle important à jouer. Celui de tester les outils et de les critiquer pour qu’on les améliore. Ils doivent ensuite collaborer avec les chercheurs et les conseillers pédagogiques pour « tapper la trail » et déterminer les bons et les moins bons usages, pour définir les stratégies et les méthodes qui sont les plus susceptibles de mener à des bénéfices, pour comprendre quelles intentions pédagogiques peuvent être associées à quels outils ou à quelles fonctions d’un outil.

Respirons!

Il n’est pas encore temps de s’inquiéter de si l’IA a tenu ou non ses promesses.

Il n’est pas non plus encore temps de s’inquiéter de la vitesse d’adoption de l’IA en éducation.

Jouons notre rôle de geek et de technophile. Et quand nous saurons comment bien utiliser les outils, au fur et à mesure que nous accumulerons les preuves et que les outils mûriront, contaminons nos pairs enseignants et pédagogues pour qu’eux aussi puissent ajouter cet outil à leur sac à dos et l’utiliser… L’utiliser au bon moment, de manière critique et utile.

J’ai joué le jeu cette année. C’est efficace. J’ai pu entendre le virus circuler…

Un conseiller pédagonumérique me rapportait que dans l’école de tel ou telle participant(e) à nos COP, l’équipe-école en entièr avait entendu parler de l’outil X. Dans TEAMS, un autre participant nous disait avec fierté qu’il avait montré à sa collègue comment régler un problème à l’aide de l’outil Y et que cette collègue allait se former à son utilisation.


Non, la reine n’est pas morte… Elle n’est juste pas encore prête à monter sur le trône. Laissons l’IA apprendre à marcher, continuons de suivre son développement… Son tour viendra… Ou non… Mais il est bien trop tôt pour décider!

En attendant, jouons notre rôle! À vos claviers ami(e)s technophiles. Soyez créatifs! Soyez critiques! Soyez de bons virus!

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